Pierre David de Colbert-ChabanaisLe nom Colbert n'est pas toujours précédé d'une particule., dit Édouard de Colbert-ChabanaisBien que le général Colbert ait été baptisé sous les prénoms de Pierre et David, il a aussi utilisé le prénom d'Édouard., baron de Colbert et de l'Empire, dit le , né le à Paris et mort le dans la même ville, est un général de division français du Premier Empire.

Tout comme ses frères cadets Louis et Auguste, il sert comme général de cavalerie dans l'armée de Napoléon .

Biographie

Guerres révolutionnaires

Issu de la famille Colbert, anoblie au , il est le fils du comte de Colbert-Chabanais, lieutenant-général des armées du roi, et le petit-fils de Pierre Félix Barthélemy David. Il entre dans l'armée comme volontaire national à la section Guillaume-Tell le . Il fait la campagne de cette année à l'armée du Rhin. Il passe de ce corps dans le de hussards, est devient maréchal-des-logis en septembre et sous-lieutenant en .

Après trois ans de services dans l'armée du Rhin et en Vendée, il est suspendu de ses fonctions par le général Hoche en 1796. Il quitte le de hussards et l'uniforme pour devenir commissaire des guerres à l'armée d'Orient. Sa tâche est en fait de veiller aux approvisionnements de l'armée du général Bonaparte en Égypte. Napoléon le prend sous son aile. Il reprend du service, est blessé et nommé capitaine au , puis enfin aide de camp du général Damas. Il passe ensuite comme adjudant-major chez les mamelouks, puis devient l'aide de camp du général Junot en 1803, qu'il suit à l'armée des côtes.

Guerres napoléoniennes

vignette|gauche|Le baron de Colbert-Chabanais.

Colbert quitte Junot en 1805, et suit le maréchal Berthier avec les mêmes fonctions. Il assiste à la bataille d'Austerlitz où il est blessé et fait chef d'escadron. Il combat à la bataille d'Iéna et à la bataille de Pułtusk, et en 1807, il est fait colonel du d'où il avait été chassé en 1796. De plus, son unité fait partie de la brigade Lasalle, surnommée la « brigade infernale » à cause de sa fougue. Il est fait chevalier de la Légion d'honneur en 1808 par Napoléon. Créé baron de Chabanais et de l'Empire en 1809, Colbert est promu général de brigade le . Placé sous les ordres de Oudinot, il se distingue à la bataille de Raab où il charge et culbute les hussards de Ott et taille en pièces plusieurs escadrons de l'insurrection hongroise, avant de secourir le que les Autrichiens étaient sur le point d'accabler. À Wagram, le général Colbert reçoit trois coups de feu à la tête et est nommé commandant de la Légion d'honneur.

Attaché à la Garde impériale en 1811, il forme le et conduit la brigade entière en Russie, sous les ordres du duc d'Istrie, participant à de nombreux affrontements. En , lorsque son Prince entre en Russie, le général Colbert se trouve à la tête du chevau-légers lanciers de la Garde impériale. Lorsque la Grande Armée se replie, il couvre la retraite avec ses lanciers rouges, surnommé les « écrevisses ». Il est nommé général de division le , au cours de la campagne d’Allemagne. À Bautzen, il rompt, culbute et taille en pièces les Russes.

1814-1815

Le général Colbert charge à Montmirail, à Champaubert et à Nangis. Il se rallie aux Bourbons, est créé chevalier de Saint-Louis et reçoit le commandement du corps des lanciers de la Garde royale. Au retour de Napoléon, le général Colbert demeure indécis jusqu'au . Lorsqu'il reparaît aux Tuileries, l'Empereur lui dit d'un ton glacial : . Toutefois, Napoléon lui conserve le commandement des lanciers rouges. Il combat à leur tête le à la bataille de Waterloo où il est blessé à la tête des et des lanciers de la Garde formant avec les chasseurs à cheval du général Lallemand la cavalerie légère de la Garde impériale commandée à cette occasion par le général Lefebvre-Desnouettes.

Après le licenciement de l'armée de la Loire, les Bourbons gardent rancune à Colbert, qui rentre dans ses foyers. En 1816, il est arrêté sans motif connu et détenu à la Prison de l'Abbaye pendant deux mois. Libre, il doit s'exiler. L'année suivante, il est rappelé en France.

Restauration et Monarchie de Juillet

Après dix ans de non-activité, sa carrière militaire reprend en 1826, lorsqu'il est employé comme inspecteur général de la cavalerie et commandant d'une division au camp de Lunéville. C'est lui qui est chargé, après la Révolution de Juillet 1830, du licenciement des huit régiments de cavalerie de l'ex-Garde royale. En 1834, le général Colbert devient aide-de-camp du duc de Nemours, accompagne ce prince en Afrique et fait partie de la première expédition de Constantine en 1836. Pair de France en 1838, grand-croix de la Légion d'honneur depuis 1839, il est blessé auprès du roi en 1835, par la machine de Fieschi. Il meurt en 1853.

État de service

1793 : Volontaire. Sous-lieutenant le ; Capitaine à titre provisoire le ; Capitaine adjudant-major le ; Chef d'escadron le ; Colonel le ; Colonel du de hussards, 1807-1809 ; Général de brigade le ; Commandant de la brigade de cavalerie légère du de l'armée d'Allemagne du au ; Commandant de la de cavalerie légère du de l'armée d'Allemagne du à 1810 ; Affecté au corps d'observation de Hollande de 1810 au ; Mis en disponibilité du au ; Commandant de la cavalerie du corps d'observation de Hollande du au ; Commandant d'une brigade de cavalerie légère de l'armée d'Allemagne du au ; Colonel et commandant du de chevau-légers de la Garde impériale du au ; Général de division le ; Colonel du corps royal des chevau-légers lanciers de France du au ; Colonel du de chevau-légers de la Garde impériale du au ; Mis en prison 1815-1815 ; Mis en non-activité le ; Mis en disponibilité du au ; Inspecteur général de cavalerie du au ; Inspecteur général de cavalerie dans la militaire du au ; Inspecteur général de cavalerie dans les et militaires du au ; Inspecteur général de cavalerie dans la militaire du au ; Mis en disponibilité du au ; Inspecteur général de cavalerie dans les , , , et militaires du au ; Pair de France du à ; Inspecteur général de Cavalerie dans les , et militaires du au ; Aide de camp du duc de Nemours du au ; Placé dans la section de réserve le ; Admis en retraite du au ; Replacé dans la section de réserve le ;

Titres

Baron Colbert et de l'Empire (titre accordé par décret du et lettres patentes du , signées à Ebersdorf) ; Appelé de Colbert-Chabanais à titre de courtoisie ; Pair de France le .

Distinctions

Légion d'honneur : Légionnaire le , puis, Officier de la Légion d'honneur le , puis, Commandant de la Légion d'honneur le , puis, Grand officier de la Légion d'honneur le , puis, Grand-croix de la Légion d'honneur le . Chevalier de Saint-Louis le . Commandeur de l'ordre militaire de Maximilien-Joseph de Bavière en 1810.

Hommages

Son nom est gravé sur l'arc de triomphe de l'Étoile (pilier Ouest, ). Le nom de Colbert est donc gravé deux fois, puisque Auguste, son frère cadet, mort au combat, est commémoré sur la .

Armoiries

Figure Blasonnement Armes du baron de Colbert et de l'Empire

D'or à la couleuvre d'azur en pal vinrée [vivrée] surmontée d'une lambel à trois lambeaux du même franc-quartier des barons tirés de l'armée.Source: Armorial du Premier Empire, Vicomte Albert Révérend, Comte E. Villeroy Livrées : les couleurs de l'écu. Armes du de Colbert-Chabanais pair de France

D'or, à une couleuvre ondoyante en pal d'azur.

Vie familiale

Pierre-David de Colbert était un fils puîné () de Louis Henri François (°  - Paris † - Paris), titré comte de Colbert-Chabanais, colonel d'infanterie puis maréchal des camps et armées du Roi puis lieutenant général du Roi, chevalier de Saint-Louis, et de Jeanne (vers 1756-1812), fille de Pierre Félix Barthélemy David (1710-1795), seigneur du Grez, gouverneur du Sénégal (1738-1746), gouverneur général des Mascareignes (1747-1750).

Il n'a pas de postérité de son mariage le avec Clémentine Perrotin (1797-1874), fille d'Ambroise Jean François Perrotin. armateur à Nantes, et d'Anne-Catherine Ellinkhuys.

Notes et références

Annexes

Articles connexes

Famille de Colbert Histoire de Chabanais de hussards ; Ordre de bataille lors de la bataille d'Eylau ; Ordre de bataille lors de la bataille d'Heilsberg ; Liste des généraux de la Révolution et du Premier Empire ; de chevau-légers lanciers de la Garde impériale ; Garde impériale durant la campagne de Russie ; Armée française pendant les Cent-Jours ; Liste des membres de la noblesse d'Empire ; Armorial des barons militaires de l'Empire (C-E) ; Liste des grands-croix de la Légion d'honneur ; Noms gravés sur l'arc de triomphe de l'Étoile ;

Liens externes

Côte S.H.A.T. : 7 Yd 617 ;

Bibliographie

François de Colbert, Histoire des Colbert du XVe au XXe siècle'', 2000, 665 pages, p. 461-467. Pour approfondir

Catégorie:Naissance en octobre 1774 Catégorie:Naissance à Paris au XVIIIe siècle Pierre David Catégorie:Général du Premier Empire promu en 1809 Catégorie:Baron de l'Empire Catégorie:Campagne de Belgique Catégorie:Comte français du XIXe siècle Catégorie:Pair de France (monarchie de Juillet) Catégorie:Grand-croix de la Légion d'honneur Catégorie:Chevalier de l'ordre royal et militaire de Saint-Louis Catégorie:Nom gravé sur l'arc de triomphe de l'Étoile Catégorie:Personnalité militaire de la bataille de Waterloo Catégorie:Ordre militaire de Maximilien-Joseph de Bavière Catégorie:Militaire français des guerres de la Révolution française Catégorie:Chef militaire français des guerres napoléoniennes Catégorie:Décès en décembre 1853 Catégorie:Décès dans l'ancien 1er arrondissement de Paris Catégorie:Décès à 79 ans