Un décasyllabe est un vers de dix syllabes.

Usage Le décasyllabe (en grec, déka = « dix ») est le vers de dix syllabes.

D'après les travaux de Michel Burger, il est issu du sénaire iambique à finale en oxyton, alors que le même mais en finale à paroxyton est à l'origine du vers de onze syllabes. Ce qui fait que le français, langue oxytonale, a adopté le décasyllabe, alors que l'italien, où domine le paroxyton, privilégie l'.

En poésie française, sa première occurrence attestée remonte au milieu du , dans la Vie de saint Alexis :

Le décasyllabe est le vers de la Chanson de Roland. Il est d'abord utilisé dans la poésie épique, la chanson de geste et la poésie hagiographique, puis il devient l'un des principaux vers lyriques à partir du et ce jusqu'au , où l'alexandrin prend peu à peu sa place. Appelé « vers héroïque » par Joachim du Bellay dans Défense et illustration de la langue française et « vers commun » par Pierre de Ronsard, il est très utilisé par les poètes de la Pléiade, surtout à leurs débuts. Par exemple, Du Bellay :

Aux , le décasyllabe est plutôt réservé à la poésie plaisante mais se trouve également chez La Fontaine en hétérométrie. Avec Sainte-Beuve, il retrouve ses lettres de noblesse et se retrouve de nouveau au sein de la poésie lyrique, au , chez Victor Hugo, Gérard de Nerval, Alfred de Musset et Paul Verlaine.

Revendiquant , Paul Valéry l'apprécie et l'utilise notamment dans Le Cimetière marin :

Structure Dans sa forme classique, le décasyllabe comporte le plus souvent une césure sur la quatrième syllabe, ce qui lui donne une structure dynamique puisque le nombre de syllabes dans les deux hémistiches va croissant (4 + 6). Par exemple : Ou :

Avec ce rythme croissant, la répartition des hémistiches est asymétrique, le premier étant simple et le second, composé. Par exemple :

La composition peut aller jusqu’à suggérer une césure secondaire :

Mais on peut aussi trouver en accompagnement le rythme décroissant 6 + 4, plus rare. Par exemple :Ou :

Le rythme 5 + 5, assez rare au Moyen Âge, est plutôt réservé aux poèmes populaires. Apparu pour la première fois dans les chansons de toile, il reste fréquent dans la chanson. Il est appelé par dérision « tara tantara » par Bonaventure Des Périers. Délaissé au , raillé par Voltaire, il est de retour au , possiblement sous l'influence de la musique, relève Henri Morier.

Au , il est présent chez Victor Hugo :

Chez Verlaine, on peut retrouver dans certains vers plaisants des échos du versant populaire du rythme. Par exemple :

Mais il peut être mélancolique chez Musset :

Ou prendre des accents lyriques chez Baudelaire, dans La Mort des amants, par exemple, pour qui incite notamment Villiers de l'Isle-Adam puis Debussy (dans Cinq poèmes de Charles Baudelaire) à mettre le poème en musique :

Verlaine reprend cette organisation interne dans un poème de La Bonne Chanson :

Au , à l'instar de l'alexandrin libéré, le décasyllabe peut être senti comme un ensemble de dix syllabes. Par exemple chez Francis Jammes :

Bibliographie . . . .

Notes et références

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