thumb|Photo satellite du Cambodge et de la Thaïlande

Le Cambodge est l’un des pays les plus boisés au monde dont les forêts n’ont pas encore été sévèrement entamées. Cependant, la déforestation massive pour des buts de développement menace les forêts et les écosystèmes. En 2015, le pays a le plus fort taux de déforestation au monde.

La déforestation est une conséquence directe de pratiques commerciales mal gérées, des prélèvements de bois de chauffage, de l’avancée de l’agriculture et du développement des infrastructures et de l’urbanisme. Les pressions indirectes comprennent la croissance démographique, les inégalités de propriété foncière, le manque de technologie agricole et les possibilités d’emploi limitées.

Le gouvernement cambodgien a joué un rôle étendu en délimitant l’utilisation qui pouvait être faite des forêts du pays. Une zone étonnamment étendue du Cambodge a été placée sous le statut « protégée » y compris des couloirs de biodiversité, soit 38% de la masse totale de terres (plus de 7 millions d’hectares), mais de nombreuses protections ont été bafouées par la vente de concessions à des entreprises nationales ou étrangères d’agroalimentaire ou de prospection minière, même dans les parcs nationaux. Le gouvernement a été durement critiqué de l’intérieur et à l’international pour ces politiques contradictoires, et un manque global d’intérêt pour vérifier le respect des lois sur l’environnement. Il a fait face à des pressions pour mettre en place des pratiques durable de gestion des forêts. L’enjeu des forêts cambodgiennes va affecter largement les communautés locales qui se fondent sur les forêts pour maintenir leur niveau de vie. Autour de 80 % de la population vit dans des zones rurales.

Au Cambodge, entre les années 1970 à la fin de la guerre du Vietnam et 2007, la couverture de la forêt primaire est passée de 70 % à 3,1 %. Il ne reste plus ainsi que de ces forêts. La déforestation arrive à un niveau alarmant : presque 75 % des pertes de forêts se sont produits depuis la fin des années 1990. Au total, Le Cambodge a perdu de forêts entre 1990 et 2005, dont 3. de forêts primaires. En 2016, il ne restait plus que de forêts, dont de forêt humide, ce qui implique que les menaces sur la durabilité future des réserves de forêts cambodgienne sont aujourd’hui très élevées.

Etendue de la déforestation

Open Development Cambodia, une ONG phnom penhoise, a utilisé les données de satellites américains pour démontrer les pertes en couverture de forêt, de 72,1 % en 1973 à 46,3 % en 2014. La plupart de ces pertes ont eu lieu après 2000. Depuis 2001, le Gouvernement Royal du Cambodge a suspendu toutes les activités liées aux concessions forestières et préparé un plan de gestion durable en appliquant les standards internationaux.

Dans un effort de conserver la couverture forestière, seul un montant limité de forêts est autorisé à la coupe annuellement. Cela permet ainsi de suppléer aux besoins internes en bois. Une limite maximale de 0.8m3 par hectare a été établie avec un cycle de coupe de 13 ans, selon le Programme National pour les Forêts (2010-2029). Le GRC a développé un Millennium Development Goal pour maintenir la couverture nationale à 60% de la totalité des terres d’ici 2015. En pratique cela demanderait la conversion de près de 532.615 hectares de terres non boisées en zones forestières. Cependant, en 2016, la couverture en forêt demeure à 48,14%, équivalent à 87.424 kilomètres carrés.

Causes thumb|Coupes illégales dans la province de Koh Kong au Cambodge

Les ressources gouvernementales de gestion pour le développement Le Gouvernement Royal du Cambodge (GRC) voit un grand potentiel dans les forêts du pays pour son futur développement. Le gouvernement peut s’appuyer sur l’exportation du bois pour faire rentrer des devises et engranger suffisamment de revenus pour suppléer à la reconstruction et au développement. La Banque Mondiale considère que les forêts sont l’une des quelques ressources majeures du développement au Cambodge. Commençant en 1992, le GRC a utilisé les revenus générés par la vente des produits forestiers pour financer différents projets de développement. Les revenus liés aux forêts ont cependant diminué, dans le revenu global de l’Etat, de 14 % en 1994 à 5% en 1996. À cause de cette diminution, imputable à une mauvaise gestion du secteur, le FMI, la Banque mondiale, la FAO et le Programme des Nations unies pour le Développement (PNUD) décidèrent en 1994 et 1995 de réviser les politiques forestières. Certaines politiques forestières ont été revues, mais les causes de la déforestation ne peuvent pas être traitées seulement à travers des politiques.

En dépit de gains potentiels liés à l’utilisation des ressources forestières, le gouvernement fait face à des pressions de groupes internes et internationaux, concernés par les enjeux de la déforestation. Localement, les communautés autochtones se basent sur l’exploitation du bois et d’autres ressources, tout comme sur les retombées positives des forêts sur la culture du riz et sur la pêche. A un niveau international, de très nombreuses ONG et associations environnementales ont exprimé leurs préoccupations par rapport à la déforestation. Dans les années 1990, en réponse à ces pressions, le gouvernement cambodgien a passé plusieurs interdictions nationales aux exportations du bois.

Des obstacles existent au développement des forêts et à leur gestion durable. En 1999, 35% à 40% des forêts étaient considérées comme dangereuses à cause des mines antipersonnel, des conflits en cours et des forces paramilitaires. Le Cambodge demeure le pays où le taux de mines par tête est le plus important. Ces dernières ont empêché l’utilisation de la forêt. Un autre obstacle serait l’absence de données sur les massifs forestiers existants concernant leur étendue, leur composition et leur problème d’accès. Le Cambodge a très peu de données concernant sa biodiversité notamment à cause de la guerre civile. Les organisations des Nations unies et des ONG internationales soutiennent la majorité des activités environnementales telles que la compilation de données. De surcroît, les estimations des produits forestiers sont inconnus, mais on les suppose supérieurs aux montants officiels, compte tenu des abattages illégaux.

Global Witness, une ONG britannique, a critiqué la gestion des forêts par le GRC. Dans un briefing publié en 1996, l’ONG a décrit comment le GRC créait en secret des politiques qui servent ses intérêts, leurs alliés dans le gouvernement thaïlandais et le commerce international. Global Witness martèle que la gestion des forêts par le GRC va à l’encontre de la Constitution du Cambodge. Pour exemple de ces collusions, Global Witness remonte à l’interdiction édictée en 1995 de couper les essences jeunes et l’exportation du bois. Publiquement, le GRC entérina cette interdiction de deux ans afin de stabiliser l’état des forêts à travers le pays en créant un plan de développement durable de long terme. Cependant, pendant cette période, le GRC participa, et ce de façon privée, aux concessions forestières avec des firmes étrangères.

Le point de contentieux se situe dans le fait que ces concessions requéraient l’accord de seuls trois personnages de l’Etat : les deux Premiers Ministres et le ministre de l’Agriculture. Global Witness dénonce ainsi le fait que les enjeux des forêts cambodgiennes et donc aussi de la vie d’une grande partie des Cambodgiens se trouvaient entre les mains de seulement quelques responsables aux intérêts multiples.

L’ONG rapporte de plus qu’une vaste opération d’abattage illégal larve le pays au sujet des trois essences les plus rares, et dont le fonctionnement comprend des officiels gouvernementaux et militaires agissant dans l’impunité. En 2015, reprend encore Global Witness dans un rapport, « les acteurs du gouvernement et de l’industrie, et notamment ceux au service de l’Okhna Try Pheap, ont indiqué que la corruption organisée avait assuré les fraudeurs dans ce réseau et leur avait octroyé une liberté de déplacement et l’immunité concernant les confiscations de bois et les amendes ». Ce rapport dénonça aussi le magnat cambodgien de la filière bois Try Pheap comme étant au centre d’une vaste campagne de mainmise sur les trois essences les plus rares et placées sur une liste d’extinction. Le rapport conclut que .

Exploitation commerciale La dernière décennie a vu la gestion centrale des forêts placer ses priorités sur ses intérêts commerciaux, qui coïncide souvent avec une déforestation de vaste ampleur. Jusqu’en 1999, plus de 4,7 millions d’hectares ont été confiés à 25 firmes privées spécialisées dans l’exploitation forestières. La production de bois en 1997 était de 3,4 millions de mètres cubes, soit cinq fois plus que le niveau soutenable estimé. Les aspects sociaux et environnementaux de la gestion durable des forêts demeure largement ignorés. Cela a débouché sur une exploitation disproportionnée, des conflits avec les droits des autochtones, avec des contributions limitées au développement national et à la réduction de la pauvreté.

Les entreprises étrangères ont commencé à prendre part dans l’exploitation commerciale à la suite des Accords de Paris de 1991. La période 1994-96 a vu un essor des concessions forestières à des compagnies privées, ce qui reflète les desiderata du GRC de libéraliser son économie. En 1996, la Banque mondiale, le PNUD et la FAO appelèrent à une évolution des politiques du bois tournées vers l’économie de marché, ceci afin d’augmenter les revenus tirés des forêts et d’éviter la surexploitation.

Il existe deux types d’accords concernant l’exploitation à titre commercial : l’accord d’investissement et la licence forestière. Les accords d’investissement sont des concessions confiées à ceux qui ont investi dans des infrastructures pour l’exploitation et la transformation du bois. Les licences forestières sont des contrats signés entre une entreprise et des officiels seniors du gouvernement. Les détails des contrats ne sont pas rendus publics, cependant, 84 accords de concessions sont accessibles via un portail de données libres sur Open Development Cambodia. Si le contrat inclut souvent des parties sur les pratiques soutenables, celles-ci sont malheureusement rarement appliquées.

Les prix internationaux pour les forêts sont de $74 par mètre cube, en comparaison des $14 pour le Cambodge. La sous-évaluation des forêts cambodgiennes a contribué aux acquisitions étrangères et à une perte de profit pour le Cambodge.

Exploitation illégale du bois L’exploitation illégale est une large menace sur les forêts cambodgiennes. Cela permet la déforestation non-autorisée des forêts cambodgiennes. De nombreux cas ont été rapportés dans lesquels l’armée menait des exploitations illégales dans l’opacité, hors du contrôle du gouvernement. Il est difficile pour le gouvernement central de surveiller les zones sous influence des ex-forces polpotistes. Les intérêts du commerce illégal du bois ont su tirer avantage des lois laxistes pour continuer les coupes illégales. En majorité, les actions nuisibles de déforestations reviennent aux militaires et à de puissants sous-contractants.

Usages locaux