La politique en Algérie repose sur un modèle étatique de république unitaire semi-présidentielle multipartiste. Depuis , la République algérienne démocratique et populaire est une démocratie représentative constitutionnelle reposant sur la constitution de 1996 révisée en 2020. Les prérogatives de l'État sont ainsi réparties entre le gouvernement, nommé par le président, et le Parlement, élu au suffrage universel, et cela périodiquement tous les cinq ans, renouvelable une fois. .
Histoire Le Parti communiste algérien, constitué en 1920 comme branche algérienne du Parti communiste français, devient un parti politique indépendant en 1936. En 1946, Messali Hadj fonde le Mouvement pour le triomphe des libertés démocratiques (MTLD), qui prend la suite du Parti du peuple algérien (interdit par les autorités coloniales en 1939)..
En 1954, après une scission au sein du MTLD, le Front de libération nationale (FLN) déclenche une insurrection visant à l'indépendance de l'Algérie. Le Parti communiste s'allie au FLN tout en conservant son autonomie politique ; les communistes algériens peuvent ainsi rejoindre le FLN à titre individuel. En 1957, la plupart des maquis communistes rejoignent le FLN.
À l’indépendance, en 1962, Ahmed Ben Bella devient président avec le soutien de la branche armée du FLN. Mohamed Boudiaf, le dirigeant historique du parti, entre dans l’opposition et crée le Parti de la révolution socialiste. En 1963, le FLN est reconnu parti unique par la Constitution de la jeune République algérienne. Hocine Aït Ahmed, autre dirigeant historique du FLN, proteste contre l’interdiction du multipartisme et crée le Front des forces socialistes. Puis, en, 1966, le Parti de l'avant-garde socialiste est fondé dans la clandestinité.
En 1989, à la suite des émeutes d’, la nouvelle Constitution reconnaît le multipartisme et permet aux partis auparavant clandestins. D’autres sont créés, dont le Rassemblement pour la culture et la démocratie et le Front islamique du salut. En 1992, l’armée intervient pour faire interdire le FIS, qui était en mesure de gagner électoralement le pouvoir. La guerre civile éclate.
La nature démocratique réelle du système politique est contestée, notamment en Kabylie, et récemment par une grande partie du peuple à travers le « Hirak ».
Constitution L'Algérie est un État où le multipartisme est autorisé. Près de soixante partis politiques existent ou ont existé depuis la libéralisation du pays en 1988. Tous les partis doivent être approuvés par le ministère de l'Intérieur après enquête. La Constitution de 1996 précise :
Les institutions
L'exécutif
Fonction Nom Parti Depuis Président de la République Abdelmadjid Tebboune FLN () Premier ministre Sifi Ghrieb ()
Le président de la République : directement élu au suffrage universel adulte, est Chef d’État, Chef des Forces Armées et responsable de la défense nationale. Le terme de son mandat est de 5 ans, renouvelable une seule fois. Le Président préside les réunions du Conseil des Ministres. Il rédige, coordonne et implémente le programme de son gouvernement, qu’il doit présenter à l’Assemblée pour ratification. Le Président préside également le Haut Conseil de Sécurité, qui est chargé de conseiller sur toutes les matières concernant la sécurité nationale.
La présidence de l’État a été attribuée par le Haut Comité de Sécurité (HCS), à l’issue de la « conférence nationale de consensus » de , au général Liamine Zéroual. Son mandat a été confirmé par l’élection présidentielle de . La révision constitutionnelle de , approuvée par référendum mais contestée par l’ensemble des forces d’opposition, a considérablement élargi les pouvoirs présidentiels. Depuis l'élection présidentielle algérienne de 2019, la présidence est assurée par Abdelmadjid Tebboune.
Le Conseil des ministres ou gouvernement est présidé par le Premier ministre ou Chef du gouvernement, lui-même désigné par le président de la République.
Le Secrétariat général du gouvernement : à la différence des autres organes de la Présidence de la République dont il fait partie, le Secrétariat général du gouvernement est essentiellement un organe permanent de coordination de l’activité juridique gouvernementale.
Il constitue la base de l’organisation de l’activité normative de l’État. En effet, c’est à lui que revient le mérite d’avoir instauré et veillé au respect sans relâche par voie de circulaires et d’instructions, agissant sous le timbre de la Présidence du Conseil, des procédures et aspects d’élaboration des textes législatifs et réglementaires en termes de techniques de rédaction juridique, de terminologie, de respect des normes et des procédures de consultation interministérielle.
Outre ses fonctions d’étude, de contrôle de conformité ou de régularité, tant dans la forme que dans le fond, des textes juridiques de l’État, le Secrétariat général du gouvernement est le plus souvent appelé à se prononcer ou à donner son avis motivé sur toute question juridique qui entrave la concrétisation d’une action ou que peuvent être amené à lui poser le Chef de l’État ou le Chef du Gouvernement. Son avis très recherché peut concerner un arbitrage de droit, la meilleure manière de mettre en œuvre une loi, un décret ou un arrêté ou alors une réponse à des interprétations divergentes de textes.
Le législatif Le Parlement, bicaméral depuis l’entrée en vigueur de la constitution de 1996, est composé d’une Assemblée Populaire Nationale et d’un Conseil de la Nation. Le Chef du Gouvernement et les chambres parlementaires peuvent tous deux initier une législation. Celle-ci doit être délibérée respectivement par l’Assemblée Populaire Nationale et par le Conseil de la Nation avant sa promulgation. Tous les textes passés par l’Assemblée doivent être approuvés par trois quarts des membres du Conseil afin de devenir législation.
L’Assemblée Populaire Nationale : la première élection législative en Algérie eut lieu le , soit quelques mois à peine après l’indépendance nationale. L’Assemblée, élue pour un mandat d’une année, avait notamment pour but de promulguer la loi fondamentale du pays, ce qui donna naissance à la Constitution du 10 septembre 1963, qui consacra notamment le principe monocaméral pour le Parlement algérien. Le mandat de cette Assemblée Nationale, se vit prolongé d’une année conformément à l’article 77. Le recours par le président de la République, le , à l’exercice des pleins pouvoirs, conformément à l’article 59 de la Constitution, eut pour effet de geler les activités de cette Assemblée Nationale. De 1965 à 1976, il fut institué au sommet de l’État Algérien un Conseil de la Révolution, dépositaire de l’autorité souveraine. Le 22 novembre 1976, dans le cadre du parachèvement des institutions de l’État Algérien, une nouvelle Constitution fut promulguée, qui institua (Art. 126) une chambre unique dénommée Assemblée Populaire Nationale (APN), chargée d’exercer le pouvoir législatif, élue le pour un mandat de cinq ans, et régulièrement renouvelée en 1982 et 1987.
La révision constitutionnelle du ne dérogea pas au principe monocaméral, en maintenant l’Assemblée Populaire Nationale, même si par ailleurs elle consacre une séparation des pouvoirs législatifs, exécutif et judiciaire (Art. 92). Le renouvellement de cette Assemblée, arrivée à son terme, était interrompu par la démission du Président de la république, qui créait une situation de vide juridique. Ceci entraînera la mise en place de structures transitoires (Haut Comité d’État et Conseil Consultatif National puis Conseil National de Transition), jusqu’à la révision constitutionnelle du 28 novembre 1996, qui modifia le paysage institutionnel algérien en instaurant un Parlement bicaméral, composé d’une APN, et d’un Conseil de la Nation. Ces institutions furent élues le , et constituent le premier Parlement pluraliste de l’Algérie indépendante.
Les 407 membres de l’Assemblée sont directement élus dans 59 circonscriptions électorales correspondant aux différents wilayas du pays plus une circonscription représentant la . Les sièges sont distribués par rapport à la population : un siège pour chaque tranche de et un siège supplémentaire pour chaque fraction de . Aucune wilaya ne possède moins de trois sièges. L’élection est basée sur la représentation proportionnelle. Seules les listes obtenant 5 % ou plus du vote populaire sont attribuées des sièges. Le vote n’est pas obligatoire et l’âge requis pour voter est de 18 ans.
Le Conseil de la Nation (مجلس الامة) est la deuxième Chambre du Parlement algérien. Institué pour la première fois par la Constitution du (Art. 98), le Conseil de la Nation comprend 144 membres, dont les 2/3, soit 96 membres, sont élus au suffrage universel indirect, parmi et par les élus des Assemblées Locales (Assemblées Populaires Communales et de Wilaya) au sein de chaque Wilaya, le tiers restant, soit 48 membres, étant désigné par le Président de la République. La durée du mandat du Conseil de la Nation est de six ans, le renouvellement se faisant toutefois par moitié tous les trois ans.
Le Conseil de la Nation exerce, avec l’Assemblée Populaire Nationale, le pouvoir législatif. À ce titre, il vote les lois à la majorité des 3/4 de ses membres (Art. 120). Il ne peut être saisi que des textes déjà adoptés par l’APN, pour lesquels il ne dispose toutefois pas du pouvoir d’amendement. En cas de désaccord entre APN et Conseil de la Nation, une commission paritaire ad-hoc est mise en place et est chargée de proposer un texte révisé qui est soumis à l’approbation des deux chambres, sans possibilité d’amendement.
Le Conseil constitutionnel a été institué par la Constitution du . Il est chargé de veiller au respect de la Constitution, et de s’assurer à ce que les référendums et les élections présidentielles et législatives soient conduites en accord avec la loi. Sa composition, ses compétences, la durée de ses membres, les domaines et les moments de contrôle, les autorités constitutionnelles habilitées à le saisir et enfin les sanctions (avis et décisions) qu’il prononce ainsi que leurs effets sont déterminés par la Constitution et précisés par d’autres textes. La composition du Conseil Constitutionnel est régie par l’alinéa de l’article 164 de la Constitution. Il est composé depuis la révision constitutionnelle du de neuf membres : trois désignés par le président de la République (dont le président du Conseil constitutionnel), deux élus par l’Assemblée Populaire Nationale, deux élus par le Conseil de la Nation, un élu par la Cour suprême et un élu par le Conseil d’État.
En vertu des dispositions de l’article 164 alinéas 3 et 4 de la Constitution, le Président du Conseil Constitutionnel est désigné pour un mandat unique de six ans. Les autres membres du Conseil Constitutionnel remplissent un mandat unique de six ans et sont renouvelés par moitié tous les trois ans. S’agissant des autorités de saisine, l’article 166 de la Constitution stipule que le Conseil constitutionnel est saisi par le Président de la république, le Président de l’Assemblée Populaire Nationale ou du Conseil de la Nation.
Outre ses attributions en matière de contrôle de constitutionnalité, le Conseil constitutionnel veille, en vertu de l’alinéa 2 de l’article 163 de la Constitution, à la régularité des opérations de référendum, d’élection de Président de la République et d’élections législatives et proclame les résultats de ces opérations.
Le judiciaire La Cour suprême régule les activités des cours et des tribunaux et le Conseil d’État contrôle le judiciaire administratif. La Cour Suprême est présidée par son premier président. Tous les magistrats sont responsables devant la Cour Suprême quant à la manière dont ils exercent leurs fonctions.
La loi organique du a doté le Conseil d’État d’une compétence judiciaire classique et d’une compétence consultative originale.