Le Courlis à bec grêle (Numenius tenuirostris) est une espèce d'oiseaux Charadriiformes de la famille des Scolopacidae. C'est un limicole disparu depuis 1996 qui vivait l'été en Sibérie et hivernait au sud et à l'est du pourtour méditerranéen.. En raison de sa rareté, les connaissances sur ce courlis sont très faibles ; ses mœurs et son milieu de vie exact nous sont inconnus. Cet oiseau éteint à la fin du est l'emblème de l'Union pour la protection des oiseaux de Russie. Selon , c'est une espèce monotypique (non subdivisée en sous-espèces).

Description L'espèce mesure entre , ce qui lui donne une taille proche de celle du Courlis corlieu (Numenius phaeopus). Il se distingue de ce dernier et du Courlis cendré (Numenius arquata), plus grand, par son bec très fin, ses taches noires presque rondes (en forme de gouttes) sur la poitrine et les flancs et son croupion et sa queue plus clairs. Il est à noter que le juvénile n'a pas (ou très peu) de taches en forme de gouttes sur les flancs.

Le cri de contact de cet oiseau est un "klu-iie" qui ressemble au cri du Courlis cendré en étant plus doux, plus aigu et plus rapide (parfois devenant un trille). En vol, il émet le cri d'alarme "kou-i".

Répartition vignette|gauche|Ancienne aire de répartition.

Cet oiseau nichait en Sibérie occidentale et hivernait notamment au Maroc, dans la lagune de Merja Zerga. Des données hivernales existent également dans de nombreux pays méditerranéens. Des données incertaines récentes en Mésopotamie et dans le golfe Persique suggéraient l'existence de sites d'hivernage inconnus mais les recherches entreprises n'ont pas abouti. En migration, l'espèce fréquentait l'Europe de l'Est, de l'Italie à la Grèce, et était même régulière dans le midi de la France au .. Il migrait vers la Méditerranée en faisant halte pour s'alimenter sur les sites lagunaires des limans des bouches du Danube, du lac Vistonide dans le parc national de Macédoine-Orientale-et-Thrace en Grèce du Nord et de la saline d'Ulcinj au Monténégro...

La chute rapide de sa démographie au est due à la disparition de son biotope, les zones humides, par leur drainage pour l'agriculture intensive..

Les premières alertes sur le possible déclin de l'espèce sont émises dès 1912..

Rarement photographié, un cliché de cet oiseau a été pris en France en dans la réserve naturelle nationale de la baie de l'Aiguillon en Vendée par Michel Brosselin, secrétaire général de la LPO et photographe animalier, en observation sur le site. À marée haute, les populations de limicoles rejoignaient la pointe d’Arçay, où la chasse est interdite..

Le seul enregistrement du Courlis à bec grêle connu à ce jour a été fait par l'ornithologue français Claude Chappuis. Après le décès de ce dernier en 2021, la sonothèque qu'il a constituée, incluant le Courlis à bec grêle, a été léguée à la Macaulay Library de l'Université Cornell à Ithaca (État de New York)..

En 1988, l'espèce apparaît sur la liste rouge de l’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN).

La dernière observation du Courlis à bec grêle remonte à 1995 au Maroc..

Un plan d’action est établi en 1996, mais sans succès. Entre 2009 et 2011, une opération de la dernière chance est menée par la RSPB et Birdlife International. Plus de dans une trentaine de pays sont quadrillés à la recherche du Courlis à bec grêle. Du Maroc au Kazakhstan, de la Serbie à l’Arabie saoudite, des bénévoles arpentent des marais salants, des lagunes, des estuaires, des deltas, mais en vain.

Une étude publiée en dans la revue ornithologique Ibis, estime à 96 % le risque que Numenius tenuirostris ait été effacé du globe depuis 1996. Ses conclusions se fondent sur l'application de la méthodologie de l’UICN sur l’ensemble des données existantes concernant le Courlis à bec grêle.

Dans l'écozone paléarctique occidentale, il s'agit de la première espèce d'oiseau à connaître ce statut.

Comportement, nidification Pratiquement rien n'est connu de cet oiseau. Son nid ne fut observé qu'à de rares reprises, en Sibérie occidentale, sur les rives du fleuve Irtych où il nichait en petites colonies, pondant ses œufs en mai. En hiver, l'espèce migrait vers la Méditerranée où elle était grégaire.

Habitat Les seuls nids qui furent trouvés étaient situés dans une zone de transition, au nord de la steppe eurasienne et au sud de la taïga. En migration et en hivernage, l'espèce fréquentait les milieux humides.

Systématique Le nom valide complet (avec auteur) de ce taxon est Numenius tenuirostris Vieillot, 1817.

Ce taxon porte en français le nom normalisé de .

Références

Voir aussi

Bibliographie . . . .

Liens externes

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Catégorie:Scolopacidae Catégorie:Oiseau d'Asie du Nord Catégorie:Oiseau hivernant d'Afrique Catégorie:Oiseau décrit en 1817 Catégorie:Charadriiformes (nom vernaculaire)