Lagny est une commune française du département de l'Oise en région Hauts-de-France.
Géographie Description Lagny est un village picard du Noyonnais située au nord-est du département de l'Oise, à à vol d'oiseau au sud-est de Roye, au sud-ouest de Saint-Quentin, à l'ouest de Chauny, au nord-ouest de Noyon et au nord-est de Compiègne.
La commune se trouve dans l'aire d'attraction de Compiègne ainsi que dans sa zone d'emploi, et dans le bassin de vie de Noyon.
Communes limitrophes
Géologie et relief La superficie de la commune est de ; son altitude varie de .
En 1850, Louis Graves indiquait que « le territoire de Lagny forme une plaine inégale entre les buttes de Porquéricourt, de Suzoy, de Cuy, la route départementale de Noyon à Roye qui lui sert de limite au nord-est, et la butte de Lagny qui est placée vers la limite septentrionale. Le chef-lieu bâti au pied de cette butte, présente une rue principale pavée, longue de deux mille mètres. Deux ruisseaux naissant dans l'étendue de la commune. s'écoulent vers la vallée de VerseLa montagne de Lagny, au nord du village, offre de son sommet une vue magnifique sur le Santerre et le Vermandois, Il y a sur la déclivité méridionale de cette colline une tombelle, nommée dans le pays le Chatelet ou Catelet. C'est une butte circulaire, haute de quinze mètres, large de quarante, et qui porte une forte dépression dans son centre ; elle est couronnée par un bouquet de vieux arbres qui la font distinguer de loin.Une seconde tombelle pareille à celle-ci existe sur la même colline du côté de Candor, sur Google Livres. ».
Hydrographie Réseau hydrographique vignette|upright=1.4|alt=Carte en couleur présentant le réseau hydrographique de la commune|Réseau hydrographique de LagnyLes ruisseaux intermittents sont représentés en traits pointillés..
La commune est située dans le bassin Seine-Normandie.
Elle est drainée par le fossé 01 de la commune de Candor, le fossé 02 de la commune de Lagny et le ru Fissier.
Gestion et qualité des eaux Le territoire communal est couvert par le schéma d'aménagement et de gestion des eaux (SAGE) « Sensée ». Ce document de planification concerne un territoire de de superficie, délimité par le bassin versant de l'Oise moyenne. Le périmètre a été arrêté le et le SAGE est, en 2024, encore en élaboration. La structure porteuse de l'élaboration et de la mise en œuvre est le syndicat mixte du SAGE Oise-Moyenne (SMOM).
La qualité des cours d'eau peut être consultée sur un site spécial géré par les agences de l'eau et l'Agence française pour la biodiversité.
Climat
Plusieurs études ont été menées afin de caractériser les types climatiques auxquels est exposé le territoire national. Les zonages obtenus diffèrent selon les méthodes utilisées, la nature et le nombre des paramètres pris en compte, le maillage territorial des données et la période de référence. En 2010, le climat de la commune était ainsi de type climat océanique dégradé des plaines du Centre et du Nord, selon une étude du Centre national de la recherche scientifique (CNRS) s'appuyant sur une méthode combinant données climatiques et facteurs de milieu (topographie, occupation des sols) et des données couvrant la période 1971-2000.. En 2020, le climat prédominant est classé Cfb, selon la classification de Köppen-Geiger, pour la période 1988-2017, à savoir un climat tempéré à été frais sans saison sèche.. Par ailleurs Météo-France publie en 2020 une nouvelle typologie des climats de la France métropolitaine dans laquelle la commune est exposée à un climat océanique. et est dans la région climatique Nord-est du bassin Parisien, caractérisée par un ensoleillement médiocre, une pluviométrie moyenne régulièrement répartie au cours de l’année et un hiver froid ().. Elle est en outre dans la zone H1a au titre de la réglementation environnementale 2020 des constructions neuves..
Pour la période 1971-2000, la température annuelle moyenne est de , avec une amplitude thermique annuelle de . Le cumul annuel moyen de précipitations est de , avec de précipitations en janvier et en juillet. Pour la période 1991-2020, la température moyenne annuelle observée sur la station météorologique de Météo-France la plus proche, sur la commune de Margny-lès-Compiègne à à vol d'oiseau., est de et le cumul annuel moyen de précipitations est de ... . Urbanisme Typologie Au , Lagny est catégorisée commune rurale à habitat dispersé, selon la nouvelle grille communale de densité à sept niveaux définie par l'Insee en 2022..
Elle est située hors unité urbaine. Par ailleurs la commune fait partie de l'aire d'attraction de Compiègne, dont elle est une commune de la couronneLa notion d'aire d'attraction des villes a remplacé en octobre 2020 l'ancienne notion d'aire urbaine, pour permettre des comparaisons cohérentes avec les autres pays de l'Union européenne.. Cette aire, qui regroupe , est catégorisée dans les aires de à moins de ...
Occupation des sols vignette|redresse=1.4|alt=Carte en couleurs présentant l'occupation des sols.|Carte des infrastructures et de l'occupation des sols de la commune en 2018 (CLC).
L'occupation des sols de la commune, telle qu'elle ressort de la base de données européenne d'occupation biophysique des sols Corine Land Cover (CLC), est marquée par l'importance des territoires agricoles (76,4 % en 2018), en diminution par rapport à 1990 (79,4 %).
La répartition détaillée en 2018 est la suivante :terres arables (75,1 %), forêts (17 %), zones urbanisées (6,6 %), zones agricoles hétérogènes (1,3 %)..
L'évolution de l'occupation des sols de la commune et de ses infrastructures peut être observée sur les différentes représentations cartographiques du territoire : la carte de Cassini (), la carte d'état-major (1820-1866) et les cartes ou photos aériennes de l'IGN pour la période actuelle (1950 à aujourd'hui)..
Lieux-dits, hameaux et écarts Seaucourt est un hameau établi en continuité du village, à son sud-ouest.
Habitat et logement En 2021, le nombre total de logements dans la commune était de 252, alors qu'il était de 244 en 2016 et de 237 en 2011..
Parmi ces logements, 83,9 % étaient des résidences principales, 5,5 % des résidences secondaires et 10,6 % des logements vacants. Ces logements étaient pour 99,2 % d'entre eux des maisons individuelles et pour 0,8 % des appartements.
Le tableau ci-dessous présente la typologie des logements à Lagny en 2021 en comparaison avec celle de l'Oise et de la France entière. Une caractéristique marquante du parc de logements est ainsi une proportion de résidences secondaires et logements occasionnels (5,5 %) supérieure à celle du département (2,4 %) mais inférieure à celle de la France entière (9,7 %). + Le logement à Lagny en 2021. Typologie Lagny. Oise. France entière. Résidences principales (en %)83,990,582,2 Résidences secondaires et logements occasionnels (en %)5,52,49,7 Logements vacants (en %)10,678,1
Voies de communication et transports Le territoire communal est limité au nord-est par l'ancienne route nationale 334 (actuelle RD 934) qui relie Soissons à Amiens, en emprunter le tracé d'une ancienne Chaussée Brunehaut
La commune est desservie, en 2023, par les lignes 679 et 6307 du réseau interurbain de l'Oise..
Toponymie Le nom de la localité est attesté sous les formes Hugo majorville Ligniaci (1155) ; Lagniaci (1201) ; Laigni (1233) ; apud Legniacum siccum (1241) ; in territorio de Legniaco (1255) ; de Lagniaco sicco (1255) ; apud laigni (1255) ; in via de lengny (1256) ; sires de Leigni (1267) ; Jehans de Leigni (1267) ; le cens de laigni (1267) ; se grange de laigny (1308) ; Jehan de laigny (1356) ; Laigni le sec (1375) ; Laigny les Chasteigners pres Noyon () ; Laigny (vers 1517) ; Lagni (vers 1517) ; Laigny les Castigniers (1531). ; Laigny les Chastigniers ()Dictionnaire de la noblesse page 377, tome IV, seconde édition, Paris 1772 (sur GoogleBooks) ; Laigny les Chastigneux () ; Lagny (1840).
Le village a toujours eu une activité avec de nombreux métiers liés à l'exploitation du bois, en particulier les châtaigniers.
Certains lieux avaient des noms relativement significatifs, Ch'Carcan, Ch'ju d'Battoirs, la ruelle d'yô ou d'ieu (eau en Picard) qui menait aux nombreuses sources se déversant dans « Ch'Marais ».
Histoire Antiquité
Le village est en léger surplomb de la branche Lyon-Boulogne de la voie romaine d'Agrippa, à quelques kilomètres au nord de Noyon, ce qui lui donne alors une position stratégique.
Il n'est pas rare d'y trouver des pierres taillées, ou polies, en particulier près des marais (rosy et Marais de la pierre), ce qui tend à prouver que le site est habité depuis des temps très reculés.
Sur la colline, dans la partie ouest, on peut découvrir « Ch'Catelet », butte de terre de quelques mètres de haut qui domine toute la région qui selon certains écrits aurait pu être un observatoire romain.
Moyen Âge Le versant est de la colline (près du château d'eau) cache un ancien cimetière contenant des sarcophages en pierre dits de l'époque des Templiers (un exemplaire serait au musée de Noyon).
Ce village possédait un château fortifié détruit une première fois le par les Bourguignons ayant levé le siège de Compiègne, sur Persée..
Le , la seigneurie de Laigny-les-Châtaigniers est vendue par Jeanne de Sains à Guillaume de Flavy..
Temps modernes
Louis Graves indiquait « Il y avait un ancien château flanqué de quatre tours, dont une fut abattue par ordre du roi Louis XV. parce que le marquis d'Harbouville qui en était propriétaire, s'était caché parmi les morts dans une bataille des guerres de Hanovre. Les trois fils de ce marquis se firent tuer les armes à la main, en huit mois, par excès de bravoure ».
Révolution française et Empire
Au , un troisième moulin était en service sur le lieu-dit « Penchemont », près de l'ancienne voie romaine.
Le village avait une activité agricole classique, avec de l'élevage et de nombreux métiers liés à l'exploitation du bois. En particulier, le châtaignier était utilisé pour la fabrication des échelles destinées à la cueillette des fruits. On y fabriquait aussi des tonneaux, des sabots, et du charbon de bois : des vestiges des fours subsistent sur le versant nord-est de la colline au lieu-dit « Ché Fours ».
En 1850, la commune dispose de sa mairie, d'une école et de pâtures communales. On y compte alors trois moulins à vent, une carrière et une cendrière. La population comprend beaucoup de bûcherons et quelques tisserands.
Première Guerre mondiale Village se trouvant sur le front de la Première Guerre mondiale, Lagny est, dès le début des hostilités, occupé par un régiment de uhlans.
Durant cette occupation, le , à la droite de la mairie, les Allemands ont fusillé : Picart Paul, maire ; Flamant Denis, curé ; Lavacquery Fernand ; Lavacquery Octave ; Leclerc Jules : pris comme otages, ils ont été obligés de creuser leur tombe avant de mourir fusillés en représailles d'une attaque imaginaire. Un garde allemand paniqué aurait tiré à la suite d'un bruit suspect. Une plaque commémorative] au nom des suppliciés est apposée au mur de la mairie.. Le commandant a fait rassembler toutes les femmes sur la place du village en vue de faire "son choix" mais une d'entre elles, dont le nom était toujours prononcé à voix basse, s'est portée volontaire.
Un réseau de cagnas abritait les troupes allemandes à l'ouest de la colline qui domine le village à . Les entrées sont encore visibles de nos jours.
L'église est détruite par des français bombardements en mars 1918. À la fin de la guerre en 1918, le village est pratiquement totalement en ruine. , certaines « ruines » subsistent encore.
La commune est décorée de la Croix de guerre 1914-1918 le Journal officiel du 18 février 1921, ..
Seconde Guerre mondiale Lors de la Deuxième Guerre mondiale le village a relativement été épargné. Quelques bombardements aériens ont eu lieu près du marais où un convoi français avait été abandonné.