Versigny est une commune française située dans le département de l'Oise, en région Hauts-de-France. Le hameau de Droizelles appartient également à la commune.

Géographie Versigny est un village situé dans le département de l'Oise en Picardie qui s'étend sur et qui compte en 2007, soit 25 habitants par km. Il est traversé par la Nonette. La commune est proche du parc naturel régional Oise-Pays de France à .

La grande ville la plus proche est Senlis à ; les villages limitrophes de la commune sont Baron, Montagny-Sainte-Félicité et Rosières.

Hydrographie Réseau hydrographique La commune est située dans le bassin Seine-Normandie. Elle est drainée par la Nonette, le ru Marquant et le ruisseau de Coulery.

La Nonette, d'une longueur de , prend sa source dans la commune de Nanteuil-le-Haudouin et se jette dans l'Oise à Saint-Leu-d'Esserent, après avoir traversé .

vignette|centre|upright=1.2|alt=Carte en couleur présentant le réseau hydrographique de la commune|Réseau hydrographique de VersignyLes ruisseaux intermittents sont représentés en traits pointillés.. Deux plans d'eau complètent le réseau hydrographique : le plan d'eau de Clos Madame Agnès () et le plan d'eau des Droizelles ()..

Gestion et qualité des eaux Le territoire communal est couvert par le schéma d'aménagement et de gestion des eaux (SAGE) « Sensée ». Ce document de planification concerne un territoire de de superficie, délimité par le bassin versant de l'Automne. Le périmètre a été arrêté le et le SAGE proprement dit a été approuvé le puis révisé le . La structure porteuse de l'élaboration et de la mise en œuvre est le syndicat d'aménagement et de gestion des eaux du Bassin Automne (S.A.G.E.B.A).

La qualité des cours d'eau peut être consultée sur un site géré par les agences de l'eau et l'Agence française pour la biodiversité.

Climat

Plusieurs études ont été menées afin de caractériser les types climatiques auxquels est exposé le territoire national. Les zonages obtenus diffèrent selon les méthodes utilisées, la nature et le nombre des paramètres pris en compte, le maillage territorial des données et la période de référence. En 2010, le climat de la commune était ainsi de type climat océanique dégradé des plaines du Centre et du Nord, selon une étude du Centre national de la recherche scientifique (CNRS) s'appuyant sur une méthode combinant données climatiques et facteurs de milieu (topographie, occupation des sols) et des données couvrant la période 1971-2000.. En 2020, le climat prédominant est classé Cfb, selon la classification de Köppen-Geiger, pour la période 1988-2017, à savoir un climat tempéré à été frais sans saison sèche.. Par ailleurs Météo-France publie en 2020 une nouvelle typologie des climats de la France métropolitaine dans laquelle la commune est exposée à un climat océanique altéré. et est dans la région climatique Nord-est du bassin Parisien, caractérisée par un ensoleillement médiocre, une pluviométrie moyenne régulièrement répartie au cours de l’année et un hiver froid ().. Elle est en outre dans la zone H1a au titre de la réglementation environnementale 2020 des constructions neuves..

Pour la période 1971-2000, la température annuelle moyenne est de , avec une amplitude thermique annuelle de . Le cumul annuel moyen de précipitations est de , avec de précipitations en janvier et en juillet. Pour la période 1991-2020, la température moyenne annuelle observée sur la station météorologique de Météo-France la plus proche, sur la commune du Plessis-Belleville à à vol d'oiseau., est de et le cumul annuel moyen de précipitations est de ... . Urbanisme Typologie Au , Versigny est catégorisée commune rurale à habitat dispersé, selon la nouvelle grille communale de densité à sept niveaux définie par l'Insee en 2022.. Elle est située hors unité urbaine. Par ailleurs la commune fait partie de l'aire d'attraction de Paris, dont elle est une commune de la couronneLa notion d'aire d'attraction des villes a remplacé en octobre 2020 l'ancienne notion d'aire urbaine, pour permettre des comparaisons cohérentes avec les autres pays de l'Union européenne.. Cette aire regroupe ...

Occupation des sols L'occupation des sols de la commune, telle qu'elle ressort de la base de données européenne d'occupation biophysique des sols Corine Land Cover (CLC), est marquée par l'importance des territoires agricoles (57,9 % en 2018), une proportion identique à celle de 1990 (57,9 %). La répartition détaillée en 2018 est la suivante : terres arables (53 %), forêts (39,9 %), prairies (3,2 %), zones urbanisées (1,7 %), zones agricoles hétérogènes (1,7 %), zones industrielles ou commerciales et réseaux de communication (0,4 %).. L'évolution de l'occupation des sols de la commune et de ses infrastructures peut être observée sur les différentes représentations cartographiques du territoire : la carte de Cassini (), la carte d'état-major (1820-1866) et les cartes ou photos aériennes de l'IGN pour la période actuelle (1950 à aujourd'hui).. vignette|redresse=1.4|centre|alt=Carte en couleurs présentant l'occupation des sols.|Carte des infrastructures et de l'occupation des sols de la commune en 2018 (CLC).

Voies de communication et transports La commune est desservie, en 2023, par les lignes 636, 6214, 6401 et 6442 du réseau interurbain de l'Oise..

Toponymie

La commune a porté le nom de Verciniacum en 987 (Ernest Nègre) ; de Verciniaco (1060) ; apud Versenniacum (1061) ; Verecigniacus (1211) ; Vercegni (1211) ; de Verceigniaco (1258) ; de Vercenis (XIIIe) ; Versengny (1317) ; Versigny (1340) ; Sanctus Martinus de Verceigniaco (XVe)..

De Vercinius + acum (E. Nègre).

Histoire

Protohistoire et Antiquité À ce jour, aucune opération archéologique n'a eu lieu sur le territoire de la commune. Néanmoins, les fouilles menées sur des terrains limitrophes situés sur la commune de Baron à l'occasion de la construction de la LGV Nord, ont livré des traces d'occupation gauloise, antique et du Haut Moyen Âge..

Le Moyen Âge et l'Ancien Régime La première mention de Versigny remonte à l'année 1061 et concerne un moulin qui appartenait à la collégiale Saint-Adrien de Béthisy-Saint-Pierre. L'histoire médiévale du village est peu connue. Il est possible qu'il fasse partie du domaine royal jusqu'à ce que la famille de Laon en soit investie au ..

En 1401, Péronelle de Laon vend la seigneurie à Henri de Marle, futur Chancelier de France. Ses descendants, qui prennent à la fin du le nom de famille Hector de Marle, restent seigneurs du village jusqu'à la fin du . Ils occupent des fonctions importantes au Parlement et la Ville de Paris. Par exemple Guillaume de Marle est prévôt des marchands de 1560 à 1564, Christophe Hector de Marle président de la Chambre des Comptes en 1631 et son fils Bernard Hector de Marle Intendant d'Alençon puis de Riom entre 1666 et 1682.

À la fin du , le château présentait un aspect bien différent de son état actuel avec une cour fermée, un logis asymétrique et une basse-cour au sud-est. Une ferme, dite du "Petit Hôtel", le jouxtait au nord-ouest. Elle se situait à l'emplacement du château médiéval et son pigeonnier est encore présent. Son ancienne tour d'entrée surnommée « le donjon » s'est effondrée à la fin des années 1950.

Le parc à la française, inscrit à l'inventaire supplémentaire des Monuments Historiques., est élaboré entre le et le . Il a souvent été attribué à André Le Nôtre bien qu'aucune source historique ne vienne l'attester. D'autres traditions comme la construction d'un château par Louis d'Orléans, sa démolition par le cardinal de Richelieu ou les visites de Charles de Chauve et de Jacques-Bénigne Bossuet, ne sont pas non plus fondées et sont certainement dues à une confusion avec la commune homonyme de l'Aisne.

De la Révolution jusqu'à la Première Guerre mondiale Pendant la Révolution, les pierres tombales présentes dans l'église Saint-Martin sont dégradées. Le château reste possession d'Antoinette Marguerite Lhoste de Beaulieu qui en avait l'usufruit depuis la mort de son mari Simon Berthelot en 1782. Elle meurt en 1801, transmettant le château à son frère Claude Léonor. L'édifice appartient toujours aux descendants de ce dernier.

En 1826, le village de Droizelles est rattaché à la commune de Versigny.

C'est dans les années 1830-1840 que le château prend son aspect actuel, à la suite des travaux menés par Jean Baptiste Isidore et Aglaé Louise Léonore de Junquières. Les armoiries des Junquières ornent l'aile sud du château, tandis que l'aile nord arbore celles de Marie Louise Bénédicte de Rouffiac, mère d'Aglaé et veuve de Claude Léonor. Aglaé de Junquières fait également restaurer l'église Saint-Martin où avaient eu lieu son baptême et son mariage.

En 1856, sa petite-fille Claire Louise Beynaguet de Pennautier épouse Guy Gabriel Henri Coëtnempren, comte de Kersaint, petit-fils du contre-amiral Guy Pierre de Kersaint. Le château est resté dans la famille Kersaint depuis.

Depuis la Première Guerre mondiale Au début de la Première Guerre mondiale, la bataille de l'Ourcq prit son origine à Versigny avec l'arrivée de cinq Uhlans, le . Ces derniers se sont postés à la porte du parc, ordonnant à la population de ne pas quitter le village. Ils cassent toutes les bicyclettes qu'ils trouvent et coupent les pneus.

Dans la dernière phase décisive de la guerre, à l'été 1918, le général Mangin établit son quartier général au château de Versigny. C'est ici que la seconde bataille de la Marne est préparée et que la base de la victoire contre les Allemands est donc posée. Mangin décrit Vesigny dans les lettres à son épouse ; elles font l'objet d'un recueil publié en 1950. Enfin, le eut lieu la Conférence de Versigny, lors de laquelle fut décidé d'engager la française à l'attaque des Allemands.

Pendant la Seconde Guerre mondiale, Versigny joua un rôle important dans la Résistance du sud de l'Oise et du nord de la Seine-et-Marne. Pendant sa deuxième mission en France, l'agent secret Marcel Fox créa le réseau Publican le , actif dans le secteur, jusqu'à Meaux. Publican était subordonné au réseau Buckmaster, selon le nom du colonel britannique Maurice Buckmaster, appartenant au Secret Intelligence Service. Ce vaste réseau regroupait au total vingt réseaux de résistance en France. Ces derniers avaient comme mission de : rapatrier en Angleterre les pilotes britanniques abattus par la DCA allemande ou la Luftwaffe ; parachuter les officiers britanniques qui faisaient la liaison avec les groupes de résistance ; envoyer armes et munitions pour désorganiser les voies de transport, en particulier les transports ferroviaires.

Sur place, le réseau Publican, animé par Jacques de Kersaint, disposait d'un centre radio dans le bois des Vignettes. Mais fin octobre 1943, le réseau fut découvert et démantelé, et Jacques de Kersaint fut arrêté le . Parallèlement, la Luftwaffe avait créé un terrain d'aviation dans la plaine dite du « Grand Condé » à quelques kilomètres au sud de Versigny : les Allemands réquisitionnèrent le château pour y loger leurs pilotes et mécaniciens. Le château n'en reste pas indemne. L'année suivante, une brigade SS saccage tout le domaine et le château par mesure de représailles contre l'engagement dans la Résistance du comte Jacques de Kersaint.