Le site du dolmen de Villaine est un site archéologique localisé dans la commune de Sublaines, dans le département d'Indre-et-Loire.

Le site de Villaine a été utilisé à partir du « Néolithique récent 2 » (entre et ), puis de l'âge du bronze et enfin durant l'époque mérovingienne.

Le site archéologique, à caractère funéraire, comporte notamment un dolmen et une nécropole. Le mégalithe a été retrouvé à la fin du , tandis que la nécropole, fondé à l'époque mérovingienne, a été découverte, puis fouillée, entre 1964 et 1966.

Contexte géographique et archéologique Contexte géographique

vignette|gauche|upright=1.3|Vue d'ensemble de Sublaines. vignette|upright=1.2|alt=vue de bosquets d'arbrisseaux et de pelouses sèches sur un terrain accidenté|Lande du bois du Pas de Saint-Martin. Le site archéologique trouve son emplacement à Sublaines, une commune située dans l'arrondissement de Loches, dans le département d'Indre-et-Loire, en région Centre-Val de Loire.. « Les Petits Prés », le lieu-dit au sein duquel le site est établi, est distant de du village de Villaine en direction du sud-ouest et se place à du centre-bourg communal en axe nord-nord-est. Disposé en limite nord des « Petits Prés », se trouve le « bois du Pas de Saint-Martin »..

Le complexe funéraire, comme l'ensemble de la commune, s'inscrit au cœur de la région naturelle de la Champeigne tourangelle. Il s'élève sur un plateau se développant entre les vallées du Cher et de l'Indre et dont les roches sont constituées de calcaires lacustres formées au cours de l'Éocène. Le substratum est recouvert par une couche superficielle composée de terre arable et mesurant entre 30 et d'épaisseur. Par endroits, cette couche de terre laisse place à roches affleurantes au relief bombé. Des terrains non cultivés, de type lande s'étendent principalement dans les parties ouest et nord-ouest de l'aire de fouilles.

La zone d'investigations archéologiques s'avère être très peu irriguée. En effet, le point d'eau le plus du site, source qui approvisionne un rû, est distant de en direction de l'ouest et les cours d'eau les moins éloignés se trouve être des ruisseaux tributaires du Vaugerin, un ruisseau affluent du Cher et évoluant sur une longueur de ..

Environnement archéologique Pour Gérard Cordier, le territoire de Sublaines s'avère être un . Le contexte archéologique du site, dont il est possible d'en cartographier l'ensemble sous la forme d'un cercle d'environ , est relativement dense et abondant de vestiges mégalithiques et dépositions et structures funéraires. Ce périmètre, dont le complexe s'inscrit dans la partie nord-ouest, comporte archéologiques inventoriés au début des années 1970, dont ; ; deux polissoirs fixes et deux polissoirs mobiles ; deux d'époque hallstattienne, dont un à incinération et le second à char ; un puits destiné aux dépôts d'offrandes. ; et enfin deux dépôts datés de l'âge du bronze ; et un mégalithe affectant la forme d'un anneau-disque.. Certains de ces vestiges, tels que les dolmens des Hubaudières et de Bellevue, ont disparu.

À ces vestiges pré- et protohistoriques s'ajoute une enceinte construite au cours du Néolithique, une structure mise en évidence en 2005, au lieu-dit « Le Grand Ormeau », grâce à des fouilles préventives exécutées avant l'aménagement d'un nouveau tronçon de l'A85. L'enceinte, dont le plan au sol affecte la forme d'un cercle ou d'une ellipse, se déploie sur une longueur de et ses traces sont concrétisées par la présence de deux rangées de de poteaux irrégulièrement parallèles associées à un gisement de céramiques..

Historique Utilisation du site Le site du dolmen de Villaine est utilisé dès le Néolithique récent, phase II, soit entre environ et . Cette chronologie est attestée grâce au mobilier mis en évidence au sein de la chambre funéraire du dolmen. La tradition funéraire du site se perpétue jusqu'à l'âge du bronze moyen, vers - .

La structure mégalithique était encore largement observable à l'époque mérovingienne. La table du site funéraire, entourée d'un péristalithe devait être entièrement visible. La population locale, durant cette période, a très probablement aménagé leur nécropole de manière que les tombes soient orientées en direction des quadrants de l'est. L'espace chronologique existant entre les dépôts de l'âge du bronze et les tombes d'époque mérovingienne ne peut corroborer une continuité d'utilisation du site de Villaine, puisque près de séparent ces deux périodes. Pour Gérard Cordier, le site de Villaine est .. D'autres cas de ce type de culte (ou ) sont attestés à proximité du site de Villaine : la pierre de Saint-Martin, polissoir fixe érigé sur la commune de Luzillé et située à en axe sud-est ; et la « Pierre du Pas de la Mule (ou du Cheval) de Saint-Martin », localisée à Sublaines, à en axe nord-ouest.

Découvertes et fouilles Le dolmen de Villaine est découvert puis décrit par Louis Bousrez en 1894. L'année suivante, Bousrez reprenant sa description du mégalithe, mais de manière plus synthétique, le répertorie dans la catégorie des ..

vignette|upright=0.7|Jean-Jacques Bourassé, fouilleur du site de Villaine. En 1907, le mégalithe fait l'objet d'une destruction partielle par le propriétaire de la parcelle. La table du dolmen, fracturé à la dynamite, est dispersée aux alentours. L'événement est rapporté par le Louis Dubreuil-Chambardel en 1910.

En 1910, le site mégalithique est signalé et documenté par Jean-Jacques Bourassé le Dictionnaire archéologique de la Gaule. Des investigations archéologiques sommaires y ont été exécutées par l'archéologue..

En 1947, le site de Villaine est à nouveau soumis à d'importants dégâts.

En 1962, les deux hallstattiens de Sublaines, antérieurement prospectés font l'objet d'une campagne d'investigations approfondies.

En 1964, un résident de Sublaines indique au fouilleurs des tumuli du âge du fer, conduite par G. Cordier, la présence de deux sur sa parcelle. D'après les renseignements donnés par M. Flabault, le propriétaire du terrain, au-dessous de ces pierres, cassées, se trouvent des ossements. En outre, les indications fournies par le propriétaire correspondent aux descriptions de la structure mégalithique effectuées par Bousrez, Bourassé et Dubreuil-Chambardel.

À l'époque, les investigations du site de Villaine devaient commencer avec un sondage () s'étalant sur un peu plus d'une semaine afin de collecter les restes du mobilier archéologique. Toutefois les travaux de recherches sur le site s'échelonnent sur une période de trois ans pour se finir à la fin de l'année 1966. La zone explorée, qui s'étend sur une surface de , délivre alors les vestiges d'une nécropole fondée au cours du Néolithique, puis utilisée à l'âge du bronze. Sur les trois années, les fouilles pratiquées sur le cimetière pré- et protohistorique permettent également de révéler l'existence d'une nécropole d'époque mérovingienne comprenant environ .

Durant la première année, en parallèle des travaux de fouilles du dolmen, l'équipe d'archéologues mettent en évidence huit sépultures disposées au sud-est et à l'est du mégalithe. Au cours de la deuxième année de campagne, en 1965, les fouilleurs exhument de la tombe ayant été excavée une bague mérovingienne datée des . Cet élément de mobilier funéraire leur permettent dès lors de dater le cimetière. La découverte d'une fibule ansée, attribuable à la même époque que la bague et associée à un fragment d'os crânien au sein de la sépulture engagèrent les chercheurs, jusqu'à la fin de l'année 1965 et durant toute l'année 1966, à sonder et excaver la totalité des zones entourant le dolmen.

Une vingtaine de fouilleurs participèrent à la campagne de fouilles et des reconnaissances aériennes ont été menées par le commandant de gendarmerie locale. Les gisements funéraires ont été confiés à la faculté des Sciences de Bordeaux. Conservés dans les collections de l'institut bordelais, les pièces sont soumises à des analyses. Les restes composant l'assemblage faunique sont, quant à eux, transmis au laboratoire d'ethnozoologie de l'unité de chercheurs du CNRS travaillant avec le musée d'Avallon.

Après les opérations entreprises entre 1964 et 1966, en raison d'un manque de subventions, les vestiges du mégalithe ont été enfouis et la zone de fouilles, après avoir été nivelée, a pu être à nouveau cultivée.

Dolmen

Architecture et description vignette|gauche|upright=1.5|Gros plan sur le mégalithe. État de la structure en 1894. La toute première description du dolmen de Villaine, avant le dynamitage de 1907, est donnée comme suit par Louis Bousrez :

La structure préhistorique se présente tel un , et, de ce fait, Gérard Cordier estime qu'il ne s'agit pas d'un .. La chambre funéraire de la structure mégalithique est circonscrite par jointés les uns aux autres. La chambre se présente sous la forme d'un polygone de de long en axe est/ouest pour de large en axe nord-sud. Un bloc de substratum calcaire (noté « A ») orienté à l'oblique, et qui mesure de long, ferme le côté ouest, les sept orthostates venant enceindre les autres parties de la chambre. Une dalle, de taille modeste, flanque le bloc de calcaire ouest. L'ensemble des éléments constituant le mégalithe, étaient, lors de leurs excavation, totalement enfouies sous terre, l'extrémité de la chambre se situant à un niveau compris entre 1 et de profondeur. Bien que quelques zones du sous-sol soient légèrement creusées, les sept orthostates ne s'y trouvent pas enfoncés et prennent appui à même le substratum.

Le fond de la chambre est recouvert d'environ soixante pierres plates de d'épaisseur moyenne. Ces pierres, non-taillées, affectent des formes irrégulières. Les plus petites d'entre elles font environ de long, les plus grandes s'étendant sur près de . Bien que le site funéraire ait été fortement perturbé, il est très probable que la chambre disposait d'un dallage. Ce revêtement devait être initialement constitué d'une seule dalle affectant une forme arrondie et mesurant près de de diamètre.

vignette|upright=0.8|L'un des piliers du péristalithe. Un fossé de forme circulaire, creusé entre 100 et à l'extérieur des orthostates mis au jour a permis l'aménagement de la chambre funéraire. Lors des fouilles des années 1960, seuls deux piliers, l'un situé au nord, le second disposé au sud, restaient encore érigés, leurs formes infléchies correspondant à l'arrondi du fossé. Chacun de ces deux orthostates se trouvaient alors calés par des blocs de pierres. Les deux piliers (répertoriés et ) associés à une troisième pierre dressée et située sur le pourtour de la chambre, constitue très certainement trois des éléments d'un péristalithe. Ce cercle de pierres dressées et à demi-enterrées, possédait un diamètre d'environ et entourait la totalité du monument funéraire.

Au total, les blocs constituant le mégalithe sont au nombre de 12 (orthostates inclus). Les douze blocs, chacun inventoriés par des lettres allant de « A » jusqu'à « L », sont formés de roche calcaire de type lacustre associée à de la meulière, la quantité de cette roche siliceuse variant d'un élément mégalithique à un autre. Les éléments mesurent respectivement, en longueur, largeur et épaisseur : « B », ; « C », ; « D », ; « E », ; « F », ; « G », ; « H », ; « I », ; « J », ; « K », ; et « L », . Le sondage de la zone nord du mégalithe a permis de mettre en évidence une fosse. La fosse (notée ), distante d'environ un mètre du bloc J, n'est probablememt pas associée à la structure funéraire. Lors de la mise au jour du dolmem en 1964, seuls l'élément péristalithique J, affleurant à une hauteur de ainsi que la partie de la table L, propulsée à une distance de de son emplacement initial (en raison du dynamitage de 1947), étaient encore visibles.

Mobilier Mobilier néolithique Le mobilier funéraire exhumé de la chambre du dolmen est daté du Néolithique récent, phase II.. Industrie lithique

Industrie osseuse