vignette|upright=0.7|Signatures des époux Lefèvre - Utile au bas de leur acte de mariage (1850).

LU, anciennement Lefèvre-Utile, est une entreprise d'origine française de biscuits fondée en 1846 à Nantes (Loire-Atlantique), appartenant au groupe américain Mondelez International, anciennement Kraft Foods... Opérant toujours sous la marque commerciale « LU », l'entreprise LU France s'est renommée Mondelez France en 2013.

Le Petit Beurre est le produit phare de la marque LU, aux côtés du Boudoir, Champagne, Petit Four, Prince de LU, Pim's, Paille d'or, Granola, Mikado, Barquette, LULU L'Ourson, Napolitain

LU, sous l'ère Danone ou Mondelez, est le n°1 des biscuitiers français, et leader européen sur les biscuits secs, sucrés et salés, ainsi que leader mondial depuis son intégration à Mondelez International, anciennement Kraft Foods.

Histoire L'entreprise Lefèvre-Utile a été créée en 1846 par Jean-Romain Lefèvre, originaire de Varennes-en-Argonne en Lorraine et frère cadet des fondateurs des biscuiteries Lefèvre-Denise à Nancy et Lefèvre-George à Sedan. Elle a pris son nom complet après le mariage en de Jean-Romain Lefèvre avec Pauline Isabelle Utile.. C'est au départ une pâtisserie artisanale installée 5 rue Boileau, fabriquant des biscuits « façon de Reims ».

En 1882, le fils, Louis Lefèvre-Utile, rachète la société de ses parents et décide d'industrialiser la production. Il s'installe sur les quais de la Loire.

En 1886, il crée le célèbre Petit Beurre, qui devient le produit de référence, et en 1887, il fonde la société Lu avec son beau-frère Ernest Lefèvre.

Dans les années 1930, son fils, Michel Lefèvre-Utile, met en place un réseau de représentants exclusifs.

Le fils de Michel, Patrick Lefèvre-Utile, lance dans les années 1950 les lignes de fabrication en continu des différents biscuits, et crée le logo Lu identifiant la marque. À partir de 1968, Patrick Lefèvre-Utile adopte une politique d'alliances, notamment avec Brun, pour continuer à se développer, notamment à l'international. Ce groupement d'entreprises est plusieurs fois racheté, par Générale Biscuit puis par BSN qui devient Danone. En 2007, le groupe américain Kraft Foods rachète LU au groupe Danone.

Depuis 2012, à la suite d'une scission du groupe Kraft Foods, la marque Lu est la propriété de la multinationale américaine Mondelez International.

Louis Lefèvre-Utile et ses successeurs ont également prêté beaucoup d'attention à la publicité, faisant appel aux meilleurs artistes pour les affiches et le conditionnement, puis les campagnes publicitaires. Le logo Lu s'est imposé pendant les Trente Glorieuses tout en s'adaptant légèrement au fil des décennies.

L'entreprise Lu et ses bâtiments sont devenus emblématiques de la ville de Nantes. À partir de 1899, un ensemble architectural original a été constitué, améliorant les conditions de travail, même s'il s'est aujourd'hui rétracté avec l'automatisation et la réduction des effectifs. Une partie des anciens locaux a été transformée en centre culturel, Le Lieu unique.

Naissance de la maison Lu vignette|redresse|Portrait de Louis Lefèvre-Utile (1858-1940)Yves Rochcongar, Capitaines d'industrie à Nantes au siècle, éditions MeMo, Nantes, 2003, fils de Jean-Romain Lefèvre et Pauline-Isabelle Utile. Nantes, par l'importance de son port, accueille depuis longtemps des biscuiteries artisanales puis industrielles de galettes destinées aux marins. C’est en 1846 que Jean-Romain Lefèvre (né le à Varennes-en-Argonne) s’installe à Nantes pour y reprendre une pâtisserie au rue Boileau dans un immeuble appartenant à l'armateur Thomas Dobrée. Sur le conseil de son épouse Pauline-Isabelle Utile, originaire de Marle dans l'Aisne, il nomme le commerce « Fabrique de biscuits de Reims et de bonbons secs » (il s'agissait probablement de bergamote de Nancy)Les annales de Nantes et du pays nantais - / 1985 - page 32 à 35 où il vend ses propres productions et le fameux biscuit anglais Huntley & Palmers. Les pratiques du jeune pâtissier, alors âgé de 27 ans, et de son épouse, sont différentes. Il vend les biscuits variés sortis du four situé dans la cour7. Antoine Lefèvre, le frère de Jean-Romain, s'est installé dès 1840 à Nancy pour y fonder une biscuiterie-confiserie dénommée « Lefèvre-Denise », qui est toujours en activité sous le nom « Lefèvre-Lemoine » pages 195-196. Au retour de son service militaire, Jean-Romain s'est formé au métier de biscuitier à Nancy auprès de son frère Antoine, et notamment à la fabrication des macarons, une spécialité de la ville de Nancy. Les recettes proviennent de l'est et bousculent les habitudes des Nantais qui consomment des biscuits anglais ou de mer. La fabrication de biscuits de luxe fait sa renommée. La maison LU est née. Elle construit son succès sur la qualité de ses produits, mais aussi sur la constance de sa production.

vignette|redresse|gauche|L'une des deux tours de l'usine historique de Lu dont la restauration s'est achevée en 1998 pour coiffer ce qui est désormais Le Lieu unique. Les locaux devenant trop exigus, ils agrandissent en achetant grâce aux fonds de la famille une annexe de la boutique au de la rue Boileau en 1854. La boutique est appréciée pour la vente de ses produits de qualité, mais aussi pour son architecture. Elle est vaste () et haute, possède de belles moulures et des lustres, mais aussi des boiseries murales conférant à l'ensemble un caractère haut de gamme et raffiné. Les produits vendus sont les Biscuits de Reims, les boudoirs, les Biscuits vanille, les biscuits champagne, les langues de chat, les macarons, les massepains et les Petits-Fours aux amandes. Ils sont disposés dans des coupes de cristal à pieds et plusieurs présentoirs proposent les biscuits destinés à la décoration 17. Des serveuses assurent l'accueil des clients qui choisissent les produits qu'ils désirent, lesquels sont récupérés par ces dernières grâce à des pinces, fait rare à l'époque, et placés dans un emballage les mettant en valeur. L'entreprise emploie quatorze ouvriers en 1880. En 1882, leur troisième fils Louis, après avoir fait ses études dans l'établissement qui deviendra le lycée Clemenceau et effectué un voyage en Angleterre afin de se documenter sur les biscuits anglais et leur méthode de fabrication, reprend l'affaire familiale à l'âge de 24 ans après le décès de son père, à la suite de problèmes de santé (son épouse, elle, survivra jusqu'en 1922) et installe une première usine sur l'île Gloriette, quai Baco, dans l'ancienne filature « Bureau ». La même année, tous les efforts de l'entreprise familiale sont récompensés par la médaille d'or à l'exposition de Nantes8.

Des boîtes en carton permettent par la suite d'emporter ses produits afin de les offrir. Lefèvre-Utile invente plusieurs types de boîtes habillées de scènes champêtres ou enfantines en couleurs. Les biscuits sont alors offerts lors des repas dominicaux ou pour de grandes occasions. Les biscuits LU deviennent des produits de choix22.

Usine Lu et mécanisation vignette|La naissance du Petit-Beurre Lu en 1886. Avec l'arrivée de Louis Lefèvre-Utile à la tête de la maison Lu, celle-ci prend de l’ampleur et commence sa mécanisation. Louis va devenir un génie créateur à l'origine de la marque LU avec son beau-frère Ernest Lefièvre. Quelques années plus tard, en 1885, il fait construire, quai Baco, une manufacture de biscuits de de haute technologie à la place des bâtiments de l'ancienne filature11 et 12. Il y installe des fours et une machine à vapeur. Cent trente ouvriers y travailleront pour assurer une production de trois tonnes de biscuits par jour. Plus du tiers de la production est alors assuré par le célèbre Petit Beurre né en 1886.

Il invente un produit original inspiré des biscuits d'Angleterre où il a fait de nombreux voyages. Ce biscuit carré aux bords découpés en festons est fabriqué à la chaîne grâce à une empreinte que Louis crée à l'aide d'une société anglaise T & T Vicars. Cette empreinte qui représente un calendrier (52 dents pour les 52 semaines, 4 gros coins pour les 4 saisons, 24 trous pour les 24 heures, 7 cm pour les 7 jours de la semaine) est retrouvée dans les archives de cette société en 1946. Dès sa sortie, le produit est apprécié par les clients et par les critiques13. La forme du biscuit et sa marque « Petit-Beurre-LU-Nantes » sont déposées au tribunal de commerce de Nantes le .

Le , Louis Lefèvre-Utile et son beau-frère, Ernest Lefièvre, s'associent pour créer la société LU. Cette société familiale passe alors de l'artisanat à l'entreprise moderne. Ernest Lefièvre s'occupe de la direction commerciale de la maison tandis que Louis Lefèvre-Utile s'occupe de la production. Ernest déploie un dépôt à Paris, 5 rue du Renard, assurant ainsi un réseau commercial dynamique et fiable dans la capitale28.

Mais le , l'usine est ravagée par les flammes déclenchées près des fours. Quinze jours après le drame, la production reprend et l'usine est reconstruite avec les dernières technologies. Lefèvre impose notamment l'utilisation de matériaux ininflammables comme l'acier.

Prospérité de l'entreprise vignette|Boîte en fer blanc contenant des biscuits Lu de 1910. En 1897, très attachés à la publicité, Louis et Ernest font appel aux plus grands peintres pour illustrer leurs affiches. Firmin Bouisset réalise le Petit écolier. La fin du siècle est marquée par la création de nombreux nouveaux produits. La gamme s'enrichit en fonction de l'actualité. Ils comprirent que la création était signe de succès. Ainsi, ils créèrent des biscuits pour les grands événements comme la visite d'un chef d'État étranger en France17. « Neva, biscuit russe » est créé pour la visite du tsar Alexandre III à Paris en 1892. De même, la « gaufrette Iceberg » célèbre la seconde expédition en Antarctique de l'océanographe Jean-Baptiste Charcot en 1908. Enfin, une série de vignettes « Aviation » rend hommage à la traversée de la Manche par Louis Blériot en 1909.

C'est aussi l'époque où l'entreprise abandonne la vente en vrac et commence le conditionnement de ses produits dans des boîtes en fer blanc. Ce type d'emballage a l'avantage d'assurer une plus longue conservation et offre un support idéal pour la réclame.

À la fin du , l’usine, agrandie grâce à de nouveaux bâtiments et forte d’une mécanisation très poussée, produira près de de biscuits supplémentaires. En 1890, la conserverie de la famille Saupiquet voisine des usines Lu ferme ses portes. Elle est rachetée par Louis pour y installer ses écuries. De même, la fabrique de briquettes de charbon de la compagnie de Blanzy considérée trop polluante offre à l'entreprise LU de nouveaux bâtiments et de nouveaux espaces pour agrandir l'usine. En 1897, l'entreprise occupe deux hectares avec 38 fours dont 22 grands fours continus à trois lignes19.

vignette|gauche|redresse|Réplique du phare Lu de l'exposition universelle de 1900. Lors de l'exposition universelle de 1900 à Paris, un pavillon est installé en partie sur la Seine par l'architecte Auguste Bluysen. Il fait construire à un angle une tour en forme de phare de de haut. Le haut du phare est constitué d'une boîte de la marque LU en circulation à l'époque. Le phare s'illumine chaque nuit avec le monogramme Lu illuminé et visible depuis l'ensemble de l'exposition. La maison Lu reçoit l'unique grand prix décerné à la biscuiterie française, ce qui contribuera à sa renommée nationale et internationale23 et 25.

En 1905, c'est en pleine phase ascendante de l’économie nationale que naît Paille d’Or parmi les deux cents variétés de biscuits déjà fabriquées. C'est Louis qui conçoit la recette et donne la forme d'une botte de paille au biscuit. Il y incorpore du jus de framboise qu'il extrait des productions locales. Il fabrique également la machine qui produit le biscuit alors que ce marché est dominé par les fabricants anglais27.