200px|vignette|Localisation du Minnewater (en bleu foncé, tout en bas) dans Bruges intra muros.
Le Minnewater, nom fréquemment rendu en français par lac d'Amour., est un plan d’eau sis dans le sud du centre historique de la ville de Bruges, en Belgique flamande. Il a été aménagé (probablement) au , par la construction d’une écluse sur le fleuve Reie, à l’emplacement où celui-ci présentait un évasement naturel, et devait servir de bassin d’écrêtement. De forme oblongue, grosso modo rectangulaire, le Minnewater est délimité au sud par les remparts de la ville et mesure environ sur 200.
Situation et hydrographie
Le fleuve historique Reie, qui draînait toute la zone au sud de Bruges, et que l’on identifie généralement avec les actuels cours d’eau Waardammerbeek et Rivierbeek, pénétrait dans le vieux Bruges par le sud, après avoir accueilli, peu avant de traverser les remparts de la ville, plusieurs petits affluents, dont e.a. le Kerkebeek. Les eaux de la Reie s’écoulaient ensuite dans le Minnewater, situé intra muros, directement derrière la muraille d’enceinte.
vignette|235px|Le Minnewater sur la carte de Marcus Gerards de 1562. Le nord est à gauche. La Reie (dans l'angle supérieur droit, arrivant donc du sud) est représentée traversant les remparts du vieux Bruges et déversant ses eaux dans le Minnewater au centre. Bien qu’il s’étende à l’emplacement où se trouvait autrefois un évasement de la Reie, le Minnewater cependant n’est pas un lac naturel, mais un lac de retenue artificiel, aménagé par la main de l’homme, vraisemblablement au , c’est-à-dire à l’époque où des écluses furent mises en place à la hauteur de l’actuel Sashuis (maison éclusière) ; face à un débit de la Reie assez variable, il était destiné à faire office de bassin d’écrêtement, régulant la masse d’eau autorisée à s’engouffrer dans la Reie en aval du Sashuis et donc à traverser le centre-ville. En effet, en cas de précipitations persistantes ou par temps de dégel, les parties de Bruges intra muros sises à basse altitude se retrouvaient habituellement inondées ; si cela ne causait pas grand souci à la municipalité aussi longtemps que ces parties n’étaient pas habitées, il fallut pourtant, à mesure que la ville s’étendait et que des zones plus basses, telles que les Meersen, commencèrent à être bâties, en particulier au , trouver les moyens de réfréner les caprices de la Reie.
Jusqu’en 1784, le Minnewater accueillit le débarcadère de la dénommée Barge de Gand, coche d’eau halé par des chevaux qui assurait sur le canal de Gand la liaison fluviale entre Gand et Bruges, avant que ledit vaisseau n’aille finalement s’amarrer sur les remparts, à la porte Sainte-Catherine.
Étymologie de Minnewater
À propos de l’origine du nom Minnewater existent plusieurs théories. Selon certains, le nom proviendrait de Middenwater (littér. eau médiane, bassin). Selon d’autres, minne dériverait du verbe minnen, variante de mennen, guider, mener, renvoyant donc à sa fonction de régulation de la Reie.
Les auteurs Louis Gilliodts et Karel De Flou, bientôt rejoints en cela par Albert Schouteet, ont postulé que l’élément minne était une altération de meene, autrefois synonyme de gemeente, commune, le Minnewater représentant dans cette optique une étendue d’eau communale.
Frans Debrabandere conteste que la mutation vocalique de meene à minne ait pu être opérante en l’espèce. Il affirme, suivant en cela la thèse de Maurits Gysseling, que le plan d’eau doit sa dénomination au pont appelé Minnebrug ; d’après les croyances populaires médiévales, les esprits des eaux, ou minnen, et les démons des eaux hantaient les grandes étendues aquatiques et avaient coutume de prendre leurs quartiers sous les ponts.
L’interprétation de Minnewater comme « lac d’Amour » (ou Lago d'Amore, Liebessee, Lake of Love etc.) relève de l’étymologie populaire. Georges Rodenbach s’en est fait l’écho dans son Bruges-la-Morte :
Sites et bâtiments bordant le Minnewater
vignette|Huize Minnewater (1892).
En bordure du Minnewater se trouvent plusieurs édifices et sites remarquables. Sur sa rive orientale se dresse le château Della Faille, castel néo-gothique érigé en 1893 selon des plans de l’architecte Karel De Wulf.
L’extrémité nord du Minnewater est limitrophe du béguinage de la Vigne. À l’ouest du Minnewater, sur la rue Professor Dr. J. Sebrechtsstraat, s’étire l’ancien hôpital Minnewaterkliniek, auquel appartient également la maison néo-gothique Huize Minnewater sise à l’angle du Begijnenvest (rempart des Béguines), qui longe la rive occidentale du lac, et la Sebrechtsstraat.
Au pied du pont Minnewaterbrug, qui forme la limite sud du Minnewater, se dresse la Poertoren, tour de guet de l’ancienne muraille d’enceinte en même temps qu’entrepôt de munition et de poudre (d’où son nom) sous l’ancien régime.
À côté du Minnewater, parallèlement à sa rive orientale, court une petite rue nommée Minnewater, laquelle aboutit au parc aménagé à l’est du plan d’eau, le Minnewaterpark.
Légendes
vignette|270px|Le Minnewater, vu depuis le Minnewaterbrug, à l'extrémité sud du lac. On aperçoit au fond à gauche le Sashuis ; plus près de nous, à droite, le château della Faille. Tout à l’arrière-plan à gauche, émergeant d’entre les branches et frondaisons, on distingue le clocher effilé de l’église Notre-Dame.
Plusieurs légendes sont attachées au Minnewater, dont la suivante, relatée par l’écrivain brugeois Louis Sourie :
Bibliographie
Adolphe Duclos, Bruges, histoire et souvenirs, Bruges, 1919 . Frans Debrabandere, De plaatsnaam Minnewater, in: Brugs Ommeland, 1994, . Luc Devliegher, De waternaam Minnewater, in: Biekorf, 2003, . Frans Debrabandere, Nogmaals het Minnewater, in: Biekorf, 2003, . Marc Ryckaert, Het Minnewater in of voor 1822, in: Brugge die Scone, 2014. Chris Weymeis, Brugge, van Academiestraat tot Zwijnstraat, Deel 4: L - 0, Bruges, 2017.
Références
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