Henri Charles Langerock, né à Gand le et mort à Marseille le , est un peintre et photographe belge.
Biographie Henri Charles Langerock se forma à l'École des Beaux-Arts de Gand. Il passa une partie de sa vie en France, principalement à Paris et Marseille, où il fut reconnu comme un maître du paysage, des scènes bucoliques et des atmosphères de sous-bois, mais séjourna aussi plusieurs années en Italie, en Afrique et en Amérique du Sud, où il peignit de nombreuses toiles de paysages et de scènes exotiques ou orientalistesRené Chavance, « Préface » du Catalogue des Tableaux et Aquarelles par Henri Langerock et provenant de son Atelier, Hôtel Drouot, 19 avril 1920..
Dans un genre alliant peinture et grand spectacle, son nom est par ailleurs associé à au moins trois Panoramas, dont celui de la Bataille de Tell-el-Kébir, présenté à Londres en 1884 « The Panorama of the Battle of Tell-el-Kebir », dans The Artist and Journal of Home Culture, Londres, Vol. II, 1881, page 357., et celui de La Ville de Rio de Janeiro, présenté à Bruxelles en 1888, à Paris en 1889 et au Brésil en 1891.
On lui doit dans la même veine des Dioramas, tels Village indien de l'Amérique du Sud, exposé en 1889 place Poelaert à Bruxelles, et Le continent mystérieux ou Stanley dans les Ténèbres de l'Afrique, une des attractions de l'Exposition Universelle d'Anvers de 1894..
Il exerça également comme photographe, assistant de Nadar puis successeur de Numa Blanc en son atelier du 29, boulevard des Italiens à Paris. Portraitiste mais aussi photographe de la nature et de l'agriculture, il se signala notamment comme initiateur de la retouche photographique et inventeur du système, breveté en 1865, qui porte son nomINPI, Système de photographie dit système Langerock, brevet d'invention n" 69792 (cote 1BB69792) déposé le 28 décembre 1865.: «ce procédé de "portraits peints" photographiques permettait de rajeunir ou vieillir le sujet, de lui prêter un costume et/ou une pilosité différents, voire une occupation spéciale ou un mobilier particulier, le tout ayant absolument l'air, sur un papier immaculé, d'être une simple photographie»Georges Pasteur (arrière-petit-fils de Henri Langerock), Lettre à Bernard Langerock sur la vie et l'œuvre de Henri Langerock, 15 avril 2004..
Il meurt à Marseille le « Henri Langerock », ..
Le style de Langerock À l'École des Beaux-Arts de Gand, le jeune Langerock suivit tout d'abord les enseignements de Hendrik Van der Haert (1790-1846), qui l'initia à la gravure et le sensibilisa à une facture néoclassique du portrait. Il poursuivit ensuite sa formation picturale avec Jean Van der Plaetsen (1808-1857), un maître des scènes de genre, et apprit les techniques de la lithographie auprès d'Auguste Van den Steene (1803-1870) et Théodore Joseph Canneel (1817-1892)« Biographie du peintre Henri Langerock », Journal de Gand, rubrique Variétés, Gand, 14 mai 1888..
Néanmoins, rêvant de découvrir le monde, il quitta Gand dès l'âge de seize ans, mettant fin à son cursus académique.
vignette|Le modèle amoureuxHuile sur toile (50,5 cm x 73,5 cm). Les enseignements pratiques déjà reçus lui permirent de gagner sa vie, dès ses débuts à Paris, dans des ateliers de gravure et de lithographie.
En revanche le style pictural de Langerock devra peu à sa formation initiale : il se personnalisera et s'affirmera au fil des ans à partir de ses propres expérimentations, de sa propension à l'exactitude de l'observation et du rendu, aiguisée par son œil de photographe, et de ses propres goûts esthétiques tel son attrait pour l'œuvre de Corot.
vignette|Moulin près de LiègeHuile sur carton (14 cm x 23 cm)Dédicace du peintre au dos : « À mon petit Loulou » (son petit-fils Louis Léon Pasteur).
Voici comment l'écrivain et historien d'art brésilien Luiz Gonzaga Duque Estrada Roberto Pontual (Présentation de Antônio Houaiss. Textes de Mário Barata et al.), Dicionário das artes plásticas no Brasil, Rio de Janeiro, Civilização Brasileira, 1969. décrit le style du peintre Langerock :
Le critique et historien d'art Louis de FourcaudLouis de Fourcaud, « Le Salon du Gaulois » (extrait), Journal Le Gaulois, Paris, 25 mai 1877. caractérise le tableau Les Dénicheurs présenté au Salon de Paris de 1877, dans un texte où transparaissent aussi les goûts et les conceptions artistiques en matière de paysage de cette seconde moitié du : vignette|Le soir près d'Héliopolis (vers 1905)Aquarelle gouachée (25,5 cm x 47 cm).
Salons et expositions vignette|Le Passeur (présenté au Salon de Paris 1873 sous le titre : Souvenir des Vosges)Huile sur toile (110 cm x 162 cm)Collection du Musée de Picardie, Amiens. Photo du Musée de Picardie. Exposition nationale de Lyon 1854: première toile achetée par la Commission, véritable pied à l'étrier pour le jeune peintre. Expositions à Paris, en Belgique et à Laval, Toulon, Moulins, Bourges, Amiens, Montpellier, Alger, Nevers, Rouen, Chaumont etc. à partir de 1854 Salon de Paris 1873, Souvenir des Vosges () acquis en 1876 par le Musée de Picardie sous le titre le Passeur et loué en ces termes par Théodore de BanvilleThéodore de Banville, « Le Salon de 1873, Troisième article », Journal Le National, Paris, 23 mai 1873.:
Salon de Paris 1875, La Reine Blanche Salon de Paris 1876, série de dessins, pastels, gouaches Salon de Paris 1877, Les Dénicheurs Salon triennal de Gand 1877: Les bords de l'Ardèche, Le Pécheur au gué (acquis par le Roi des Belges) Exposition universelle de Paris de 1889: Médaille d'Or de la catégorie "Applications usuelles des arts du dessin et de la plastique" partagée avec le peintre brésilien Victor Meirelles pour leur œuvre conjointe, le Panorama de la Ville de Rio de Janeiro, gigantesque peinture de de haut sur de circonférence présentée au public sur la face intérieure d'une rotonde spécialement construite à cet effet au 80, avenue de Suffren. Ce panorama a été intégralement perdu, hormis les six Etudes préliminaires en taille réduite peintes par les deux artistes (Museu Nacional de Belas Artes, Rio de Janeiro), lesquelles en reconstituent du moins par juxtaposition la vue complète à 360°. L'ayant visité à l'Exposition universelle de Paris de 1889, l'historien d'art Germain Bapst en fait la description suivanteGermain Bapst, Essai sur l'histoire des panoramas et des dioramas, extrait des rapports du jury international de l'Exposition universelle de 1889, Paris, Librairie G. Masson, 1891, p. 27 (lire en ligne). :
Depuis le début du 21e siècle, ce panorama donne lieu à de nombreux travaux de recherches universitaires Thiago Leitão de Souza, O Panorama : Da representação pictórico-espacial às experiências digitais (maîtrise en urbanisme), Universidade Federal do Rio de Janeiro, 2007 - 2009 (lire en ligne). Mário César Coelho, Os Panoramas Perdidos de Victor Meirelles: aventuras de um pintor acadêmico nos caminhos da modernidade (thèse de doctorat), UFSC, 2007, p. 94-120. Sandra Makowiecky, « O tempo de Victor Meirelles e a Cidade de Florianópolis », In 19&20 - A revista eletrônica de DezenoveVinte, 2008, vol. III, n° 4..
Exposition Universelle d'Anvers de 1894 : Diorama Le continent mystérieux ou Stanley dans les Ténèbres de l'Afrique, réalisé à la suite d'un voyage d'exploration au Congo Belge.
Après ses séjours en Égypte, au Brésil (1878-1885) et en Afrique noire, participation régulière au Salon de Paris jusqu'en 1901.
Collections publiques et privées (peinture) Musées : Amiens - Le Passeur ; Mulhouse - Paysage ; Saint-Brieuc - Ruisseau ; Valence - Paysage avec figures ; Rio de Janeiro - Vallée de Valmeront (acquisition de l'Empereur Don Pedro pour le Musée de sa capitale) ; Chambre de Commerce de Saint-Quentin - La route de Malompize et Ferme en Hollande ; Université libre de Bruxelles - Archives, patrimoine, réserve précieuse - Les Bûcherons.
Musée national des Beaux Arts (Rio de Janeiro) : Portraits des fils du photographe brésilien Marc Ferrez (1843-1923),pionnier des vues panoramiques et ami d'Henri Langerock
Collections privées : Une baigneuse (New-York) ; La mare aux grenouilles (Cour de Russie) ; Un coup de soleil en forêt et Un intérieur en forêt (Comte de Verguière) ; Rivière sous bois ; Carrefour de l'Épine ; Dans la forêt de Fontainebleau ; Vieux moulin dans la Creuse ; Moulin en Hollande ; Lavoir en Sologne ; Gué des Grues ; Sous-bois dans l'Eure ; Plaine de Morbihan en automne ; Troisième jour de noces en forêt. Quelques ventes aux enchères publiques depuis 2000 : La ville d'Ouro Preto, Minas Gerais, Brésil (Huile sur toile, 1888, H. x L. , adjugée chez Christie's à Londres le ) ; Vue du Corcovado, Rio de Janeiro (Huile sur toile, 1881, H. x L. , adjugée salle Drouot à Paris le ) ; Une rue à Rio de Janeiro (Huile sur toile, 1880, H. x L. , adjugée le ) ; Jeune femme à l'éventail dans une barque fleurie ; Villa orientale animée ; Crépuscule ; Paysage en automne animé d'un pêcheur au coucher de soleil ; Le modèle amoureux ; Le soir près d'Héliopolis.
Notes et références
Liens externes
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