La Grand-Place est un espace public urbain situé à Louvain-la-Neuve, section de la ville belge d'Ottignies-Louvain-la-Neuve, en Brabant wallon.
La construction de la Grand-Place débute dans les années 1970, dans le cadre de l'aménagement de la ville conçue pour accueillir l'Université catholique de Louvain. Une seconde phase de développement a lieu entre la fin des années 1990 et le début des années 2000, complétant l'aménagement urbain de la place.
La place est entourée de plusieurs bâtiments emblématiques. À l'ouest se dresse le Collège Albert Descamps. On y trouve également les Auditoires Agora dans l'angle sud-est. Les côtés nord et sud, y compris le bâtiment de style postmoderne qui abrite le cinéma, sont plus tardifs. Les environs de la Grand-Place sont également riches en œuvres d'art, peintures ou sculptures.
La Grand-Place accueille régulièrement des événements publics comme « Louvain-la-Plage », une plage urbaine installée en été, « Louvain-la-Neige », un marché de Noël organisé en hiver, ainsi que « Louvain-la-Fête », une braderie festive accompagnée d'animations, organisée au mois de mai.
Le , le pape Jean-Paul II y a prononcé un discours devant des milliers de personnes lors de la dernière journée de sa première visite pastorale en Belgique.
Urbanisme Les concepteurs de Louvain-la-Neuve ont veillé à la mixité entre les bâtiments académiques et ceux destinés à la vie urbaine.. Selon Jean Remy . Cette dualité se retrouve ici, où la Grand-Place est entourée de places académiques comme la place Montesquieu et la place du Cardinal Mercier, tout comme elle se retrouve dans l'ancien centre-ville où la place des Sciences est proche de la place des Wallons.
Historique Genèse de la ville universitaire de Louvain-la-Neuve Au cours des années 1960, le nombre d'étudiants de l'Université catholique de Louvain augmente rapidement en raison de l'évolution démographique et de la démocratisation des études supérieures.. La loi du sur l'expansion universitaire autorise la partie francophone de l'Université à envisager son expansion à Woluwe-Saint-Lambert et en Brabant wallon, ce qui amène l'Université à acquérir 150 hectares dès sur le plateau agricole de Lauzelle à Ottignies.
Par ailleurs, les tensions entre les communautés linguistiques francophone et néerlandophone deviennent explosives à cause des revendications du mouvement flamand (né dès 1840) qui exige l'homogénéité culturelle de la Flandre. Ces tensions atteignent leur paroxysme en 1967-1968 avec l'affaire de Louvain, crise politique connue sous les noms de « Walen Buiten » (« Les Wallons dehors ») et de « Leuven Vlaams » (« Louvain flamande ») durant laquelle les Flamands exigent le départ des étudiants francophones de Louvain au nom du droit du sol et de l'unilinguisme régional, ce qui amène l'Université à décider le transfert intégral de sa section francophone hors de Louvain et à faire sortir de terre une ville universitaire entièrement neuve à Ottignies à partir de 1970Histoire de Louvain-la-Neuve.
La loi du institue deux universités séparées, la première pierre de la ville nouvelle de Louvain-la-Neuve est posée le et la faculté des Sciences appliquées ainsi que les premiers habitants s'y installent dès 1972.
Grandes phases de la construction de la ville La construction de la ville commence dès 1970 avec le quartier estPierre Laconte, Les Cahiers de l'Urbanisme - 57 - Décembre 2005, Service public de Wallonie - Éditions Mardaga, 2005, .Pierre Laconte, Les Cahiers de l'Urbanisme - 73 - Septembre 2009, Service public de Wallonie - Éditions Mardaga, 2009, . qui regroupe le Cyclotron (1970-1972)André Lanotte, Roger Bastin, architecte, 1913-1986, Pierre Mardaga éditeur, 2001, ., la place Sainte-Barbe (1970-1972), la Bibliothèque des Sciences (1970-1973)Catherine Dhem, Les Cahiers de l'Urbanisme - 73 - Septembre 2009, Service public de Wallonie - Éditions Mardaga, 2009, .Faculté d'architecture La Cambre Horta, Clara : Penser les rencontres entre architecture et sciences humaines, Éditions Mardaga, 2015, ., la place des Sciences (1970-1976) Maurizio Vitta, Atelier d'architecture de Genval. Designing the City, l'Arca Edizioni, 2002, . et la place Croix-du-Sud (1974-1975)PSS-archi.eu : Université catholique de Louvain - Bâtiment CarnoyPSS-archi.eu : Université catholique de Louvain - Auditoires Croix du Sud.
Elle se poursuit en 1974-1976 avec la rue des Wallons, la place des Wallons...., la gare de Louvain-la-Neuve et les Halles universitaires, et en 1977 avec les Auditoires AgoraPSS-archi.eu : Université catholique de Louvain - Auditoires Agora.
La place des Sciences, la place Galilée et la place des Wallons constituent pendant quelques années le vrai centre de Louvain-la-Neuve mais, au fil des ans, le centre ville se déplace progressivement vers l'axe constitué par la place de l'Université, la Grand-Rue et la Grand-Place, axe renforcé depuis 2005 par la rue Charlemagne et le centre commercial Esplanade.
Construction des bâtiments de la Grand-Place Les Auditoires Agora sont construits en 1977, en même temps que le côté est de la place.
Le collège Albert Descamps est édifié de 1976 à 1980 par les architectes Gabriel Epstein et Roger Thirion et inauguré en 1981Inventaire régional du patrimoine en Wallonie pour abriter les facultés des sciences théologiques et canoniques. Celles-ci avaient décidé de ne pas attendre la dernière phase du transfert de l'Université catholique de Louvain pour s'installer à Louvain-la-Neuve.. Elles s'étaient installées provisoirement en 1974 dans des bâtiments destinés aux sciences exactes, avant de pouvoir s'établir définitivement dans le collège Albert Descamps.
Le côté nord et le bâtiment de style postmoderne qui abrite le cinéma sont plus tardifs. Le complexe de 13 salles de cinéma est construit en 2000-2001 dans le cadre du projet Esplanade est et exploité par l'UGC de 2001 à , avant d'être repris en 2010 par le groupe Euroscoop et rebaptisé Cinéscope..
Visite du pape en 1985 vignette|droite|redresse=1.4| vignette|droite|redresse=1.4|
Durant les de son pontificat, le pape Jean-Paul II s'est rendu à deux reprises en Belgique...
La première visite se déroule du 16 au et mène le souverain pontife à Bruxelles le , à Anvers, Ypres et Gand le , à Malines, Beauraing et Namur le , à Bruxelles, Namur, Laeken et Liège le , à Louvain le et enfin à Louvain-la-Neuve et à Banneux le ...
Arrivé en hélicoptère sur le pont où le boulevard de Lauzelle enjambe la « Nationale 238 » (appelé depuis le « pont du pape »), Jean-Paul II se rend d'abord en l'église Saint-François (inaugurée peu de temps auparavant, en 1984) où il se recueille, s'entretient avec les responsables de la paroisse et bénit la nouvelle statue de la Sedes Sapientiae, emblème de l'Université.
Il se rend ensuite dans le patio de la Faculté de philosophie et lettres (place Blaise Pascal), où l'attendent des représentants de l'ensemble de la communauté universitaire, avant de rejoindre la Grand-Place dont le côté nord, à cette époque, n'est pas encore bâti et est encore ouvert sur les champsVidéo de la visite du pape Jean-Paul II en 1985 sur Vimeo.
Sur la Grand-Place, le pape apparaît sur une tribune blanche adossée au Collège Albert Descamps, qui abrite la Faculté de théologie, et il est accueilli par le recteur de l'UCL Édouard Massaux en présence de . Véronique Oruba, étudiante belge d'origine polonaise et présidente de l'Association générale des étudiants, s'adresse alors au Souverain Pontife en s'écartant du texte initialement prévu pour interpeller le pape sur la nouvelle pauvreté, les dangers du néolibéralisme, la campagne "Touche pas à mon pote", la contraception et la théologie de la libération, ce qui lui vaut d'être Yves Vander Cruysen, Un siècle d'histoires en Brabant wallon, éditeur, année, .Assemblée générale des étudiant.e.s de louvain : historique.
Selon Yves Vander Cruysen, . Mais dans son discours, Jean-Paul II ne lui répond pas : il s'en tient à son texte, qui traite du passé vénérable de l'Université catholique de Louvain et du sens d'une université catholique dans le monde contemporain.
Jean-Paul II se voit enfin remettre par trois représentants des étudiants une calotte honorifique portant les insignes des neuf facultés de l'UCL. Après avoir coiffé ce couvre-chef, le pape remet sa calotte blanche en précisant, non sans humour, que l'on ne pouvait porter deux chapeaux à la fois.
Le pape rejoint ensuite son hélicoptère et redécolle de cet endroit appelé « pont du Pape » par décision du Conseil communal de la Ville d'Ottignies-Louvain-la-Neuve en date du .
En souvenir de cette visite apostolique, deux plaques commémoratives furent installées, l'une au « Pont du Pape », précisément, et l'autre à la « Grand-Place », sur la façade de la Faculté de théologie.
Statut patrimonial L'ensemble formé par le Collège Descamps et le Collège Érasme figure à l'Inventaire du patrimoine immobilier culturel de la Wallonie sous la référence 25121-INV-0083-01.
Architecture Collège Albert Descamps vignette|droite|redresse=0.8| Le bâtiment le plus emblématique de la Grand-Place est sans conteste le collège Albert Descamps, édifié de 1976 à 1980, terminé en 1980 comme le montre la plaquette apposée sur la façade et inauguré en 1981.
Cet édifice, qui occupe le côté ouest de la Grand-Place et dont la silhouette évoque celle d'une église notamment par la présence d'un clocher et d'une horlogePSS-archi.eu : Université catholique de Louvain - Collège Albert Descamps, abrite la Faculté de théologie, l'Institut de recherche sur les religions, les spiritualités la culture et la société, l'École doctorale en théologie et en études bibliques ainsi que le Service central des bibliothèques de l'UCLouvain, la Bibliothèque de théologie, qui communique avec la Bibliothèque des arts et lettres au Collège Érasme, et trois petits auditoires (amphithéâtres).
Rythmée par quatre hauts pilastres en béton, sa façade est percée à sa base d'une galerie piétonne qui prolonge l'espace public, surmontée d'une galerie à balustrade métallique ornée de trois paires de colonnettes en béton à chapiteau triangulaire. Ces colonnettes supportent un linteau en béton qui court sur toute la largeur de l'édifice et porte la façade faite de trois pans de briques séparés par deux paires d'oriels à base triangulaire.
Le pignon triangulaire est orné d'une horloge rouge et noire et est surmonté par une toiture en ardoises sommée d'un petit clocher carré à abat-sons. Ce clocheton se termine par une « sculpture-signal » en cuivre de de haut intitulée « La Cité », œuvre du sculpteur Philippe Denis (1912-1978) et don de la Fondation Michel Woitrin... Conçue initialement dès 1972 pour être placée à l'entrée de la ville, la sculpture est installée sur le clocheton du collège Albert Descamps en 1980, après le décès de l'artiste. L'anneau ouvert qui termine la sculpture symbolise la ville ouverte.
L'épais linteau de béton qui surmonte la galerie du rez-de-chaussée est orné d'une plaque de bronze signée Richez qui commémore la visite du pape Jean-Paul II en 1985, sur laquelle on peut lire :
Le clocher contient un carillon qui sonne à chaque heure l'air de La P'tite Gayole, une chanson populaire en wallon chantée par Julos Beaucarne. Occasionnellement, l'instrument joue d'autres mélodies, comme celle de la pavane Belle qui tiens ma vie composée par Thoinot Arbeau.
Auditoires Agora L'angle sud-est de la place est occupé par les Auditoires Agora qui, à défaut d'être le bâtiment le plus emblématique de la Grand-Place, en sont le bâtiment le plus ancien puisqu'ils ont été construits en 1977, soit trois ans avant le Collège Albert Descamps.