thumb|upright=1.8|Erminia trouve Tancredi blessé, par Le Guerchin (Édimbourg, Galerie nationale d'Écosse). Erminia, Tancredi, Polidoro e Pastore (R.374.26) ou plus simplement Erminia, est la dernière des serenate du compositeur italien Alessandro Scarlatti. Conçue pour quatre voix, chœur et orchestre, l'œuvre est créée à l'occasion d'un mariage, au Palazzo Stigliano, à Naples, le , deux ans avant la mort du musicien. La seconde partie s'est égarée dans le temps et, longtemps considérée comme perdue, ou comme une œuvre inachevée. Dans les années 2010, des fragments ont été retrouvés grâce au Répertoire international des sources musicales.

L'œuvre a été jouée plusieurs fois ces dernières années, notamment par le Concerto de' Cavalieri et son chef, Marcello di Lisa et début 2018, par l'Opera Lafayette et Julia Dawson dans le rôle titre...

Histoire

Erminia naît d'une commande à l'occasion du mariage entre deux grandes familles napolitaines, les Colonna, princes de Stigliano (Ferdinando) et Caracciolo de Santobono (Maria Luisa Caracciolo). Edward Dent considérait l'œuvre comme inachevée.

Le nom du compositeur n’est pas cité dans le matériel excepté dans la Gazzetta di Napoli contemporaine et sur la page cinq du livret, en revanche l'auteur du texte n'apparaît nulle part. Le seul exemplaire connu du livret, découvert en 1973 par Ulisse Prota-Giurleo, est conservé à la bibliothèque Casanatense à Rome. Roberto Pagano suggère que l'auteur du texte est peut-être Métastase, dans la mesure où le plus célèbre librettiste du était uni d'un lien d'amitié profond — — avec Carlo Broschi, c'est-à-dire Farinelli, qui tenait le rôle titre lors de la création à tout juste dix-huit ans. Métastase pendant ses études de droit à Naples entre 1721 et 1723 a écrit quelques livrets inspirés de l’antiquité, joués à Naples : Angelica (1720), Endimione, Gli Orti esperidi (1721), Galatea (1722) et quelques mois avant l'œuvre de Scarlatti, La Forza della virtù. L'auteur a rejeté plus tard les œuvres de jeunesse citées plus haut, notamment pour l'édition par Bettinelli, son éditeur vénitien en 1733–1734. Il y a cependant d'autres auteurs possibles pour l’Erminia, notamment Silvio Stampiglia qui, en retraite, vivait à Naples à l'époque.

Les autres chanteurs étaient Don Antonio Manna, membre de la Chapelle royale de Naples, et habitué des rôles comiques au teatro San Bartolomeo (en 1708 il interprétait le rôle exigeant de Polifemo dans Aci, Galatea e Polifemo de Haendel) ; Andrea Pacini un autre castrat alto (qui avait chanté Orlando furioso de Vivaldi, Griselda et Marco Attilio Regolo de Scarlatti et plus tard Scipion de Vinci et Rodelinda de Haendel à Londres).

Comme beaucoup d'oratorios de l'époque, la serenata est en deux parties. Dans ce cas, l'œuvre emprunte plus à la cantate dramatique qu'elle ne tire vers l'opéra, cependant que les chanteurs étaient toujours en costumes, selon leur rôle. Alors que pour l'oratorio, l’interruption était destinée au sermon, dans le cas de la serenata, elle était destinée à la consommation de mets fins et de boissons.

Avec Erminia, le compositeur, toujours considéré en 1723 comme une force artistique vivante, apporte le meilleur de la tradition musicale du baroque tardif, en la conciliant de manière unique avec de nombreux styles et tendances du début du .

Rôles et instrumentation Erminia, serenata a quattro voci con vari strumenti, Naples 1723

Erminia, princesse soprano Farinelli (castrat) Pastore, le berger basse Don Antonio Manna Polidoro, chevalier ténor Annibale Pio Fabri Tancredi, chevalier contralto Andrea Pacini (castrat)

L'orchestre est composé de deux flûtes, deux hautbois, un basson, deux trompettes (ou cors), violons I et II, alto, violoncelle, contrebasse et clavecin. Le chœur est à quatre voix (SSAT).

La durée de la première partie est d'environ 40 minutes.

Argument

L'histoire d’Erminia emprunte son argument à La Gerusalemme Liberata du Tasse (1575, Canto VII : pastorale d'Erminia). L'action se déroule dans la campagne de Soria, sur les rives du Jourdain. Erminia, une princesse musulmane, trahit sa ville par amour pour le chevalier chrétien envahisseur, Tancredi. Mais celui-ci est amoureux de Clorinda. Erminia, jalouse, se déguise avec l'armure de Clorinda à la recherche de son amoureux.

La seconde partie s'achève par une réjouissance générale (commandée par la cérémonie de mariage). Le librettiste délaisse Le Tasse et afin d'unir les amants Erminia et Tancredi, se tourne vers Dante pour trouver l'inspiration — Canto V — où Francesca da Rimini (accompagnée de Paolo Malatesta) raconte au poète leur histoire.

Première partie thumb|Introduction instrumentale de l'aria de Tancredi, (Naples, Ms. Cantate 269, 79. Erminia Fuggitiva [Introduction] Ove smarrita e sola (recitativo), Erminia Al dolce nome (aria) Poiché già chiaro (recitativo) [Sinfonia da lontano] Qual odo in lontananza (recitativo) Cinta di rose (chœur) D'innocente fanciulli (recitativo), Erminia A pascolar l'agnelle (chœur) Se di piacere alcuno (recitativo) Ma di rustico albergo (recitativo), Erminia, Pastore Mentre quel solco (aria), Pastore Tra fortunati vostri alberghi (recitativo), Erminia, Pastore Vado al gregge (duo), Erminia, Pastore In van credete (recitativo), Polidoro Finché il fulmine (aria), Polidoro Da quelle, che sul verde ameno prato (recitativo), Polidoro, Erminia Son raminga pastorella (aria), Erminia Troppo gentil tu sei (recitativo), Polidoro, Erminia Come suol veloce ardito (aria), Tancredi Così dal ferro ostil (recitativo), Tancredi, Pastore Quando irato il toro mugge (aria), Pastore Tancredi, e dove mai così ansante (recitativo), Polidoro, Tancredi Ha nei begl'occhi (aria), Polidoro Mentre albergo e ristoro cerchi (recitativo), Polidoro, Tancredi Di fortuna e d'Amore tra gl'inganni (aria), Tancredi Qui dove al germogliar (recitativo), Erminia Torbido, irato e nero (aria), Erminia.

Seconde partie Tancredi, Pastore e Polidoro

Arias retrouvées. Che piacer! Che diletto! (recitativo) — GB-Lbl Add. 14209 92r-99v Quando irato il toro mugge (aria), Pastore — 106r-115v Mentre quel solco ara il bifolco — 116r-123r Vado al gregge e meco viene — 132r-145r Mentr’ella offesa langue (aria), Pastore, n° 38 du livret — GB-Lbl Add. 14166 81r-83v

Manuscrits Première partie Naples, Conservatoire San Pietro a Majella, (Cantate 269) Monte Cassino, I-MC (5-F-9) Londres, Royal College

Seconde partie Londres, British Library, GB-Lbl (Add. 14166) Londres, British Library, GB-Lbl (Add. 14209, 92r-99v)

Partitions modernes Erminia [partie I], Thomas Edward Griffin, Rome, Istituto Italiano per la storia della musica 2010

Notes et références

Bibliographie

Liens externes

Livret

Catégorie:Musique classique vocale en italien Catégorie:Œuvre d'Alessandro Scarlatti Catégorie:Sérénade Catégorie:Œuvre musicale composée en 1723