vignette|Deux comédiens-vedettes de l'émission humoristique "Nazaire et Barnabé", dont Ovila Légaré, l'auteur des textes, en 1941
Ovila Légaré, né à Montréal le , et mort dans la même ville le , à l'âge de 76 ans, est un des pionniers du milieu artistique québécois. Il s'est fait connaître en tant que scénariste à la radio et comme acteur et chanteur québécois.
Biographie
Joseph Ovila Légaré est né dans la paroisse de Ste-Élisabeth-du-Portugal dans le quartier St-Henri à Montréal. Il était le fils d'Arthur Légaré, artisan, et d'Albina Legault Information tirée de l'acte de baptême au registre de la paroisse de Ste-Élisabeth-du-Portugal pour l'année 1901 (Collection Drouin)..
Ovila Légaré se passionne très jeune pour le folklore. Grâce à ses grands-parents amateurs de chansons folkloriques, il s'oriente vers ce répertoire.
Après avoir suivi des cours par correspondance, on le voit à l'œuvre comme étalagiste et concepteur d'affiches pour les magasins Steel et Larivière & Leblanc, rue Ste-Catherine à Montréal. Ce gagne-pain l'accompagne durant toutes ces années de théâtre amateur jusqu'en 1935.
Le , il épouse Émilia Deguire en l'église Notre-Dame-des-Anges du quartier Cartierville de Montréal. Selon l'acte, il exerce alors la profession de peintre-lettreur Information tirée de l'acte de mariage au registre de la paroisse de Notre-Dame-des-Anges de Montréal pour l'année 1925 (Collection Drouin).. Émilia décède le Information provenant de la fiche de décès tirée du catalogue des décès 1926-1997 conservé à l'Institut généalogique Drouin..
Parallèlement à son travail, Ovila Légaré joue au théâtre (à Montréal) lors des activités des cercles dramatiques, fort populaires chez les jeunes à cette époque. Au début des années 1920, il côtoie Conrad Gauthier et Charles Marchand dans les « Soirées de familles » organisées par Edouard-Zotique Massicotte au Monument national et anime des danses et des quadrilles en “callant”. Il fait également des recherches pour saisir les variantes régionales du répertoire de chansons et s'informe auprès d'universitaires comme Marius Barbeau.
L'année 1927 voit Ovila tenir un premier rôle au Monument-National : Jos Montferrand. On lui demande même d'y chanter en deuxième partie de spectacle. C'est le départ de sa grande carrière de comédien, mais il demeure encore profondément attaché au folklore. D'ailleurs, rapidement, il devient identifié à la musique folklorique, notamment grâce au succès populaire des Veillées du bon vieux temps (avec Conrad Gauthier) auxquelles il participe au cours des années 1925-1935.
Ovila Légaré mène de front une importante activité de comédien à la scène (théâtre), à la radio puis à la télévision, cela jusqu'à sa mort.
En 1932, il fonde sa propre troupe de théâtre, La Troupe Ovila Légaré, dont les principaux comédiens sont Blanche Gauthier, Georges Bouvier, Eugène Daigneault et Jeannette Deguire. Cette troupe ne joue que des pièces d'Ovila Légaré que l'on présente à Montréal (au Monument national) et en province. Ovila Légaré en est le directeur et le metteur en scène. Pour cette troupe, il écrit huit (8) pièces.
Il enregistre, dans les années 1930, plusieurs enregistrements chez la compagnie montréalaise Starr grâce aux recommandations de Roméo Beaudry. Sur ces enregistrements, il chante tantôt en soliste, tantôt accompagné tour à tour par Blanche Gauthier, Juliette Béliveau et La Bolduc. Celle-ci fait d'ailleurs ses premiers enregistrements avec lui; elle l'accompagne aussi au violon et à la guimbarde. Trois des chansons de Légaré, Dans l'temps du Jour de l'An, La Bastringue et Chapleau fait son Jour de l'An, obtiennent un vif succès et consacrent sa réputation. La crise économique de 1930 lui inspire Faut pas s'faire de bile, une autre chanson qui connaît un grand succès populaire. Il enregistre aussi avec d'autres musiciens (ex.: Alfred Montmarquette).
On l'entend régulièrement dans plusieurs feuilletons radiophoniques des années 1930 et 1940 tels Le Curé de village où il interprète le curé sur les ondes de CKAC, Ovide et Cyprien, Métropole, etc. Mais c'est avec l'émission radiophonique Nazaire et Barnabé (1939-58) à la station CKAC qu'il fait sa marque. Ce poste de radio étant présent partout au Québec, un large public pouvait l'entendre tous les jours de la semaine juste avant le Chapelet en famille.
De plus, entre 1945 et 1972, on peut le voir dans plusieurs films dont Le Père Chopin. Dans La loi du silence d'Alfred Hitchcock, il campe avec vigueur l'avocat Villette ; son personnage de maître-chanteur est assassiné au tout début du film, mais il revient quand l'héroïne, jouée par Anne Baxter, raconte son histoire dans un long flash-back ; c'est un rôle mineur mais essentiel dans le déroulement de l'histoire.
Il fait aussi sa marque dans son rôle de Didace Beauchemin dans deux séries télévisées qui, pendant 6 ans, ont largement influencé la programmation des années 1950 avec surtout Le Survenant (1954-1957,1959-1960), et Au chenal du moine (1957-1958). Il est aussi la vedette du film du même nom (1957).
Cet artiste polyvalent, au jeu naturel et vrai, prend également part à plusieurs autres séries télévisées, dont Sous le signe du lion de Françoise Loranger, La Pension Velder de Robert Choquette, Quelle famille, etc.
Filmographie 1945 : Le Père Chopin : le curé 1947 : Whispering City : Detective in Mary's Apartment 1949 : Un homme et son péché : le père Laloge 1949 : Le Curé de village : le curé 1951 : La Treizième Lettre (The 13th Letter) : le maire 1952 : Le Rossignol et les cloches : le restaurateur Antonio 1953 : La Loi du silence (I Confess) : Villette 1954 : 14, rue de Galais (série télévisée) : Arthur Dion 1954 : Operation Manhunt : Inspector Boucher 1954 - 1960 : Le Survenant (série télévisée) : Didace Beauchemin 1956 : Que Dieu vous soit en aide 1957 : Un simple soldat (TV) : Édouard Latour 1957 - 1958 : Au chenal du moine (série télévisée) : Didace Beauchemin 1957 : Le Survenant (film) : Didace Beauchemin
1957 - 1961 : La Pension Velder (série télévisée) 1959 : Les Brûlés 1960 : Sous le signe du lion (série télévisée) : Jérémie Martin 1961: Dubois et fils (film) Émile Dubois 1964 : Solange dans nos campagnes 1964 : The Luck of Ginger Coffey : Judge 1965 : Cré Basile (série télévisée) : Papa Nicolas 1966 : La Douzième heure : le père Durand 1966 : Footsteps in the Snow : Sgt. Deschênes 1966 : Quentin Durgens, M.P. (série télévisée) : Letourneau 1970 : Mont-Joye (série télévisée) : Aurèle Gratton 1970 : L'Amour humain 1971 : La Maison des bois (feuilleton TV) : Étienne, le curé 1972 : Quelle famille ! (série télévisée) : Grand-père Tremblay 1972 : Et du fils : François Godefroy 1976 : Grand-Papa (série télévisée) : Georges 1976 - 1977 : Quinze ans plus tard
Honneurs Le Parc Ovila-Légaré ainsi que la rue nommée après ce dernier honore sa mémoire dans l'arrondissement Villeray–Saint-Michel–Parc-Extension (à Montréal)
Sources et liens externes Discographie
Pierre Pagé, Le comique et l'humour à la radio québécoise, Volume I, Fides, 1976, 467-468 Fiche d'Ovila Légaré dans L'encyclopédin canadienne Historica
Références
Catégorie:Acteur québécois de cinéma Catégorie:Acteur québécois de télévision Catégorie:Acteur québécois de théâtre Catégorie:Folkloriste québécois Catégorie:Interprète de chansons traditionnelles Catégorie:Naissance en juillet 1901 Catégorie:Naissance à Montréal Catégorie:Décès en février 1978 Catégorie:Décès à Montréal Catégorie:Décès à 76 ans Catégorie:Personnalité inhumée au cimetière Notre-Dame-des-Neiges