Petite-Synthe (Klein-Sinten & Kleine SyntheCentre de Recherche généalogique Flandre-Artois en flamand occidental) est une ancienne commune du département français du Nord. Elle a fusionné avec Dunkerque le 1972 et en constitue depuis lors un quartier. Elle compte environ 17 159 habitants pour une superficie est de .

Le quartier est reconnu pour la présence de sa zone industrielle ainsi que pour le Fort de Petite-Synthe, un ancien site militaire transformé en lieu d’animations et parc de loisir.

Géographie

Localisation gauche|vignette|333x333px|Carte des limites administratives du quartier de Petite-Synthe. Le quartier de Petite-Synthe est situé au sud de la commune associée de Saint-Pol-sur-Mer, au sein du Grand Dunkerque. Ses communes limitrophes sont Grande-Synthe, Armbouts-Cappel, Cappelle-la-Grande et Coudekerque-Branche.

Malgré la fragmentation de son territoire en 3 communes distinctes au XVIII et XIX siècles, Petite-Synthe conserve un étroit couloir d’accès terrestre à la Mer du Nord correspondant au tracé de l’ancien Canal de Mardyck. De même, Petite-Synthe possède une bande de terre unique au sud du Canal de Bourbourg, suivant l’ancien tracé du cours d’eau malgré sa dérivation en 1879 dans le cadre du projet d’élargissement des voies navigables au gabarit Freycinet.

Urbanisme

Morphologie urbaine L’évolution du tissu urbain à Petite-Synthe se définit par de profondes mutations liées au contexte économique et historique local. Ainsi, le village agricole connaît sa première transformation majeure après la fermeture soudaine du port de Dunkerque qui provoque l’aménagement du Canal de Mardyck dès 1713, séparant la commune en deux parties. L’éloignement géographique et l’arrivée des grandes industries marque la création d’une communauté ouvrière et le début de disparités menant jusqu’au détachement de Saint-Pol-sur-Mer (hameau de Tornegat) en 1877. Amputée de la moitié de ses terres et de ses habitants, la commune se centralise autour du quartier historique de Saint-Nicolas et le quartier naissant du Banc Vert (appelé alors « Cité Canis »).

La population progresse lentement jusqu’à l’explosion démographique des Trente Glorieuses qui entraîne la création massive de logements collectifs en réponse à la crise du logement provoqué par le renouveau industriel du littoral : Les zones maraîchères disparaissent presque intégralement pour laisser place aux grands ensembles de l’Albeck (dit les « Nouvelles-Synthes ») et du Banc Vert dans le cadre d’une Zone à Urbaniser en Priorité (ZUP). Le nouveau secteur de l’Albeck, en raison de son isolement conséquent et l’absence d’équipements publics de proximité, est transféré au territoire de la commune de Grande-Synthe en 1980.

Au cours des années 1980 et 1990, la sortie de terre de l’autoroute A16 facilite le zonage fonctionnel du territoire, où le secteur au nord de l’autoroute acquiert une fonction résidentielle et commerciale alors que le secteur sud devient entièrement industriel.

Les années 2000 marquent le début de la transition du quartier du Banc Vert, dans un premier temps par le Programme National de Rénovation Urbaine (ANRU 1) de 2009 à 2014, puis à travers le projet de Requalification Urbaine Globale (NPNRU) en cours depuis 2018 qui se traduit par la mise en place d’une meilleure mobilité via le développement des transports en commun, la réhabilitation de logements vétustes bâtis dans les années 1970 ou encore la végétalisation des espaces publics. Ces améliorations de qualité de vie s’accompagnent de démollitions massives afin de faciliter le désenclavement du quartier en l’ouvrant davantage sur le centre-ville de Dunkerque et le reste de Petite-Synthe« Actus : Le Banc Vert entame sa métamorphose » (vidéo via Dailymotion), CorsaireTV, 07 décembre 2021.

Johan Bodart, maire-adjoint, à propos du quartier en 2021 :« La métamorphose du secteur [...] Louis XIV - Banc Vert démarrera avec la démolition de la résidence Gambetta, laissant place à un équipement éducatif, familial et de vivre ensemble, novateur et unique en France. Cette métamorphose se poursuivra avec la démolition de la résidence Creuse et la co-construction, avec vous [les habitants], d’un jardin pour tous. »« Vœux aux habitants de Petite-Synthe » (vidéo via Facebook), Ville de Dunkerque, 20 janvier 2021En février 2024, le Banc Vert est intégré au plan de développement social urbain « Quartier 2030 », sous la direction de la ville de Dunkerque et de la Communauté Urbaine, avec pour objectif d’accompagner les habitants sur les thématiques de l’emploi, l’éducation, la sécurité et faciliter l’accès aux soins / au sport / à la culture - le texte est adopté malgré l’opposition du groupe Rassemblement National.

Voies de communication et transport Petite-Synthe est traversée par l’autoroute A16, la nationale N225, le Canal de Bourboug ainsi que par la ligne ferroviaire Dunkerque - Calais. Le quartier est également bordé au nord par la route départementale D601 dite « la pénétrante » suivant le tracé historique du Canal de Mardyck.

Le territoire est desservit par le réseau de bus gratuit DK'BUS à travers les lignes suivantes :

Grande-Synthe ⇄ Leffrinckoucke Gravelines ⇄ Dunkerque : Malo-les-Bains Dunkerque : Petite-Synthe ⇄ Dunkerque : Rosendaël Grande-Synthe ⇄ Dunkerque : Centre Grande-Synthe ⇄ Téteghem-Coudekerque-Village Grande-Synthe ⇄ Dunkerque : Centre Dunkerque : Centre ⇄ Bourbourg Petite-Synthe dispose aussi des services de transport à la demande « Taxibus de nuit », « Handibus » et « Service Étoile ».

Toponymie Au cours de son histoire, Petite-Synthe a été désigné par plusieurs noms :

au XI siècle, le territoire qui rassemblait l’ouest dunkerquois est appelé Sintine. au développement d’un village réunissant Petite-Synthe et Grande-Synthe, le hameau est alors appelé Sinten Cappelle (du flammand Sint-Cappel, pouvant se traduire par « chappelle sainte ») après la séparation du village en deux paroisses, le nom de Petite-Synthe évolue et devient Cleen Synten / Cleensintene (par déformation du flammand Klein, signifiant « petit », en opposition à Groot qui est utilisé pour désigner Grande-Synthe)

Histoire

Moyen Âge et Temps Moderne Au XI siècle, une paroisse naît au milieu des marais, asséchés progressivement via des cannaux afin de consacrer les terres de l’ouest dunkerquois aux cultures maraîchères. Cette paroisse est divisé en deux dès le XIII siècle : c’est la naissance de Petite-Synthe et Grande-Synthe.

Au cours de cette période, Petite-Synthe devient un lieu de pèlerinage à travers la légende du chevalier Guy Dampierre, qui aurait rapporté un morceau de la Sainte Croix en revenant des Croisades et l’aurait entérré au nord de l’actuel quartier Saint-Nicolas. Cet endroit appelé Cruys Bellaert (orthographié plus tard « Cruz Bélard ») est alors reconnu localement pour abriter une source dîte miraculeuse, sur laquelle fut bâtie une chappelle accompagnée d’une croix monumentale.

En 1558, après la reprise de Calais par les Français, le maréchal Paul de La Barthe de Thermes, mène une expédition française en Flandre et prend Petite-Synthe, jusqu’alors terre espagnole (sous Charles Quint puis Philippe II)Georges Dupas, Histoire de Gravelines, porte de Flandre et de ses hameaux, des origines à la Libération, Westhoeck éditions, 1981, avec Patrick Oddone comme collaborateur, p. 54.. Dans les années qui suivent, la disparition du diocèse de Thérouanne provoque l’intégration des paroisses du nord de la France au diocèse de Saint-OmerMémoire de la Société dunkerquoise pour l'encouragement des sciences, des lettres et des arts, 1862-1864, neuvième volume, p. 66, lire en ligne..

En 1658 après la bataille des Dunes remportée par Turenne, Dunkerque et ses environs deviennent une possession anglaise. En 1662, Louis XIV rachète ce territoire aux Anglais, Petite Synthe devient française. En 1670, le hameau du « Petit Mardyck » se forme au nord de Petite-Synthe à l’emplacement du fort militaire édifié par les espagnols 50 ans plus tôt : composé de marins installés là par Louis XIV, ils sont parmis les premiers locuteurs locaux du français dans la région flammande.

En 1713, le port de Dunkerque est fermé par les anglais à travers le traité d’Utrecht, provoquant la construction d’un nouveau port à l’ouest sur le territoire de Petite-Synthe autour du Canal de Mardyck, creusé pour l’occasion. Ce port est supprimé sous la pression anglaise dès 1717.

Révolution Française et première industrialisation dunkerquoise Durant la Révolution, le Fort-de-Mardyck (précédemment le « Petit Mardyck » et aujourd’hui appelé simplement Fort-Mardyck) devient une commune autonome et Petite-Synthe élu son premier maire : Jacques François Deryckx.

Motivé par la loi de 1807 sur l’assèchement des marais et la modernisation des wateringues, la municipalité transforme le paysage saint-polois à travers le défrichement des dunes et la multiplication de terres agricoles au nord du Canal de Mardyck.

Après le développement d’infrastructures portuaires au nord-est de Petite-Synthe (creusement d’un bassin de en 1821, érection du phare en 1843...), l’État ordonne par la loi du 2 février 1850 l’annexion du secteur nord-est de Petite-Synthe à la ville de Dunkerque. Ce rattachement comprend aussi quelques habitations destinées aux pêcheurs et ouvriers qui ont ammené l’appelation de « hameau du Phare » au nouveau quartier. L’expansion maritime participe à l’essor indutriel du port de Dunkerque, avec l’implantation de la fabrique Donck et Cie (transformation de la chicorée) en 1855 et la raffinerie de sucre Trystram et Crujeot en 1856. Le bassin sera comblé et détruit en 1882 pour laisser place aux darses modernes.

Par la loi du 27 septembre 1877, Petite-Synthe cède une partie de son territoire (le hameau de Tornegat) qui devient alors la commune autonome de Saint-Pol-sur-Mer. Cette scission est le résultat de l’arrivée des premières manufactures au nord (comme la filature Vancauwenberghe) qui vient compléter la séparation initiée par l’ouverture du Canal de Mardyck plus de 160 ans auparavant. En effet, le territoire de Petite-Synthe est alors composé de deux communautés de même grandeur, divisée aussi bien sur le plan géographique que social, avec au nord une nouvelle population majoritairement ouvrière et au sud une population plus ancienne davantage tournée vers l’agriculture.

Le , la raffinerie de pétrole Trystram (dans le quartier du Banc Vert) subit une réaction en chaîne faisant exploser les cuves de stockage, provoquant un incendie d’une ampleur sans précédent dans la région, avec des flammes visibles sur plusieurs kilomètres. La violence de l’impact réduit l’usine en cendres et le bilan fait acte d’un mort pour sept grièvement blessés. Cette catastrophe ne ralentit pas pour autant le développement industriel du territoire, avec l’ouverture dès l’année suivante d’une gare ferroviaire de Petite-Synthe sur la ligne reliant Dunkerque à BourbourgJournal de Bourbourg Année 1888.

La fin du et le début du seront marqués par l’essor de la cité Canis (futur Banc Vert) à l'ouest de Petite-Synthe et la construction ou reconstruction de nombreux édifices tels que la mairie-école, les églises Saint-Nicolas et Saint-Antoine de Padoue, le nouveau pont du Curé ou encore la finalisation de l'ouvrage (fort) de Petite-Synthe.

Première guerre mondiale Entre 1917 et 1918, Petite-Synthe est le siège d'un commandement d'étapes, c'est-à-dire un élément de l'armée organisant le stationnement de troupes, comprenant souvent des chevaux, pendant un temps plus ou moins long, sur les communes dépendant du commandement, en arrière du front. Relèvent du commandement d'étapes : Saint-Pol-sur-Mer, Fort-Mardyck, Mardyck, Grande-Synthe, Bergues, Coudekerque-Branche, Capelle, Armbouts-Cappel. En même temps, la commune dépendait du commandement d'étapes de Téteghem.