La diverticulite du sigmoïde ou sigmoïdite est une infection d'un ou de plusieurs diverticules - parfois nombreux (diverticulose) - du segment sigmoïde du côlon. Les diverticules sont de petites hernies de la muqueuse intestinale au travers de la paroi musculaire du côlon, le plus souvent localisés sur le sigmoïde, dans lesquelles la stagnation des matières fécales peut favoriser l'infection, selon un mécanisme analogue à celui de l'appendicite. Ces diverticules apparaissent avec l'âge et sont présents en plus ou moins grand nombre chez environ 40 % des personnes de plus de soixante ans.

On préfère le terme de diverticulite sigmoïdienne car une sigmoïdite peut avoir d'autres causes (maladie de Crohn, infection).

Facteurs de risque Le surpoids Rosemar A, Angerås U, Rosengren A, « » Dis Colon Rectum, 2008;51:450-455 et le tabagisme (du moins chez la femme Hjern F, Wolk A, Håkansson N, « » Br J Surg, 2011;98:997-1002) seraient des facteurs de risque de diverticulite. L'exercice physique serait, au contraire, protecteur Strate LL, Liu YL, Aldoori WH, Giovannucci EL, « » Am J Gastroenterol, 2009;104:1221-1230.

La prise de certains médicaments favoriserait la survenue de complications : aspirine, anti-inflammatoire non stéroïdien Strate LL, Liu YL, Huang ES, Giovannucci EL, Chan AT, « » , 2011;140:1427-1433.

Clinique Elle consiste en un état fébrile, accompagné de douleurs abdominales en fosse iliaque gauche (« pseudo appendicite gauche »).

Typiquement, la pression et décompression de la fosse iliaque droite reproduit la douleur à gauche (signe de Rosving).

La température est modérée () en cas de diverticulite "simple" ou plus élevée (supérieure à ) en cas de complication. Chez les patients asiatiques, la douleur se situe fréquemment en fosse iliaque droite (car atteinte du colon droit préférentielle). On retrouve parfois d'autres signes digestifs non spécifiques tels que des nausées et vomissement, un iléus réflexe ou des signes urinaires d'irritation (pollakiurie ou dysurie).

Complications Récidive Abcès péri-diverticulaire Perforation et péritonite Fistules avec Pneumaturie Sténose Hémorragie digestive

Diagnostic Une radiographie de l'abdomen sans préparation (ASP) et une échographie peuvent orienter le diagnostic, mais le meilleur examen est le scanner abdomino-pelvien, injecté avec opacification par voie basseAmbrosetti P, Jenny A, Becker C, Terrier TF, Morel P, Acute left colonic diverticulitis — compared performance of computed tomography and water-soluble contrast enema: prospective evaluation of 420 patients, Dis Colon Rectum, 2000;43:1363-1367. Le scanner doit être réalisé en première intentionYoung-Fadok TM, Diverticulitis, N Eng J Med, 2018;379:1635-1642, il retrouve classiquement : une diverticulose (présence de diverticules), un épaississement pariétal, une infiltration de la graisse péri-diverticulaire ainsi qu'un rehaussement de la paroi du diverticule lors de l'injection de produit de contraste. Il permet aussi de déterminer un stade de complication selon la classification de Hinchey.

Traitement La prise en charge de la diverticulite a fait l'objet de la publication de recommandations. Celles de l'« American gastroenterological association » datent de 2015Stollman N, Smalley W, Hirano I, American Gastroenterological Association Institute guideline on the management of acute diverticulitis, Gastroenterology, 2015;149:1944-1949.

L'hospitalisation n'est plus obligatoire dans les formes simples.

Médical Régime sans résidu, bonne hydratation. Antibiothérapie active sur les anaérobies et les entérobactéries, mais son efficacité reste discutée de Korte N, Unlü C, Boermeester MA, Cuesta MA, Vrouenreats BC, Stockmann HB. « » Br J Surg, 2011;98:761-767. Les recommandations récentes de la Haute Autorité de santé (HAS) en France visent à limiter l’utilisation des antibiotiques aux formes compliquées ou aux formes simples pour lesquels le traitement symptomatique ne fonctionne pas. Antalgiques, antispasmodiques.

Dans les formes simples, l'amélioration des symptômes se fait en un à deux jours. II faut généralement une semaine pour amender totalement les douleurs et l’inflammation. Si la chirurgie prophylactique a longtemps été proposée pour des formes simples récidivantes, elle n’est plus d’actualité. Le succès des traitements conservateurs avec moindre utilisation des antibiotiques tend à démontrer que la maladie est d’abord inflammatoire avant d’être réellement infectieuse.

Chirurgical Le but est de prévenir les récidives.

Les indications chirurgicales existent, dès la première poussée, les diverticulites compliquées (sepsis, péritonite ou résistance au traitement médical Morris AM, Regenbogen SE, Hardiman KM, Hendren S, « » JAMA, 2014;311:287-297), en cas d'immunodépression ou de jeune âge. Sinon, la chirurgie est proposée à partir de la deuxième ou troisième récidive bien que le nombre de récidives ne soit plus strictement une indication au regard notamment de l’efficacité des traitements conservateurs sans antibiotiques. Elle consiste en la réalisation par laparotomie ou cœlioscopie, d'une sigmoïdectomie emportant la charnière recto-sigmoïdienne suivie d'une anastomose colorectale. Un lavage de la cavité péritonéale par cœlioscopie est parfois fait mais avec des résultats discutés.

Dans des cas complexes, l'intervention peut aboutir à une colostomie (« anus artificiel »), pouvant être provisoire (avec rétablissement de la continuité au cours d'une deuxième intervention) ou définitive.

Notes et références

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