Gustave Fouillaron, né le à La Caillère-Saint-Hilaire (Vendée) et mort le à Cholet (Maine-et-Loire), est un constructeur automobile français, inventeur du variateur de vitesse.

Biographie François Gustave Victor Fouillaron est le fils de Cyrice Fouillaron, marchand, originaire de Dienne (Cantal) et d'Henriette Glorian.. Il épouse une Choletaise, Marguerite Julie Blouin, le à Cholet.

Il est mobilisé avec le grade de sergent au régiment de la Garde mobile de Vendée, pendant la guerre de 1870.

De 1901 et jusqu'au début de la Grande Guerre, Gustave Fouillaron est membre de la « Chambre syndicale de l'automobile et des industries » à Paris.

En 1918, Gustave Fouillaron, âgé de 69 ans, a perdu son fils aîné en 1913 et le cadet meurt à son tour en 1927, des suites de complications liées au gazage durant les hostilités. Il reste économiquement et politiquement très engagé localement (municipalité, Chambre de commerce). La marque « Columba » pour les vélos et les machines à coudre est transmise à son neveu Gustave Frappier. Il poursuit la gestion de son commerce de mercerie, ouvre de nouvelles petites industries à Cholet et aux environs dont une bonneterie, plusieurs ateliers de tricotage. En 1928, il fait poser, par son petit-fils André Fouillaron, âgé de seulement huit ans, la première pierre de l'usine Grangeard à Cholet, pour la fabrication de bas en coton.

Gustave Fouillaron meurt le à Cholet.

Engagements civiques et associatifs À Cholet, Gustave Fouillaron est : conseiller municipal pendant plus de trente ans ; délégué cantonal ; vice-président de la chambre de commerce ; administrateur de la succursale de la Banque de France ; membre de la commission du collège de filles ; membre de la commission du collège de garçons ; membre de la caisse des écoles ; membre du bureau de bienfaisance ; administrateur des hospices de Cholet ; membre de l'office des pupilles de la nation.

En outre, il est président, en 1920-1925, du comité pour l'érection du monument aux morts de Cholet et participe via son neveu à la création du Comité des fêtes..

Activités professionnelles thumb|upright=0.8|Salon de l'automobile 1901. thumb|upright=0.8|Marque Fouillaron sur une voiture de 1903. thumb|upright=0.8|Plaque voiturette 1903. thumb|upright=0.8|Affiche publicitaire Fouillaron (1900). thumb|upright=0.8| G. Fouillaron (1907). Négociant, d'abord mercier., il élargit son négoce à Cholet. en lançant, après les machines à coudre et à tricoter, une fabrication de bicyclettesEntre 1898 et 1908 on passe, en France, de cinq cent mille bicyclettes utilisées à deux millions et demi (Jean Maillard, bulletin de la , , 2001, page 25). Il ouvre bientôt avec autant de succès plusieurs succursales dans ses activités initiales, dont une à La Roche-sur-Yon, une autre à Angers, rue Boisnet, proche de la gare Saint-Serge. La maison de mercerie de Cholet, fondée par lui, ne tarde pas à devenir une des premières de la région à occuper un nombreux personnel. Le journal L'Intérêt public du relate qu'à la fin du l'industriel Fouillaron fait construire une piste privée, rue de l'Étoile à Cholet. Le « vélodrome Columbia » accueille ainsi gratuitement les clients du fabricant de cycles en toute sécurité et à l'abri des regards afin de leur faciliter l'apprentissage de la bicyclette puis, plus tard, de la conduite automobile.. Par la suite Gustave Fouillaron ouvre à Angers, en 1899, une autre fabrique de bicyclettes.

C'est en transformant un tricycle en voiturette qu'il élabore son prototype vendéen. La voiture est testée par Jean-Michel Corre sur les routes de la région d'Angers, Clisson, Cholet, La Roche-sur-Yon et du Sud-Vendée., incluant des côtes mythiques comme le mont des Alouettes aux Herbiers ou la montée du bourg de La Séguinière, près de Cholet.

En 1900, il déménage ses ateliers à Levallois-Perret, année au cours de laquelle débute la fabrication d'automobiles sous la marque à son nom. Même après avoir installé en région parisienne un nouvel atelier d'assemblage personnalisé de voitures à partir d'un châssis standard, de fait, Gustave Fouillaron n'a jamais quitté ses autres activités de négoce en Anjou et en Vendée, pas plus que ses responsabilités institutionnelles et engagements pris à Cholet. Jean-Michel Corre, que Fouillaron a nommé directeur de l'« Agence française de l'automobile », rompt l'alliance en .

En 1901, lors du Mondial de l'automobile de Paris, Fouillaron présente deux modèles équipés de De Dion-Bouton développant respectivement .

Les premiers modèles construits par Fouillaron, sous la marque « Columba » sont similaires aux véhicules Renault du début du , avec un radiateur placé derrière le bloc moteur. À partir de 1904, le radiateur est placé devant le moteur et la calandre arrondie rappelle alors les productions de Delaunay-Belleville. Les ensembles constituant le moteur comprennent entre un et six cylindres, provenant d'ateliers spécialisés comme Buchet ou De Dion-Bouton. La boîte de vitesses dispose d'une transmission assurée par des poulies extensibles, conçues par l'entreprise Fouillaron et constituant un variateur de vitesse mécanique.. Si l'historiographie locale d'Élie Chamard, autour de l'invention par son directeur technique le mécanicien Victor Jousse, interroge encore aujourd'hui, c'est bien formellement Gustave Fouillaron (représenté par une société d'ingénieurs à Paris) qui dépose et signe le brevet , le Bulletin officiel de la propriété industrielle et commerciale, , année 1900, page 170..

Entre 1900 et 1910, il a été relevé en France comme à l'étranger, comme politique systématique, jusqu'à vingt-six dépôts de brevets menant la courroie initiale aux progrès successifs vers la chaîne-courroie, constituée de trapèzes en cuir chromé.

À compter du Salon 1903, remplaçant les transmissions par chaînes, la concurrence impose la prise directe par engrenages mécaniques de Louis Renault (brevet du ).

En 1904, à l'exposition internationale de Saint-Louis, Gustave Fouillaron présente un changement de vitesse breveté qu'il construit et exploite.

En 1906, une voiturette Fouillaron participe au Tour de France de l'Automobile Club de France, à la coupe de voiturettes et au concours de régularité, .. En 1908, Fouillaron gagne six courses automobiles.. Le , Grillet sur une Fouillaron remporte une course de côte à La Baraque (près de Clermont-Ferrand), en sur ..

Après avoir connu des évolutions continuelles de limitations de vitesse, passant de 10 km/h jusqu'à 60 km/h maximum en campagne, l'abolition des restrictions qui suit à partir de 1909, n'est pas très favorable cette fois à la marque ; elle . En 1906, Londres ouvre aussi un Salon de l'automobile dit l'« Olympia ». Du fait de la concurrence et des coûts de cet événement, à partir de 1910, à Paris, le Salon devient bi-annuel. De nombreux petits constructeurs et assembleurs, comme les fabriques Fouillaron, vont ainsi perdre un important moment de la commercialisation de leur production.

Premier modèle Fouillaron - 1897. Fouillaron Type A 6 HP. Fouillaron Type B 8 HP - 1901..

Tonneau Type G - 1903, exposée à Maulévrier en . Tonneau 10 HP - 1906, exposée à la cité de l'automobile de Mulhouse. Tonneau Type G - 1907, Coupe Florio 2017.. Fouillaron 8-9 CV.. Le prix de vente était de .. Automobile Fouillaron Grand Prix des voiturettes en 1908 à Dieppe. Routière modèle 10HP. En 1914, le montage des automobiles cesse. Gustave Fouillaron reste un inventeur, un assembleur et ne passe pas le cap de constructeur automobile de grande série : .

Distinctions Gustave Fouillaron est : par décret du ; (officier de l'Instruction publique) avant 1908 ; 50px titulaire de la médaille commémorative de la guerre 1870-1871, pour son courage pendant la bataille de Buzenval, remise en 1905 par le ministre de la Guerre..

Hommages Selon Calixte de Nigremont ..

En , Jean Andreau, président de la section technique à la Société des ingénieurs de l'automobile, dans une conférence sur les transformateurs de vitesse continus, souligne : .

Le , une voiture Fouillaron, exposée au musée national de l'Automobile de Mulhouse, est classée au titre des objets historiques..

Jean Maillard, dans son dernier chapitre, L'avenir d'une invention, relève dès 1940, aux États-Unis, une généralisation des premières boîtes automatiques. En 1957, Hub Van Doorne, pour son projet d'une petite voiture envisage comme les voitures américaines, une transmission automatique : . Quelque voitures de ce type sont produites jusqu'en 1975. Par son énorme potentiel en termes d'économie, de confort, de simplicité de conduite, bientôt le système hérité de Fouillaron, resurgit sous l'appellation « Continuously Variable Transmission » (CVT). Il devient le meilleur principe de transmission selon Gerhard Wagner de chez Mercedes. En 1996, la technologie est proposée en option par neuf constructeurs européens. Ce sont les constructeurs coréens et japonais, sans préjugés acquis, qui vont le plus promouvoir le système. Jean Maillard conclut le dernier chapitre par : . Il boucle sa conclusion par la question qui s'impose : .

thumb|redresse|À gauche, Buste de Gustave Fouillaron. À droite, Gustave Fouillaron au Musée d'Art et d'Histoire de Cholet.

En 2015, Éric Fouillaron a récupéré, lors d'une vente aux enchères, un quadricycle à moteur construit par son arrière-grand-père au début du . Il prévoit de le remettre en état de marche en précisant : .. L'occasion pour cet arrière petit-fils de témoigner :

Dans Le Mystère Frontenac, François Mauriac évoque la modernité et la robustesse des voitures du constructeur choletais. Un des personnages du livre explique : ..

Le buste de Gustave Fouillaron est une remarquable réalisation du sculpteur choletais Charles Maillard. La famille en fait don à la Société des sciences lettres et arts (SLA). Depuis plus d'un demi-siècle, il reste exposé à la Chambre de commerce et d'industrie à Cholet dont Gustave Fouillaron est l'un des premiers membres devenu très vite le trésorier, puis vice-président ; en 1933, investi depuis 33 ans, il en est nommé président honoraire.

En 2009, au château Colbert à Maulévrier, lors du « concours de l'âge d'or de l'automobile », Claude Boutin, ingénieur en construction automobile et aéronautique, présente une Ferrari mythique des années 1958 à 1962. La particularité vient du fait qu'il l'a équipée d'un variateur, acheté au Canada, inspiré du changement de vitesse inventé par le choletais Gustave Fouillaron (Un modèle réduit qui toutefois fait deux mètres quatre-vingt, sur un mètre vingt). Il en est à sa quatorzième voiture..

Une rue de Cholet porte le nom de Gustave Fouillaron..

Au deuxième semestre 2021, Gustave Fouillaron intègre « Le Panthéon de l'Anjou » de Calixte de Nigremont.

Notes et références

Notes

Références

Base Léonore

Autres références :

Annexes

Bibliographie

Liens externes

Base Léonore Origines Photographie de son tombeau

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