Georges Pierre Hippolyte Bouche dit GeorgeContrairement à son état civil, le peintre utilisera toujours le prénom « George », sans « s » final. Bouche, né à Lyon le et mort à Celles-sur-Durolle le , est un peintre français.

Usant d'une pâte épaisse, il peint des paysages, des scènes urbaines, des natures mortes, des nus et des portraits où le sujet demeure volontairement imprécis, servi par une palette aux tonalités rompues, parfois à la limite du monochrome.

Biographie George Bouche naît à Lyon le . Fils aîné de Claude Auguste Bouche et de Louise Élisabeth Saint Paul, il grandit entre la ville et Le Devay, propriété familiale située dans le Dauphiné. C'est là, entre 1887 et 1891, qu'il peint ses premières toiles, partageant déjà son inspiration entre les paysages de campagne et les rues de Lyon. Très tôt, son goût pour l'indépendance s'affirme. Adolescent, il collabore à plusieurs journaux locaux où il pourfend avec verve l'enseignement académique : « J'attaquais violemment tout ce qui est professeur et école des Beaux-Arts ; on appréciait ma façon d'écrire, mais on doutait de ma façon de peindre. » Cette méfiance à l'égard des doctrines artistiques ne le quittera jamais..

En décembre 1892, probablement sous la pression de sa famille, il s'inscrit à la section d'architecture de l’École des Beaux-Arts de Lyon. L'expérience est de courte durée. Plus attiré par la peinture que par les études, il rend visite au paysagiste Louis Carrand, qu'il admire profondément, puis tente d'exposer quelques dessins au Salon lyonnais. Leur refus l'incite à quitter Lyon pour Paris, où il espère trouver un milieu plus ouvert à une peinture déjà éloignée des conventions. Il s’installe à Paris où où il se présente officiellement comme élève architecte à l'atelier Blondel, mais consacre l'essentiel de son temps à peindre. Il rencontre Jean-François Raffaëlli, qui décèle aussitôt son talent, tout en se montrant réservé devant une matière picturale qu'il juge déjà excessive. En 1894, la mort de son père l'oblige à reprendre une partie du commerce familial de papiers peints. Il développe cette activité en Espagne, où il séjourne désormais plusieurs mois chaque année, voyageant également au Portugal. De ces séjours, il rapporte des sculptures anciennes, des objets d'art et des manuscrits précieux. En 1896, libéré de son service militaire, et domicilié à Paris, il se lie avec Pierre Laprade avec qui il fonde un atelier commun. La signature « George Bouche » caractérise cette période, où le peintre utilise encore une palette de couleur dont la fraîcheur tranche avec le reste de la production. Les touches de matière sont encore d’une épaisseur mesurée.

Il expose dès 1902 au Salon des indépendants, en 1903 au Salon d'Automne, et à la Société nationale des beaux-artsNotice du Musée de Troyes. Les écrivains Marius et Ary Leblond sont parmi les premiers à défendre sa peinture. Peu après, un voyage entre Lyon et Clermont-Ferrand lui révèle l'Auvergne. Il découvre Marnat, petit village auquel il restera fidèle jusqu'à la fin de sa vie. Chaque année, il y séjourne des semaines, parfois des mois, travaillant dans une solitude presque monastique. Les paysages qu'il y peint comptent parmi les œuvres les plus singulières de sa production : les formes s'y simplifient, les masses se condensent et certaines compositions semblent frôler l'abstraction.

En 1905, il participe à une exposition Bouche, Georges Dufrenoy, Fornerod, Friesz, Minartz, Ranson, à la galerie Berthe Weill, où il expose aussi en 1908. Il rencontre le poète Francis Jammes vers 1910 et leur correspondance traduit leur amour commun de la nature, et les sentiments religieux et élans mystiques du peintre.

Vers 1912, Bouche rencontre la peintre Émilie Charmy. La guerre interrompt brutalement leur vie. Mobilisé au 2ᵉ régiment d'artillerie, il est grièvement blessé le 20 mars 1915 lorsqu'une chute de cheval lui fracture la jambe gauche. Alors qu'il est éloigné du foyer, Émilie Charmy donne naissance, le 21 novembre de la même année, à leur fils Edmond. Démobilisé en janvier 1918, Bouche retrouve la peinture, mais son œuvre porte désormais la marque d'une gravité nouvelle.

Sa première exposition personnelle est organisée en 1919 à la galerie André Pesson. La même année, il rencontre le peintre et critique musical Lucien Mainssieux avec lequel il entame une longue correspondance. Réfutant les recherches fauvistes et cubistes, et érigeant la liberté créatrice comme principe fondamental, il publie l’essai critique Peinture chez l’éditeur Eugène Figuière.

Les années 1920 et 1930 constituent la période de sa pleine reconnaissance. Il acquiert une propriété en bord de Seine à Ablon sur Seine. Lors de la Rétrospective des indépendants de 1926 qu'il est remarqué avec les toiles Ma grand-mère, Paysage du Dauphiné, Paysage en Auvergne, Vue sur Notre Dame, Jeux et Palette et pinceauxÉdouard-Joseph, Dictionnaire biographique des artistes contemporains, tome 1, A-E, Art & Édition, 1930, .. Eugène Blot, Katia Granoff, Georges Bernheim puis Durand-Ruel lui consacrent plusieurs expositions personnelles. Les Leblond, Francis Jammes et Mainssieux soutiennent son œuvre, tandis que d'importants collectionneurs, parmi lesquels Alphonse Kann, Louis Bernard et le baron Gourgaud, Pierre et Denise Lévy, acquièrent ses tableaux. En 1931, après près de vingt ans de vie commune, il épouse Émilie Charmy.

Le , devant l'avancée des troupes nazies, George Bouche et Émilie Charmy quittent précipitamment leur maison d'Ablon-sur-Seine pour rejoindre Marnat. Déjà très affaibli, le peintre apprend quelques mois plus tard que sa demeure a été pillée et qu'une partie des œuvres restées sur place a été saccagée. Il meurt à Marnat le , laissant une œuvre profondément originale, bâtie à l'écart des mouvements dominants et fidèle à une conception exigeante de la peinture.

Expositions personnelles 1919 : Galerie André Pesson, Paris (première exposition personnelle). 1924 : Galerie Eugène Blot, Paris (catalogue préfacé par Marius et Ary Leblond, Lucien Mainssieux et George Bouche). 1927 : Peintures d'Imagination, galerie Katia Granoff, Paris. 1928 : Galerie Eugène Blot, Paris. 1929 : Galerie Georges Bernheim, Paris. 1937 : Galerie Durand-Ruel, Paris (53 tableaux exposés). 1939 : Galerie Katia Granoff, Paris. 1982 : Saint-Tropez, Musée de l’Annonciade 1999 : Troyes, Musée d’art moderne

Expositions collectives 1905 : Exposition avec Charles Dufresnoy, Fornerod, Louis Friesz, Minartz et Paul Ranson, galerie Berthe Weill, Paris. 1908 : Exposition à la galerie Berthe Weill, Paris. 1926 : Rétrospective des Indépendants, Paris. 1937 : Les Maîtres de l'Art indépendant (1895-1937) (5 œuvres). 1939 : Exposition Bonnard, Laprade, Bouche, galerie Durand-Ruel, Paris. 1939 : Exposition collective au Kunstmuseum de Bâle, aux côtés de Pierre Laprade, Albert Marquet, Lucien Mainssieux et Fournier.

Œuvres Musée d'Art moderne de Troyes : Autoportrait (c.1927), Marnat (c.1904), Bouquet de Roses (s.d.) Femme étendue (s.d.), Femme assise (c. 1909), Scène de famille (s.d.), Le Parc d'Ablon (s.d.), La Basse-cour (s.d.), Gerbe de blé (s.d.), La Seine à Paris (s.d.), Nature morte aux fruits (s.d.), Paysage (s.d.), Paysan à la vielle (s.d.), Maison dans les bois, Auvergne (s.d.), Scène de campagne (s.d.), Chemin creux à Marnat (s.d.) . Musée des Beaux-Arts et d'Archéologie de Besançon : Nu renversé (s.d.) Musée Mandet de Riom : Paysage (c.1908) Musée Mainssieux de Voiron : L’Offrande-Verdun (1916) Musée Paul-Dini de Villefranche-sur-Saône : Autoportrait ; L’homme au chapeau (c.1926), Coin d’atelier (1919), Le chemin (1920), Fleurs et bouteille (1920), Bouquet de roses blanches dans un vase ; grand bouquet aux fleurs blanches (1921) Bouquet rose ; Vase de fleurs (1930) Musée de Grenoble : Portrait du Baron Napoléon Gourgaud (s.d). Musée d’Art moderne de la ville de Paris : Roses et fraises (c.1938) Musée d’Art moderne de Fontevraud : Nature morte aux cerises (s.d.), Paysage de Marnat (s.d.), Nature morte (s.d.), Vase de fleurs (s.d.), Scène d’intérieur, le peintre Laprade dans son atelier (c.1905), La Colline (1913), Verdun (1923), Nu pensif (c.1929) Centre national des arts plastiques : L’huilier (s.d) Musée national d’art moderne - Centre Pompidou : Coin de table aux tomates (s.d.), Nu renversé (s.d.), Ferme en Auvergne (c.1910), Ravin en Auvergne (1912), Paysage d’Auvergne (1930-1936)

Liste donnée dans Édouard-Joseph, Dictionnaire biographique des artistes contemporains, tome 1, A-E, Art & Édition, 1930, , avec représentation d'un autoportrait et signature. Fleurs Jeune garçon Dans la cuisine Les Quais à Paris La Ferme Les Deux arbres Nature morte Effet de neige L'Homme au col blanc Le Gros Arbre Panier de pommes Femme au repos La Moisson La Palette La Jeune Femme Fleurs et fruits La Chaumière sur le coteau Nature morte au melon Vaches au pré

Notes et références

Annexes Bibliographie Archives George Bouche : https://www.georgebouche.com/ René Édouard-Joseph, Dictionnaire biographique des artistes contemporains, tome 1, A-E, Art & Édition, 1930, Bénézit, 1976, 1999 Raymond Charmet, Concise encyclopedia of modern art, 1974, Philippe Chabert, Pierre Wat, Gérard Barrière, George Bouche, 1874-1941, Musée d'Art Moderne de Troyes, 1999, 95 p.

Liens externes Notice Centre Pompidou

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