L’armée d'Angleterre est une des armées de la République, formée avec le projet d'envahir le Royaume-Uni de Grande-Bretagne, principale puissance maritime de la Première puis de la Deuxième Coalition. Faute de moyens navals suffisants, elle ne sera employée que sur le sol français contre la chouannerie.

Création et mutations vignette|redresse=1.2|« French Invasion - Landing in Great Britain ». Une tentative d'invasion française repoussée par les Britanniques, scène fictive dessinée par le caricaturiste James Gillray en juin 1797. Depuis la déclaration de guerre de la République française à la Grande-Bretagne le , la France, première puissance terrestre du continent, cherchait comment frapper un adversaire doté d'une forte supériorité navale. La marine française, désorganisée par l'agitation révolutionnaire, l'émigration de nombreux officiers, la chouannerie dans l'Ouest, l'épuisement financier et monétaire, peinait pourtant à assurer ses missions de surveillance des côtes et des colonies. Cependant, le régime du Directoire multipliait les projets de « descente » pour frapper le cœur de la puissance britannique. L'historien Édouard Desbrière compte 10 projets de descente en Grande-Bretagne de mars 1793 à juin 1797, certains abandonnés faute de moyens, d'autres dispersés par les tempêtes. En avril 1796, le général Humbert rassemble une « légion franche » de , soldats indisciplinés et bagnards de Brest, pour allumer une insurrection dans le sud-ouest de la Grande-Bretagne ; ce corps est détourné au profit de l'expédition d'Irlande qui, à cause du mauvais temps, n'arrive même pas à débarquer sur les côtes de l'île.

À l'automne 1797, le contexte international est favorable aux Français : le jeune général Napoléon Bonaparte vient de terminer victorieusement la campagne d'Italie et de conclure le traité de Campo-Formio avec la monarchie autrichienne ; la République batave (Hollande) et l'Espagne sont passés dans l'alliance de la France. Les pourparlers franco-britanniques de Lille se sont achevés le sur un constat d'échec ; la presse française multiplie les diatribes contre le « despotisme maritime » de la Grande-Bretagne comparée à Carthage. Le frimaire an VI (), le Directoire proclame :

Le 5 brumaire an VI () le Directoire décide le rassemblement d’une nouvelle armée dans le but d'envahir la Grande-Bretagne. À la fin de décembre, cette armée n'était pas réunie, mais 40 000 hommes tirés de l'armée d'Italie, et 10 000 pris dans les armées du Rhin et de Mayence avaient l'ordre de se concentrer sur son arrondissement. Napoléon Bonaparte fut désigné comme général en chef de cette armée, et, en l'attendant, le général Desaix, commandant par intérim, était à Paris.

Par arrêté du (24 nivôse an VIII), mis à exécution le , elle prend la dénomination d'armée de l'Ouest

Commandants en chef du au : général Bonaparte. L'armée n'étant pas réunie, Bonaparte conserve son quartier général à Paris. du au , provisoirement le général Desaix du au , provisoirement jusqu'au départ de l'armée d'Orient (), puis directement : général Kilmaine, qui continue à résider à Paris. Puis les troupes commençant à arriver, l'état-major s'organise à Rouen. du au : général Moulin, en l'absence de Kilmaine du au : général Kilmaine du au , provisoirement : général Moulin du au , par intérim : général Dembarrère du au , provisoirement : général Michaud du au : général Hédouville

Arrondissement À sa création, son arrondissement consiste en une zone de 10 lieues de large tout le long des côtes, de Brest à Ostende, en comprenant une partie des , , , et militaires. À partir du , les divisions territoriales sont ôtées de cet arrondissement, et rentrent sous les ordres immédiats des généraux commandant les divisions territoriales. Le quartier général est en conséquence transporté de Rouen à Rennes, et cette armée a alors pour mission de réprimer l'insurrection qui commençait à renaître dans les départements de l'Ouest.

Campagnes En 1798, le projet de descente en Angleterre fut employé à des fins d'intoxication en faisant croire que les troupes rassemblées à Marseille et Toulon était destinée à former : en fait, elles devaient partir sous le commandement de Bonaparte pour l'expédition d'ÉgypteVertray, Journal d'un officier de l'armée d'Égypte (m. Vertray). L'armée française en Égypte 1798-1801, 1883, p. 6 .

En fin de compte, en 1799, l'armée rassemblée sur les côtes de la Manche fut chargée de combattre la chouannerie. C'est pourquoi elle prit en 1800 le nom d'armée de l'Ouest.

Notes et références

Sources

Charles Clerget, Tableaux des armées françaises pendant les guerres de la Révolution, sous la direction de la section historique de l'état-major de l'armée, librairie militaire R. Chapelot, Paris, 1905.

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