Sérifontaine est une commune française située dans le département de l'Oise, en région Hauts-de-France.

Géographie

Sérifontaine est située à l'extrémité nord du Vexin français, la moins nette de ce pays limité à l'est par l'Oise, au sud par la Seine, à l'ouest par l'Epte qui le sépare du Vexin Normand.

Le territoire de la commune s'étend sur , entre 56 et 200 mètres d'altitude. Il est situé sur un emplacement singulier, un gué et un élargissement du cours de l'Epte, et monte sur le plateau au-dessus de l'Epte, sans atteindre toutefois le rebord du Bray.

Sérifontaine est ainsi posée sur la frontière de la Normandie. Frontière qui serpente de-ci de-là : quelques minutes en voiture en suivant la D 915 vers Gournay-en-Bray au nord ou vers Gisors au sud et l'on est en Normandie, mais on y est aussi en quelques pas vers l'ouest. Et ce n'est pas tout : quelques minutes à cheval vers Flavacourt et les Sérifontainois de jadis étaient à la limite de la forêt de Thelle, une ou deux lieues au nord, ils entraient en pays de Bray dès Talmontiers, en tout cas à Neuf-Marché. Or les habitants du Bray sont eux-mêmes assez difficiles à définir puisqu'ils ne sont ni Normands, ni Picards, ni Beauvaisins. C'est dire que les Sérifontainois n'étant pas même Brayons sont peu faciles à qualifier.

Administrativement, Sérifontaine est depuis les années soixante en Picardie. Or celle-ci, historiquement commencerait plutôt à Beauvais, et encore. Au total, Sérifontaine, qui n'a jamais eu de relation historique avec Beauvais, est bien seule et jusqu'à 2012 n'appartenait même à aucune communauté de communes (il faut toutefois noter que Sérifontaine, commune ouvrière, était d'une autre couleur politique que les communes environnantes).

Hydrographie La commune est située dans le bassin Seine-Normandie. Elle est drainée par l'Epte et le cours d'eau 01 de la commune de Serifontaine.

L'Epte, d'une longueur de , prend sa source dans la commune de Compainville et se jette dans la Seine à Notre-Dame-de-la-Mer, après avoir traversé .

vignette|centre|upright=1.2|alt=Carte en couleur présentant le réseau hydrographique de la commune|Réseau hydrographique de SérifontaineLes ruisseaux intermittents sont représentés en traits pointillés.. Un plan d'eau complète le réseau hydrographique : le plan d'eau du Domaine de Guerguesale ()..

Climat

Plusieurs études ont été menées afin de caractériser les types climatiques auxquels est exposé le territoire national. Les zonages obtenus diffèrent selon les méthodes utilisées, la nature et le nombre des paramètres pris en compte, le maillage territorial des données et la période de référence. En 2010, le climat de la commune était ainsi de type climat océanique dégradé des plaines du Centre et du Nord, selon une étude du Centre national de la recherche scientifique (CNRS) s'appuyant sur une méthode combinant données climatiques et facteurs de milieu (topographie, occupation des sols) et des données couvrant la période 1971-2000.. En 2020, le climat prédominant est classé Cfb, selon la classification de Köppen-Geiger, pour la période 1988-2017, à savoir un climat tempéré à été frais sans saison sèche.. Par ailleurs Météo-France publie en 2020 une nouvelle typologie des climats de la France métropolitaine dans laquelle la commune est exposée à un climat océanique. et est dans la région climatique Sud-ouest du bassin Parisien, caractérisée par une faible pluviométrie, notamment au printemps (120 à ) et un hiver froid ().. Elle est en outre dans la zone H1a au titre de la réglementation environnementale 2020 des constructions neuves..

Pour la période 1971-2000, la température annuelle moyenne est de , avec une amplitude thermique annuelle de . Le cumul annuel moyen de précipitations est de , avec de précipitations en janvier et en juillet. Pour la période 1991-2020, la température moyenne annuelle observée sur la station météorologique de Météo-France la plus proche, sur la commune de Jaméricourt à à vol d'oiseau., est de et le cumul annuel moyen de précipitations est de ... . Urbanisme Typologie Au , Sérifontaine est catégorisée bourg rural, selon la nouvelle grille communale de densité à sept niveaux définie par l'Insee en 2022.. Elle appartient à l'unité urbaine de SérifontaineUne unité urbaine est, en France, une commune ou un ensemble de communes présentant une zone de bâti continu (pas de coupure de plus de entre deux constructions) et comptant au moins . Une commune doit avoir plus de la moitié de sa population dans cette zone bâtie. , une unité urbaine monocommunale constituant une ville isolée.. Par ailleurs la commune fait partie de l'aire d'attraction de Paris, dont elle est une commune de la couronneLa notion d'aire d'attraction des villes a remplacé en octobre 2020 l'ancienne notion d'aire urbaine, pour permettre des comparaisons cohérentes avec les autres pays de l'Union européenne..

Occupation des sols L'occupation des sols de la commune, telle qu'elle ressort de la base de données européenne d'occupation biophysique des sols Corine Land Cover (CLC), est marquée par l'importance des territoires agricoles (78 % en 2018), en diminution par rapport à 1990 (79,4 %). La répartition détaillée en 2018 est la suivante : terres arables (64,5 %), forêts (15,1 %), prairies (12,4 %), zones urbanisées (5,6 %), zones industrielles ou commerciales et réseaux de communication (1,4 %), zones agricoles hétérogènes (1,1 %).. L'évolution de l'occupation des sols de la commune et de ses infrastructures peut être observée sur les différentes représentations cartographiques du territoire : la carte de Cassini (), la carte d'état-major (1820-1866) et les cartes ou photos aériennes de l'IGN pour la période actuelle (1950 à aujourd'hui).. vignette|redresse=1.4|centre|alt=Carte en couleurs présentant l'occupation des sols.|Carte des infrastructures et de l'occupation des sols de la commune en 2018 (CLC).

Voies de communication et transports La commune est traversée par la ligne ferroviaire de Saint-Denis à Dieppe, la gare de Sérifontaine est desservie par des TER Normandie effectuant des missions entre les gares de Gisors et de Serqueux.

La commune est desservie, en 2023, par les lignes 609, 618, 6105, 6123 et 6136 du réseau interurbain de l'Oise..

Toponymie

Le nom de la localité est attesté sous les formes « in pago vulcasino villam quoe vocatur Siria fontana » (918) ; Seriafontana (918) ; Saraifontaine (1095) ; de Sarafontana (1097) ; Saresfons (1126) ; de bosco de Serifonte (1151) ; Serifons (1151) ; Johannes de Serenefonte (XIIe) ; in molendino de Serisfonte (vers 1163) ; Seresfontaines (vers 1167) ; de territorio de Serefontaine (1168) ; Haimericus de Serenofonte (XIIe) ; de Sereno fonte (XIIe) ; Serifontana (1200) ; Serenus fons (1236) ; apud Serenum fontem (1248) ; Siria fontana (vers 1250) ; Serainfont (1276) ; Serenifontaine (1292) ; Serenfontaine (1292) ; Johanni de seri fonte (XIIIe) ; de Serico fonte (XIIIe) ; la Serifontaine (1355) ; sire de Serie fonteinne (1358) ; Serie fontaine (1358) ; Cerie fonteinne (1358) ; Ceriefontaine (1359) ; Cirfontaine (vers 1390) ; Sirfontaine (vers 1390) ; Jehan de Serefonteine (XIVe) ; Cerifontaine (1450) ; Serifontene (1457) ; Serifotaine (1472) ; Ceriffontaines (1485) ; Seriffontaine (vers 1500) ; Seriffontaines (1540) ; Seriffonstaine (1628) ; Sery Fontaine (1650) ; Sérifontaine (1840)..

Histoire Sérifontaine est une petite cité qui a eu un important destin industriel commencé à l'aube du .

Habitée au néolithique, au moins sur le site de Champignolles, occupée par les Romains, quelque part entre Flavacourt et Droittecourt, Sérifontaine a été continuellement habitée depuis l'époque mérovingienne. Dès le au moins, le site est fortifié, probablement sur les deux rives (à Sérifontaine et sur la motte de Thierceville où se trouvait le premier château Saussart) quand apparaissent les premiers conflits entre le roi de France et le duc de Normandie.

Son histoire à l'époque médiévale est faite de liens multiples. La seigneurie de Sérifontaine est d'abord liée au destin de la famille des seigneurs de Boury Famille de Boury., qui y occupent, durant tout le une fortification détruite en par Richard Cœur de Lion, lors du premier sac de Sérifontaine.

La seigneurie passe en 1267 par alliance chez les seigneurs de Trie Famille de Trie., qui y construisent probablement l'ancêtre du vieux château dont on voit les restes dans le parc Jacques-Duclos. Ce sont de grands seigneurs qui vont détenir Sérifontaine jusqu'à l'occupation anglaise du .

Au printemps 1419, le sire de l'Isle-Adam, qui combat avec le parti bourguignon contre les Anglais, confie la capitainerie de Gisors à Lyonnel de Bournonville, assisté d'un écuyer picard, Daviot de Gouy. Encerclés par les Anglais dans Gisors, ils réussissent une sortie et gagnent avec 200 à 300 hommes le château de Sérifontaine où campait un corps de quelques centaines d'Anglais et d'Irlandais. Ils pénètrent de nuit dans Sérifontaine et y exécutent un des carnages les plus sanglants de la campagne. Mais ils y sont rattrapés par cinq cents Irlandais qui brûlent le village et démolissent le donjon principal. C'est pendant l'occupation anglaise, en 1422, que le chœur ancien de l'église de Sérifontaine brûla.

Au , la seigneurie passe par alliance dans les familles de Maricourt et de Gamaches, elle est enfin achetée en 1650 par Charles III Fouilleuse de Flavacourt.

Après la Révolution, les derniers propriétaires issus de cette famille vendent leurs domaines, puis d'autres seigneurs arrivent au : des chevaliers d'industrie comme Charles-Marie d'Arlincourt, général et baron d'Empire, qui développe plusieurs usines de laminage du cuivre et du zinc, et dont les descendants se lassent vite de l'industrie mais se construisent aux marges du bourg un château agrandi jusqu'à la veille de la Première Guerre mondiale et qui reprend le vieux nom de Saussart.

Suivent des entrepreneurs, mais aussi un spéculateur, Pierre-Eugène Secrétan, emporté en 1889 par une retentissante faillite dite « krach du cuivre ». L'activité renaît avec la « Compagnie française des métaux » dont les guerres vont assurer quelques décennies de prospérité.

La CFM fusionne en 1962 avec les Tréfileries du Havre pour former Tréfimétaux, dont Sérifontaine n'est que l'un des nombreux sites. Il y a une nouvelle fusion, en 1967, ou plutôt le rachat de ce groupe du cuivre par le fragile géant de l'aluminium, Péchiney, qui revendra la branche cuivre en 1987 à l'italien SMI, repris ensuite par l'allemand KME, qui fermera presque tous les sites dont celui de Sérifontaine en 2009. Il faut aussi signaler sur le hameau de Droittecourt l'installation des pianos KriegelsteinPianos Kriegelstein. Annuaire des cinq départements de la Normandie sur Gallica. en 1896Kriegelstein à Droittecourt., puis des filtres Rellumix après la Seconde Guerre mondiale.

Cette aventure industrielle ne résume pas l'histoire contemporaine de Sérifontaine, même si elle lui donne sa couleur particulière, et notamment une municipalité d'obédience communiste presque ininterrompue depuis 90 ans, par rapport aux bourgs plus ruraux et conservateurs qui l'entourentJacques Favier, Sérifontaine, une commune au bord de l'Epte, éditions Alan Sutton, 2011..

Politique et administration