La grotte de Nermont est une grotte faisant partie de l'ensemble dit « grottes de Saint-Moré » situé sur la commune de Saint-Moré, dans le département de l'Yonne, en Bourgogne, en France.
Généralement considérée comme la plus importante et la plus belle de cet ensemble de grottes, elle est exceptionnellement riche en matériel du Bronze final pour lequel elle est un site de référence depuis les années 1930.
Situation et alentours Comme les autres grottes du site de Saint-Moré, la grotte de Nermont est dans la vallée de la rivière Cure à environ au sud-est de Paris à vol d'oiseau, dans le sud du département de l'Yonne entre Auxerre et Avallon, à au nord-nord-est de Saint-Moré ( par la route) et à moins de au nord du parc naturel régional du Morvan Couches « Cartes IGN classiques », « Limites administratives » et « Hydrographie » activées. Vous pouvez bouger la carte (cliquer et maintenir, bouger), zoomer (molette de souris ou échelle de l'écran), moduler la transparence, désactiver ou supprimer les couches (=cartes) avec leurs échelles d'intensité dans l'onglet de « sélection de couches » en haut à droite, et en ajouter depuis l'onglet « Cartes » en haut à gauche. Les distances et surfaces se mesurent avec les outils dans l'onglet « Accéder aux outils cartographiques » (petite clé à molette) sous l'onglet « sélection de couches »..
Deux tunnels percent la Côte de Chair ou Char : celui du chemin de fer et, plus à l'est, le tunnel de l'ancienne RN6 devenue la D606. La grotte de Nermont se trouve à l'ouest du tunnel de la D606. Cliquer sur les noms dans la liste ou sur les symboles de grottes dans la carte.. La rivière à cet endroit est à d'altitude.
Un sentier passe au pied de la falaise portant les grottes. Le long de ce chemin on rencontre l'« aiguillette de Saint Moré », portion en bout de falaise séparée du massif. Huit photos du site dont une panoramique..
La Côte de Chair est surmontée des vestiges d'un camp antique du nom éponyme de « camp de la Côte de Chair » (ne pas confondre avec le camp antique de Cora au sud de Saint-Moré). Ces vestiges incluent une enceinte semi-circulaire de murs de de long, avec de hauteur de mur ou de largeur d'éboulis. Une autre enceinte de en quart de cercle commence à l'extrémité haute de la première et s'en écarte. Des poteries y ont été trouvées, p. 129 (p. 133 sur le compteur pdf)..
D'amont en aval de la Cure, le site des grottes de Saint-Moré précède immédiatement celui des grottes d'Arcy-sur-Cure, mondialement connu dans le milieu de l'archéologie préhistorique.
Description
La grotte de Nermont s'ouvre dans la falaise de la Côte de Char (dite parfois « Côte de Chair », « Côte-de-Chair » ou « Côte de Chaux ».), en rive droite à l'entrée du dernier grand méandre de la rivière sortant du massif du MorvanSelon l'abbé Parat, le plan géodésique de 1787 le bois de la côte des grottes est nommé « les Chards » ; le cadastre de son époque et les habitants l'appellent « Côte de Chair ». Mais les géologues ont depuis 1850 l'habitude de la nommer « Côte de Chaux » et les cartes d'état-major ont fini par adopter ce nom. Parat mentionne que le nom traditionnel allait être rétabli .. Parmi les 15 grottes principales du site, elle est la depuis l'amont et la (vers l'aval) à partir du tunnel de la D606 (sans compter la grotte du Tunnel).
Elle est l'une des plus élevées du site en altitude, dominant le fond de vallée de quelque de hauteur et donc avoisinant les d'altitude. Elle n'est pas tout à fait au sommet du coteau, mais adossée au pied d'un talus abrupt de de hauteur. Ses porches jouissent d'un large horizon sur la vallée de la Cure, portant jusqu'aux premières pentes du Morvan..
Elle a six entrées, dont quatre s'ouvrent sur une grande salle. De petites galeries ascendantes partent de cette salle, qui présente deux cheminées. dont l'une débouche sur le plateau... La hauteur sous plafond de la salle est de au-dessus du remplissage ( au-dessus du plancher rocheux).
Son développement (longueur totale, toutes galeries incluses) est de pour un dénivelé de ..
Géologie, hydrologie De même que pour les grottes d'Arcy-sur-Cure, celles de Saint-Moré sont creusées dans des calcaires du Jurassique moyen et supérieur avec un pendage nord-ouest (incliné vers le centre du Bassin parisien). Le calcaire oolithique et marne (calcaire argileux) du Bathonien apparaît brièvement en bas de la falaise jusqu'au pied du tunnel de Saint-Moré, puis s'enfonce en remontant vers le nord-ouest. Au-dessus se trouve le « calcaire marneux »L'expression « calcaire marneux » est un pléonasme : la marne contient déjà du calcaire puisqu'elle est elle-même composée d'un mélange de calcaire et d'argile. de l'Argovien (Oxfordien inférieur), surmonté par la marne du Rauracien (Oxfordien moyen), ..
L'« aiguillette de Saint Moré », selon l'abbé Parat, est la pointe d'un récif madréporien.
Selon David (2005), les cavités dans le côté sud du massif calcaire ont été creusées jusqu'à devenir des pertes que la rivière a empruntées pour resurgir sur le côté nord du même massif..
Historique des fouilles et découvertes L'exploration de la grotte commence avec Baudoin et Quantin en 1852. L'abbé Parat la fouille en 1897, mais les remplissages ont été très largement bouleversés par les précédents. Elle est de nouveau étudiée vers le début des années 1940 par Henri Carré, qui va subséquemment travailler au site d'Arcy avec André Leroi-Gourhan, ..
Les poteries livrées par le site se trouvent pour certaines à l'école Saint-Jacques à Joigny et pour les autres au musée d'Avallon. Un très petit lot de sept outils recueillis à La Marmotte, provenant de la collection Daniel, est conservé au musée des Antiquités Nationales (château de Saint-Germain-en-Laye) qui abrite aussi, venant de Saint-Moré, un très rare os d'oiseau avec décor végétal.. Le musée d'Auxerre possède aussi des objets tirés de la grotte de Nermont..
Gérard Bailloud, collaborateur d'André Leroi-Gourhan à ArcyGérard Bailloud a aussi travaillé avec André Leroi-Gourhan au musée de l'Homme. Concernant les grottes de la Cure, il est le découvreur de la grotte du Loup au site d'Arcy où il a encadré les stagiaires pendant de longues années. Il s'est spécialisé dans l'étude des poteries. Voir ., étudie la grotte de Nermont et les séries d'objets réunies à l'école Saint-Jacques de Joigny, ..
Occupation humaine thumb|
Il est probable qu'au Paléolithique les seules entrées passaient par les cheminées ; et que les porches et entrées actuelles se soient ouverts à l'époque du Néolithique, qui voit les premières occupations de cette grotte. Plus récemment au s., des chercheurs d'ocre ont pratiqué une ouverture sur le côté du rocher.
Âge du bronze La grotte de Nermont a été occupée durant tout l'âge du bronze. Elle est un site de référence pour le Bronze final depuis les années 1930, ..
La couche 3 et le deuxième foyer datent du début de l'âge du bronze, la couche 2 et le premier foyer du Bronze moyen et la couche 4 et le troisième foyer du Bronze finalL'ordre des couches donné par Augusta Hure ne correspond pas à une chronologie en succession : si la couche 3 est le début de l'âge du Bronze et la couche 4 le Bronze final, la couche 2 devrait avoir été déposée avant la couche 3 et donc précédant le début de l'âge de Bronze. Ce peut-être dû soit à une erreur, soit à un mouvement quelconque de couche avant le dépôt de la couche suivante..
Une poterie du site porte un décor du Bronze final fait de panneaux triangulaires jointifs en fines cannelures obliques, superposés à des cannelures verticales se terminant à la carène. En 1963 seulement trois autres lieux avaient livré des poteries portant un décor semblable : à Fontaine (Isère) sur une petite urne bicônique à fond ovoïde, au Martroi de Férolles à Jargeau (Loiret) et à Martinsberg près de Kreuznach-sur-Nahe (Rhénanie), .
C. Jeunesse place Saint-Moré dans le groupe culturel néolithique Augy-Sainte-Pallaye, qu'il situe chronologiquement comme contemporain du VSG et donc probablement aussi du RRBP (rubanné rhénan du bassin parisien).. Bailloud attribue un tesson de la grotte de Nermont à la culture de Roessen..
Antiquité L'abbé Parat, restant assez flou sur la période d'origine, signale comme venant de la grotte de Nermont, les débris d'un bracelet « à oves », qu'il donne comme datant de l'« époque gauloise ».
En 1852, Baudoin et Quantin trouvent quantité de poteries romaines et de monnaies du Bas-Empire jonchant le sol. Les s (Antiquité tardive) ont vu des occupations ponctuelles mais P. Nouvel ne les considère pas comme « des occupations pérennes à part entière », ..
thumb|Grotte de Nermont, plan général..
Stratigraphie Les premiers matériaux qui s'y sont déposés ont formé une couche inférieure faite d'argile et de sables d'alluvions. Ceette couche a ensuite été recouverte de blocs de roche, pierrailles et « arène calcaire », ces matériaux issus du plateau ayant rejoint la cavité en empruntant les cheminées. La fosse au centre de la grande salle était ainsi comblée et recouverte par d'épaisseur de ce remplissage.
Matériel collecté La grotte de Nermont a livré une grande quantité de matériel divers, dont de silex, 15 nucléi, 100 lames, 10 percuteurs, 4 retouchoirs, 5 tranchets, 4 scies, 5 burins, 80 grattoirs, 10 perçoirs, 50 pointes de flèches, 30 haches en silex, 15 fragments de bracelet, 100 poinçons, 6 lissoirs, 2 poignards, 20 perles, 15 dents percées, 12 os percés, 30 fusaïbles, 15 vases entiers, 15 cuillers, 2 fragments de pendeloque, etc…
Poteries L'abondance des poteries, intactes ou en tessons, est remarquable, .. D'après , la grotte de Nermont est la plus riche de l'Yonne en poterie du Hallstatt BI (début du troisième développement de la Culture des champs d'urnes., Bronze final.)
La couche 4 a livré des vases en poteries munis d'oreillettes percées ; sur 20 oreillettes de vases, 19 sont percées verticalement et une l'est horizontalement. Selon Parat, les oreillettes percées verticalement peuvent encore se rencontrer au début de l'âge du bronze. Cité dans . (vers en Europe).
La couche 3 montre un fond de cabane. Elle diffère des fonds de cabanes sénonais en ce que la poterie associée est assez grossière ; les éclats de silex y sont aussi nombreux que dans les vestiges de la hutte des Grands PlâchisLes Plâchis est un lieu-dit sur la commune de Villevallier à 10 km au nord-ouest de Joigny, au pied du coteau de rive droite de la vallée de l'Yonne. Coordonnées des Plâchis : ..
La couche 2 a livré une bonne représentation de poterie noire ou brun foncé, lustrée, avec ou sans décor. Ce type de poterie se retrouve dans les autres grottes de la vallée de la Cure et dans certaines grottes de la vallée de l'Yonne (grotte du Cachot, couche 2 de la grotte de la Roche au Loup à Merry-sur-Yonne)..
Certaines poteries montrent des décors incisés en arêtes de poisson, en dents de scie et en zigzags., que cite comme l'équivalent du riche travail d'incisions sur bronze du début du Bronze final III.
Elle contenait aussi de la poterie du type « culture du Rhône », des bols bicôniques portant des rills.En poterie, les rills sont de fines marques horizontales similaires à celles obtenues par tournage ; voir . Les rills peuvent aussi être utilisés comme éléments à part entière du décor de la pièce ; voir par exemple cette . (les poteries à rills y sont cependant très peu nombreuses) ; et, comme dans le camp de Cora, des poteries de type ChambertrandLe « type Chambertrand », en poterie archéologique, fait référence aux poteries trouvées dans la plaine de Chambertrand à Rosoy près de Sens (Yonne). Voir et .. Des morceaux de grands pots montrent des décorations faites de cordons simples ou marqués à la main.
Les poteries du Hallstatt final (fin du ) semblent toutes se rapporter à la culture vixienne (comme pour Villeneuve-la-Guyard et la Roche aux Loups), ..