Marie de Montpellier, en occitan Maria de Montpelhièr, née entre 1180 et 1183... à Montpellier et morte le à Rome, est la dernière descendante des Guilhem, les seigneurs de Montpellier. Elle devient, de par son mariage avec , reine consort de la couronne d'Aragon.

Toute sa vie, Marie est victime des ambitions de son entourage (son père, sa belle-mère, ses époux) et des notables de Montpellier.

Biographie Elle est la fille de (1157/58 - ) et d'Eudoxie Comnène (1162 - après 1202), la nièce de l'empereur de Byzance.

En 1204, après l'abdication en sa faveur de son demi-frère , elle devient « Seigneur de Montpellier » et « Seigneur d'Aumelas ». Titres qu'elle garde jusqu'à sa mort en 1213.

Ses trois mariages Elle est une première fois mariée dès l'âge de dix (ou onze) ans à , dit , vicomte de Marseille. Elle devient veuve quelque temps après (1192).

En , son père et sa belle-mère, Agnès de Castille, la marient à , comte de Comminges"Guillelmus…Montispessulani, filius quondam Mathildis ducisse" accepte le mariage de "filiam meam Mariam" avec "Bernardo, comitis Convenarum" par une charte datée de Dec 1197, selon laquelle Marie renonce à ses droits sur Montpellier en faveur de "Guillelmo Montispessulani patri meo, et tibi Guillelmo filio ejus et domine Agnetis, fratri meo" Liber Montpellier, , p. 349 (J.-C. Chuat) et Spicilegium, , p. 558.. Ils l'obligent à signer un acte de renonciation à ses droits sur la seigneurie de Montpellier en faveur de ses demi-frères, nés du remariage de son père avec Agnès. Cette union ne dure pas. Marie revient à Montpellier considérant ce mariage comme nul et non avenu (Bernard de Comminges était deux fois bigame). Deux filles sont nées du deuxième mariage de Marie : Mathilde, mariée à , vicomte de la Barthe ; Pétronille, mariée à , comte d'Astarac.

Après la mort de et la révolte des habitants de Montpellier contre le jeune , Marie récupère son héritage le Baumel, J. (1980), p. 231. en évinçant son demi-frère de la seigneurie de Montpellier. Le même jour, elle épouse le roi dans la maison de la milice du TempleLa Crónica de San Juan de la Peña (, p. 136) rapporte que Roi d'Aragon a épousé "la filla del noble princep Don Guillem de Montpeller…Maria, nieta del Emperador de Costantin noble". Le mariage contracté entre "Maria filia quondam domini Montispessulani" et "Petro Regi Aragoniæ, et comiti Barchinonis" est daté de 1204, devant les témoins "comes Santius…Ildefunsus comes Provinciæ frater domini regis, Guillelmus de Balcio, Hugo de Balcio frater eius, Rocelinus vicecomes et dominus Massiliæ, Guido de Cabilione… Spicilegium , p. 565.. Pierre et Marie promettent de respecter les coutumes de la ville dans un texte de 123 articles : la « Charte des Coutumes et Libertés ».

Ce mariage n'est que prétexte pour afin de rattacher Montpellier à son royaume"Maria filia quondam domini Montispessulani…Regina Aragoniæ, comitissa Barchinonis" donne Montpellier à "Petro…Regi Aragoniæ, comiti Barchinonis marito meo" par une charte datée de septembre 1205, avec comme témoin "…Domina Clementia…" Spicilegium , p. 566.. N'ayant plus besoin de Montpellier, qu'il a complètement hypothéqué, il décide de se séparer de Marie malgré la naissance de deux enfants : le futur Jacques le Conquérant, roi d'Aragon ; et une fille aînée Sancie, fiancée à sa naissance au futur de Toulouse a finalement épousé Sancie d'Aragon, sœur de ., comte de Toulouse, avant de mourir jeune.

Marie à la recherche d'appuis Trahie de nombreuses fois par son entourage, Marie ne voit autour d'elle que deux appuis sûrs : les Templiers et le Pape.

Dans son premier testament de 1209, Marie désigne les Templiers comme gardiens de son fils, l'« Infant En Jacme de Aragon »Premier testament de Marie de Montpellier rédigé le 28 juillet 1209 en l'abbaye d'Aniane, Bibliothèque de l'Académie royale d'histoire de Madrid, Collection Salazar y Castro, Leg. D, carp. 9, n° 1 ; cote générale 9/1641. Cf. Lacarra José-Maria, Gonzalez Anton Luis. Les testaments de la reine Marie de Montpellier. In : Annales du Midi : revue archéologique, historique et philologique de la France méridionale, Tome 90, N°137, 1978, pp. 113 et 119..

Dans son dernier testament, en 1213, elle désigne le Pape comme son exécuteur testamentaire : le testament de Maria regina Aragonum et domina Montispessulani est daté du , nommant comme ses héritiers « Jacobum filium Regis Aragonum et meum…duæ filiæ meæ Mathildis…et Perona et dominæ Clementiæ amitæ meæ »Spicilegium , p. 577..

Marie de Montpellier décide d'aller à Rome pour obtenir du pape, , son appui et l'assurance que son union ne sera pas dissoute. Elle obtient gain de cause mais, malade, elle meurt à Rome en 1213Thalamus de Montpellier : décès le "xviii jorns dins abril" en 1213 à Rome de "madona Maria de Montpellier molher del rei dAragon"., peut-être empoisonnée. Elle fut inhumée dans la , aujourd'hui détruite, proche de Saint-Pierre de Rome.

Maria de Montpeller selon Desclot Bernat Desclot rapporte dans sa chronique :

Traduction

Marie de Montpellier selon Muntaner Au matin de la nuit de l'engendrement étaient présents dans la chambre du roi, comme témoins, tous les gentilshommes, prélats et dames, comme nous le raconte le chroniqueur Ramon Muntaner, dans un poème de jongleur, restitué par Soldevila :

E com fo alba lo prohòmens tots e prelats, e hòmnes de religió e dones cascú ab son ciri en la mà entraren en la cambra e lo senyor rei meravellà's, e saltà tantost sobre el llit e pres l'espasa en la mà, e tuit agenollaren-se e digueren plorant: "Senyor, mercè sia de gràcia e que de mercè vostra que vejats qui us jau de prop".

E la regina dreçà's E lo senyor rei conec-la... E contaren-li tot per ço que havien tractat. Que plaguès Déus fos complit llur enteniment.Et quand l'aube se leva tous les gentilshommes, prélats, hommes de religion, dames chacun avec sa chandelle à la main entrèrent dans la chambre et le seigneur roi se réveilla, d'un bond sauta du lit et prit l'épée à la main, et tous s'agenouillèrent et dirent implorant : "Seigneur, faites nous grâce et voyez s'il vous plaît qui est couchée près de vous".

Et la reine se leva Et le seigneur roi la reconnut... Et ils lui racontèrent tout ce qui avait été tramé. Qu'il plaise à Dieu d'accomplir leur projet.

Notes et références

Voir aussi Bibliographie Martin Aurell, Les Noces du comte. Mariage et pouvoir en Catalogne (785-1213), Paris, Publications de la Sorbonne, 1995, p. 427-466. . José-Maria Lacarra et Anton Luis Gonzalez, « Les testaments de la reine Marie de Montpellier », Annales du Midi, tome 90, no 137, 1978, p. 105-120. .

Articles connexes Seigneurie de Montpellier Seigneurie d'Aumelas , son époux et souverain de la couronne d'Aragon

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