Selon Emmanuel Housset, la distinction du fait et de lessence est déterminante pour la phénoménologie qui doit être considérée comme une méthode qui permet de s'élever des faits aux structures mêmes de l'être et donc aux sciences de gagner leur véritable scientificité. En rupture avec les thèses issues du positivisme et de l'empirisme Husserl s'intéresse à la manière dont chaque objet se constitue dans notre regard, ainsi le mode de constitution des essences de choses le conduit dès le début à considérer la possibilité d'une « science éidétique », note Jean-François Lyotard. Ce que essence signifie en phénoménologie En phénoménologie l'essence vise ce qu'une chose est, mais surtout ce sans quoi elle ne pourrait être ce qu'elle est résume Renaud Barbaras. On parle à ce propos d'un « a priori » avec quoi l'essence est confondue. Une telle approche confirme le caractère non métaphysique de la notion ainsi définie souligne Paul Ricœur-.

, écrit Emmanuel Levinas lire en ligne.

écrit Husserl. La réduction eidétique va avoir pour tâche de libérer l'essence de toute dépendance à l'égard du fait, note Emmanuel Housset.

À noter que l'« eidos » ou concept husserlien d'essence, se distingue du concept kantien d'« Idée » qui fait référence à une essence idéale. -. , écrit Emmanuel Housset.

Husserl distingue différentes « régions » de l’être. Il distingue les genres suprêmes qui régissent le concret et distribuent tout l’être individuel tombant sous l’intuition en régions de l’être, chacune de ces régions (région nature ou région psychologie par exemple) caractérise une science « éidétique » et empirique, qui se distingue de toute autre par principe.

La fixation des essences L'essence n'est pas obtenue par induction des caractères communs aux objets car de tels caractères pourraient ne pas être essentiels. Il faut que l'essence exprime une nécessitéChez Husserl -. C'est par le procédé de la variation imaginaire que Husserl obtient l'essence de l'objet. L'essence ou eidos est constituée par l'« invariant » , c'est-à-dire ce qui demeure identique à travers les variations, par exemple une couleur ne peut être saisie indépendamment de la surface sur laquelle elle est étalée. Si nous faisons varier par l'imagination l'objet couleur et lui retirons son prédicat « étendue » nous supprimons la possibilité de l'objet couleur lui-même, l'étendue est donc bien l'invariantAutre exemple : - lire en ligne .

Renaud Barbaras, remarque qu'il ne s'agit pas de se limiter à des variantes empiriques mais bien de s'en libérer, par l'imagination pure pour ouvrir le spectre des possibilités à l'infini

L'essence peut être le fruit de l'intuition. L'intuition de l'essence sera au même titre que l'intuition de l'individu conscience de quelque chose qui est donné en personne dans cette intuition-.Jean-François Lyotard écrit: . Ainsi l'essence n'est pas obtenue par abstraction, elle peut être intuitionnée comme unité idéale, telle l'essence du rouge qui n'est pas liée aux objets rouges et qui n'est pas non plus une construction psychique mais qui est donnée de façon évidente comme une et identique.

L'existence des essences L' essence qui n'est ni individuée dans l'espace ou dans le temps, ne naît ni ne périt, possède un mode spécifique d'exister. Le genre rouge, n'est pas le rouge de l'objet individuel, le genre est idéal.

Emmanuel Levinas, écrit. Pour Renaud Barbaras si l'essence n'existe pas elle est néanmoins un objet.

L'intuition de l'essence est au même titre que l'intuition de l'individu conscience de quelque chose qui est donné en personne dans cette intuition

Les ou Recherches logiques de Husserl établissent l'irréductibilité de l'idée au fait. Levinas qui y voit l'affirmation de la possibilité d'existence d'une logique pure et d'une science des essences écrit: .

La hiérarchie des essences Tout ce qui appartient à l'essence d'un individu, un autre individu peut le posséder. , écrit Paul Ricœur. Ces essences note Jean-François Lyotard, s'ordonnent hiérarchiquement, en partant du sensible 1/ au plus près du sensible, des essences matérielles (celle du vêtement par exemple), étudiées par des ontologies ou sciences éidétiques matérielles- 2/ au-dessus, des essences régionales (l'essence des objets culturels) coiffant les précédentes , et explicitement par des éidétiques régionales- 3/ enfin l'essence d'objet en général, ce qui fait l'« objectité », qui relève d'une ontologie formelle répondant à des questions qu'est-ce qu'un objet, une propriété, une relation etc..

La science des essences Avec la « réduction éidétique », la phénoménologie devient une science des essences note Emmanuel Housset. Ce n'est plus l'expérience seule qui donnerait la chose même : celle-ci, pense Husserl, demande la mise en œuvre de connaissances a priori qui ne sont pas seulement antérieures à l'expérience mais qui sont comme chez Kant indépendantes de l'expérience. Cet a priori est ancré dans ce que Husserl appelle une intuition « éidétique » spécifique qui nous met en présence d'essences universelles (par exemple le coq , le nombre deux, l'objet en général), de la même façon que l'intuition sensible nous met en présence d'objets individuels (comme une chose jaune particulière, une paire d'objets particuliers)-. écrit Emmanuel Housset. L'intuition de l'essence sera au même titre que l'intuition de l'individu conscience de quelque chose qui est donné en personne dans cette intuition.

Ainsi conçue la « science éidétique » est d'abord une . Husserl aspire ensuite à construire une science des essences par quoi l'être des choses, et de toutes les choses, nous serait donné. Il découvre .

Il y a des sciences pures de l'essence qui mettent à jour le fond « éidétique » de tel individu . Aucune de ces sciences pures ne pose de fait exprimant une réalité, une existence, aucune ne joue le rôle de fondement.

-.

L'objet empirique par le biais de son essence matérielle s'intègre à un genre matériel suprême (une essence régionale) qui fait l'objet d'une ontologie régionale et d'une science qui en dégage les fondements théoriques essentiels. Chaque « a priori » régional (chose en général, âme en général) assure dans la région ouverte par lui, la possibilité même des connaissances de fait-. Le même objet, pour être objet, est aussi tributaire des déterminations de l'« objectivité » en général que Husserl rassemble sous l'appellation d'« ontologie formelle » (relation, groupe, ordre, propriété).

Jean-François Lyotard résume ainsi les conclusions importantes de ce travail théorique :

Références

Notes

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