Mostefa Ben Boulaïd (en arabe : مصطفى بن بولعيد), né le à Inerkeb (dans l'actuelle commune d'Arris) et mort le dans le massif des Aurès, est un révolutionnaire algérien. Figure historique majeure de la lutte anticoloniale, il est l'un des fondateurs du Front de libération nationale (FLN) en 1954 et le commandant de la zone des Aurès au début de la guerre d'Algérie.

Biographie Origines et formation 150px|thumb|right|Chefs du FLN. Photo prise juste avant le déclenchement de la révolution du . (Debout, de gauche à droite: Rabah Bitat, Mostefa Ben Boulaïd, Didouche Mourad et Mohamed Boudiaf Assis: Krim Belkacem à gauche, et Larbi Ben M'Hidi à droite). Mostefa Ben Boulaïd est issu d'une famille chaouie, petits propriétaires fonciers d'Arris, chef-lieu de la commune mixte de l'Aurès. Il fait partie d'une tribu de l'Aurès, les Aït Daoud (Touaba), présentée comme la plus puissante de la région.

En 1939, il accomplit le service militaire obligatoire et est mobilisé durant la Seconde Guerre mondiale. En 1944, il se distingue par son courage pendant la campagne d'Italie, ce qui lui vaut la médaille militaire et la croix de guerre 1939-1945.

Le militant nationaliste (1945-1954) Démobilisé avec le grade d'adjudant, il regagne sa ville natale, où il s'adonne au commerce de tissu puis obtient une licence d'exploitation d'une ligne de cars entre Arris et Batna avant que cette licence lui soit retirée en 1951, p. 184-186.. Il milite dans les rangs du Parti du peuple algérien (PPA) de Messali Hadj, puis du MTLD. Il joue un rôle important dans l'OS, branche armée clandestine du parti, au sein de laquelle il mène une intense activité de formation politique et militaire des jeunes. Il commence à se procurer des armes en les achetant avec ses propres deniers et participe à l'hébergement des militants pourchassés par les autorités. Il supervise personnellement la distribution des armes à ces militants. En 1947, il participe aux élections à l'Assemblée algérienne et obtient une large victoire. Cependant, les résultats sont falsifiés par les autorités françaises.

Membre du comité central du PPA-MTLD, il rompt avec les membres de ce comité lors de la crise qui oppose les centralistes à Messali Hadj.

Aux origines du FLN (1954) En , il est l'un des fondateurs du Comité révolutionnaire d'unité et d'action (CRUA) et préside la « réunion des 22 » du dans une villa du Clos Salambier appartenant à Lyès Deriche à Alger, vingt-deux Algériens se prononcent « pour la révolution illimitée jusqu'à l'indépendance totale », qui vise à établir une vision uniforme autour de la question du déclenchement de la lutte armée. En , lorsque le CRUA devient le Front de libération nationale (FLN), il est l'un des membres du « Comité des six » chefs insurrectionnels (avec Mohammed Boudiaf , Larbi Ben M'hidi, Rabah Bitat, Didouche Mourad et Krim Belkacem) et responsable de la zone 1 (Aurès).

Le combattant (1954-1956) Il dirige les opérations du (Toussaint rouge) dans l'Aurès, région qui joue un rôle particulièrement important dans cette journée marquant le début de la guerre d'Algérie et qui va subir dès les premiers mois une très forte répression.

En 1955, il se rend en Libye pour approvisionner les militants en armes et participe aux deux batailles d’Ifri el blah et Ahmar Khaddou.

thumb|left|Photo prise après son arrestation en Tunisie (11 février 1955), Ben Boulaïd réussit à transmettre un message symbolisant l'unité avec ses deux pouces.

Il est arrêté le à Ben Gardane en Tunisie et est interrogé par des agenst de la DST, Vincent Monteil et le commissaire Le Doussal. Il est défendu par deux militants anticolonialistes français Yves Dechezelles et Pierre Stibbe. Condamné à mort par le tribunal de Constantine, il est incarcéré à la prison centrale de Constantine. Il s'en évade en avec plusieurs autres détenus dont Tahar ZbiriTahar Zbiri est un des auteurs du coup d'État manqué contre Houari Boumédiène en 1967., grâce à la complicité d'un gardien de prison, Djaffer Chérif, lui aussi chaoui. Durant cette évasion, un de ses compagnons chute, se blesse et, repris, sera ensuite guillotiné. Ben Boulaïd laisse un message à ses gardiens, déclarant que . C'est en commun accord, au tirage au sort, que l'ordre d'évasion s'est déroulé.

vignette|droite|La tombe de Si moustefa à droite et son compagnon Lamrani à gauche à Nara, commune de Menaa, wilaya de Batna

Revenu dans le maquis à la tête de la wilaya I, il apprend la mort de son adjoint Bachir Chihani et est confronté aux conflits internes alimentés par les ambitions de son frère Omar et d'Adjel Adjoul. Mostefa Ben Boulaïd est tué le avec un de ses proches collaborateurs, Abdelhamid Lamrani (le frère de Laïd Lamrani) à la suite de l'explosion d'un poste radio piégé parachuté par l'armée française.

Pour Salah Goudjil et Krim Belkacem, Ben Boulaïd est le .

Décorations

Hommages vignette|droite|Le buste de Mostefa Benboulaïd à Arris dans la wilaya de Batna. vignette|droite|Le buste de Mostefa Benboulaid à Alger-Centre dans la wilaya d'Alger Héros national de l'Algérie, sa mémoire est honorée par plusieurs bustes dont deux sur les places principales de Batna et d'Arris, et un à Alger-Centre dans la wilaya d'Alger.

Lieux et infrastructures Un certain nombre de lieux et établissements portent son nom : Une allée à Batna et une autre à Oran Un boulevard emblématique à Alger (Sidi M'Hamed) Une des plus grandes avenues d'Annaba, boulevard Bertagna, qui relie le Cours de la Révolution (anciennement Cours Bertagna) aux quartiers Saint-Cloud, Plaisance et Kouba, et aux plages de Chapuis et Toche Une école moyenne à Annaba Un lycée à Batna et un autre à Aïn El Hammam Une école primaire à Mohammadia (Alger) L'Aéroport de Batna porte son nom à compter de 1998. L'hôpital à Blida est baptisé à son honneur. L'Université Batna 2 est baptisée à son nom. Le poste-frontière entre l'Algérie et la Mauritanie porte son nom.

Cinéma En 2007, Ahmed Rachedi tourne un film de lui sous le nom de Mostefa Ben Boulaïd, dans le cadre de la manifestation « Alger, capitale de la culture arabe 2007 », produit avec la collaboration du ministère des Moudjahidine, du ministère de la culture et de l'entreprise « Missane Balkis films ».

Notes et références

Voir aussi Bibliographie

Articles connexes Krim Belkacem Histoire de l'Algérie Histoire des Aurès Wilaya (guerre d'Algérie)

Liens externes * sur https://www.elmoudjahid.dz/ Biographie sur Algérie-Monde.com Galerie photo Elias Filali Pbase Qui a tué Ben Boulaid ? sur lematindz.net Le film sur Mostefa Ben Boulaïd

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