Essars est une commune française située dans le département du Pas-de-Calais en région Hauts-de-France, près de Béthune. Ses habitants sont appelés les Essarois. C’est une commune de type ceinture urbaine selon l'Insee, appartenant à l’unité urbaine de Béthune, avec une population de au dernier recensement de , elle connait un pic de population en 1999 avec . . La commune est membre de la communauté d'agglomération de Béthune-Bruay, Artois-Lys Romane.

Géographie Localisation En quittant la ville de Béthune par le nord-est, la commune d'Essars, traversée par la Lawe, se trouve être la première commune de la plaine de Flandre, dans sa partie appelée localement le « bas-pays d'Artois » en raison de la domination historique d'Arras sur ces terres. La commune fait partie des Flandres artésiennes.

Le territoire de la commune est limitrophe de ceux de quatre communes.

Géologie et relief La superficie de la commune est de ; son altitude varie de . Le relief est plat, la variation totale d'altitude ne dépassant pas .

Le terroir, aux sols argileux, a été gagné au Moyen Âge sur des bois et des marais. L'important réseau de fossés de drainage, qui permit l'assèchement des terres, tend à disparaître en raison de l'urbanisation et du remplacement par des drains enterrés.

Hydrographie

Le territoire de la commune est situé dans le bassin Artois-Picardie..

Il est traversé par cinq cours d'eau : la Lawe, d'une longueur de , affluent de la Lys ; le canal d'Aire à la Bassée, d'une longueur de IGN Geoportail marque en grande partie la limite communale avec la commune de Béthune. le courant de la Goutte qui bordure le nord-est du territoire communal, d'une longueur de , sépare Essars de Beuvry puis de Locon avant de se jeter dans la Lawe ; le Turbeauté 1, d'une longueur de ; et un cours d'eau au toponyme hydrographique inconnu..

vignette|centre|upright=1.2|alt=Carte en couleur présentant le réseau hydrographique de la commune|Réseau hydrographique d'EssarsLes ruisseaux intermittents sont représentés en traits pointillés..

Climat

Plusieurs études ont été menées afin de caractériser les types climatiques auxquels est exposé le territoire national. Les zonages obtenus diffèrent selon les méthodes utilisées, la nature et le nombre des paramètres pris en compte, le maillage territorial des données et la période de référence. En 2010, le climat de la commune était ainsi de type climat océanique dégradé des plaines du Centre et du Nord, selon une étude du Centre national de la recherche scientifique (CNRS) s'appuyant sur une méthode combinant données climatiques et facteurs de milieu (topographie, occupation des sols) et des données couvrant la période 1971-2000.. En 2020, le climat prédominant est classé Cfb, selon la classification de Köppen-Geiger, pour la période 1988-2017, à savoir un climat tempéré à été frais sans saison sèche.. Par ailleurs Météo-France publie en 2020 une nouvelle typologie des climats de la France métropolitaine dans laquelle la commune est exposée à un climat océanique. et est dans la région climatique Côtes de la Manche orientale, caractérisée par un faible ensoleillement () ; forte humidité de l’air (plus de avec humidité relative > 80 % en hiver), vents forts fréquents.. Elle est en outre dans la zone H1a au titre de la réglementation environnementale 2020 des constructions neuves..

Pour la période 1971-2000, la température annuelle moyenne est de , avec une amplitude thermique annuelle de . Le cumul annuel moyen de précipitations est de , avec de précipitations en janvier et en juillet. Pour la période 1991-2020, la température moyenne annuelle observée sur la station météorologique de Météo-France la plus proche, sur la commune de Lillers à à vol d'oiseau., est de et le cumul annuel moyen de précipitations est de ... . Milieux naturels et biodiversité Hormis quelques petites parcelles de peupleraies et la couverture arborée des buttes de déblais le long du canal, les boisements sont inexistants. Espèces faunistiques et floristiques Le site de l’Inventaire national du patrimoine naturel (INPN) recense faunistiques et floristiques sur le territoire de la commune dont et (espèces et sous-espèces) menacées et quasi-menacées..

Urbanisme Typologie Au , Essars est catégorisée ceinture urbaine, selon la nouvelle grille communale de densité à sept niveaux définie par l'Insee en 2022.. Elle appartient à l'unité urbaine de BéthuneUne unité urbaine est, en France, une commune ou un ensemble de communes présentant une zone de bâti continu (pas de coupure de plus de entre deux constructions) et comptant au moins . Une commune doit avoir plus de la moitié de sa population dans cette zone bâtie., une agglomération inter-départementale regroupant , dont elle est une commune de la banlieueDans une agglomération multicommunale, une commune est dite de banlieue lorsqu'elle n'est pas ville-centre, à savoir que sa population est inférieure à 50 % de la population de l’agglomération ou de la commune la plus peuplée. L'unité urbaine de Béthune comprend deux villes-centres (Béthune et Bruay-la-Buissière) et ... Par ailleurs la commune fait partie de l'aire d'attraction de Béthune, dont elle est une commune de la couronneLa notion d'aire d'attraction des villes a remplacé en octobre 2020 l'ancienne notion d'aire urbaine, pour permettre des comparaisons cohérentes avec les autres pays de l'Union européenne.. Cette aire, qui regroupe , est catégorisée dans les aires de à moins de ...

Occupation des sols L'occupation des sols de la commune, telle qu'elle ressort de la base de données européenne d’occupation biophysique des sols Corine Land Cover (CLC), est marquée par l'importance des territoires agricoles (79 % en 2018), en diminution par rapport à 1990 (81,5 %). L'agriculture est consacrée aux céréales, à la betterave sucrière, aux pommes de terre ou au maraîchage.

La répartition détaillée en 2018 est la suivante : terres arables (78,8 %), zones urbanisées (17,1 %), zones industrielles ou commerciales et réseaux de communication (3,9 %), zones agricoles hétérogènes (0,2 %).. L'évolution de l’occupation des sols de la commune et de ses infrastructures peut être observée sur les différentes représentations cartographiques du territoire : la carte de Cassini (), la carte d'état-major (1820-1866) et les cartes ou photos aériennes de l'IGN pour la période actuelle (1950 à aujourd'hui).. vignette|redresse=1.4|centre|alt=Carte en couleurs présentant l'occupation des sols.|Carte des infrastructures et de l'occupation des sols de la commune en 2018 (CLC).

Lieux-dits, hameaux et écarts Le village d'Essars compte actuellement deux hameaux : le Long Cornet (en direction de Hinges) et Sévelingue (sur la route de Locon). Depuis les extensions pavillonnaires des années 1980, l'agglomération bâtie est cependant devenue continue depuis le bourg d'Essars jusqu'à Sévelingue.

Une partie du village (la rue du Silo et l'ancienne route d'Armentières) s'est trouvée également séparée du reste du territoire lors du creusement du nouveau tracé du canal entre les deux guerres mondiales et rejetée sur la rive sud.

Les documents historiques mentionnent d'autres noms de hameaux : Monchicourt (où se trouvaient les anciennes écluses sur la Lawe), la Motte (dont il subsiste une ferme, rue de la Motte au Bois) et la ferme du Roy (dont l'emplacement est maintenant situé sur le territoire béthunois dans la zone industrielle).

Voies de communication et transports Voies de communication vignette|gauche|La rue du 11-Novembre, rue principale du village, se trouve être également la route départementale 171 de Béthune à Armentières.

Le village d'Essars est traversé par le CD 171, la route de Béthune à Armentières, tandis que le CD 845, la route de Béthune à Estaires, passe dans le hameau de Sévelingue.

Depuis 2014, la déviation du CD 945 permet de rallier directement l'entrée d'Essars à la zone industrielle de Lestrem, notamment les établissements Roquette Frères en évitant les traversées des secteurs habités de Sévelingue et de Locon.

Transports

Le « canal d'Aire à La Bassée » constitue l'un des tronçons de la liaison fluviale Dunkerque-Escaut.

La commune se trouve à , au nord-est, de la gare de Béthune, située sur les lignes d'Arras à Dunkerque-Locale et de Fives à Abbeville, desservie par des et des trains régionaux du réseau ..

Dans la commune fonctionnait, de 1899 à 1932, la ligne de tramway de Béthune à Estaires, une ancienne ligne de tramway qui circulait de Béthune (Pas-de-Calais) jusqu’à Estaires (Nord).

Toponymie

D'après l'historien Auguste de Loisne, le nom de la localité est attesté sous les formes Sart en 1087 ; Sarta vers 1190 ; Sarti en 1222 ; Les Sars en 1308 ; Essart au ; Sars ou Essart en 1739Dictionnaire topographique du Pas-de-Calais : comprenant les noms de lieu anciens et modernes, Bibliothèque nationale de France. ; Essars en 1793 ; Essarts et Essars depuis 1801.

Un acte de donation daté d'environ 1190, compilé dans le cartulaire de Saint-Barthélémy de Béthune, fait mention de la localité par l'expression In Sartis sub Bethunia (dans les défrichés sous Béthune)Le cartulaire de Saint-Barthélemy de Béthune / publié ou analysé avec extraits textuels et précédé d'une introduction par le comte A. de Loisne. Très certainement, l'étymologie est donc celle de l'essart (du latin médiéval qui désigne un terrain défriché).

Histoire vignette|gauche|Essars sur la carte de Cassini (). vignette|gauche|La carte d'état-major (publiée vers 1866 d'après des levés de 1832) montre bien le tracé de l'ancien canal qui contourne Essars par le sud.

Moyen Âge À la fin du , on cultivait à Essars des céréales, car l'endroit était redevable aux prêtres de l'église de Béthune de deux boisseaux de blé, auxquels s'ajoutaient quarante-huit chapons et quarante-huit deniers parisiens.

Temps modernes La carte de Cassini, au , fait apparaître le village sous l'écriture « Eßart », avec le symbole d'une église et l'abréviation Succ. indiquant qu'il ne s'agissait pas d'une paroisse autonome. Le village d'Essars fut en effet doté d'une église en 1545 mais qui, pour autant, ne fut desservie que par un chapelain placé sous l'autorité du curé de la paroisse Saint-Vaast de BéthuneHistoire de Béthune. Tome 2 / par le chanoine Éd. Cornet . Les habitants étaient d'ailleurs tenus de se rendre deux fois par an à la messe à Béthune.

Pendant longtemps, seule la Lawe, canalisée en 1500J. Dutens,Histoire de la navigation intérieure de la France, Volume 1, , servit de voie navigable permettant le commerce fluvial entre Béthune et la Lys.

Sévelingue, hameau d'Essars, était le siège d'une seigneurie avant la Révolution française. Le dernier titulaire a été un notable avant et après 1789 : Jean-Baptiste-Gabriel-Joseph Quecq, chevalier, seigneur de Sévelingue. Fils de Jean-Baptiste-François Quecq, seigneur de la Chérye, d'Henripret, fief sur Seclin, bourgeois de Lille, trésorier de France au bureau des finances de la généralité de Lille et de Marie-Jeanne-Joseph Le Thierry, il nait à Lille en (baptisé le ), devient bourgeois de Lille le , est créé trésorier de France au bureau des finances de la généralité de Lille le et le reste jusqu'en 1790. Après la Révolution française, il est conseiller municipal de Lille, conseiller général du Nord, administrateur des hospices de Lille. Il meurt à Lille le , à 72 ans. Il a pris pour femme à Lille le Marie-Thérèse-Joseph de Savary (1766-1826), fille d'Henri-Joseph, écuyer, seigneur du Grave, et de Marie-Anne-Catherine-Joseph Dehas, née à Lille en (baptisée le ) et morte le , à 59 ans.

Époque contemporaine En 1825, le canal d'Aire fut inauguré. “L'ancien canal” faisait une boucle jusqu'aux portes de Béthune en passant au sud de la ferme du Roy. Un tracé plus direct, celui du “nouveau canal”, qui coupait en deux le territoire d'Essars, fut ensuite creusé dans les années 1920. Première Guerre mondiale