La tourelle des Perdrix ou tourelle de la Perdrix est un ancien phare situé à l'embouchure de la rivière An Teir localement nommée la rivière de Pont-l'Abbé, à l'entrée des ports de Loctudy et de l'Île-Tudy, dans le département breton du Finistère, en France. Cette tourelle présente la particularité unique d'être peinte en damiers noirs et blancs. Avant d'être désaffecté, ce phare constituait, avec celui de Langoz, un des deux phares construits sur le territoire de la commune.
Erigée en 1918, cette tourelle fut précédée d'une balise, elle-même précédée d'une simple perche rouge au . Elle est peinte en rouge à l'origine, puis en noir et blanc en 1947. En 2000, devenue inutile car remplacée par des balises vertes et rouges, elle est menacée de destruction. Devant le refus des Île-Tudistes et Loctudistes, ainsi que des élus, l'édifice est conservé.
Contexte
L'entrée de la rivière de Pont-l'Abbé n'échappe pas à ce phénomène. Simples ports d'échouage en raison de l'abri que présente le site naturel, les ports de Loctudy et de l'Île-Tudy se développent au , face à l'essor du commerce maritime et de la pêche, mais aussi de navires aux tonnages allant croissant. À Loctudy, c'est en 1848 que le premier quai est construit, et à l'Île-Tudy, en 1868. À Pont-l'Abbé, le chemin de halage chargé de faire remonter les bateaux jusqu'au port de la ville, est construit entre 1848 et 1907. À l'époque, c'est également le seul port du pays Bigouden dans lequel les bateaux à fort tirant d'eau peuvent accoster, le chenal étant profond, contrairement aux ports de Lesconil ou Kérity, simples ports d'échouage au .
C'est d'ailleurs dans ce contexte qu'est érigé le phare de Langoz en 1863, à la suite d'un projet qui remonte à 1848, date de la construction du premier quai du port de LoctudyCollectif, Le patrimoine des communes du Finistère, éditions Flohic, 1998, p. 510.. Concernant l'écueil des Perdrix, le service des phares et balises ne semble pas pressé de statuer dessus, ni de débloquer des fonds importants. Il faut attendre plusieurs années, des échouages, des querelles municipales et des études techniques avant que des travaux d'érection d'un phare ne commencent, en 1914. Un espar précaire et souvent inefficace est bien dressé sur le rocher en 1872, mais souvent détruit.
Localisation
La tourelle des Perdrix est localisée à l'entrée du chenal de la rivière de Pont-l'Abbé, parfois nommée dans les documents anciens An Teir ou An Their, trois au féminin en langue bretonne, probablement en référence aux trois branches de l'estuaire de cette ria (la branche de Pont-l'Abbé, la branche du Pouldon et la branche de l'Île-Tudy)Exposition sur la rivière de Pont-l'Abbé en 2009 Patrick Vanuxeem, Loctudy, histoire et patrimoine. Essai sur l'origine historique de Loctudy., Éditions Vanuxeem, juin 2016, p. 23..
La tourelle est érigée sur un plateau rocheux découvert à marée basse, mais caché, et donc dangereux à marée haute, surtout pour les bateaux de plus en plus nombreux qui empruntent ce chenal avec l'essor du commerce vers les ports de l'Île-Tudy, Loctudy et même Pont-l'Abbé à partir de 1850. En effet, sur la carte de Cassini au , tout comme sur la première carte d'état major au , le plateau rocheux n'est pas localisé.
Étymologie Le plateau rocheux sur lequel le phare des Perdrix est érigé est nommé, selon les cartes sur lesquelles il est présent, Ar Gluger (la perdrix en breton), les Glugers (mélange de français et de breton, pour signifier les Perdrix), les Perdrix ou Roche des Perdrix, parfois la Perdrix. Ce plateau rocheux figurant, lorsqu'il est découvert à basse mer, une compagnie de perdrix, expliquerait ce nom et l'usage répandu du pluriel.
Les documents administratifs ne tranchent pas lorsqu'ils évoquent le rocher ou le phare, le nommant de façon aléatoire au singulier ou au pluriel. Curieusement, une habitude d'origine méconnue veut que les Loctudistes nomment le phare Les Perdrix, et les Île-Tudistes La PerdrixSite de France bleu breiz izel. Lors du dernier rafraîchissement de l'édifice, l'article n'est pas peint. Des cartes postales plus anciennes montrent néanmoins clairement l'article Les inscrit sur le pharePhoto extraite du site d'une crêperie loctudiste.
Historique L'espar (1872-1886)
La tourelle (1886-1914)
Le phare (1918-2000)
La tourelle (depuis 2000)
Une identité locale forte
Galerie avec tourelle
Autres Cet ancien phare n'est pas à confondre avec la tourelle des Perdrix qui existe à l'entrée du port de Lézardrieux, sur la rive gauche du fleuve Trieux, dans les Côtes-d'ArmorCarte postale ancienne de cette tourellePage de la tourelle sur le site web Phares-et-feux.
Notes et références
Sources Bibliographie Patrick Vanuxeem, Loctudy, histoire et patrimoine. Essai sur l'origine historique de Loctudy., Éditions Vanuxeem, , 290 p. , p. 53 54. Françoise Péron et Guillaume Marie, Atlas du patrimoine maritime du Finistère, éditions le Télégramme, 2010, 142 p. La Rivière sans nom (textes de Serge Duigou, toiles de Jacques Godin, photos d'Olivier Garros), éditions Les îles du désert, 2008. Collectif, Le patrimoine des communes du Finistère, éditions Flohic, 1998, tome 1, p. 511.
Sitographie Site de l'association Histoire locale et patrimoine de Loctudy Site : le monde des phares . Site : les sentinelles des mers Site : phares, feux et balises
Catégorie:Phare dans le Finistère Catégorie:Phare du XXe siècle en France