(La) Nina Siciliana est l’autrice d’un célèbre sonnet italien et potentiellement la première poétesse reconnue de l'histoire de l’Italie. Sa notoriété n’a émergé qu’en 1780 en tant que contributrice, parmi 74 autres poètes, du recueil Les Étrennes du Parnasse (ou Choix de Poësies)Chandler B. Beall, « Un recueil italianisant du français », Modern Language Notes, 55, 7, novembre 1940, .. Son existence est à présent considérée comme légendaire par une grande partie du monde académiqueKarin Pendle, Women and Music: A History, Indianapolis, Indiana University Press, 2001, p. 35..
Attributions et réception Francesco Trucchi est le premier à avoir attribué un poème à Nina : il s’agit du sonnet Tapina in me, c'amava uno sparvero (« Hélas pour moi, j’ai aimé un épervier »), probablement composé à la fin du ou au début du Price, 3, cites Francesco Trucchi, Poesie italiane di dugento autori dall'origine della lingua infino al secolo decimosettino, vol. 1 (Prato: R. Guati, 1846).. Ce poème de Nina est vraisemblablement inspiré des poèmes de Dante da Maiano adressés « À sa Dame Nina, de Sicile »poèmes traduits par Dante Gabriel Rossetti, Dante and His Circle: With the Italian Poets Preceding Him (1100-1200-1300) A Collection of Lyrics, Roberts Brothers, 1887, . Rossetti la nomme la Nina di Dante . Dante da Maiano la nomme Monna Nina, the « of Sicily » venant de Leo Allatius, Poeti antichi, Naples, Sebastiano d'Alecci, 1661)..
Francesco De Sanctis, le critique littéraire italien le plus renommé du , a vanté la perfetta semplicità de la poésie de Nina, ainsi que celle de Compiuta Donzella.
Remise en cause historique C’est Adolfo Borgognoni qui a le premier émis l’hypothèse en 1891 que la Nina puisse être une construction fictive de poètes masculins, théorie bientôt suivie par Giulio BertoniA. Borgognoni, « La condanna capitale di una bella signora », Studi di letteratura storica (Bologna, 1891) ; G. Bertoni, Il Duecento (Milan: 1910), 78.. Borgognoni soupçonnait plus particulièrement qu’elle ait été inventée par les successeurs de l’imprimeur Filippo Giunti et affirma : « essa [Nina Siciliana] nacque in Firenze, nella officina degli Eredi di Filippo Giunti, l'anno del Signore 1527 » (« celle-ci [Nina Siciliana] naquit à Florence, dans les bureaux des héritiers de Filippo Giunti, en l’an du Seigneur 1527 »)Paolo Malpezzi Price, "Uncovering Women's Writings: Two Early Italian Women Poets", Journal of the Rocky Mountain Medieval and Renaissance Association, 9 (1988), 3..
L’historicité de Nina – et donc le sexe de l’autrice ou de l’auteur du poème qui lui est traditionnellement attribué – n’a depuis jamais cessé d’être débattue.
Liborio Azzolina a tenté de la faire revivre ainsi que Compiuta Donzella, autre poétesse dont Borgognoni, avec moins de soutien de la part de ses pairs, a attribué l’existence à l’imagination de poètes masculins ultérieursL. Azzolina, La compiuta donzella di Firenze (Palermo: Lo Casto, 1902).. Plus récemment, l’universitaire italien Lino Pertile l’a qualifiée de fantomatica (fantômatique), tandis que Paolo Cherchi l’a écartée de l’histoire littéraire en lui attribuant l’adjectif « mythique », jugement suivi par Anne KlinckL. Perile, "Il nodo di Bonagiunta, le penne di Dante e il Dolce Stil Novo", Lettere italiane, 46:1 (1994:Jan./Mar.), 56. P. Cherchi, "The Troubled Existence of Three Women Poets", Voice of the Trobairitz, William D. Paden, ed. (Philadelphia: University of Pennsylvania Press, 1989), is devoted to Nina, Compiuta, and . A. L. Klinck, "Poetic Markers of Gender in Medieval "Woman's Song": Was Anonymous a Woman?" Neophilologus, 87 (2003), 346 and 356 n26..
Parmi les universitaires récents qui admettent l’existence de Nina Siciliana en tant que poétesse et critiquent le scepticisme qui l’entoure, on souligne des similarités entre Nina et Alamanda de CastelnauPrice, 6. Nina's poem is presented with English translation on page 5..
Références
Liens externes
Nina Di Dante/siciliana (1290 - ) par María José Prieto Manfredi. Son poème dans sa langue d'origine, avec un bref commentaire en espagnol.
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