Catherine Fauln (nom de plume de Raymonde Thora Jensen), née à Renaix (Belgique), le et morte à San Felipe del Agua, village de Oaxaca de Juárez (Mexique), le Jean-Marie de Saint-Ideuc, ‘Lettre du Centième Numéro’, in Le Goéland, Feuille de poésie et d’art, , seizième année, avril-mai-juin 1951, , est une poétesse belge, d'origine danoise par son père.
Quelques-uns de ses poèmes ont été, notamment, publiés dans la Revue française Le Goéland, de Théophile Briant et elle a, elle-même, édité deux ouvrages de poésie : Fenêtre sur le paradis (1946) et Chants pour la statue (1948)Mercure de France, 1949 . Un troisième ouvrage, Cinquante poèmes, a été édité à titre posthume, en 1988, par son ami, l'écrivain et poète belge Alexis Curvers.
Biographie Raymonde Thora Jensen est née le , à Renaix dans la province de Flandre-Orientale. Mariée à Pierre De Geynst, elle s'est vouée à la poésie, à défaut de pouvoir être mère, et a pris comme nom de plume 'Catherine Fauln', d'après un personnage de L’Enfer, de Patrice de La Tour du Pin.
Disciple de Vincent Muselli, elle a côtoyé, durant sa courte vie, de nombreux artistes et écrivains belges et français - parmi lesquels George Grard, Pierre Caille, Paul Delvaux, Edith et Albert Dasnoy, Edgard Tytgat, Pierre Fisson et le poète Théophile Briant (auteur de Surcouf, Le corsaire invincible - qu'elle appelait affectueusement 'cher corsaire'). Elle a entretenu une longue correspondance avec eux et échangé également quelques correspondances avec Colette, dont elle a fait la connaissance par l'intermédiaire de Briant.
Elle a habité durant plusieurs années une fermette à Saint-Idesbald, petit village à côté de Coxyde, station balnéaire de Flandre Occidentale et lieu de villégiature privilégié de nombreux artistes belgesFrédéric Kiesel, Grande poésie féminine : Catherine Fauln, Marie- Claire d'Orbaix, in Revue Générale, 124 année, (oct. 1988), .
La poésie de Catherine Fauln reflète sa souffrance, mais aussi ses passions : la musique et le XVIIIe siècle français. Inlassable chineuse, elle collectionnait les automates et autres objets anciens ou partitions musicales, surtout de Mozart, qu’elle jouait dans la 'petite maison' que son époux et elle habitèrent ensuite, en bordure de la Forêt de Soignes à Rhode-Saint-GenèseJeanine Moulin, Huit siècles de poésie féminine, Époque moderne, Seghers, 1963, et 285.
Elle a publié ses deux recueils de poésie peu après la Seconde Guerre mondiale en 1946 et 1948. En 1948, Théophile Briant lui a dédié son texte Universalité de la PoésieThéophile Briant, ‘Universalité de la Poésie’, ‘à Catherine Fauln’, in Le Goéland , avril-mai 1948, ..
Vers 1950, elle avait formé, avec Muselli et Curvers, un projet de revue, qui sera réalisé par Curvers après sa mort : la revue La Flûte enchantée, dont le premier numéro lui a été dédiéCatherine Gravet, Alexis Curvers et La Flûte enchantée (1952-1962). Vie et mort d'une revue. Essai prosopographique. Société des Bibliophiles Belges Séant à Mons, 2015 : « née en quelque sorte d'une triple rencontre intellectuelle et poétique entre Curvers, Muselli et Catherine Fauln, poétesse qui se donnera la mort au Mexique en mars 1951, alors que le projet de fonder une revue est sur les rails »..
Elle a rejoint, en , ses amis Hélène et Pierre Fisson au Mexique, où ce dernier avait été envoyé comme attaché de presseAlmanach des lettres, Editions de flore et la Gazette des lettres, 1950 .. Elle les a quittés pour se rendre à Oaxaca de Juárez, où elle a absorbé (selon le Certificat de décès du , délivré par le Gouvernement constitutionnel de l’État d’OaxacaActe de décès consulté dans les archives familiales Jensen-De Geynst.) une forte dose de barbituriques et elle a été trouvée morte dans son lit de l’hôtel Rancho San Felipe, le matin du .
Selon l'article nécrologique que lui a consacré Jean-Marie de Saint-Ideuc, Toujours dans cet article, Saint-Ideuc la décrit comme
En hommage à son talent inachevé, ses amis ont publié, à titre posthume, quelques-uns de ses poèmes inédits, notamment dans Le Goéland. Un prix littéraire lui a été consacré par cette revue, le prix Catherine Fauln, qui a été décerné trois fois, récompensant de jeunes poètes de moins de trente ansLe prix Catherine-Fauln fut décerné à trois reprises : en 1951 à Gustave Rio, en 1953 à Gilbert Lamireau et Frédéric Du Puy et en 1954 à Charles Astruc.
Catherine Fauln imprimait elle-même ses poèmesLe Goéland, Numéro 89, novembre - décembre 1948 . sur une presse à platine Schildknecht. Cette presse, héritée par Alexis Curvers, a été, par la suite, acquise par la Bibliothèque royale de BelgiqueDix années d'acquisitions, 1979-1989: Bibliothèque royale de Belgique, 1991. C'est avec cette presse qu'Alexis Curvers a réalisé le projet de revue de poésie que Muselli, elle et lui avaient formé. En hommage à l'amour de Catherine Fauln pour Mozart, la revue a été appelée La Flûte enchantée et le premier numéro lui a été dédié. Des années plus tard, en 1988, Alexis Curvers a publié un recueil de ses poèmes, intitulé Cinquante poèmes.
Catherine Fauln dans l'enseignement Les poèmes de Catherine Fauln sont étudiés dans certaines écoles et cités en exemple pour la rédaction de poésies, notamment son poème Le Trésor, qui est un exemple d'anaphore (rhétorique) et utilisé comme tel dans l'enseignementBulletin de l'Académie royale de langue et de littérature françaises, Volumes 73-74, L'Académie, 1995 Faly Stachak, Écrire, un plaisir à la portée de tous - 350 techniques d’écriture créative, Eyrolles, 2004, Lallemand (École de Chaouilley), Structure répétitive et poésie 2, Enrichir une structure syntaxique Mes trésors... in : Etonnants écrivains, Les plumes se délient à Charles Brochen ! (Blog du collège Charles Brochen de Pontrieux, France).. D'autres poèmes sont également entrés dans la pédagogie de la poésieDaniel Briolet, Poésie, quelle pédagogie? Éditions Arts-culture-loisirs, 1983 Gérard Clavreuil, Comment écrire un poème d’amour, Balland 1988 .
Œuvres vignette|Couverture du Recueil Fenêtre sur le paradis, avec une guirlande d'Edith Dasnoy et un oiseau de Pierre Caille Fenêtre sur le paradis, avec une guirlande d'Edith Dasnoy, un oiseau et une dame de Pierre Caille, et une fenêtre de Serge Creuz pour l'emboitage, Sous le signe de l’Oisel, 1946 Langage d'Ève, Le Goéland 87, 1948 Les Maudits,Le Goéland 96, 1950 Chants pour la statue, Bruxelles, 1948Compte-rendu in: Le Goeland 89, 1948 . Les Éphémères, chanson (imp. par l'auteur, à 3 exemplaires, s.d.) Reproduit dans Culture française, vol. 11-12, 1962, . Novembre : chanson, La Flûte enchantée, cahier , MCMLIV, , 1955 Vrai Départ, La Flûte enchantée, cahier , MCMLV, 1955 Le Trésor, La Flûte enchantée, cahier , MCMLVI, 1956 Paroles de la statue, Poètes mourants et Temples près de la mer, Huit siècles de poésie féminine, époque moderne, de Jeanine Moulin, Seghers, 1976, Ces trois poèmes sont repris dans Poétesses d'expression française (du Moyen Âge au siècle) , La Flûte enchantée, préface d'Alexis Curvers, Verviers, 1988
Bibliographie Robert Sabatier, Histoire de la Poésie française, vol. 3, Albin Michel, 1988, . Liliane Wouters et Alain Bosquet, La Poésie francophone de Belgique (1903-1926), Bruxelles, Traces, 1992Table des matières de La Poésie francophone de Belgique (1903-1926). Jeanine Moulin, Huit siècles de poésie féminine, Epoque moderne, Seghers, 1963, . Anne-Marie Kegels, À la mémoire de Catherine Fauln (poème), French Women Poets of Nine Centuries : The Distaff and the Pen, The Johns Hopkins University Press, 2008, , . Catherine Faulnova, 'Časopis pro moderní filologii, Volumes 49-52'', 1967 . Notes et références
Catégorie:Naissance en juin 1911 Catégorie:Décès en mars 1951 Catégorie:Poétesse belge Catégorie:Naissance à Renaix Catégorie:Décès au Mexique Catégorie:Décès à 39 ans