Les élections législatives nord-coréennes de 2019 se tiennent le afin de renouveler l'ensemble des de l'Assemblée populaire suprême, au suffrage universel direct, à l'issue d'une législature de cinq ans.
Les élections en république démocratique populaire de Corée ne sont généralement pas considérées comme démocratiques par les observateurs internationaux, et l'Assemblée, dépourvue de tout réel pouvoir, ne se réunit que rarement "North Korea parliament silent on Kim Jong-un succession", BBC News, 8 avril 2011. Les autorités nord-coréennes affirment que tous les candidats ont obtenu 100 % de suffrages favorables, et que tous les électeurs présents dans le pays au moment du scrutin ont participé au vote.
Contexte thumb|250px|Poignée de mains de Kim Jong-un et Donald Trump en juin 2018. L'année 2018 marque un abaissement des vives tensions entre le régime nord-coréen et ses ennemis sud-coréen et américain. La Corée du Nord participe aux Jeux olympiques et aux Jeux paralympiques d'hiver de 2018 à Pyeongchang, en Corée du Sud, et en avril Kim Jong-un est le premier dirigeant nord-coréen à visiter la Corée du Sud. Il rencontre son homologue sud-coréen Moon Jae-in à Panmunjeom, et les deux hommes promettent de cesser tout acte pouvant raviver les tensions inter-coréennes. En juin, Kim Jong-un devient le premier dirigeant nord-coréen à rencontrer un président des États-Unis en exercice, pour un sommet bilatéral avec Donald Trump à Singapour, visant officiellement à dénucléariser la péninsule coréenne "North Korea profile - Timeline", British Broadcasting Corporation.
Système politique et électoral En principe, l'Assemblée populaire suprême est l'organe le plus puissant du gouvernement. En pratique, elle ne se réunit que quelques jours par an, pour ratifier automatiquement les décisions prises par le Parti du travail de Corée "North Korea: Government", GlobalEdge, Université d'État du Michigan. Le pouvoir réel est exercé par le conseil des ministres dirigé par le premier ministre Pak Pong-ju ; par la Commission des affaires de l'État (anciennement Comité de la défense nationale) que préside Kim Jong-un ; et par le politburo du Comité central du Parti du travail, que dirige également Kim Jong-un. Kim Jong-un est encensé par un culte de la personnalité "North Korea profile", BBC, 17 décembre 2013 ; la Corée du Nord est généralement considérée comme un État totalitaire où toute contestation du régime est brutalement réprimée.
Nommément, il existe plusieurs partis politiques, mais ce pluripartisme n'est qu'une façade. Tous reconnaissent l'autorité du Parti du travail, et sont assemblés avec lui en « Front démocratique pour la réunification de la patrie ». La Constitution dispose dans son article 11 que « la république populaire démocratique de Corée déploie toutes ses activités sous la direction du Parti du travail de Corée », tandis que l'article 10 dispose que le pays « s'appuie sur l'unité politique et idéologique du peuple entier »Constitution de la Corée du Nord, version de 2009. Le Parti social-démocrate de Corée et le Parti Chondogyo-Chong-u, ce dernier issu du mouvement religieux cheondoïste, n'existent ainsi plus que « sur papier » ainsi que par « de petits bureaux centraux conservés pour les besoins de la propagande » "Democracy, DPRK style: North Korea holds election", Agence France-Presse, 10 mars 2019.
Le pays est divisé en 687 circonscriptions, élisant chacune un député. Le droit de vote s'acquiert à l'âge de , qui est également l'âge minimal pour se présenter aux élections. Il y a un seul candidat par circonscription. « Officiellement, des réunions d'électeurs ont lieu dans toutes les circonscriptions du pays pour la désignation des candidats. Les commentateurs pensent majoritairement que la plupart des candidats sont triés sur le volet » par les autorités et par le Parti du travail de Corée« République populaire démocratique de Corée », Union interparlementaire. Dans chaque bureau de vote, une affiche informe les électeurs du nom de leur candidat unique, et de sa profession "North Koreans Complaining about Coercive, Open-ballot Election System", Radio Free Asia, 8 mars 2019.
Les élections permettent à Kim Jong Un de changer les élites politiques afin d'assurer un renouvellement des idées et des dynamiques au sein du processus décisionnel.. Entre les élections de 2014 et 2019, 55 % des sièges ont été remplacés. Il est possible d'observer les directions politiques du gouvernement dans le profil général des nouveaux élus. Par exemple, Kim Jong Un a mis en poste plusieurs personnes expertes en économie, conformément à sa politique du Byongjin. Les autres membres moins influents sont parfois choisis de façon symbolique, à l'instar du Sénat canadien, afin d'honorer les citoyens exemplaires. Par exemple, Hwang_Sun-hui une militante contre l'occupation japonaise de la Corée ..
Le candidat est élu s'il obtient la majorité absolue des suffrages dans sa circonscription, et si le taux de participation y est d'au moins 50 %. Officiellement, l'élection se déroule à bulletin secret. Mais une personne souhaitant voter contre l'unique candidat sélectionné pour sa circonscription doit rayer son nom sur le bulletin « dans un isoloir spécial » - « un acte de rébellion [...] quasi-impensable » "North Korea votes for new rubber-stamp parliament", Associated Press, 9 mars 2009. L'abstention n'est pas tolérée non plus - ce qui permet aux autorités d'utiliser les élections comme une forme de recensement "North Koreans vote in predetermined elections", Deutsche Welle, 9 mars 2014 "North Korea holds parliament 'election'", Channel NewsAsia, 9 mars 2014, et d'identifier d'éventuelles défections. Ainsi, « des fonctionnaires chargés de l'organisation de l'élection se rendent dans chaque foyer pour s'assurer de la présence ou de l'absence des électeurs inscrits »« La Corée du Nord aux urnes, un candidat unique par circonscription », La Libre, 9 mars 2014. Si une personne ayant fui à l'étranger est identifiée comme absente, sa « famille restée au Nord risque de graves punitions. C’est pourquoi de nombreux Nord-Coréens partis en Chine reviennent, au péril de leur vie, juste pour voter »« Corée du Nord : des élections pour légitimer le pouvoir », Radio France internationale, 7 mars 2014. Par ailleurs, des « urnes mobiles » sont prévues pour que les malades ou infirmes, ne pouvant pas se déplacer, puissent voter "North Koreans vote for new national council", Al Jazeera, 9 mars 2014. En conséquence, les autorités affichent, lors de chaque élection, un taux d'approbation populaire de 100 % pour chaque candidat, ainsi qu'un taux de participation de près de 100 %.
Déroulement Selon un témoignage clandestin recueilli par Radio Free Asia, des travailleurs dans la province de Hamgyong du Nord sont contraints de participer à des manifestations publiques de promotion des élections, en costumes colorés, les jours qui précèdent le scrutin. La source affirme que ces personnes perdent le salaire correspondant à ces jours d'absence de leur lieu de travail.
Le jour du vote les autorités s'assurent d'une « atmosphère de carnaval » à Pyongyang, avec des groupes de musique dans les bureaux de vote. Des enfants portant un chiffon rouge au cou « paradent dans les rues et encouragent les électeurs » "North Koreans go to polls in 'rubber-stamp' election", Agence France-Presse, 10 mars 2019. Ces derniers s'assurent généralement de voter tôt dans la journée, pour démontrer leur loyauté envers le régime. Ayant voté, il est attendu qu'ils « rejoignent les groupes dehors qui expriment leur enthousiasme et leur joie d'avoir pu voter » pour le gouvernement en place "North Koreans vote in 'no-choice' parliamentary elections", BBC News, 10 mars 2019.
Le jour du vote, l'Agence centrale de presse nord-coréenne rapporte : « Tous les électeurs participent tels un seul homme à l'élection pour la prospérité de notre pays socialiste et le développement du pouvoir populaire avec la grande fierté et l'honneur d'être membres de la nation du grand Kim Il-sung et de la Corée de Kim Jong-il » (en gras dans l'original) "Report of Central Election Committee", Agence centrale de presse nord-coréenne, 10 mars 2019. Cette même agence rapporte que l'éditorial du journal Rodong Sinmun décrit l'élection comme « une occasion importante pour consolider davantage le pouvoir populaire dans notre pays et promouvoir victorieusement la cause de la révolution Juche. Chaque bulletin déposé en faveur des candidats à la députation reflète la loyauté de défendre fermement l'idée unique de nos grands dirigeants pour bâtir le pouvoir du peuple et leurs exploits » "Newspapers Call for Taking Part in Election as One and Cementing People's Power", Agence centrale de presse nord-coréenne, 10 mars 2019.
Résultats L'Agence centrale de presse nord-coréenne rapporte que l'ensemble des candidats sont élus, tous avec 100 % de suffrages favorables, et que le taux de participation s'élève à 99,99 %, seules les personnes se trouvant à l'étranger ou travaillant en haute mer n'ayant pas voté. À la surprise des observateurs étrangers, Kim Jong-un n'apparaît pas sur la liste des élus, contrairement aux résultats des élections de 2014. Sa sœur Kim Yo-jong est élue députée, de même que le ministre des Affaires étrangères "Report on Results of Election of Deputies to SPA Issued", Agence centrale de presse nord-coréenne, 12 mars 2019.. C'est la première fois qu'un dirigeant nord-coréen n'est pas membre de l'Assemblée populaire..
En date du , la répartition des sièges par parti n'est pas disponible.
+Résultats des élections législatives nord-coréennes de 2019. Fichier:North Korea Supreme People's Assembly 2019.svg Parti ou mouvement% Sièges +/- Parti du travail de Corée 100 682– Parti social-démocrate de Corée Parti Chondogyo-Chong-u Indépendants Chongryon 5 Total Front démocratique pour la réunification de la patrie687 Total100 687 Inscrits / participation99,99
Députés élus Circonscription : Député Mangyongdae : Han Song-guk Kwangbok : Yun Yong-chol Palgol : Pak Kum-hui Janghun : Kim Yun-sil Killimgil : Kim Yo-jong Chukjon : Kim Song-bong Taepyong : Kim Yong-bok Wollo : Kim Tong-suk Kyongsang : Ri Song-jun Kyogu : Hong So-hon Ryonhwa : Sim Kyong-ok Sochang : Kil Kum-sun Pyongchon : Kim Myong-hwan Ansan : Kim Sok-nam Ponghak : Kim Hyon Ryukgyo : Ri Yong-hui Saemaul : Jo Kil-nyo Potonggang : Pang Sung-son Ryugyong : Kim Hye-ran Pulgungori : Ri Mi-ok Kaeson : Choe Hui-tae Pipa : Hwang Sun-hui Jonsung : Choe Ryong-hae Kinmaul : Ri Sung-ho Sosong : Ri Su-yong Janggyong : Hong Song-gwang Hasin : O Yong-jae Jungsin : Pak In-suk Taesong : Tae Hyong-chol Ryonghung : Yang Hyong-sop Anhak : Jong Myong-il Ulmil : Jo Kum-ju Kwahak : Jang Chol Tongmun : Kim Song-hui Chongryu : Ri Song-uk Munsu : Ri Myong-chol Tapje : Choe Song-ran Sagok : Kim Yong-bae Tongdaewon : Cha Hui-rim Ryuldong : Choe Song-won Silli : Sim Il-chol Samma : Ri Man-gon Songyo : Rim Tong-hun Tungmae : Ri Kun-il Ryulgok : Jo Myong-nam Yongje : Han Myong-hui Rangrang : Kim Yong-nam Jongo : Kim Ki-nam Jongbaek : Pak Hyong-ryol Chungsong : Ri Un-jong Kwanmun : Jo Ju-yong Sungri : Ri Pyong-chol Wonam : Ko Song-dok Ryongsong : Ham Chol-nam Rimwon : Kim Kwang-uk Ryunggung : An Myong-gon Unha : Ri Yong-suk Oun : Kang Sun-chol Masan : Kim Hae-song Sunan : Rim Kwang-ung Sokbak : Jon Sung-nam Sadong : Jo Hyong-chol Turu : Choe Chol-jung Hyuam : Ryom Tok-jun Rihyon : Pak Hyok Ryokpo : Jong Yong-suk Nunggum : Yun Kye-su Hyongjesan : Ri Yong-chol Hadang : Paek Sok-sun Sangdang : Kim Jong-suk Sinmi : Rim Won-jun Samsok : Kim Nung-o Todok : Jon Ha-rim Kangnam : Ri Man-song Yongjin : Ri Won-ok Kangdong : Jo Jun-mo Ponghwa : Kim Jae-ok Samdung : Kim Jong-chol Sangri : Kang Pyo-yong Hukryong : Kim Pyo-hun Songsok : Hwang Kang-chol Panghyon : Hong Pyong-chol Pyongsong : Chae Myong-hak Undok : An Myong-ok Ori : Kim Yong-su Samhwa : Kim Sung-du