Trie-Château est une ancienne commune française située dans le département de l'Oise en région Hauts-de-France.
Par arrêté préfectoral du , les communes de Villers-sur-Trie et Trie-Château forment, le , la commune nouvelle de Trie-Château dont elle est le siège.
Géographie Localisation Trie-Château est un bourg du Vexin français au confluent de la Troesne et de l'Aunette. Trie-Château est située à de Gisors, à de Chaumont-en-Vexin, à d'Auneuil et à de Beauvais.
Voies de communication et transports La commune est desservie par la gare de Trie-Château de la ligne Paris-Saint-Lazare - Gisors-Embranchement desservie par les trains du Transilien J.
Toponymie Le nom est attesté sous les formes Tretum au ; Tria au en 1129Ordéric Vital dans son Historia Ecclésiastica en signalant le séjour aux « Andelys d’Engelrannus de Tria ». ; Treia en 1195Cartulaire de l’abbaye de Saint-Paul.; Tria villa en 1337.
En dépit des mauvaises latinisations, certains spécialistes supposent une évolution phonétique à partir du gallo-roman *TRAIECTU « gué, passage d'eau », terme issu du latin trajectum et qui a régulièrement abouti à trait en français. Il partage vraisemblablement la même étymologie que le Trait (Seine-Maritime), (Tractu en 1462Archives de Seine-Maritime G 1354, G. 4.) désignant un lieu de passage de la Seine, Utrecht (Pays-Bas, Rheno Trajectum, Utraiectum) désignant un lieu de passage en aval du Rhin et Maastricht (Pays-Bas, Mosae Trajectum, Masetrieth en 1051) désignant un lieu de passage de la Meuse (Maas). Trie aurait d'abord désigné un lieu de passage sur la Troesne qui était traversée par l'antique voie Beauvais - Saint-Clair-sur-Epte.
Albert Dauzat et Charles Rostaing ont rapproché Trie de Trilbardou (Seine-et-Marne, Tria vers 1172), Trilport (Sene-et-Marne, Tria portus 1221) et Treix (Haute-Marne, Trie 1188), qu'ils font remonter au francique thresk « jachère »Albert Dauzat et Charles Rostaing, op. cit., sans doute veulent-ils dire le vieux bas francique *thresk.
D'abord partie de Trie-la-Ville, l'ajout de la terminaison -Château est tardive.
Durant la Révolution, la commune, alors nommée Trie-Château (également orthographiée Trye), porte le nom de Trye-sur-Troesne.
Histoire La commune se situe à l'endroit où l'antique voie romaine (partant de Beauvais/Caesaromagus) franchissait la Troesne pour se diriger vers Saint-Clair-sur-Epte.
Lors de la septième croisade, en 1250, le roi Saint-Louis est fait prisonnier par les Ayyoubides de Baybars lors de la bataille de Fariskur. Afin de payer la rançon du roi, le seigneur de Rolleboise, Jacques de Trie Généalogie des seigneurs de Trie dans le Vexin, achète, au nom du roi, 120 arpents de bois dans la forêt d'ArthiesMonographie communale de Rolleboise aux AD des Yvelines.
En 1285, Renaud de Trie se trouve à Chauvency-le-Château près de Montmédy : il est l'un des invités du comte de Chiny et se distingue dans les joutes et dans le tournoi, dont il est l'un des héros. Jacques Bretel le met à l'honneur et le cite plusieurs fois dans son beau reportage poétique : Le Tournoi de Chauvency.
Jacques de Trie était l'un des seigneurs les plus riches de son temps. Il possédait dans le Vexin les domaines de Sérifontaine, de la forêt de Thelle, de Vaumain, de Valvaux, de Vaudancourt, de la Trouée, de Lattainville, de la Villetertre, de Trie, de Magny, de Buhy, de Montreuil, de Coppières, d'Omerville, de Villarceaux, de Limay, de Rolleboise, de MonceauxHistoire Genealogique et Chronologique de la Maison Royale de France. Il épouse, le , Catherine fille de Philippe de Florigny et de Marguerite le Drouais, et meurt le . De son mariage il eut 7 fillesBiographies. Anciens seigneurs, artistes, hommes de lettres, savants... du canton de Magny-en-Vexin, par Alfred Potiquet.
En 1835, la commune de Trie-la-Ville est créée à partir de celle de Trie-Château.
Le , la commune de Villers-sur-Trie fusionne avec Trie-Château.
Politique et administration Liste des maires
Population et société Démographie
Pyramide des âges La population de la commune est relativement âgée. Le taux de personnes d'un âge supérieur à 60 ans (27 %) est en effet supérieur au taux national (21,6 %) et au taux départemental (17,5 %). À l'instar des répartitions nationale et départementale, la population féminine de la commune est supérieure à la population masculine. Le taux (51,4 %) est du même ordre de grandeur que le taux national (51,6 %).
La répartition de la population de la commune par tranches d'âge est, en 2007, la suivante : 48,6 % d’hommes (0 à 14 ans = 17,1 %, 15 à 29 ans = 17,2 %, 30 à 44 ans = 17,9 %, 45 à 59 ans = 23,5 %, plus de 60 ans = 24,3 %) ; 51,4 % de femmes (0 à 14 ans = 15 %, 15 à 29 ans = 14 %, 30 à 44 ans = 19 %, 45 à 59 ans = 22,4 %, plus de 60 ans = 29,6 %).
Économie L'un des centres commerciaux desservant l'agglomération de Gisors est situé à Trie-Château.
Culture locale et patrimoine Lieux et monuments
Trie-Château compte six monuments historiques sur son territoire.
Dolmen des Trois Pierres, à La Garenne (classé monument historique par liste de 1862.). Église Sainte-Madeleine (classée monument historique par liste de 1862 ; l'église n'est pas dédiée à saint Étienne contrairement à ce qui est prétendu ; cf. et .) : Organisée tout en longueur, elle se compose d'un narthex roman tardif des années 1160 ; d'une nef unique romane des alentours de 1100 ; et d'un chœur gothique de deux travées d'une centaine d'années plus récent. Le narthex, avec sa façade à la décoration exubérante, et son ancien portail latéral nord également richement décoré, constitue l'une des œuvres romanes les plus extravagantes dans le Vexin. Il est souvent comparé au croisillon nord de l'église Saint-Étienne de Beauvais. Or, seulement le rez-de-chaussée est authentique, excepté certains éléments abîmés refaits pratiquement à l'identique au cours de la restauration des années 1860/67. Les parties hautes sont une création néo-romane imaginée par l'architecte Aymar Verdier. À l'intérieur, le narthex a été remanié, ou bien n'a jamais été achevé, car il n'est pas voûté, et des doutes sont permis que cela ait jamais été le cas. Il se trouve ainsi intégré dans la nef, mais séduit néanmoins par la décoration intérieure des fenêtres qui est presque analogue aux élévations extérieures. La nef proprement dite est de faible intérêt, mais elle partage avec le narthex une charpente gothique flamboyante munie d'une sablière sculptée et d'engoulants sous la forme de têtes d'homme grotesques, de facture rustique et d'un style naïf. Un arc triomphal fruste de dimensions restreintes ouvre sur le chœur gothique bâti vers 1200 à l'emplacement de l'ancien sanctuaire roman. Ce chœur constitue la seule partie de l'église qui soit voûtée d'ogives. Son architecture est de bon niveau, comme le souligne la décoration des fenêtres, mais fait aussi certains compromis imposés par les contraintes économiques, dont l'appareil en moellons et les colonnettes non monolithiques. Le chevet plat est éclairé par un triplet., qui rappelle qu'un triplet de trois baies romanes en provenance de Trie-Château est exposé au Victoria and Albert Museum.. Château de Trie (inscrit monument historique par arrêté du .) : propriété traditionnelle des ducs de Longueville, il passa en 1694 à François Louis de Bourbon-Conti. Son petit-fils le mit en 1767 à la disposition de Jean-Jacques Rousseau. Il fut acheté par Joseph-Arthur de Gobineau en 1857 et transformé plus tard en mairie. Hôtel de ville de Trie-Château (classé monument historique par liste de 1862.). Porte de la ville du (classée monument historique par décret du .). Une tour d'enceinte transformée en maison d'habitation (inscrite monument historique par arrêté du .).
Personnalités liées à la commune Charles-François Dupuis (1742-1809), homme politique et savant. Joseph Arthur de Gobineau (1816-1882) châtelain et maire de Trie. Camille Renault (1904-1984), restaurateur et mécèneVoir site internet de la mairie de Trie-Chateau.. Gabrielle d' Estrées (vers 1573-1599) favorite d' Henri IV y séjourna à plusieurs reprises Guillaume de Trie (? -1334) évêque de Bayeux, archevêque-duc de Reims. Mathieu III de Trie (? -1344) , maréchal de France. Renaud II de Trie (? - Vers 1324), maréchal de France. (? - 1397), amiral de France.
Héraldique
Folklore
Une légende locale, transmise au fil des générations à Trie-Château, raconte l’origine symbolique de la marguerite et son lien particulier avec la commune. Selon ce récit, un jardinier du village, connu pour son humilité et son attachement à la terre, vivait un amour profond avec son épouse prénommée Marguerite. Leur relation, décrite comme empreinte de douceur et de bienveillance, aurait inspiré l’homme à cultiver les plus belles fleurs, dans l’espoir de créer un jour une beauté à l’image de celle qu’il aimait.
La tradition rapporte que Marguerite tomba gravement malade, plongeant le jardinier dans une grande détresse. Une nuit, alors qu’il cherchait refuge sous un vieux chêne, il aurait imploré la nature, les vents et les cieux de lui accorder un signe ou un miracle. Épuisé, il se serait endormi et aurait rêvé d’un paysage féerique : un champ immense de fleurs blanches aux cœurs dorés, ondoyant sous une lumière douce. Une voix, assimilée au souffle du vent, lui aurait murmuré que ces fleurs étaient le reflet de son amour immortel et qu’elles renaîtraient chaque fois que le monde aurait besoin d’espoir.
Au matin, selon la légende, le jardinier découvrit que le village entier était recouvert de ces fleurs inconnues. Des jardins aux ruelles, un tapis blanc et doré aurait transformé Trie-Château en un paysage lumineux. Marguerite, émerveillée par cette apparition, aurait retrouvé force et sérénité. Le jardinier aurait alors donné à ces fleurs le nom de « marguerites », en hommage à son épouse et à la lumière qu’elle représentait.
Le folklore local affirme que, bien après la disparition du couple, les marguerites auraient peu à peu cessé de fleurir spontanément, ne laissant derrière elles que le souvenir du miracle. Toutefois, la tradition raconte que ces fleurs réapparaissent lors des périodes troublées, guidées par les rêves de personnes dont l’amour ou la bienveillance ravivent cette ancienne magie. Ces réapparitions symboliques feraient de Trie-Château un lieu associé à la résilience, à la lumière et à la renaissance.
Ce récit, encore évoqué aujourd’hui dans la culture locale, contribue à l’association durable entre la commune et cette fleur. Il alimente également l’usage du surnom culturel de « capitale de la marguerite », employé pour souligner le lien symbolique entre Trie-Château et cette légende fondatrice.
Voir aussi
Bibliographie
Articles connexes
Liste des communes de l'Oise Dolmen des Trois Pierres Église Sainte-Madeleine de Trie-Château Château de Trie
Liens externes
Site de la mairie
Notes et références Notes
Références
Catégorie:Ancienne commune dans l'Oise Catégorie:Commune déléguée dans l'Oise Catégorie:Commune ayant porté un nom révolutionnaire dans l'Oise Catégorie:Ville titulaire de la croix de guerre 1939-1945