L'Église presbytérienne aux États-Unis d'Amérique (en anglais : Presbyterian Church in the United States of America ou PCUSA) a été la première confession presbytérienne à l'échelle nationale aux États-Unis. Elle a existé de 1789 à 1958, année où elle a fusionné avec l'Église presbytérienne de l'Amérique du Nord, une confession presbytérienne qui plonge ses racines dans les traditions secederLes seceders (sécessionnistes) sont issus d'une scission au sein de l’Église d'Écosse (qui est une église presbytérienne) en 1732, au cours d'un épisode appelé la « première sécession » (). Cette scission n'avait pas trait à la doctrine mais à un point de discipline (la nomination des pasteurs). Voir . et covenantaire. La nouvelle église créée en 1958 a été nommé Église presbytérienne unie aux États-Unis d'Amérique et a été le prédécesseur direct de l'actuelle Église presbytérienne (USA).
L'Église a ses origines dans l'époque coloniale, lorsque des membres de l'Église d'Écosse et des presbytériens d'Irlande ont immigré aux États-Unis. Après la Révolution américaine, la PCUSA a été organisée à Philadelphie afin de fournir un leadership national pour les presbytériens dans la nouvelle nation. En 1861, les presbytériens du sud des États-Unis se sont séparés de la confession en raison de différends à propos de l'esclavage, de la politique et de la théologie cristallisés par la guerre de Sécession. Ils ont alors créé l'Église presbytérienne des États-Unis (PCUS), souvent simplement appelé l'« Église presbytérienne du sud ». De son côté, en raison de son identification régionale, la PCUSA a été souvent décrit comme l'« Église presbytérienne du nord ». En dépit de cela, la PCUSA est redevenue une confession nationale dans ses dernières années.
Au fil du temps, le calvinisme traditionnel a joué un rôle moins important dans les doctrines et les pratiques de l'Église ; elle a été influencée par l'arminianisme et par le réveil (Great Awakening) au début du , par la théologie libérale à la fin du et par la néo-orthodoxie au milieu du . Les tensions théologiques au sein de la confession ont été joués dans la controverse moderniste / fondamentaliste des années 1920 et 1930, un conflit qui a conduit à l'élaboration du fondamentalisme chrétien. Les conservateurs mécontents des tendances libérales de l'Église l'ont quittée pour former l'Église presbytérienne orthodoxe en 1936.
Doctrine et croyances vignette|Le pasteur George Docherty (à gauche) et le président Eisenhower (deuxième à partir de la gauche) à l'église presbytérienne de l'avenue de New York, à Washington, le 7 février 1954. En tant qu'église calviniste, l'Église presbytérienne aux États-Unis (PCUSA) partageait un patrimoine théologique commun avec d'autres églises presbytériennes et réformées de l'ancien continent. Cette théologie est fondamentalement identique avec celle des congrégationalistes et des baptistes. La différence entre congrégationalistes et presbytériens/réformés tient essentiellement à la forme d'organisation de l’Église (congrégationalisme contre système presbytéro-synodal) et à la relation entre église et pouvoir politique, l'indépendance entre ces deux réalités étant une valeur sacrée pour les congrégationnalistes. La différence entre baptistes et presbytériens/réformés porte sur la question du baptême des enfants, pratiqué par la plupart des presbytériens/réformés, et rejeté par les baptistes. Toutes ces confessions ne diffèrent pratiquement pas de l'anglicanisme (à savoir de l’Église épiscopale des États-Unis), du moins de sa partie dite évangélique, puisque comme toutes les autres confessions précitées, elle se réfère à la Confession de foi de Westminster, un texte profondément calviniste adopté en 1646 par l’Église d'Angleterre.
La Bible étant bien entendu considérée comme la source unique de doctrine et de pratique, les textes fondateurs tels que la Confession de foi de Westminster, le grand catéchisme de Westminster et le petit catéchisme de Westminster, étaient appelées « normes subordonnées » (subordinate standards) par l'Église presbytérienne américaine. Dans le cadre de leur consécration pastorale, les ministres du culte et autres officiers d'église devaient « recevoir et adopter sincèrement la confession de foi de cette Église, contenant le système de doctrine enseigné dans les Saintes Écritures. »
Tout au long de l'existence de l'église presbytérienne aux États-Unis d'Amérique, comme dans celle des autres confessions précitées, de nombreux débats, voire des conflits théologiques ont eu lieu sur la manière dont la confession de foi devait être interprétée. Au est apparue une « nouvelle école » influencée par le grand réveil prônant une interprétation assez libre, rapidement et vigoureusement combattue par une « vieille école » qui a souhaité maintenir une interprétée entièrement conforme au calvinisme originel. De 1910 à 1927, la Confession de foi fut officiellement interprétée en référence à cinq croyances fondamentales: inerrance biblique, naissance virginale de Jésus, expiation substitutive, résurrection des corps et miracles de Jésus. Après les années 1920, l’église a toléré les interprétations alternatives de la confession.
Dans les années 1940, la domination du théologie libérale fit place à un consensus néo-orthodoxe au sein des séminaires du PCUSA, et ce consensus se maintint jusqu'à la fusion de 1958. En réaction au libéralisme, le néo-orthodoxie se caractérisait par l'accent mis sur la transcendance divine plutôt que l'immanence divine, l'affirmation renouvelée de corruption totale et la résistance à la laïcité et l'acculturation dans l'église.
Organisation L'Église presbytérienne aux États-Unis était organisée selon le système presbytérien synodal, une forme de gouvernement définie par le document The Form of Presbyterial Church Government ("les formes du gouvernement presbytéral de l'Église") adopté par l'Assemblée de Westminster en 1645 avec les autres éléments constitutionnels de l’Église anglicane d'alors et de l’Église d'Écosse. En outre, l’Église presbytérienne aux États-Unis fondait son fonctionnement sur les autres éléments adoptés par l'Assemblée de Westminster à savoir, outre les « normes subordonnées » doctrinales mentionnées au chapitre précédent, la discipline (Book of Discipline) et le Directory for Public Worship ("ordonnance du culte public") que l'Assemblée de Westminster avait substitué au livre de prière commune anglican traditionnel(Book of Common Prayer). Ce système presbytérien synodal fonctionnait grâce aux instances suivantes :
Chaque église locale était gouvernée par un conseil presbytéral (session), un groupe d’administrateurs aussi appelés anciens élus par la congrégation et présidés par le pasteur. Ce conseil était chargé de superviser les affaires spirituelles de l'église et d'organiser le culte public selon l'ordonnance citée plus haut (directory). Le conseil était également chargée d'appliquer la discipline de l'église aux membres de l'église.
Les églises locales étaient regroupées en consistoires (presbyteries) en fonction de leur proximité géographique. Un consistoire était administré par la réunion de tous les pasteurs y appartenant et un nombre équivalent de représentants laïcs de chaque paroisse, élus au sein de chaque conseil presbytéral, un pour chaque pasteur actif dans l'église locale. Les consistoires étaient chargés du recrutement des pasteurs : entretien et examen des compétences, octroi des licences et consécration des candidats au ministère ; ils pouvaient aussi juger et révoquer les ministres du culte. Ils étaient également chargés de résoudre les questions doctrinales ou disciplinaires et fonctionnaient comme des instances d'appel pour les conseils presbytéraux. Une commission exécutive était nommée pour gérer plus efficacement les affaires du consistoire, ainsi qu'une commission judiciaires pour les questions judiciaires étaient renvoyées devant une commission judiciaire.
Trois consistoires ou plus formaient un synode qui se réunissait chaque année et dont les membres étaient des pasteurs et des anciens représentant les consistoires. Les synodes fonctionnaient comme des instances d'appel pour les consistoires. Ils avaient également la responsabilité de veiller à ce que les consistoires et les conseils presbytéraux qui dépendaient d'eux respectent la constitution de l'église. À un moment donné, il a été nécessaire pour des questions pratiques d'organiser l'église en plusieurs synodes, ce qui entraîna la création d'un synode général appelé l’Assemblée générale (General Asssembly) regroupant tous les synodes appartenant à l'Église presbytérienne aux États-Unis. Comme les synodes, l’Assemblée générale comportait un nombre égal de pasteurs et de laïcs. Les membres de l'Assemblée générale étaient appelés commissioners to the General Assembly ("délégués à l'Assemblée générale"). L’Assemblée générale se réunissait annuellement et était présidée par un modérateur. Elle élisait une commission exécutive et une commission judiciaire. L’Assemblée générale pourrait proposer des amendements constitutionnels, y compris doctrinaux, mais ceux-ci devaient auparavant être approuvés par la majorité de tous les consistoires. Le plus haut tribunal et cour d'appel de l'église était l'Assemblée générale.
Historique vignette|upright=2|Schéma de l'évolution des différentes églises presbytériennes des États-Unis, à partir de l'information communiquée par the Presbyterian Historical Society de Philadelphie, Pennsylvanie. Époque coloniale Premiers efforts d'organisation (1650-1729) alt=Exterior of a neoclassical style church featuring a portico supported by four Corinthian columns.|droite|vignette|La Première Église Presbytérienne de Philadelphie, situé sur la Rue High street (aujourd'hui Rue du Marché). La First Presbyterian Church a été le lieu de rencontre pour le premier consistoire et pour le premier synode presbytérien en Amérique. L'origine des églises presbytériennes est la Réforme Protestante du . Les écrits du théologien et juriste français Jean Calvin (1509-1564) ont consolidé une grande partie de la pensée des réformateurs qui sont venus avant lui, parmi lesquels Huldrych Zwingli. John Knox, un ancien prêtre catholique écossais qui avait étudié avec Calvin à Genève, a rapporté les enseignements de Calvin avec lui lors de son retour en Écosse, où il a pris la tête de la Réforme écossaise de 1560. En conséquence, l'Église d'Écosse a embrassé la théologie réformée et une organisation presbytéro-synodale. Les Écossais d'Ulster ont importé leur foi presbytérienne en Irlande, où ils ont jeté les bases de ce qui allait devenir l'Église presbytérienne d'Irlande.
Lors de la deuxième moitié du , des presbytériens ont immigré en Amérique du Nord britannique. Les Écossais et les Irlandais d'origine écossaise immigrés ont conduit à une forte présence presbytérienne dans la partie centrale des colonies anglaises, en particulier autour de Philadelphie"Presbyterian Church (U.S.A.)". Encyclopædia Britannica Online. consulté le 29 mai 2014.. Avant 1706, cependant, ces groupes presbytériens ne sont pas encore organisés en consistoires ou en synodes.
En 1706, sept ministres de Philadelphie établirent le premier consistoire en Amérique du Nord, sous la conduite de . Il fut principalement créé pour promouvoir la fraternité et la discipline parmi ses membres, et ne se développa que progressivement en véritable consistoire. Les paroisses membres étaient d'abord situés dans le New Jersey, la Pennsylvanie, le Delaware et le Maryland. La poursuite de la croissance de l'église conduisit à la création du Synode de Philadelphie (le "Synode Général") en 1717. Le synode se composait de tous les ministres et d'un laïc, ancien élu de chaque paroisse.