Dakolé Daïssala, né le à Goundaye et mort le à Yaoundé) est un homme politique camerounais, président du Mouvement pour la Défense de la République (MDR), un parti politique basé à l'Extrême Nord du Cameroun. Il a servi dans le gouvernement en tant que Ministre des Postes et Télécommunications de 1992 à 1997. Par la suite, il a été député à l'Assemblée nationale de 1997 à 2002, puis ministre des Transports, de 2004 à 2007. Il siège au Sénat depuis 2013.
Biographie Enfance, éducation et débuts Daïssala nait le "Fiche sur les nouveaux ministres", camerounlink.net, December 10, 2004., accessed October 24, 2007. dans Goundaye (Kaélé). Il est un Toupouri.
Carrière politique En 1967, Daïssala devient le premier sous-préfet de Ngaoundéré ; par la suite, il est directeur adjoint de l'administration générale au ministère des Finances de 1969 à 1970 et Directeur des Transports de 1970 à 1973. Il sert en tant que Directeur Général Adjoint de la Société de Transports Urbains du Cameroun (SOTUC) de 1973 à 1975, puis en tant que directeur général de la SOTUC de 1975 jusqu'à 1984.
il subit une arrestation à la suite de l'échec de la tentative de coup d'état contre le Président Paul Biya en . Après avoir passé sept ans en prisonJean-Pascal Daloz and Patrick Quantin, Transitions démocratiques africaines: dynamiques et contraintes (1990-1994) (1997), Karthala Editions, pages 119–120.George B. N. Ayittey, Africa in Chaos (1999), Palgrave Macmillan, page 174.Brice R. Mbodiam, "Dakolé Daïssala: Le ministre… crash sur Kenya Airways", Mutations, May 11, 2007. sans jamais être jugé ni même être inculpé, il est libre en 1991. Il écrit un livre sur son expérience en prison appelée Libre derrière les barreaux.
Une fois libéré, il a fondé le Mouvement pour la Défense de la République (MDR)Kini Nsom and Nformi Sonde Kinsai, "Cameroon: Despite Cabinet Reshuffle Northerners Still Gun for Inoni's Job", The Post, September 13, 2007., un parti d'opposition. Certains ont soupçonné que le parti a été effectivement créé par les autorités pour diluer l'oppositionDibussi Tande, Scribbles from the Den: Essays on Politics and Collective Memory in Cameroon (2009), page 127.. Le MDR a remporté six sièges aux élections parlementaires à l'Assemblée Nationale en , tous dans la Région de l'Extrême Nord et par la suite, il s'est allié avec le parti RDPC. Les deux parties ont ainsi constitué une étroite majorité parlementaire avec 94 de 180 sièges. Daïssala a été nommé au gouvernement en tant que ministre des Postes et TélécommunicationsPage on Daïssala at Cameroonian government website . le ; dans le même temps, quatre autres membres du MDR ont également obtenu un poste au gouvernementAlan John Day, Political Parties of the World, fifth edition (2002), page 82..
Daïssala était membre du Conseil constitutionnel en 1995, avant l'adoption de la nouvelle constitution en Jacques Kaldaoussa, "Dakolé Daissala: “ Au Cameroun, il n’y a pas d’hommes politiques, mais des politiciens ”", Le Messager, March 19, 2008.. Il a été élu à l'Assemblée nationale (député du Mayo-Kani Sud, Extrême Nord) lors des élections législatives de 1997 et a été le seul candidat du MDR à remporter un siège1997 election results . et à siéger à l'Assemblée nationale de 1997 à 2002. En , à l'élection présidentielle, il a soutenu le Mouvement pour la Démocratie et le Progrès du candidat Samuel Eboua, plutôt que le Président Paul Biya"Cameroon: President Biya sworn in for second term; opposition boycotts ceremony", Africa No 1 radio, November 3, 1997.. Après plus de cinq années en tant que ministre des Postes et Télécommunications, Daïssala a été exclu du gouvernement qui a été constitué le . Selon Daïssala, son départ du gouvernement a été volontaire, fondé sur son désir de servir en tant que député à l'Assemblée nationale"Dakole Daïssala, l’homosexualité, la corruption, ce que je pense !", Cameroon Online, March 16, 2006..
En , Daïssala se voit refuser le droit de quitter le pays"U.S. Department of State Country Report on Human Rights Practices 1998 - Cameroon", United States Department of State."Cameroon: Dropped ministers banned from leaving country", Radio France Internationale, May 23, 1998. et son passeport lui a été retiré. Il décrit cela comme une violation des droits de l'homme, tout comme quatre autres partis de l'opposition, notamment le Front Social Démocratique (SDF). Le MDR a co-signé la déclaration du , appelant à la création d'une commission électorale indépendanteElio Comarin, "L'opposition unie pour la «transparence électorale»", Radio France Internationale, November 24, 2000..
Le , Daïssala et plusieurs autres responsables de partis ont participé à une manifestation non autorisée à Yaoundé. La manifestation a été dispersée par les forces de sécurité, et Daïssala, avec les autres dirigeants de partis, a été détenu pendant cinq heures"U.S. Department of State Country Report on Human Rights Practices 2001 - Cameroon" , United States Department of State, March 4, 2002.. À la suite des élections législatives de , Daïssala et quatre autres hommes politiques du nord ont publié une déclaration en juillet, dans laquelle ils alléguaient la fraude électorale et annonçaient la formation d'un "front des résistances""Five former Cameroonian ministers allege vote rigging", Panapress, July 15, 2002.. Il a également rejoint d'autres hommes politiques du nord pour la signature, en , d'un mémo dénonçant le gouvernement, la marginalisation et la négligence du nord, et en souhaitant que plus d'attention soit accordée à la lutte contre les problèmes dans cette région"Northerners in Cameroon deny seeking secession", Panapress, 15 September 2003..
Daïssala soutient le Président Paul Biya à l'élection présidentielle d'"Au – delà des slogans sur la prévention et la sécurisation routière" , Le Messager, Journal N° 1775, December 14, 2004., et, par la suite, après sept ans hors du gouvernement, il a été nommé ministre des Transports dans le gouvernement nommé le . En tant que ministre des Transports, Daïssala signe un accord avec Jendayi Frazer, secrétaire adjoint pour les affaires africaines des États-Unis, le , qui permet des voyages aériens entre les deux pays sans restriction"United States, Cameroon sign Open-Skies aviation agreement", United States Department of Transportation, February 20, 2006..
Daïssala a participé de nouveau aux élections parlementaires de , African Press Agency, July 15, 2007.. Le MDR a échoué à obtenir un siège à l'Assemblée nationale lors de cette élection, et Daïssala a perdu dans la circonscription du Mayo-Kani SudJackson Njiké, "Légitimité: Ces ministres qui se sont frottés aux urnes", Repères, July 25, 2007. avec 48.67% des voix contre 51.33% pour la liste RDPC"Legislatives 2007: Les résultats de la Cour suprême" , Mutations, August 13, 2007.. Bien que Daïssala ait déclaré être prêt à rester au gouvernement en dépit de sa défaite électorale, il en a été exclu le . Sa réponse à l'accident du Kenya Airways Vol 507 à Douala en "Les surprises du chef", Jeune Afrique, September 16, 2007. et sa non visite du site du crash a été critiquée.
Daïssala et le MDR ont soutenu la révision constitutionnelle de 2008, qui a supprimé la limite de deux mandats à la présidentielle, ce qui permet à Biya de briguer un nouveau mandat en 2011. Cependant, Daïssala dit également qu'il est en faveur d'autres modifications de la constitution, telles que la création d'un scrutin à deux tours de vote et l'obligation de voter.
En , le Président Biya a nommé Daïssala au Sénat du Cameroun. Il a été l'un des 30 sénateurs à obtenir un siège par nomination du président, les 70 autres sénateurs étant élus au suffrage indirect. Biya a nommé trois sénateurs pour chaque région, et Daïssala était l'un des trois à venir de l'Extrême-Nord CamerounDaniel Kameni, « Cameroun : La liste des 100 sénateurs », Mutations, 10 May 2013.. Lorsque le bureau du Sénat a été élu le , Daïssala a été nommé au poste de secrétaire.. Décès
Alors qu'il est hospitalisé au Centre Hospitalier Universitaire de Yaoundé, Daïssala meurt le au CHU de Yaoundé.
Ses obsèques se déroulent le dans son village Natal, à Goundaye, par Décret N°2022/4482 du .
Notes et références
Liens externes
Catégorie:Naissance en avril 1943 Catégorie:Naissance au Cameroun français Catégorie:Député camerounais Catégorie:Ministre camerounais des Postes Catégorie:Ministre camerounais des Transports Catégorie:Décès à 79 ans Catégorie:Décès à Yaoundé Catégorie:Décès en août 2022 Catégorie:Personnalité politique camerounaise