Jeune Nation est un mouvement nationaliste français fondé à la fin de 1949 et dissous en 1958.

Fondation Jeune Nation est fondé en 1949 par Albert Heuclin, mandataire aux Halles, Jean Marot, Jacques Wagner et les frères Sidos. Le , le mouvement est présenté pour la première fois au siège du Souvenir napoléonien, rue du Cirque. Le , il est officiellement déclaré à la Préfecture de police de ParisJournal officiel de la République française, , .. L'avocat Jean-Louis Tixier-Vignancour, ancien député et ancien secrétaire général adjoint à l’Information du régime de Vichy, est aussi cité comme cofondateurAnna-Maria Thaler, « Jeune Nation und Œuvre Française: Die Entwicklung zweier rechtsradikaler Gruppierungen unter besonderer Berücksichtigung des Vichy-Syndroms », Université de Vienne, 2010, Jean-Paul Gautier, Les extrêmes droites en France : De 1945 à nos jours, Syllepse, 2017.François Duprat, Les mouvements d'extrême-droite en France depuis 1944, Albatros, 1972, ..

Les frères Sidos Les frères Sidos sont : Jacques Sidos (condamné en 1946 pour faits de collaboration) ; Pierre Sidos (condamné en 1946 pour « appartenance au mouvement franciste »)Frédéric Charpier, Génération Occident, Seuil, Paris, 2005., secrétaire général et bientôt numéro un de l'organisation nationaliste ; François Sidos, président du mouvement, ancien combattant volontaire des Forces navales françaises libres pendant la Seconde Guerre mondiale, titulaire de la croix de guerre 39-45, il a notamment participé aux débarquements d'Italie et de Provence« Une lettre de François-Xavier Sidos », Le Monde, 5 juillet 1995. ;

Ils sont les fils de François Sidos, un ancien des Jeunesses patriotes, pétainiste de la première heure puis inspecteur général des Forces du maintien de l'ordre sous Darnand, milicien et fusillé après jugement en par la résistance française à ce titre en mars 1946 à La Rochelle.

Histoire Alors que Tixier-Vignancour quitte Jeune Nation pour fonder le Rassemblement national français, le groupuscule s'élargit en 1954 avec l'arrivée dans ses rangs de militaires de retour d'Indochine redoutant la désagrégation complète de l’empire colonial après la défaite face au Việt Minh.. Dominique Venner rejoint le mouvement en 1955 et intègre bientôt sa direction. Jeune Nation appuie l'action de l'armée en Algérie et l'Algérie française durant la guerre d'AlgériePhotographie de Paris-Match, janvier 1957.

Le mouvement rejette la démocratie, y compris le suffrage universel, et veut une société « sans partis », parce que ceux-ci « perpétuent la mésentente entre les classes ». Le communisme doit être « exterminé », les « métèques » « totalement exclus » de la société française. L'organisation entend aussi s'adresser aux ouvriers en proposant « l'élimination totale du capitalisme et de la haute finance juive ». En matière d'organisation de la société, Jeune nation défend la « femme au foyer » et la « lutte à outrance contre les tares sociales de la démocratie : alcoolisme, proxénétisme, racket, mendicité ». Enfin, il se propose de défendre « la conservation de la vie, l'amélioration de la race et l’ascension de l'esprit ».

Le , le chauffeur d'une camionnette transportant vingt mille exemplaires du journal communiste L'Humanité Dimanche, est agressé à Paris et les journaux sont jetés sur la chaussée. Quatre membres de Jeune Nation, mouvement anticommuniste, sont arrêtés quelques jours plus tard, dont Jacques Sidos« Les agresseurs de la camionnette de L'Humanité-dimanche sont des membres du groupement anticommuniste “Jeune Nation” », Le Monde, 18 octobre 1954.. François Sidos, président du mouvement, adresse une lettre au quotidien Le Monde au nom du , désapprouvant mais affirmant que ces s'expliquent « Une lettre du “mouvement Jeune Nation” », Le Monde, 23 octobre 1954.. Jacques Sidos est condamné en pour cette affaire à trois ans de prison avec sursis« Ils avaient attaqué le transporteur de l'“Humanité-Dimanche” », Le Monde, 22 mars 1958.« Deux ans de prison à Holmsky, sursis à ses trois coaccusés », Le Monde, 25 mars 1958.« Un militant de “Jeune Nation” condamné à deux ans de prison avec sursis », Le Monde, 14 février 1961..

De jeunes membres de l'organisation participent aux luttes contre les militants de gauche et/ou anticolonialistes à Paris, aux côtés d'autres militants d'extrême droite, parfois à coups de poing« De violents incidents interrompent une réunion sur la “répression en Algérie” », Le Monde, 26 avril 1956.Bertrand Poirot-Delpech, « Les étudiants sont en quête de regroupements politiques », Le Monde, 17 novembre 1956.« Manifestations boulevard St-Michel à propos de l'Algérie », Le Monde, 10 juin 1957.. Le , menés par Jacques Sidos, ils participent à l'attaque du siège de l'Humanité, en réaction à l’intervention soviétique en Hongrie« Violents incidents au siège du parti communiste et à “l'Humanité” », Le Monde, 9 novembre 1956., aux côtés de jeunes gaullistesFrançois Audigier, « Malaise et divisions des jeunes gaullistes durant la guerre d'Algérie », dans Matériaux pour l'histoire de notre temps, 74, 2004 . En 1957, ils prennent part à une manifestation sur les Champs-Élysées en hommage au capitaine Mourreau, assassiné par des indépendantistes marocains, à l'appel du colonel Pierre-Louis Bourgoin ; la manifestation qui devait être silencieuse et digne donne lieu à quelques affrontements violents« Incidents samedi aux Champs-Élysées », Le Monde, 2 avril 1957..

Jeune Nation manifeste aussi contre les Américains ; le mouvement appelle ainsi à manifester le devant l'ambassade des États-Unis, pour protester contre les ventes d'armes à la Tunisie, ce qui donne lieu à des violences et à des arrestations« Incidents lundi soir place de la Concorde où divers mouvements d'extrême droite voulaient manifester devant l'ambassade américaine », Le Monde, 27 novembre 1957..

La guerre d'Algérie et la médiatisation de ces échauffourées accélèrent l'adhésion de nouveaux membres, tels Alain Mayoud, futur député, François d'Orcival, Jean-Jacques Susini, Jean-Charles Marchiani, futur préfet, Robert Martel, en Algérie, et la constitution de sections en province.

Jeune Nation est dissous le par un décret du gouvernement Pflimlin, à la suite du coup d'État du 13 mai 1958, précédée d'une série d'attentats et de violences dans les jours qui la précédèrent. Cependant Jeune Nation refuse de se dissoudre et se reforme sous le nom de Parti nationaliste en 1958. Le nouveau parti est dissous au bout d'un an et l'organisation se reforme encore en Fédération des étudiants nationalistes.

Le réseau reste actif et ses membres participent aux activités de l’OAS..

Journal Le , paraît le premier numéro du journal Jeune Nation, présenté comme un bimensuel d'information, mais qui se veut l'organe de Jeune Nation dissousJoseph Algazy, La tentation néo-fasciste en France de 1944 à 1965, Paris, Fayard, 1984, .Notice de la BNF.

Emblème Les Sidos choisissent la croix celtique comme symbole du mouvement. Certains analystes suggèrent que Pierre Sidos se soit inspiré de symboles utilisés par la LVF durant sa période de collaboration avec l'Allemagne nazie.

Internet Un site Internet du nom de Jeune Nation est actif depuis 2013, sous l'impulsion d'Yvan Benedetti et Alexandre Gabriac, après la dissolution le de L'Œuvre française et des Jeunesses nationalistesOlivier Faye, Abel Mestre et Caroline Monnot, « Yvan Benedetti et Alexandre Gabriac réactivent “Jeune nation” », droites-extremes.blog.lemonde.fr, 7 août 2013..

Le site est décrit comme une de tendance pétainiste par le quotidien Libération.

Notes et références

Annexes Article connexe L'Œuvre française La FEN

Liens externes

Nicolas Lebourg, L'Œuvre française, une longue marche sous le signe de la croix celtique, dans slate.fr, (Lire en ligne)

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