vignette|droite|Différentes plantes toxiques communes en France.
Une plante toxique, ou plante vénéneuse, est une plante susceptible d'être toxique pour l'homme ou les animaux, les animaux herbivores étant particulièrement exposés. Ces plantes contiennent, au moins dans certains de leurs organes, des substances chimiques qui peuvent, lorsqu'elle sont ingérées par un organisme, ou mises en contact avec celui-ci, exercer, dans certaines conditions notamment de , un effet nocif, soit immédiat, soit à la suite d'une action cumulative toxique. Les substances toxiques contenues dans les plantes sont généralement des composés organiques, plus rarement minéraux.
L’exotisme de la plante ne fait pas le poison, des plantes qui nous sont familières peuvent contenir des substances à hauts risques. Les plantes d'ornements constituent le plus grand risque puisqu'elles côtoient notre environnement. Poussés par leur curiosité, les enfants sont les plus exposés. L'homme a appris à identifier et connaître les plantes toxiques, mais aussi à en tirer des substances qui, à faibles doses, ont des vertus psychotropes, médicinales ou stimulantes.
Présentation Selon les estimations difficiles à effectuer, sur les plus de de plantes recensées dans le monde, il y aurait toxiques, soit 4 % des espèces végétales recensées mais seul un petit nombre de plantes sont impliquées dans des intoxications sérieuses.
Ainsi, François Couplan évalue qu'en Europe., sur un total d'environ végétales (dont comestibles), 4 % peuvent éventuellement provoquer des troubles de santé et une cinquantaine seulement (0,4 %) peuvent s'avérer véritablement dangereuses.
La France métropolitaine comprend plus de végétales. 300 ont une toxicité plus ou moins marquée et une vingtaine sont mortelles. (Aconit napel, laurier rose, grande cigüe, lierre, gui, chèvrefeuille des haies, colchique, datura, jusquiame).. Un article faisant la synthèse des intoxications signalées aux centres antipoison français en 2006, révèle que 5,4 % des cas impliquent des plantesLes intoxications principales impliquent les spécialités pharmaceutiques (28 %), suivies des produits à usage domestique (19,2 %). et concernent à 90 % les jeunes enfants, sans aucun décès recensé..
Facteurs de variation de la toxicité des plantes vignette|Champ de sorgho. Le sorgho est très dangereux lors des premiers stades de végétation et devient utilisable comme fourrage dès qu'il atteint une certaine hauteur.
La toxicité d'une plante dépend de nombreux facteurs : facteurs intrinsèques ou extrinsèques, liés à l'action du milieu mais aussi à l'état physiopathologique du consommateur. Tous ces facteurs expliquent qu'en moyenne une plante comestible sur cinq présente un risque de toxicitéCoralie Bergerault, L« es plantes sauvages en Gastronomie : précautions à prendre et risques d'intoxication avec des plantes toxiques », thèse pour le diplôme d'état de docteur en pharmacie, université de Nantes, septembre 2010, p. 14.
Facteurs intrinsèques Les facteurs intrinsèques susceptibles d'influer sur la toxicité des plantes sont liés à la répartition des substances vénéneuses dans les différents organes de la plante, au stade de développement (variation selon la maturité, la saison) ou à l'origine génétique.
Influence du milieu
La concentration en principes toxiques peut varier sous l'influence de la chaleur et de la lumière, ou de l'altitude. Par exemple chez l'aconit, la teneur en alcaloïdes est maximale entre 1000 et 1400 mètres d'altitude.
La fertilisation peut aussi avoir un effet sur la toxicité des plantes. Ainsi la fumure azotée peut favoriser la synthèse de certains alcaloïdes, tandis que la fumure phosphatée la fait diminuer, par exemple chez le sorgho.
Principales substances toxiques chez les plantes
vignette|upright=1.8|700 bovins tués durant la nuit par l'ingestion de plantes vénéneuses en Australie (1907).
Les principaux groupes de substances toxiques présents chez les plantes sont les suivants. : Hétérosides Hétérosides cyanogènes Hétérosides stéroïdiques Hétérosides anthracéniques Tanins Oléorésines Alcools insaturés Lactones Acide oxalique Alcaloïdes Alcaloïdes hétérocycliques Alcaloïdes non-hétérocycliques Protides Protéines Polypeptides Acides aminés Poisons minéraux Œstrogènes Facteurs anti-vitaminiques Substances photosensibilisantes
Les poisons ont des effets différents selon les animaux qui les consomment. Par exemple, les porcs et les sangliers peuvent se nourrir de grandes quantités de glands, pourtant le tanin qu'ils contiennent est un puissant poison pour l'homme et les ruminants. Les oiseaux consomment régulièrement des baies, comme celles de la viorne, du sureau et de la belladone, qui sont hautement toxiques pour l'homme.
Compétition Les plantes ont développé lors de leurs évolutions au cours des millénaires des poisons principalement pour des raisons de compétition. Contrairement aux animaux, les plantes ne peuvent se défendre physiquement ou s'échapper. Ces substances constituent un des moyens de défenses des plantes contre les bioagresseurs de toutes sortes, au même titre que les épines et les aiguillons.
Principales espèces de plantes toxiques
Le nombre de plantes toxiques est innombrable, même si certaines familles sont davantage concernées. Nous nous intéresseront ici aux plus communes.
Beaucoup de plantes alimentaires sont toxiques, soit lorsqu'elles ne sont pas préparées, soit dans certaines de leurs parties ou des étapes de leur croissance. Les exemples notables comprennent :
Amaryllidaceae Oignons et ail. Les oignons et l'ail (Allium) contiennent du thiosulfate, qui à fortes doses est toxique pour les chiens, les chats et quelques autres animaux d'élevage.
Apiaceae Certaines espèces dApiaceae, telles la grande ciguë ou l'œnanthe safranée, sont toxiques du fait de la présence de substances diverses (alcaloïdes, lactones, carbures acétyléniques). Ciguë vireuse (Cicuta virosa) Grande ciguë (Conium maculatum) Petite ciguë (Aethusa cynapium) Œnanthe safranée (Œnanthe crocata) Férule commune (Ferula communis) D'autres espèces contenant des furanocoumarines, comme la grande berce ou le panais, sont photosensibilisantes. Grande berce (Heracleum sphondylium) Berce du Caucase (Heracleum mantegazzianum) Panais (pastinaca sativa)
Apocynaceae La toxicité des Apocynaceae est due à la présence dans ces plantes de mélanges complexes d'hétérosides cardiotoniques. En Inde, Cerbera odollam, espèce d'arbuste à cardénolide (la cerbérine), est couramment utilisée à des fins d'homicide et de suicide.. Laurier-rose (Nerium oleander) Laurier jaune (Cascabela thevetia)
Aquifoliaceae Houx (Ilex aquifolium)
Araceae Les accidents dus aux Araceae sont principalement liés à la présence de raphides d'oxalate de calcium irritants Arum sp.
Araliaceae Lierre commun (Hedera helix)
Asparagaceae Sceau de Salomon (Polygonatum sp.) Fragon (Ruscus aculeatus)
Asteraceae La famille des Asteraceae (ou composées) recèle de nombreuses espèces toxiques. Leur toxicité est liée à des substances chimiques variées, telles que des alcaloïdes pyrrolizidiniques présents notamment chez les séneçons et les eupatoires, qui provoquent des maladies veino-occlusives, des substances terpéniques, dont des lactones sesquiterpéniques qui provoquent des dermites de contact allergiques. Certaines espèces peuvent être dangereuses par les mycotoxines qu'elles absorbent et concentrent. Une espèce nord-américaine riche en trémétone, Ageratina altissima, est responsable de la maladie du lait, dont un grand nombre de personnes sont mortes au .. Séneçon commun (Senecio vulgaris) Lampourdes (Xanthium sp.) Chardon à glu (Chamaeleon gummifer)
Cannabaceae Familles de plantes dicotylédones Cannabis sativa
Caprifoliaceae Chèvrefeuille (Lonicera sp.)
Celastraceae Euonymus sp.
Colchicaceae) Colchique (Colchicum sp.) Gloriosa sp.
Cornaceae Cornouiller sanguin (Cornus sanguinea)
Cucurbitaceae Bryone dioïque (Bryonia dioica)
Euphorbiaceae La famille des Euphorbiaceae comprend de nombreuses espèces dangereuses, en particulier des plantes urticantes et d'autres très toxiques. Elles doivent leur toxicité à diverses substances, des esters diterpéniques, irritants pour la peau et les muqueuses, des lectines ou des hétérosides cyanogènes. On peut citer en particulier : Manioc (Manihot esculenta), plante cultivée pour ses racines riches en amidon, qui constitue un aliment de base pour environ 500 millions de personnes. Les racines et les feuilles contiennent deux glucosides cyanogènes : la linamarine et la lotaustraline ; ceux-ci sont décomposés par la linamarase, enzyme naturelle du manioc, libérant du cyanure d'hydrogène ; Certaines variétés de manioc sont dites « amères » ou « douces », selon qu'elles présentent ou non des niveaux toxiques de glucosides cyanogènes. Mancenillier (Hippomane mancinella), petit arbre originaire d'Amérique centrale et des Caraïbes, dont le latex qui contient des esters de type tiglianes ou daphnanes, est dangereux aussi bien par contact que par ingestion ; il peut provoquer par simple contact, parfois par l'intermédiaire de la pluie, des dermites bulleuses sévères, des conjonctivites, ou en cas d'ingestion de fruits ou de feuilles des stomatites, des lésions labiales hémorragiques ou des œdèmes pharyngés ; Ricin (Ricinus communis), cultivé aussi pour l'ornement, dont les graines contiennent l'une des toxines végétales les plus nocives, la ricine ; ce poison peut agir par voie orale ou par voie pulmonaire ; l'ingestion de graines est dangereuse et entraîne des troubles digestifs d'intensité variable, surtout si les graines ont été mâchées ; elle est rarement mortelle ; Poinsettia (Euphorbia pulcherrima), largement cultivé comme plante d'appartement, est souvent considéré comme une plante toxique pour l'Homme et les animaux de compagnie (chien et chat) à cause de son latex susceptible de causer des irritations buccales et intestinales ; cependant une étude de grande envergure réalisée en 1996 a montré que dans plus de 92 % des cas l'ingestion de poinsettia était sans conséquence.
Fabaceae Gesses (Lathyrus) sp.. La toxicité de certaines espèces de gesses (notamment Lathyrus sativus, Lathyrus cicera, Lathyrus clymenum) pour l'Homme et les animaux domestiques, est due à la présence dans les graines et dans les autres organes d'acide β-N-oxalyl-L-α,β-oxalyldiaminopropanoïque (β-ODAP, connu aussi sous le nom de β-N-oxalylamino-L-alanine, ou BOAA), responsable du lathyrisme. Ces légumineuse sont cultivées pour leurs graines riches en protéines en Asie et en Afrique de l'Est et sont consommées en particulier pendant les périodes de famine.Le β-ODAP est un acide aminé non protéique neurotoxique qui provoque la faiblesse et la paralysie si les graines sont consommées pendant une longue période, de trois à six mois au moins. Le lathyrisme est une maladie neurodégénérative qui entraîne une paralysie irréversible des membres inférieurs... Haricot de Lima (Phaseolus lunatus). Les haricots crus contiennent des quantités dangereuses de linamarine, un glucoside cyanogène. Lupins (Lupinus sp.). Certaines espèces ont des graines comestibles. Les lupins amers ont plus de lupinine et de spartéine, alcaloïdes toxiques, que les lupins doux. Cytise Laburnum sp. et Cytisus sp.. Différentes espèces contiennent des amines et des alcaloïdes plus ou moins toxiques dont le : Genêt à balais (Cytisus scoparius) Glycine (Wisteria sp.) dont les graines de certaines espèces contiennent des substances toxiques telles que la wistarine, glycoprotéine de type lectine. Ces espèces ne doivent pas être confondues avec les espèces du genre Glycine tel que le soja Glycine max dont les graines sont au contraire comestibles et largement utilisées dans l'alimentation mondiale pour leur richesse en protéines.