dit l'Humain ou le Vieux (en catalan Martí l'Humà, en castillan Martín el Humano), né le à Perpignan et mort le au monastère Sainte-Marie de Valldonzella, aujourd'hui à Barcelone, est, de 1396 à 1410, roi d'Aragon, comte de Barcelone, de Pallars Jussà, de Roussillon et de Cerdagne, roi de Valence, de Majorque et de Sardaigne. Il est également comte de Besalú de 1368 à 1410 et comte d'Empúries de 1401 à 1402, puis à nouveau de 1407 à 1410. À la mort de son fils , qui meurt de pneumonie en , il lui succède en tant que roi de Sicile. Il est le dernier des souverains de la couronne d'Aragon issus de la maison de Barcelone.

Jeunesse Martin naît le . Il est le second fils du roi d'Aragon et de sa troisième épouse, la reine Éléonore de Sicile, fille du roi de Sicile .

En 1366, il a alors , il reçoit de son père le comté de Morella, créé spécialement pour lui autour de la cité de Morella, puis en 1368 le marquisat de Camarasa, créé également par son père, ainsi que le comté de Besalú, puis le titre de sénéchal de Catalogne.

En 1364, il est promis à Maria de Luna, fille de Lope, comte de Luna, qui rejoint la cour royale d'Aragon pour être élevée auprès de la mère de . Les deux fiancés sont mariés en 1372, Maria de Luna apportant à son mari le comté de Xèrica.

Politique sicilienne

En 1375 meurt la mère de et celui-ci hérite des prétentions à la succession du royaume de Sicile. En 1379, il renforce sa position en mariant son premier fils, Martin le Jeune, à l'héritière du trône sicilien, Marie de Sicile, fille du roi . Les deux enfants, Martin et Marie, étant encore très jeunes, le mariage n'est célébré qu'en 1390, mais en attendant leur majorité, est nommé en 1380 seigneur et régent de la Sicile.

Le père de Martin, le roi , meurt en 1387, laissant le trône à son fils aîné l'infant Jean. Ce dernier, devenu le roi , concède à son frère le duché de Montblanc.

Marie de Sicile est alors réfugiée à Barcelone, le royaume de Sicile étant aux mains d'une coalition de puissants barons. En 1392, une expédition aragonaise réinstalle le jeune couple royal sur le trône. À la suite du couronnement de Martin et de Marie à Palerme en 1390, une partie de la noblesse sicilienne prend parti pour les prétendants d'Anjou au trône sicilien et se révolte contre les nouveaux monarques. se place à la tête d'une flotte et se rend en Sicile afin de réprimer l'insurrection.

Les prétentions au trône d'Aragon L'infant Martin devient l'héritier présomptif du trône de son frère à la mort de son neveu l'infant Pierre en 1394. C'est alors qu'il est en train de combattre les opposants qu'il apprend la mort de son frère aîné, le roi d'Aragon . Comme celui-ci n'a pas d'héritier mâle, Marie de Luna réclame officiellement le trône pour . Il doit immédiatement faire face aux prétentions du comte Mathieu de Foix-Castelbon, époux de Jeanne, fille aînée de .

Règne en Aragon En 1396, il accède au trône d'Aragon, succédant à son frère . Le , Martin confirme les privilèges (fueros) à Saragosse et le il est couronné dans cette ville. Le , à sa demande, le Saint Calice fut transporté du monastère de Saint Jean de la Peña à la chapelle du Palais Royal (L'Aljafería) de Saragosse.

La politique européenne Il organise une visite royale en Corse pour soutenir son lieutenant Arrigo della Rocca, alors en lutte contre la république de Gênes pour les droits de jure de la Couronne sur l'ile. Le roi débarque dans l'ile, visite plusieurs localité comme Castello Lombardo (future Ajaccio), et confirme des droits et privilège à son vassale.

Il lance deux croisades en Afrique du Nord en 1398 et 1399. En 1400, il obtient le soutien financier des cités maritimes du royaume pour mener une expédition en Sardaigne. C'est son fils, Martin le Jeune, roi de Sicile et procureur de Sardaigne pour le compte de son père qui élimine les derniers juges d'Arborée dont Éléonore d'Arborée. C'est en Sardaigne que le roi Martin le Jeune perd la vie en 1401 ; son père hérite alors du royaume de Sicile, mais il gouverne par l'intermédiaire de la veuve de Martin le Jeune, .

Le règne est marqué par le Grand Schisme d'Occident de l'Église. Le roi Martin poursuit le traditionnel soutien aragonais du pape d'Avignon , d'autant plus que ce dernier, né Pedro de Luna, est un cousin de la reine Marie. Martin intervient militairement à Avignon en 1403, n'étant plus à cette date soutenu par l'Église française.

Les crises politiques et économiques de la fin du règne Les royaumes de la Couronne d'Aragon sont agités, au , par les conflits nobiliaires ou bandositats, qui opposent les plus importantes familles de la Couronne pour des questions de pouvoir et de juridictions. En Aragon, la première faction menée par la famille des Urrea, alliés aux Heredia, aux Lihory et aux Cerdán, est en conflit avec la famille des Luna, soutenue par les Alagón, les Montcada et les López de Luna. Dans le royaume de Valence, ce sont les membres de la famille de Vilaragut qui s'opposent aux Centelles.

En 1407, nomme lieutenant d'Aragon, office généralement réservé à l'héritier du trône, son beau-frère et cousin, le comte d'Urgell . En effet, son fils, Martin le Jeune, est déjà occupé par les affaires des royaumes de Sicile et de Sardaigne. Cette nomination provoque des protestations de nombreux nobles aragonais, menés par le Justicier d'Aragon, Juan Ximénez Cerdán. Le pape s'oppose également à , car ce dernier soutient son adversaire romain, . Pourtant, renouvelle sa confiance à et le nomme gouverneur général de tous les royaumes de la Couronne. Doté d'un pouvoir considérable et de la confiance absolue du roi, échoue pourtant à calmer les révoltes nobiliaires, prenant parti pour les Luna et les Vilaragut. La Catalogne et Majorque, s'ils ne connaissent pas la même crise politique, traversent cependant une grave crise économique, à la suite des coûteux conflits menés par le roi . vignette|La couronne d'Aragon de 1369 à 1410

La question de la succession Le , Martin le Jeune, héritier et fils unique de , meurt de fièvres à dans la ville sarde de Cagliari. Sans descendance légitime, le roi décide de légitimer un des fils naturels de Martin le Jeune, qu'il a eu avec la dame sicilienne Tàrsia Rizzari : Frédéric de Luna, seulement âgé de . Frédéric avait déjà été reconnu afin de pouvoir hériter des comtés de Luna et de Sogorbe et le , il avait été prévu qu'il puisse succéder à son père Martin le Jeune pour le royaume de Sicile. Cette stratégie de légitimation d'un fils naturel s'appuie sur des personnes importantes, en particulier le pape , qui souhaite à tout prix éviter un conflit dynastique qui pourrait lui aliéner le soutien du successeur de , et qui est déjà lié au jeune Frédéric. Les autres partisans sont l'évêque de Huesca Domingo Ram i Lanaja, le chartreux Francisco d'Aranda et le justicier Gil Ruiz de Lihori.

Les nobles aragonais, soutenus par , Vincent Ferrier et , pressent cependant de se remarier afin d'avoir un héritier légitime : en , épouse la jeune Marguerite de Prades, âgée de seulement . Le roi envoie durant l'hiver des messages aux villes de ses royaumes pour réunir un conseil d'experts en droit qui doivent débattre de la succession, sans qu'aucune ville ne réponde. Pendant ce temps, d'Urgell est toujours aux prises aux bandositats aragonais et valenciens, qui redoublent même. prend le parti du justicier d'Aragon, qui accuse d'Urgell, mais le maintient dans ses fonctions.

Le , tombe brusquement malade, alors qu'il est au monastère Sainte-Marie de Valldonzella. Le , à l'agonie, il a déjà du mal à s'exprimer. Dans la nuit du , à onze heures, une délégation des Corts de Catalogne, réunies à Barcelone plusieurs semaines, se présente au monastère. Le conseiller Ferrer de Gualbes demande au roi de garantir une succession légitime, à quoi le roi répond « Hoc ! » (oui !) « Acta d'irresolució de la successió de (1410) », Viquitexts, consulté le .. Il meurt au matin du , dans la chambre dite de l'abbesse. Il confie son petit-fils, Frédéric de Luna, à Francisco de Granollacs et Antonio de Torrelles i Marc.

Mort et succession

Cette mort déclenche une guerre de succession pour la couronne d'Aragon. L'héritier mâle le plus proche est le comte bénéficiait de soutien dans la principauté de Catalogne, mais qui n'a que peu de soutien dans les royaumes d'Aragon et de Valence. Le duc d'Anjou , petit-fils du roi est aussi un candidat possible. Il est probable que Martin espère avec le soutien du pape légitimer son petit-fils Frédéric, mais il meurt en 1410 sans désigner de successeur.

Les uns soutiennent , comte d’Urgell, plus proche descendant du roi par les mâles, les autres le Français Louis d’Anjou, petit-fils par sa mère du roi , les autres enfin le roi de Castille , au nom des droits de sa famille (Éléonore d'Aragon, fille de , avait épousé de Castille, mort en 1390).

La maison royale de Castille transmet ses droits à Ferdinand, fils de et d'Éléonore d'Aragon, et ce prince est reconnu roi sous le nom de . La question dynastique avait été définitivement réglée par une conférence tenue en Aragon, le compromis de Caspe, où l’influence du pape d’Avignon , désireux de se constituer une clientèle politique, avait décidé les conférenciers à choisir Ferdinand.

Ascendance

Mariages et descendance

Le , il épouse Maria de Luna. De cette union naissent : Martin (-1409) Jacques (né en 1378) Jean (né en 1380) Marguerite (né en 1385) Hormis l'aîné, tous meurent en bas âge. Quand l'aîné et héritier meurt à son tour, Martin se remarie le avec Marguerite de Prades. Cette brève union reste sans enfants.

Notes et références

Voir aussi

Sources et bibliographie

Liens externes

Catégorie:Dynastie de Barcelone Catégorie:Roi d'Aragon du XIVe siècle Catégorie:Roi d'Aragon du XVe siècle Martin Catégorie:Comte de Barcelone Catégorie:Comte de Gérone Catégorie:Comte d'Osona Catégorie:Comte de Besalú Catégorie:Comte de Pallars Jussà Catégorie:Roi de Valence Catégorie:Roi de Majorque du XIVe siècle Catégorie:Roi de Majorque du XVe siècle Catégorie:Comte de Roussillon Catégorie:Comte de Cerdagne Catégorie:Roi de Sardaigne du XIVe siècle Catégorie:Roi de Sardaigne du XVe siècle Catégorie:Roi de Sicile du XVe siècle Catégorie:Comte d'Empúries Catégorie:Histoire des Pyrénées-Orientales Catégorie:Naissance en juillet 1356 Catégorie:Naissance à Perpignan Catégorie:Décès en mai 1410 Catégorie:Décès à Barcelone Catégorie:Personnalité inhumée dans l'abbaye de Poblet Catégorie:Décès à 53 ans Catégorie:Personnalité récipiendaire de la Rose d'or Catégorie:Duc de Montblanc