Wissant (prononcé .) est une commune française située dans le département du Pas-de-Calais en région Hauts-de-France. Ses habitants sont appelés les Wissantais. Située sur la Côte d'Opale, entre les caps Gris-Nez et Blanc-Nez, c'est une station balnéaire du « Boulonnais ».
C'est une commune de type rurale à habitat dispersé selon l'Insee avec une population de au dernier recensement de , qui connait un pic de population en 1990 avec .
La commune s'inscrit dans les « paysages des falaises d'Opale », tels qu'ils sont définis dans l'atlas de paysages, au sein du parc naturel régional des Caps et Marais d'Opale. Le territoire de la commune présente une grande richesse de milieux naturels et de biodiversité avec trois espaces protégés, quatre zones naturelles d'intérêt écologique, faunistique et floristique (ZNIEFF), un site inscrit dans l'inventaire national du patrimoine géologique et deux sites Natura 2000.
Le patrimoine architectural de la commune comprend la villa Le Typhonium qui fait l’objet d’une inscription au titre des monuments historiques.
Géographie Localisation vignette|gauche|Place du village avec son église et sa mairie. Localisée dans le nord du département du Pas-de-Calais, sur la Côte d'Opale, Wissant est une station balnéaire du Boulonnais, au bord de la Manche qui multiplie sa population par huit chaque été..
Elle est située, à vol d'oiseau, à au sud-ouest de la commune de Calais, à au nord de la commune de Boulogne-sur-Mer (chef-lieu d'arrondissement) et face aux côtes anglaises (situées à )..
Le territoire de la commune est limitrophe de ceux de quatre communes.
Géologie et relief La superficie de la commune est de ; son altitude varie entre .
Site des Deux Caps vignette|Le Cap Blanc-Nez vu de l'estran sableux de Wissant. Ici, à marée basse la mer peut découvrir le sable sur environ . vignette|La baie de Wissant
Wissant se trouve au centre de la baie située entre deux ensembles de falaises : le cap Gris-Nez dans le Boulonnais, le point du littoral français le plus proche de l'Angleterre, le cap Blanc-Nez dans le Calaisis qui présente des falaises de plus de de haut, alors que celles du Cap Gris-Nez n'en font que 45.
L'ensemble de ces Deux Caps forme le grand site des Deux Caps, un important site naturel touristique du Nord-Pas-de-Calais. Il est labellisé Grand Site de France depuis 2011 Le label « Grand site de France » attribué dans le Pas-de-Calais aux caps Gris-Nez et Blanc-Nez, communiqué de presse du ministère, 5 avril 2011.
Géomorphologie vignette|À la suite du recul rapide du trait de côte en fond de baie, les blockhaus de la Seconde Guerre mondiale sont aujourd'hui dans la mer. vignette|Les pieux de bois visent à limiter le déficit de transit sédimentaire et freiner le recul du trait de côte.
Les deux Caps correspondent respectivement à une série de hautes collines crayeuses et à l'extrémité nord de l'actuel plateau gréseux du Bas-Boulonnais).
Le fond de la baie située entre les deux caps est une zone plus basse dite « percée de Warcove »Voir Heinzelin, 1964 dans la bibliographie du présent article. Il ouvre vers l'arrière-pays et le marais de Wissant dont les parties basses sont protégées de la mer par un cordon dunaire relativement étroit (250- de large). Ce cordon et les dunes sont entretenus par des dispositifs de stabilisation (ganivelles, plantation d'oyats qui fixent le sable), avec l'aide du Conservatoire du littoral. Ce cordon, formé de plusieurs petits massifs dunaires tend néanmoins à s'éroder (au moins depuis les années 1980), et a été rompu à l'occasion de tempêtes. Plusieurs blockhaus de la Seconde Guerre mondiale ont été déchaussés de la dune qui a reculé, et sont aujourd'hui sur la plage.
Cette plage est constituée d'un large estran de sable fin, qui forme la plage de Wissant, largement dégagée à marée basse de vives-eaux. Son régime dit macrotidal est lié à un marnage moyen de et de en vive-eauSHOM (2004) ; Annuaire des marées (tome 1 - Ports de France). Imprimerie de l'Établissement Principal du Service Hydrographique et Océanographique de la Marine (SHOM), Brest. (rappel : on parle de régime macrotidal quand le marnage dépasse ). L'estran se prolonge en mer par une pente douce formant une « avant-côte », limitée par des « bancs de sable pré-littoraux », et principalement par le « banc À la Ligne » (accumulation sous-marine longue de et large de ) qui prend naissance au cap Gris-Nez en sortie du détroit et s'allonge vers le nord-est en s'éloignant du rivage jusqu'à environ deux kilomètres au large de Wissant. Géomorphologiquement, il est de type banner bank Dyer K.R. et Huntley D.A. (1999), The origin, classification and modelling of sand banks and ridges. Continental Shelf Research 19, 1285-1330.
En amont et aval du fond de baie, le littoral de Wissant est bordé de massifs dunaires. Ils sont géomorphologiquement parlant , comme le sont la plupart des parties meubles du trait de côte du Nord-Pas-de-Calais, ainsi que l'ont montré les études palynologiquesMunaut A.V. et Gilot E. (1977), Recherches palynologiques et datations 14C dans les régions côtières du Nord de la France. 1 : Phases transgressives et stabilisations dunaires flandriennes dans l'estuaire de la Canche (Pas-de-Calais). Bulletin de l'Association Française pour l'Étude du Quaternaire, 3, 17-25., les études cartographiquesFauchois J. (1998), L'intérêt de la cartographie à grande échelle dans l'étude géomorphologique des littoraux dunaires du Nord-Pas-de-Calais. Thèse, université des Sciences et Technologies de Lille, 266 p. et l'étude de l'environnement soumis aux marées en Manche/Mer-du-NordBattiau-Queney Y., Fauchois J., Deboudt P. et Lanoy-Ratel P. (2000) – Beach-dune systems in a macrotidal environment along the northern French coast. Journal of Coastal Research, Proceedings of the ICS 2000, New Zealand, 580-592.
Jean Sommé, dans sa thèseSommé J., 1977 - Les plaines du Nord de la France et leur bordure. Etude géomorphologique. Thèse d'État, université de Paris-I, Paris, 2 tomes, t. 1 : 810 p., t. 2 : 184 figuresSommé J., 1980 - Carte géomorphologique des formations superficielles quaternaires du Nord de la France. Centre national de la recherche scientifique, LilleSommé J., 1998 - L'évolution de la plaine maritime de la mer du Nord (France) et la formation du Pas-de-Calais. In : Archéologie du littoral Manche - Mer du Nord, Bulletin des Amis du Vieux Calais, 160-161-162, 3 : 430-441, en 1975 qualifiait la baie de Wissant, de petite plaine maritime, en référence à celle du Calaisis (plus grande). Cette plaine assez basse a connu de nombreuses avancées et reculs de la mer et du trait de côte comme le montrent les tourbes fossiles (tourbes holocènes) d'eau douce « subboréale »Mortier R. et Boels M., 1982 - Histoire de la plaine maritime de Wissant (Pas-de-Calais) depuis le début de l'Holocène. Annales de la Société géologique du Nord, 101, 17-22) qui affleurent encore sur l'estran actuel, confirmant le recul du rivage et l'abaissement de l'estran à cet endroit.
Érosion côtière Le bilan sédimentaire de la baie est globalement fortement négatif depuis le début du (pertes sédimentaires évaluées à plus de )David Aernouts et Arnaud Héquette, L'évolution du rivage et des petits-fonds en baie de Wissant pendant le (Pas-de-Calais, France) / Coastline and shoreface evolution in the Bay of Wissant (Pas-de-Calais, France); Géomorphologie : relief, processus, environnement, 1/2006 | 2006 ; Groupe français de géomorphologie ; ISSN électronique 1957-777X. Le recul a localement atteint plus de entre 1963 et 2000, et jusqu'à au centre de la baie en 50 ans (de 1949 à 2000), alors que dans le même temps, non loin de là, le rivage avançait d'un peu plus de (à l'Est de Calais).
Ceci a été confirmé par de nombreuses études de la dynamique sédimentaire de la baie faites depuis les années 1970 dont Clabaut et Chamley en 1986Clabaut P. et Chamley H. (1986) – Observations sédimentologiques sur le littoral de Wissant. Annales de la Société Géologique du Nord, t. CY, 169-178, P. pinte en 1987Pinte P. (1987), Essai de cartographie des risques naturels du littoral de Wissant à Wimereux (Bas Boulonnais). Hommes et Terres du Nord, 3, 160-178., Fauchois en 1998, Sipka en 1994Sipka V. (1994), Cartographie géomorphologique dynamique à grande échelle des côtes basses sableuses : l'exemple de la baie de Wissant ; Mémoire de DEA de géographie, université des Sciences et Technologies de Lille (USTL), 76 p., Guillaume en 2006Guillaume Pierre, Processes and rate of retreat of the clay and sandstone sea cliffs of the northern Boulonnais (France), Geomorphology Volume 73, Issues 1–2, January 2006, Pages 64–77, Sedrati en 2008Sedrati, M. et Anthony, E.J., 2008, Sediment dynamics and morphological change on the upper beach of a multi-barred macrotidal foreshore, and implications for mesoscale shoreline retreat : Wissant Bay, northern France, Zeitschrift für Geomorphologie Suppl. 52 (3), .. L'érosion est dans le secteur de Wissant plus rapide que presque partout ailleurs en région et en France (avec des variations saisonnières et interannuelles). Elle s'est plutôt aggravée et étendue à presque toute la baie depuis le milieu des années 1970.
La partie sud-ouest du rivage communal (dune d'aval) est la plus érodée par la mer, alors que la partie nord-est (dune d'amont) semble stabilisée ou engraisse légèrement.
Les scientifiques cherchent à expliquer les raisons de l'aggravation observée, ce qui exige de prendre de nombreux paramètres complexes en compte, dont : courants et dynamique sédimentologique globale et locale. Ces paramètres sont ici particulièrement complexes et changeants. L'aval du détroit où se situe la baie de Wissant est exposé aux turbulences du "jet" formé par les puissants courants concentrés par le pas de Calais. Grossièrement, on peut dire que le courant moyen-dominant vient du sud-ouest, qu'il est d'abord accéléré dans le goulot d'étranglement que constitue le détroit rocheux, puis décélère vers la mer du Nord. Il peut encore atteindre devant Wissant en période de vives-eaux et plus d' le long de la zone plus abritée par le banc à la ligne. Le courant est influencé par les marées (et les vents) ; il s'inverse avec les marées, mais de manière fortement dissymétrique : le flot est plus long (en nombre d'heures) et plus puissant que le jusant. La résultante des courants tend à transférer les sédiments et matières en suspension vers la mer du NordAugris C., Clabaut P. et Vicaire O. (1990), Le domaine marin du Nord-Pas-de-Calais – Nature, morphologie et mobilité des fonds. Édition Ifremer ; Région Nord-Pas-de-Calais, 93 p.Vicaire O. (1991), Dynamique hydro-sédimentaire en mer du Nord méridionale (du cap Blanc Nez à la frontière belge). Thèse, université des Sciences et Technologies de Lille, 264 p. et localement, la résultante des courants assure devant Wissant un transport sédimentaire résiduel vers le nord-estDewez S., Clabaut P., Vicaire O., Berck C., Chamley H. et Augris C. (1989) – Transits sédimentaires résultants aux confins Manche-mer du Nord. Bulletin de la Société géologique de France, 8, 1043-1053.Anthony E.J. (2002), Long-term marine bedload segregation and sandy versus gravely Holocene shorelines in the eastern English Channel. Marine Geology 187, 221-234. difficultés de cartographie : Les zones sableuses sont particulièrement mobiles, tant pour les bancs de sable que pour les dunes. Chaque tempête modifie légèrement le relief sous-marin et celui des dunes, surajoutant ces effets aux tendancesLes données Lidar ont permis d'affiner la cartographie du littoralRufin-Soler, C., Héquette, A. et Gardel, A., 2008, Assessing the vulnerability of coastal lowlands to marine flooding using LiDAR data, Sangatte coastal dunes, northern France, Zeitschrift für Geomorphologie Suppl. 52 (3), .. En France, c'est le SHOM qui met à jour les cartes marines.