Campagne-lès-Boulonnais est une commune française située dans le département du Pas-de-Calais en région Hauts-de-France. Ses habitants sont appelés les Campagnards. Sa population est de au recensement de . La commune est membre de la communauté de communes du Haut Pays du Montreuillois.

Géographie Localisation Localisée dans le centre-ouest du département du Pas-de-Calais, Campagne-lès-Boulonnais, village de l'Artois, se situe, par la route, entre les communes de Lumbres (). et Fruges ()., à environ au nord-est de Montreuil-sur-Mer (chef-lieu d'arrondissement)., au sud-est de Boulogne-sur-Mer., au nord-ouest d'Arras (préfecture du Pas-de-Calais))., et à l'est de Lille (chef-lieu de la région Hauts-de-France)..

Le territoire de la commune est limitrophe de ceux de six communes.

Géologie et relief Campagne-lès-Boulonnais, d'une superficie de , est située sur un plateau humide à une altitude entre , dominant la vallée d'Happe (hameau de Campagne-lès-Boulonnais).

La géographie se caractérise par : un relief de plateau calcaire accidenté, fondé sur un substrat géologique crétacé ; des sols difficiles à travailler.

Hydrographie

Le territoire de la commune est situé dans le bassin Artois-Picardie..

La commune est arrosée par la Vilaine (ou Thiembronne), cours d'eau naturel non navigable de qui prend sa source au nord de la commune, au hameau de Happe, et se jette dans l'Aa au niveau de la commune de Saint-Martin-d'Hardinghem, et par un petit cours d'eau de , l’Ergny, qui prend sa source au sud de la commune et se jette dans la commune voisine d'Ergny.

Malgré la forte pluviosité, l'eau est un problème à Campagne-lès-Boulonnais. La Vilaine qui passe à Happe est un petit ruisseau, canalisé le long de la route, au débit plutôt faible et intermittent.

L'essentiel de l'eau provient de la nappe phréatique. On a donc eu recours dans le passé aux puits communaux (il en restait 8 en 1949 ; en 2015, un puits existe encore rue de l'Aublet dans le quartier des Angles).

Dans le passé, l'eau était aussi stockée dans des mares (appelées flos). Ces mares n'existent plus mais on peut encore découvrir leur présence (par exemple : place du Coq Rouge).

vignette|centre|upright=1.2|alt=Carte en couleur présentant le réseau hydrographique de la commune|Réseau hydrographique de Campagne-lès-BoulonnaisLes ruisseaux intermittents sont représentés en traits pointillés..

Climat

Plusieurs études ont été menées afin de caractériser les types climatiques auxquels est exposé le territoire national. Les zonages obtenus diffèrent selon les méthodes utilisées, la nature et le nombre des paramètres pris en compte, le maillage territorial des données et la période de référence. En 2010, le climat de la commune était ainsi de type climat océanique franc, selon une étude du Centre national de la recherche scientifique (CNRS) s'appuyant sur une méthode combinant données climatiques et facteurs de milieu (topographie, occupation des sols) et des données couvrant la période 1971-2000.. En 2020, le climat prédominant est classé Cfb, selon la classification de Köppen-Geiger, pour la période 1988-2017, à savoir un climat tempéré à été frais sans saison sèche.. Par ailleurs Météo-France publie en 2020 une nouvelle typologie des climats de la France métropolitaine dans laquelle la commune est exposée à un climat océanique. et est dans la région climatique Côtes de la Manche orientale, caractérisée par un faible ensoleillement () ; forte humidité de l’air (plus de avec humidité relative > 80 % en hiver), vents forts fréquents.. Elle est en outre dans la zone H1a au titre de la réglementation environnementale 2020 des constructions neuves..

Pour la période 1971-2000, la température annuelle moyenne est de , avec une amplitude thermique annuelle de . Le cumul annuel moyen de précipitations est de , avec de précipitations en janvier et en juillet. Pour la période 1991-2020, la température moyenne annuelle observée sur la station météorologique de Météo-France la plus proche, sur la commune de Nielles-lès-Bléquin à à vol d'oiseau., est de et le cumul annuel moyen de précipitations est de ... . Paysages

La commune s'inscrit dans les « paysages des hauts plateaux artésiens » tels qu'ils sont définis dans l'atlas de paysages de la région Nord-Pas-de-Calais, conçu par la direction régionale de l'Environnement, de l'Aménagement et du Logement (DREAL)La DREAL distingue, dans la région Nord-Pas-de-Calais, quatre grandes familles de paysages : ceux du Haut Pays, Bas Pays, Littoraux et d'interface. Ces grandes familles de paysages comprennent ...

Les « paysages des hauts plateaux artésiens », qui concernent du Pas-de-Calais, se situent à l'extrémité ouest des collines de l'Artois qui traversent le Pas-de-Calais d'Arras au Boulonnais. L'altitude de ces paysages dépassent les . Ces dimensions sont modestes, d'une quinzaine de kilomètres du sud-est au nord-ouest et d'une vingtaine de kilomètres dans sa dimension la plus grande..

Les « paysages des hauts plateaux artésiens », appelés aussi « Haut Artois », se caractérisent par trois ensembles écopaysagers : l'ensemble mésophile ouvert du plateau artésien calcaire ; l'ensemble alluvial des fonds de vallée de la Lys et de l'Aa ; l'ensemble calcicole des versants calcaires des vallées.

Le « Haut Artois » dispose d'une importante densité de corridors biologiques bien interconnectés.

Dans le « Haut Artois », pas de villes, c'est une des rares terres rurales de la région, les communes les plus importantes sont, du nord au sud, Lumbres, Fauquembergues et Fruges. Le « Haut Artois », drainé par l'Aa et la Lys, constitue le sommet de l'anticlinal artésien, paysage ventée, froid et aux précipitations importantes qui en font le château d'eau régional.

Leș cultures représentent 59,66 % des sols, les prairies 29,96 %, les forêts et milieux semi-naturels de 6,81 %, les espaces artificialisés 6,09 % avec les communes principales de Lumbres, Fruges et Fauquembergues, les espaces industriels 0.41 % et les cours d'eau et plans d'eau 0.08 %.

Milieux naturels et biodiversité Espèces faunistiques et floristiques Le site de l’Inventaire national du patrimoine naturel (INPN) recense faunistiques et floristiques sur le territoire de la commune dont et et quasi-menacées..

Urbanisme

Typologie Au , Campagne-lès-Boulonnais est catégorisée commune rurale à habitat dispersé, selon la nouvelle grille communale de densité à sept niveaux définie par l'Insee en 2022.. Elle est située hors unité urbaine et hors attraction des villes...

Occupation des sols L'occupation des sols de la commune, telle qu'elle ressort de la base de données européenne d’occupation biophysique des sols Corine Land Cover (CLC), est marquée par l'importance des territoires agricoles (94,3 % en 2018), une proportion sensiblement équivalente à celle de 1990 (94,5 %). La répartition détaillée en 2018 est la suivante : terres arables (70,3 %), prairies (24 %), zones urbanisées (5,6 %), forêts (0,1 %).. L'évolution de l’occupation des sols de la commune et de ses infrastructures peut être observée sur les différentes représentations cartographiques du territoire : la carte de Cassini (), la carte d'état-major (1820-1866) et les cartes ou photos aériennes de l'IGN pour la période actuelle (1950 à aujourd'hui).. vignette|redresse=1.4|centre|alt=Carte en couleurs présentant l'occupation des sols.|Carte des infrastructures et de l'occupation des sols de la commune en 2018 (CLC).

Lieux-dits, hameaux et écarts Sur le territoire communal, se trouvent : les hameaux : le Camp-de-Glaine, Combremont, Fasquelle, le Fay et Happe. les écarts : le Haut-Blaisel, le Moulin et l'Obled..

Le territoire se compose également des lieux-dits :

Voies de communication et transports Voies de communication

La commune est desservie par les routes départementales D 92 et D 131 et est située , au sud, de la D 341, appelée chaussée Brunehaut, reliant Arras à Boulogne-sur-Mer..

Toponymie

Le nom de la localité est attesté sous les formes : Campaniae (811), Campania (867), Campaignes (1273), Campangnes (1287), Campagne lez Boulonnois (1793), Campagne et Campagne-lès-Boulonnais depuis 1801..

Campagne vient du mot latin campus, « plaine, plaine cultivée, champs » ; lès-Boulonnais, car ces plaines sont situées près du Boulonnais (lès signifiant « près de »). Longtemps Campagne-lès-Boulonnais (en Artois) fut le village-frontière avec le Boulonnais.

Le hameau de Happe est attesté sous les formes : Ape (1117), Appe (1665), Haspe (1739), Happe depuis 1793..

En picard, la commune porte le nom de Campagne-lès-Boulonné.

Histoire Préhistoire Des découvertes néolithiques (4000 à 3000 ) ont été faites dans des villages proches comme Thiembronne et Renty.

Antiquité Après 500 , la région est celte, occupée par les Morins.

Lors de la conquête de la Gaule (58-50 ), la Morinie est intégrée à l'Empire romain. La chaussée Brunehaut qui passe non loin de Campagne, à Senlecques, relie Thérouanne à Boulogne. Le découpage des parcelles des champs semble correspondre à une subdivision à partir d'un cardo nord-sud, orienté à , et d'un decumanus est-ouest. Il semble qu'il peut s'agir d'une centuriation du territoire agricole. Le processus de centuriation consiste à organiser le territoire en parcelles carrées d'environ de côté à partir des deux axes, le cardo et le decumanus. Chaque surface carrée est une centurie. Une telle organisation semble encore visible à Campagne-lès-Boulonnais. On peut donc penser que le territoire a été travaillé et mis en valeur lors de l'époque romaine.

Moyen Âge À l'époque mérovingienne on observe une germanisation des noms des communes voisines, comme Fauquembergues, Bourthes. La région est évangélisée. Saint Omer (629 - 670 ) est le premier évêque de Thérouanne. Il est probable que la paroisse de Campagne-lès-Boulonnais, dédiée à saint Omer, existait avant l'an 1000. La première mention de Campagne-lès-Boulonnais date de 811.

Le Moyen Âge connaît une période de croissance agricole s'accompagnant d'un recul de la forêt. Au début du , les Templiers s'installent à la commanderie de Combremont (maintenant la ferme de Combremont se situe dans la commune voisine d'Ergny ; les chartes en latin mentionnent le nom de Gombermont). Leur commandeur est Jehan d'Epaigny (1279). Campagne-lès-Boulonnais est intégrée à la seigneurie de Renty dans la châtellenie de Saint-Omer des seigneurs de Fauquembergues, dépendants du comte de Flandre. La châtellenie est rattachée à la France sous Philippe II Auguste puis, en 1237, cédée à l'Artois que Saint Louis lègue à son frère Robert. En 1384, l'héritage passe aux Valois-Bourgogne.

Après la prise de Calais en 1347, le village subit la guerre de Cent Ans, les raids anglais et la crise. À la suite du conflit entre les ducs de Bourgogne et la France, le Boulonnais est rattaché à la France, l'Artois et Campagne-lès-Boulonnais sont rattachés au domaine des Habsbourg. Campagne-lès-Boulonnais devient alors un village–frontière de l'Artois, quasiment enclavé dans le Boulonnais, au traité de Senlis de 1493.

Temps modernes Le est une période très difficile pour le village. Il subit de nombreux conflits, se trouve délaissé. Pourtant les guerres de religion n'ont eu aucun impact. Campagne-lès-Boulonnais subit aussi les effets de la guerre de Trente Ans (1636-1659). Il faut attendre la guerre de Hollande, la prise de Saint-Omer (1677) et le traité de Nimègue (1678) pour que Campagne-lès-Boulonnais soit effectivement rattachée à la France et connaisse alors une longue période de paix et d'essor important au avec une économie essentiellement agricole. 150px|vignette|droite|Armes de la famille d'Artois, seigneur de Campagne au .