L'Exposition de Bordeaux du au 1895 est la treizième exposition organisée par la Société philomathique de Bordeaux. Elle décide de donner un caractère à la fois national et international pour ce qui concerne l'Enseignement, les Beaux Arts, l'Agriculture et l'Industrie, et Universel en ce qui concerne les Vins et Spiritueux, l’Électricité et les Sciences sociales.

Les expositions précédentes à Bordeaux La société philomathique de Bordeaux a été fondée le . Les fondateurs déclaraient ainsi son objet :

Elle fonde un cours d'enseignement technique, commercial et professionnel gratuit. Elle organise des expositions périodiques : 1827, la première exposition, qui dure , est à la fois artistique et industrielle. Elle attire environ 60 exposants. 1828 - 1844 : ces cinq expositions présentent un caractère analogue. 1847, la septième exposition fut plus importante ; elle attire plus de 300 exposants, qui viennent de toute la France. 1850, on admet les produits étrangers et l'exposition prend un aspect international. 1854, l'exposition s'étend à toute la France et ses colonies. Elle est établie sur la place des Quinconces et attire plus de 600 exposants. 1858, l'exposition dure et attire exposants. 1865, le nombre d'exposants est de et l'exposition reçoit plus de . 1882, l'exposition devient universelle pour certains produits. Le nombre d'exposants dépasse et le nombre de visiteurs plus d'un million.

Comité d'organisation

L'exposition de 1895 Toujours organisée sur la place des Quinconces par la société philomathique, la manifestation bordelaise de 1895 s’étend sur , dont sont consacrés aux jardins, aux allées, etc., couverts par des bâtiments secondaires construits en bois et affectés aux bâtiments principaux en fer. L'exposition accueille exposants, dont 302 venus des colonies. Le chiffre cumulé des entrées atteint Liste officielle des récompenses décernées par le jury international de la exposition de Bordeaux en 1895, en ligne..

L'exposition se veut internationale et universelle. Sont ainsi représentés les pays suivants : l'Angleterre, l'Autriche-Hongrie, la Belgique, l'Espagne, l'Italie, la Suisse, le Portugal, l'Algérie et les colonies françaises.

Les thèmes choisis sont : L'Enseignement. Arts (beaux-arts, art ancien, arts libéraux, etc.). Sciences sociales. Agriculture, zooculture, sylviculture, viticulture, horticulture. Vins, spiritueux, liqueurs et boissons fermentées. Industrie. Habitation (mobilier, vêtement) Transports, génie civil, art militaire et marine. Électricité. Commerce et colonies.

L'Exposition ouvre ses portes au public le , mais l'ouverture officielle de l'Exposition est le , par M. Alexandre Ribot, président du Conseil des ministres, ministre des Finances, par M. André Lebon, ministre du Commerce, de l'Industrie et des Postes et Télégraphes et par Ludovic Trarieux, garde des sceaux, ministre de la Justice, sénateur de la Gironde en 1887.

Les deux affiches officielles de l'Exposition sont : Une allégorie de M. Faure-Laubarède, illustrée avec une représentation de la façade nord du bâtiment central et des vues d'Arcachon, Dax, Soulac, Salies-de-Béarn et Hendaye. Une allégorie de M. Émile Poissonnié, illustrée avec l'arrivée sur la Garonne devant le Palais de la Garonne.

Les organisateurs ne lésinent pas sur les moyens de communication :

Médaille de l'Exposition La médaille officielle de l'Exposition, destinée aux récompenses, est sculptée par Adolphe Rivet.

Avers : BURDIGALA - La ville personnifiée par une femme au buste drapé et coiffée, de profil à gauche, le front orné de branches de vigne, dont les fruits pendent derrière les oreilles et sur le front. Elle porte sur la tête un navire à vapeur muni de trois mâts.

À droite, l'écusson aux armes de Bordeaux surmonté de la couronne comtale à neuf fleurons.

Au-dessous du buste, la Garonne représentée par une femme nue au milieu de roseaux, couchée sur une urne versale, qu'elle enlace du bras droit et tenant une rame de la main gauche.

Revers : XIII EXPOSITION DE BORDEAUX 1895, au-dessous et concentriquement : SOCIÉTÉ PHILOMATHIQUE .

La Renommée, sous les traits d'une femme nue, de profil à droite, assise sur une plinthe, un voile sur la partie supérieure des jambes et les pieds appuyés sur un cartouche destiné aux inscriptions. Elle maintient de la main gauche un livre debout et ouvert sur ses genoux.

Au fond, une vue générale de l'Exposition, avec la colonne des Girondins, à gauche, sur la plinthe, la trompette légendaire. En bas de la médaille, une branche de laurier horizontale.

Plan de l'exposition

L'exposition, établie sur la place des Quinconces, est formée d'un vaste bâtiment central. Le palais central et les pavillons principaux de l'exposition furent construits par Albert Tournaire, architecte en chef de la ville de Paris.

Le bâtiment principal se compose de : À l'Est, une immense salle dite « Palais de la Garonne », de long et de large, dont la façade est élevée au-dessus des quais, parallèle à la Garonne.

Adossée au Palais de la Garonne se trouve la salle du Dôme central, haut de et qui est surmonté d'une terrasse large de , avec ascenseur. Cette salle est occupée par un théâtre et renferme dans la première galerie l'exposition des Sciences Sociales.

La façade occidentale, longue de est en large demi-cercle face aux fontaines lumineuses et au monument des Girondins toujours en construction. Elle est terminée par deux pavillons, réservés aux expositions de la Guerre et de la Marine, faisant un bâtiment en hémicycle. Au centre, elle est rehaussée d'un portique monumental.

À l'ouest du monument des Girondins, le palais de l'Électricité, en forme d'hémicycle.

L'espace entre le palais de l'Électricité et l'entrée de l'Exposition par la rue Condé est occupé par les villages annamite et africain.

Les principales constructions en dehors du bâtiment central sont :

Les salles du grand palais Parmi les plus importantes salles d'exposition se trouvent :

Palais de la Garonne : Au rez-de-chaussée du bâtiment se trouve l'exposition des vins et au premier étage l'exposition d'arts anciens et modernes

Salle du Dôme :

L'exposition des Sciences sociales s'est déroulée à l'intérieur du Dôme Central. La sélection des sujets et les choix des pièces sont l’œuvre d'Émile Durkheim, alors professeur à l'université de Bordeaux, qui a été mandaté pour rassembler des contributeurs y compris venus de l'étranger. Il y a une trentaine d'exposants avec des thèmes allant d'une compagnie d'assurances avec des tableaux des causes de décès ; des éditeurs d'ouvrages sociologiques ; le service d'identité judiciaire de Bordeaux ; le service d'hygiène de la ville de Bruxelles, la sociologie criminelle de Cesare Lombroso, pourtant décrié en France..

Palais de l'Électricité

Le Palais de l'Électricité se développe en fer à cheval sur l'hémicycle des Quinconces, entre les deux ports nord et sud du cours du -Juillet. On trouve des démonstrations des moyens de production de l'électricité, des machines électriques telles que voitures, tramway, ponts roulants, etc. et des appareils comme : horloges, téléphone, phonographe, sonneries, paratonnerres. À l'entrée sud se trouve le « Théâtrophone » : les visiteurs peuvent entendre par téléphone les principaux théâtres, concerts et orchestres de Paris et de Bordeaux. La maison électrique : ce pavillon est équipé d'un grand nombre d'appareils électriques : éclairage ; bains ; bains-douches ; cuisine ; monte-charge ; repassage ; ascenseur ; appareils d'appel incendie ; projecteurs…

Palais de la presse et de la publicité

L'édifice est une construction modulaire en métal (démontable et transportable à volonté), invention de l'ingénieur d'origine brésilienne Bibiano DuclosL'architecture métallique, les maisons Duclos, 4 pages., diplômé de l'École centrale des arts et manufactures. Son ré-assemblage a été opéré dans la commune d'Aiguilles.

Palais des colonies et les villages exotiques

Le palais colonial : un grand bâtiment rectangulaire, de type annamite, avec une tour carrée blanche de genre arabe. Le rez-de-chaussée abrite une collection d'objets venus de toutes les colonies françaises. Des exposants particuliers exhibent les produits de leur commerce colonial au premier étage.

Le pavillon d'Algérie :

Les villages exotiques : comme dans toutes les grandes expositions organisées par des pays avec colonies, une partie de l'exposition est consacrée au « zoo humain » : un « village annamite » et un « village nègre », les deux séparés par une simple barrière en planches. Ces deux villages se trouvent dans un demi-cercle à l'ouest du monument des Girondins et devant le palais de l'électricité.

Dans le village annamite il y a environ une cinquantaine de personnes (hommes, femmes et enfants) : sculpteurs sur bois, peintre, incrusteurs, musiciens, etc., venus du Vietnam et du Laos.

Le village africain compte (hommes, femmes et enfants) : musiciens, danseurs, tisserands, ornemaniste sur cuir, dessinateurs sur calebasses, etc. Ils sont originaires du Soudan français, Sénégal, Mali, Guinée française, Dahomey.

Le Journal Officiel de l'Exposition décritJournal Officiel de l'Exposition, p, du 12 mai 1895. ces villages en termes de l'époque coloniale :

Dans la presse locale : La Petite Gironde on trouve : .

Ce « zoo humain » ne fut pas du goût de tous les Bordelais de l'époque, car dans le livre Exposition de Bordeaux 1895, , on publie, de manière anonyme, un long article dénonçant ces pratiques avilissantes.

Les « petits pavillons »

L'Aquarium, architecte André Bac, a une façade mauresque. L'intérieur comprend une grotte circulaire contenant une trentaine de bassins où se trouvent des poissons des plus familiers aux plus exotiques.

Pavillon d'Arts religieux

Pavillon du Gaz

Le Pavillon de Guyenne, construit par Albert Tournaire, qui a été démonté et transporté à Soulac. Il est connu maintenant sous le nom Villa San José et se trouve à l'intersection des rues Ausone et Joseph-Lahens.

À l'origine en rez-de-chaussée, le pavillon a été remonté sur un niveau de soubassement. Il est accessible par un escalier qui permet d'atteindre, au nord, un porche surmonté d'une tour de plan carré avec toiture à l'impériale. Au sud, un autre escalier en colimaçon donne accès à la terrasse sommitale. La construction est en ciment moulé imitant le bois : faux rondins pour les murs, troncs noueux pour les encadrements et branches tordues pour les rambardes..

Pavillon de Royan : Ce pavillon, dont l'architecte est M. Reuben Dacosta, est élevé sur des bancs de roches formant une grotte. Dans le fond de la grotte se déroule le panorama de Royan, vu de la plein mer, œuvre de M. Calinart, peint décorateur de RoyanJournal Officiel de l'Exposition, 4 août, , ..

Le Pavillon de Soulac, d'une superficie de et construit par l'architecte de la ville de Soulac, M. de Tamanhan, en brique et pierreJournal Officiel de l'Exposition, 10 mars, , .. Le pavillon est remonté après l’Exposition dans le parc du château de Malleret à Cadaujac.

Les Arts anciens et modernes

L'Exposition des Arts Anciens et Modernes est entreposée dans des salles au premier étage du Palais de la Garonne : six salles, côté du Dôme pour les Arts Modernes et six salles côté de la Garonne pour les Arts Anciens. L'exposition est présentée dans le « Journal officiel » du . Le catalogue donne la liste complète des œuvres exposées et quelques informations sur chaque exposant. Une description très personnelle de l'exposition se trouve dans le livre « Les Beaux-arts à Bordeaux : exposition de 1895 ». de Maurice Larue. Les observations de l'auteur, toujours pertinentes, sont parfois cruelles.

Les Arts Anciens La partie de l'exposition consacrée à l'art ancien est limitée à la production de quelques manufactures nationales, telles que : Manufacture nationale de Sèvres Manufacture des Gobelins Manufacture de Beauvais École nationale d'art décoratif d'Aubusson