Le changement climatique en France est l'impact du réchauffement climatique mondial sur le territoire français (métropole et territoires ultramarins), un phénomène global de transformation du climat en cours depuis la révolution industrielle, caractérisé par une augmentation générale des températures moyennes, et qui modifie durablement les équilibres météorologiques et les écosystèmes. Les changements climatiques en cours et à venir sont sans précédent depuis des milliers d’années.
En France métropolitaine, de 1900 à nos jours, les températures moyennes ont augmenté d’environ 1,7 °C, une valeur plus forte que celle observée en moyenne mondiale (+ 1,2 °C). Ce réchauffement a connu un rythme variable, avec une augmentation particulièrement marquée depuis la fin du . La température moyenne de la France métropolitaine est en 2022 de , la plus élevée jamais enregistrée. Elle est supérieure de par rapport aux températures mesurées entre 1900 et 1930. serait à attribuer uniquement à l’activité humaine. L’analyse de données de températures plus précises entre 2010 et 2019, montre que sur cette courte période, la France se réchauffe de tous les . Les projections climatiques produites par Météo-France en 2021 prévoient une hausse des températures de en France en 2100 sur la base du scénario intermédiaire RCP 4-5 du sixième rapport d'évaluation du GIEC. Cependant, selon une étude publiée en par plusieurs institutions scientifiques, dont le Centre national de la recherche scientifique (CNRS) et Météo-France, l’élévation de température en France pourrait atteindre en 2100 sur la base de ce scénario, à savoir jusqu'à 50 % plus intense au cours du siècle que ce que montraient les précédentes estimations.
Les impacts de ce réchauffement sont d'ores et déjà visibles et vont s'accentuer, qu'ils soient environnementaux (érosion du littoral et inondations, recul des glaciers, migration ou disparition d'espèces, augmentations des espèces invasives, adaptation, migration ou disparition d'espèces marines ou de mangroves), sociétaux (modèle agricole fortement menacé, îlots de chaleurs dans certaines villes), sanitaires (alimentation en eau potable, nouveaux risques comme le chikungunya ou la dengue) ou économiques (reconversion de certaines stations de sports d'hiver).
Pour respecter les deux objectifs de l'accord de Paris sur le climat (réchauffement bien en dessous de et de préférence limité à ), une réduction forte et immédiate des émissions de est indispensable, jusqu'à atteindre la neutralité carbone, seule à même de stopper le réchauffement. Diminuer les émissions des autres gaz à effet de serre, en particulier le méthane, est également pertinent. Pour répondre à cet objectif, la France, à travers sa politique climatique, déploie différentes stratégies d'atténuation et d'adaptation), avec des objectifs spécifiques comme la réduction des émissions de gaz à effet de serre de 50 % entre 1990 et 2030 (20 % en 2019) ou la réduction de la consommation énergétique finale de 50 % en 2050 par rapport à la référence 2012 en visant un objectif intermédiaire de 20 % en 2030.
Indicateurs du changement climatique Hausse des températures En France métropolitaine, 2022 a été l'année la plus chaude jamais enregistrée depuis le début des mesures en 1900, la température annuelle moyennée sur le pays a atteint en effet 14,5 °C soit 1,6 °C de plus que la normale climatique 1991-2020 détrônant 2020 (+1,1 °C avec 14,1 °C).. Le réchauffement observé en France hexagonale est de 2,2 °C sur la période 2015-2024, par rapport à l'époque préindustrielle, dont environ 1,9 °C imputable aux activités humaines. Le réchauffement est légèrement plus marqué sur le Sud que sur le Nord du pays. La température a davantage augmenté en fin de nuit (température minimale) que le jour (température maximale). Les 10 années les plus chaudes du siècle sont toutes postérieures à 1988.
Selon Météo-France, l'année 2023 est la deuxième année la plus chaude mesurée en France métropolitaine depuis 1900 avec une température moyenne de 14,2 °C. La saison de l'automne 2023 est quant à elle « la plus chaude » enregistrée en France depuis 1900.
Au delà du niveau de réchauffement des deux dernières années, une tendance robuste semble ancrée depuis 8 années maintenant (2022 et 2023 auraient été prévisibles). Malheureusement, cette tendance parait bien au delà des pires scénarios envisagés, y compris après leur réactualisation en 2022 par l'étude qui a donné la nouvelle météo d'Evelyne Délhiat. Un première rupture avait eu lieu dans les années 1985-1990 qui correspond à la fracture VPD (Vapor Demand Déficit = asséchement du climat). Cette fois, la France parait être dans une situation assez spécifique où le réchauffement serait lié à des problématiques d'humidité des sols, comme le suggère cet article.
Sur la décennie 2015-2024, le nombre de jours de vague de chaleur a été décuplé en France hexagonale par rapport à la période 1961-1990. À l'inverse, il y a désormais moins d'un jour de vague de froid par an contre six sur la période 1961-1990.
Montée du niveau des mers
Les principaux facteurs d'élévation du niveau de la mer sont la dilatation thermique et la fonte de réservoirs terrestres de glace (glaciers, calottes polaires). En plus de faire fondre la glace, l’élévation de la température de l'air se propage à la surface de l’eau. Or, au-dessus de 4 °C, l’eau se dilate avec l’augmentation de la température. Cette dilatation touche d’abord la couche océanique des mille premiers mètres et est la cause principale de l’élévation du niveau de la mer, . vignette|redresse=1.2|Évolution du niveau moyen des mers du globe de 1993 à 2021 (en cm). Le niveau moyen d'augmentation du niveau des mers est d’environ entre 1880 et 2021 et de entre 1993 et 2021. Il est passé de par an entre 1901 et 1971, à par an entre 1971 et 2006, puis à par an entre 2006 et 2020. Ces données moyennes cachent des hausses du niveau marin différentes selon le lieu en fonction de l’effet des vagues et des marées, des mouvements verticaux du socle rocheux, de la nature géologique du terrain et l’affaissement du sol lié au pompage d’eaux souterraines.
Des cartes interactives permettant d’évaluer localement l’impact de l’élévation de la mer sur le littoral en 2040 ont été publiées en 2019 sur le site du programme Climate Central a diffusé. Concernant la France, les risques seraient notamment importants le long du littoral Atlantique, ainsi que le long du Pas-de-Calais, de la Somme et du Nord. Les côtes de la mer Méditerranée subiraient une élévation des eaux. Le BRGM a également mis en ligne une carte permettant de visualiser les zones exposées à une montée des eaux en France métropolitaine, avec une précision au niveau communal.
Émissions de gaz à effet de serre L'effet de serre est un processus naturel résultant de l’influence de l'atmosphère sur les différents flux thermiques contribuant aux températures au sol d'une planète. Les principaux gaz à effet de serre (GES) naturels sont : la vapeur d'eau (), le dioxyde de carbone (), le méthane (), le protoxyde d'azote () et l’ozone ().
Évolution depuis 1900
vignette|upright=1.6|Évolution des émissions de gaz à effet de serre en France métropolitaine depuis 1900. Dans le cadre de la mission qui lui est confiée par le Ministère de la Transition écologique et solidaire, le CITEPA assure la réalisation des inventaires nationaux d'émissions de polluants atmosphériques et de gaz à effet de serre conformément aux engagements internationaux de la France, notamment vis-à-vis de l'Union européenne (UE) et des Nations unies (CEE-NU)Présentation du CITEPA sur le site officiel. Il produit en particulier annuellement un rapport présentant l’évolution des GES en France depuis 1990. Par ailleurs les travaux du Global Carbon Project ont permis de compléter ces données pour la période antérieure à 1990, jusqu’à 1800 environ.
En 1800, les émissions sont estimées à environ . Elles augmentent jusqu’à environ en 1850 pour ensuite atteindre rapidement 100 Mt à la fin du . Entre 1900 et 1950, si l’on omet les deux guerres mondiales, la hausse des émissions reste modérée, passant d’environ à environ . Des années 1950 jusqu’aux années 1970, une hausse beaucoup plus rapide a eu lieu, passant de à plus de . Le pic est atteint en 1973 avec , en lien avec le premier choc pétrolier. Il est suivi par une période de rebond jusqu'au deuxième choc pétrolier de 1979 (). Dans les années 1980, les émissions baissent rapidement (-3 % par an), principalement par des réductions d’émissions dans le secteur Energie (mise en place du parc nucléaire) et Industrie (économies d’énergie, réglementations), malgré des émissions des transports et de l’agriculture à la hausse. Dans les années 1990 et le début des années 2000, les émissions des secteurs de l’énergie, de l’industrie et du résidentiel-tertiaire étant plutôt stables, et les émissions du transport et de l’agriculture à la hausse, les émissions totales ont connu une légère hausse (+1% par an dans les années 1990), jusqu’à atteindre, en 2005, un niveau similaire à 1991 (425 Mt e en métropole et outre-mer UE). Depuis 2005, les émissions ont alterné entre des périodes de baisse rapide (-3 % par an de 2006 à 2009, -6 % en 2011, -9 % en 2014, -4 % en 2018) et des périodes de lente hausse (+2 % en 2010, +1 % en 2012-2013 et en 2015-2017) , .
Évolution 1990-2022 par secteur (Citepa) vignette|upright=1.6|Évolution par secteur des gaz à effet de serre en France entre 1990 et 2022Les données de 2022 sont une pré-estimation et sont suceptibles d'évoluer. Les données 2022 définitives seront connues en 2024.. Depuis 1998, les transports constituent le premier poste contributeur aux émissions nationales de GES. En 2021, les émissions des transports s’élèvent à 127,6 Mt CO2 éq, soit 31 % du total national (32 % estimés en 2022).
En 2020, la combinaison de la crise du Covid-19 et d’un hiver peu rigoureux contribuent à une très forte réduction des émissions de GES, -9,0% par rapport à 2019 au total tous secteurs confondus, et -15,5% pour les transports, ce secteur contribuant ainsi à plus de la moitié de la baisse totale. Les secteurs de la production d’énergie et des bâtiments, favorisés par les températures clémentes, avaient vu leurs émissions baisser de respectivement 10,8 % et 6,2 %. Ainsi, au total, en 2020, le niveau d’émissions en France atteint 392,3 Mt e, hors puits de carbone.
En 2021, la France (Métropole et Outre-mer inclus dans l'UE) a émis , hors puits de carbone, ce qui reste inférieur au niveau d’avant crise sanitaire (431,1 Mt CO2e en 2019), mais supérieur à 2020 ( ) dont le faible niveau était lié à la crise sanitaire mondiale de la Covid-19. Ce rebond est particulièrement marqué pour les transports (+12,4 %) et pour l’industrie (+8,2 %). Entre 1990 et 2021, les émissions annuelles de gaz à effet de serre en France (Métropole et Outre-mer inclus dans l’UE ; hors secteur UTCATF) sont passées de en 1990 à en 2021, soit une baisse de 24 %.
En 2022, d’après les pré-estimations, les émissions de GES ont repris leur trajectoire à la baisse (-2,7%) après le rebond observé en 2021. Néanmoins, cette tendance globale résulte d’évolutions variables selon les secteurs. Le niveau pré-estimé sur l’année 2022, hors puits de carbone, s’élève à 403,8 Mt CO2e. Cette baisse est surtout imputable au secteur des bâtiments (-14,7%) avec une baisse de consommation de fossiles pour le chauffage ; mais aussi au secteur de l’industrie manufacturière (-6,4%). Les émissions de l’industrie de l’énergie ont en revanche augmenté en 2022 (+4,9%) dans un contexte d’indisponibilité de centrales nucléaires et de crise énergétique ; de même que les émissions du transport (+2,3%) qui poursuivent leur rebond.