Méru est une commune française située dans le département de l'Oise, en région Hauts-de-France.

Géographie Localisation vignette|gauche|Vue générale. La ville est une commune périurbaine du sud de l'Oise située dans le pays de Thelle, à de Cergy, de Beauvais et à 45 km de Paris.

Elle se trouve dans l'aire urbaine de Paris, dans la zone d'emploi de Beauvais. Elle est la ville-centre de son unité urbaine et de son bassin de vie

Communes limitrophes

Géologie et relief

La superficie de la commune est de ; son altitude varie de .

Hydrographie vignette|redresse=1.4|alt=Carte en couleur présentant le réseau hydrographique de la commune|Réseau hydrographique de MéruLes ruisseaux intermittents sont représentés en traits pointillés.. vignette|gauche|redresse|L'Esches. La commune est située dans le bassin Seine-Normandie.

Elle est drainée par le cours d'eau 01 de la Chenevière et le cours d'eau 01 du Bois de Buquet.

L'Esches, d'une longueur de , prend sa source dans la commune et se jette dans l'Oise à Persan, après avoir traversé . Les caractéristiques hydrologiques de l'Esches sont données par la station hydrologique située sur la commune de Bornel. Le débit moyen mensuel est de Les moyennes interannuelles (écoulements mensuels) ont été calculées le 28/07/2024 à 02:06 TU à partir des 406 QmM (débits moyens mensuels) les plus valides du 01/03/1988 au 01/06/2024.. Le débit moyen journalier maximum est de , atteint lors de la crue du . Le débit instantané maximal est quant à lui de , atteint le même jour.

Climat

Plusieurs études ont été menées afin de caractériser les types climatiques auxquels est exposé le territoire national. Les zonages obtenus diffèrent selon les méthodes utilisées, la nature et le nombre des paramètres pris en compte, le maillage territorial des données et la période de référence. En 2010, le climat de la commune était ainsi de type climat océanique dégradé des plaines du Centre et du Nord, selon une étude du Centre national de la recherche scientifique (CNRS) s'appuyant sur une méthode combinant données climatiques et facteurs de milieu (topographie, occupation des sols) et des données couvrant la période 1971-2000.. En 2020, le climat prédominant est classé Cfb, selon la classification de Köppen-Geiger, pour la période 1988-2017, à savoir un climat tempéré à été frais sans saison sèche.. Par ailleurs Météo-France publie en 2020 une nouvelle typologie des climats de la France métropolitaine dans laquelle la commune est exposée à un climat océanique. et est dans la région climatique Sud-ouest du bassin Parisien, caractérisée par une faible pluviométrie, notamment au printemps (120 à ) et un hiver froid ().. Elle est en outre dans la zone H1a au titre de la réglementation environnementale 2020 des constructions neuves..

Pour la période 1971-2000, la température annuelle moyenne est de , avec une amplitude thermique annuelle de . Le cumul annuel moyen de précipitations est de , avec de précipitations en janvier et en juillet. Pour la période 1991-2020, la température moyenne annuelle observée sur la station météorologique de Météo-France la plus proche, sur la commune de Jaméricourt à à vol d'oiseau., est de et le cumul annuel moyen de précipitations est de ... . Urbanisme Typologie Au , Méru est catégorisée centre urbain intermédiaire, selon la nouvelle grille communale de densité à sept niveaux définie par l'Insee en 2022..

Elle appartient à l'unité urbaine de MéruUne unité urbaine est, en France, une commune ou un ensemble de communes présentant une zone de bâti continu (pas de coupure de plus de entre deux constructions) et comptant au moins . Une commune doit avoir plus de la moitié de sa population dans cette zone bâtie., une unité urbaine monocommunale constituant une ville isolée..

Par ailleurs la commune fait partie de l'aire d'attraction de Paris, dont elle est une commune de la couronneLa notion d'aire d'attraction des villes a remplacé en octobre 2020 l'ancienne notion d'aire urbaine, pour permettre des comparaisons cohérentes avec les autres pays de l'Union européenne..

Occupation des sols vignette|redresse=1.4|alt=Carte en couleurs présentant l'occupation des sols.|Carte des infrastructures et de l'occupation des sols de la commune en 2018 (CLC). L'occupation des sols de la commune, telle qu'elle ressort de la base de données européenne d'occupation biophysique des sols Corine Land Cover (CLC), est marquée par l'importance des territoires agricoles (64,2 % en 2018), en diminution par rapport à 1990 (68,1 %).

La répartition détaillée en 2018 est la suivante : terres arables (62,9 %), zones urbanisées (15,3 %), forêts (14,9 %), zones industrielles ou commerciales et réseaux de communication (4,5 %), espaces verts artificialisés, non agricoles (1,1 %), prairies (1,1 %), zones agricoles hétérogènes (0,1 %)..

L'évolution de l'occupation des sols de la commune et de ses infrastructures peut être observée sur les différentes représentations cartographiques du territoire : la carte de Cassini (), la carte d'état-major (1820-1866) et les cartes ou photos aériennes de l'IGN pour la période actuelle (1950 à aujourd'hui)..

Lieux-dits, écarts et quartiers Boulaines devenu hameau de Méru en 1964 Lardières (hameau) Lôtissement Agnicourt La Nacre Uni-Vert La Chesnaie Pierre Mendès-France La ZAC (zone d'aménagement concerté) Saint-Exupéry La Roseraie

Habitat et logement En 2021, le nombre total de logements dans la commune était de , alors qu'il était de en 2016 et de en 2011..

Parmi ces logements, 92,5 % étaient des résidences principales, 0,9 % des résidences secondaires et 6,7 % des logements vacants. Ces logements étaient pour 58,6 % d'entre eux des maisons individuelles et pour 41,1 % des appartements. Le tableau ci-dessous présente la typologie des logements à Méru en 2021 en comparaison avec celle de l'Oise et de la France entière. Une caractéristique marquante du parc de logements est ainsi la faible proportion des résidences secondaires et logements occasionnels (0,9 %) par rapport au département (2,4 %) et à la France entière (9,7 %).

+ Le logement à Méru en 2021. Typologie Méru. Oise. France entière. Résidences principales (en %)92,590,582,2 Résidences secondaires et logements occasionnels (en %)0,92,49,7 Logements vacants (en %)6,778,1

Voies de communication et transports vignette|redresse|La gare. Méru est desservi par l'ex-RN 327 (actuelle RD 927) et est aisément accessible par l'autoroute A16.

La gare de Méru, située sur la ligne d'Épinay - Villetaneuse au Tréport - Mers, est desservie par des trains TER Hauts-de-France qui effectuent des missions entre les gares de Paris-Nord et de Beauvais.

Le réseau de transport urbain dénommé Sablons Bus dessert la ville et les communes environnantes. Il est composé de 5 lignes régulières (A, B, C, D et E).

La ville est également desservie, en 2023, par les autocars des lignes 603 (ex 37E), 621, 622, 6108, 6112, 6121, 6131, 6132, 6133, 6134 et 6234 du réseau interurbain de l'Oise..

Toponymie Les mentions anciennes de Méru sont : villa Matrius 626.Marie-Thérèse Morlet, Les Noms de personne sur le territoire de l'ancienne Gaule du VIe au XIIe siècle (1968) t.3, p. 136. ; Mairiu en 862Ernest Nègre, Toponymie generale de la France, Librairie Droz, Genève, 1990, t. 1, p. 306. ; de Meruaco en 1094 ; Meruvium en 1099 ; Meru, de Merudio, Mairu en 1099 ; Meruacum en 1119 ; Mairu en 1123 ; Meru in Telis en 1325.

Albert Dauzat considère ce toponyme comme obscur tout en proposant sans conviction un anthroponyme latin Matrius, suivi du suffixe -ivum. Quant à Ernest Nègre, il choisit une solution radicalement différente fondée sur l'adjectif latin major « plus grand », qui devint maire et rivus « ruisseau » > français ruCNRTL : Étymologie de ru (lire en ligne). La ville se trouve sur le cours supérieur de l'Esches..

Histoire

Préhistoire On a trouvé, sur le territoire communal, des pointes de silex préhistoriques (lances).

Des différentes tribus qui occupaient les lieux, l'on peut retenir les Véliocasses dans la partie sud et ouest du canton de Méru et les Silvanectes qui occupaient la partie est.

Antiquité Après la conquête de Jules César, la région fait partie de la province de la Gaule belgique (en Gaule transalpine). Par ailleurs, les fouilles menées sur le site de la station d'épuration ont confirmé la présence d'habitats datés du Haut Empire gallo-romain ( ).

Au , sous Dioclétien, la contrée reste dans la seconde Belgique dont Reims était la métropole ; Méru se trouve alors presque à cheval sur la voie romaine allant de Beauvais à Pontoise et Paris.

Cette voie est connue sous le nom de chemin de la Reine Blanche.

Moyen Âge Après la mort de Clovis, la région de Méru entre dans le royaume de Paris. En 626, la Villa Matrius (Méru) est donnée à l'abbaye royale de Saint-Denis. En 862, Charles le Chauve confirme la donation de « Mairiu ». Par la suite, le site de la villa Matrius ou "Domaine de la Mère" est christianisé sous le patronage de saint Lucien, célébré le , peut-être pour remplacer un culte des eaux à la "Déesse Mère", sur le ru de Méru.

Toujours au , la région est ravagée par les Normands ce qui explique la présence de certains souterrains.

Ensuite, la ville appartient aux comtes de Beaumont jusqu'en 1191, époque à laquelle elle obtient une charte de coutumes, premier pas vers la reconnaissance communale.

En 1331, lors du recensement de la population, l'on compte 180 feux (900 habitants environ) à Méru. À titre comparatif, Bornel en a 80 (400 habitants environ) et Lardières 50 (250 habitants environ). Lors des jacqueries, de 1358, Méru est brûlée et rasée.

Temps modernes

En 1521, Méru est reliée au domaine des Montmorency.

En 1582, Méru est incorporée au bailliage de Beauvais créé par Henri III.

Ensuite, des dernières années du et pendant la plus grande partie du , les princes de Conti et leurs descendants possèdent le bourg.

De leur château, il ne reste aujourd'hui qu'une tour dite la « Tour des Conti » que la ville et le district (aujourd'hui communauté de communes des Sablons) ont inscrit à leur programme de restauration.

La ville de Méru reste le centre d'un important bassin industriel qui s'est développé à partir du avec l'introduction progressive d'un artisanat tabletier importé de Paris par le biais des nourrices revenant de Paris.

La tabletterie, qui consiste en la fabrication d'objets divers (usuels, religieux, jeux, boîtes) au moyen de matières premières telles que le bois, l'os, la corne, l'ivoire, l'écaille ou encore la nacre, y fut d'abord pratiquée par les paysans de la région en manque de ressources durant les mois d'hiver.

Époque contemporaine Au , cette activité s'industrialise et la production s'intensifie. La profession s'organise et différentes spécialisations émergent : confection de boutons, de dominos, d'éventails, etc. Le travail de la nacre prend de l'importance. Rapidement, la ville de Méru s'illustre en tant que pôle de production sous le surnom de Capitale mondiale de la Nacre. Les débouchés sont nombreux, la clientèle internationale, la qualité du travail est appréciée bien au-delà des frontières de la France (Europe, Russie, États-Unis, anciennes colonies).

Les échanges avec la capitale, où se trouvent la plupart des grossistes, sont très actifs. Les tabletiers méruviens viennent s'y procurer les matières premières qu'ils façonnent et y déposent les produits de leur fabrication. L'ouverture de la gare de Méru, en 1875, facilite ce commerce.

En effet cette activité attire l’attention de négociants parisiens spécialisés dans le commerce de ces matières premières. Parmi eux figure Albert Ochsé (1839‑1910), négociant spécialisé dans la nacre et l'ivoire, qui acquiert le 21 juin 1890 une propriété et des terrains à Méru, situés au lieu‑dit le Chemin d’Amblainville, sur la route de Pontoise. Ils sont ensuite revendus à sa mort à la Société civile immobilière de Thiers.