L'opération Pamphlet, également appelée convoi Pamphlet, est une opération militaire de la Seconde Guerre mondiale, menée par les Alliés en et pour rapatrier la  d'infanterie de l'armée australienne depuis l'Égypte.

Durant la traversée de l'océan Indien et le long des côtes australiennes, le convoi est protégé par plusieurs forces navales alliées contre d'éventuelles attaques des navires de guerre japonais. Vers la fin du mois de , les troupes de la commencent à embarquer à bord des navires de transport et l'opération commence le . Les préparatifs débutent après que les gouvernements britannique et américain ont accepté la demande du gouvernement australien de rapatrier la , mettant ainsi fin aux contributions de la Seconde force impériale australienne dans la campagne d'Afrique du Nord. Avant cette prise de décision, Winston Churchill et Franklin Delano Roosevelt ont tenté de convaincre le Premier ministre australien John Curtin de ne pas retirer les troupes australiennes jusqu'à ce que la victoire des Alliés en Afrique du Nord soit complète. Curtin n'est cependant pas disposé à accepter une telle proposition car les commandants alliés opérant dans le Pacifique Sud-Ouest jugent que l'appui de la est nécessaire pour renforcer les troupes déployées en Nouvelle-Guinée.

Le convoi est préparé dans la mer Rouge près de Massaoua, entre la fin du mois de janvier et le début du mois de . Les navires sillonnent l'océan Indien le et, après avoir fait le plein à l'atoll Addu, arrivent sains et saufs au port de Fremantle le . Durant le voyage, aucun accrochage n'a lieu entre les navires des alliés et ceux des Japonais. Quatre des navires de transport poursuivent leur navigation vers la côte est australienne ; l'un s'amarre à Melbourne le et le reste arrive à Sydney deux jours plus tard. À son retour en Australie, la apporte une contribution majeure aux opérations menées en Nouvelle-Guinée vers la fin de l'.

Contexte stratégique La au Moyen-Orient En 1940 et 1941, trois divisions d'infanterie et quelques unités affectées au  de l' sont déployées au Moyen-Orient, où elles prennent part à plusieurs campagnes contre les forces allemandes, italiennes et françaises du régime de Vichy.. Après le déclenchement de la guerre du Pacifique, l'ensemble du corps d'armée, ainsi que les  et  retournent en Australie pour renforcer la défense du pays.

Entre-temps, le gouvernement australien accepte les demandes des Britanniques et des Américains de conserver temporairement la au Moyen-Orient, en échange du déploiement en plus grand nombre des unités de l'armée américaine en Australie et du soutien de la Grande-Bretagne à une proposition d'étendre la Force aérienne royale australienne à . La joue un rôle important durant la première bataille d'El Alamein en et la seconde bataille d'El Alamein entre le et le ... La division perd beaucoup de ses hommes au cours de ce dernier engagement et ne prend guère part à la traque des troupes de l'Axe qui battent en retraite.

Démarches de rapatriement de la division vignette|upright=1.3|Situation stratégique mondiale en : |alt=Carte montrant la situation stratégique mondiale en .

En , plusieurs facteurs obligent le gouvernement australien à rappeler la . En premier lieu, le gouvernement et le commandant des forces militaires australiennes, le général Thomas Blamey, ont le désir de soulager les efforts de guerre des et durant la campagne de Nouvelle-Guinée, et Blamey pense que la est mieux préparée à cette tâche que les milices de l'armée de réserve australienne ou les unités de l'armée américaine. De son côté, le commandant des forces alliées du , le général Douglas MacArthur, fait pression sur les gouvernements américain et australien pour qu'ils demandent des renforts lors des offensives contre les positions japonaises. Ensuite, le gouvernement australien souhaite concentrer son armée dans un seul théâtre, étant donné la difficulté croissante de trouver des renforts après les pertes subies par la au Moyen-Orient, mais aussi les difficultés politiques associées à la mise en œuvre des procédures permettant aux unités de milice de servir hors du pays. À cela s'ajoute une baisse considérable du moral des soldats en cas de séjour prolongé en dehors du territoire australien.

Le , le Premier ministre australien John Curtin envoie un télégramme diplomatique au Premier ministre britannique Winston Churchill afin de demander le retour de la en Australie. Dans le télégramme, Curtin déclare que, en raison de la pénurie de main-d'œuvre en Australie et des exigences liées à la guerre du Pacifique, il n'est plus possible de fournir suffisamment de renforts pour soutenir la division au Moyen-Orient. Considérant la comme un atout indispensable pour la prochaine offensive à El Alamein, le gouvernement britannique s'oppose d'emblée à cette demande. Le , soit six jours après le début de la bataille, Curtin envoie un autre télégramme à Churchill, déclarant que l'Australie a besoin de la division dans le Pacifique afin de participer à de nouvelles offensives. Le , le président américain Franklin Delano Roosevelt écrit à Curtin pour lui proposer le déploiement d'une division supplémentaire de l'armée américaine en Australie, en contrepartie du maintien de la au Moyen-Orient. Curtin, sous la pression de MacArthur, rejette cette proposition le et demande à nouveau le rapatriement de la .

Ratification de l'opération upright=1.1|alt=Photo en noir et blanc d'une troupe militaire effectuant un défilé.|vignette|Soldats de la pendant un défilé militaire à l'aéroport de Gaza, le .

Le , le général Harold Alexander, commandant en chef du Middle East Command, informe le général Leslie Morshead du prochain rapatriement de la . Le , Churchill affirme au gouvernement australien avoir essayé de convaincre Roosevelt de laisser rentrer la , mais que les répercussions stratégiques qui en résulteraient pourraient réduire de l'effectif des forces militaires américaines présentes en Grande-Bretagne et en Afrique du Nord. Il affirme également qu'en raison d'une pénurie de navires, les équipements lourds de la devaient rester au Moyen-Orient. Le , Roosevelt écrit à Curtin pour lui suggérer de laisser la rester au Moyen-Orient jusqu'à la défaite définitive des forces de l'Axe en Afrique du Nord. Le président promet également à Curtin que la sera transférée en Australie au cours du mois de décembre. À la suite de ces messages, le gouvernement australien demande conseil à Blamey et MacArthur pour savoir s'il est nécessaire que la retourne au pays avec l'ensemble de ses équipements lourds. Les deux hommes affirment que ce ne serait pas nécessaire car les Américains fourniront tous les équipements indispensables aux hommes de la après leur retour en Australie.

Le , Curtin insiste de nouveau sur la nécessité de renvoyer la en Australie dès que possible, afin de compenser les pertes subies par l'Armée de terre à la suite des dernières épidémies de maladies tropicales ; d'autant plus que la présence de la division est indispensable pour les préparatifs des offensives alliées dans le Pacifique. Dans son message, il accepte que les équipements lourds soient laissés au Moyen-Orient et exige que la division retourne en Australie avec le strict minimum, afin de se préparer au combat dans le Pacifique Sud-Ouest. Aucun autre débat sur la question n'a lieu et, le , Churchill informe Curtin que les navires de transport seront disponibles vers la fin du mois janvier pour rapatrier la et une partie de ses équipements.

La contribution des troupes de la dans la seconde bataille d'El Alamein prend fin le . Elles prennent la route le et arrivent en Palestine le . Par la suite, la division établit son camp dans une localité située entre Gaza et Qastina, où certains soldats prennent le temps de se reposer, tandis que d'autres s'entraînent. De nombreux hommes de la division obtiennent également une permission. Le , l'ensemble des troupes de la division participe à un défilé militaire à l'aéroport de Gaza.

Préparatifs de l'opération vignette|upright=1.1|Reconverti en navire de transport de troupes, le Queen Mary est équipé de canons anti-aériens.|alt=Photographie en noir et blanc montrant deux canons anti-aériens montés sur le pont d'un paquebot.|droite

Les préparatifs du convoi commencent vers la fin du mois de . Le , tous les commandants des unités de la Première force impériale australienne (AIF) au Moyen-Orient sont informés de l'opération, connue d'abord sous le nom de code « Liddington ». Un plan de sécurité renforcée est mis en place pour l'occasion, et le personnel subalterne est informé du transfert de ses unités en Égypte. De nombreux membres de l'AIF croient au début se préparer à de nouvelles offensives en Méditerranée, mais à mesure que les préparatifs avancent, il devient évident que les unités sont sur le point d'entreprendre un long voyage en mer. Au début du mois de , l'artillerie, les chars et les autres équipements lourds de la sont entreposés dans les dépôts d'armes et, le , la division commence à se déplacer vers la zone du canal de Suez, d'où elle doit embarquer. Au cours de cette période, tout le personnel affecté au RDP () de l'AIF se regroupe avec la , augmentant de manière significative le nombre de passagers autorisés à embarquer. Pour rejoindre le point d'embarquement, la division se déplace en groupes ; quelques-uns passent un jour ou deux dans un camp de transit à Qassin, où tous les véhicules ayant servi au transport sont remis aux autorités britanniques. Avant de quitter le Moyen-Orient, la s'entraîne au débarquement et à la guerre dans la jungle. En janvier, chaque brigade passe trois jours à faire des exercices sur un terrain accidenté près de Bayt Jibrin. La plupart des commandants de brigade et plusieurs officiers de chacun des bataillons d'infanterie suivent également des formations de courte durée en opération militaire amphibie avec des experts britanniques sur les lacs Amer, en Égypte.

Vers la fin de l', la Royal Navy apporte sa contribution au rapatriement de la en affectant quatre grands navires de transport de troupes à l'opération. Au début, le Comité des chefs d'état-major britannique propose à Churchill de traverser l'océan Indien sans escorte de protection mais, étant donné que la partie est de l'océan est à portée des forces navales japonaises basées à Singapour, dont les sous-marins ont déjà attaqué quelques navires près d'Aden, cette proposition est jugée risquée, d'autant plus qu'il est peu probable que le mouvement de tant de troupes puisse être gardé secret. De plus, la navigation sans escorte du convoi viole une politique de longue date consistant à affecter au moins un capital ship pour protéger les convois de troupes dans cette région, et n'aurait donc pas été acceptée par le gouvernement australien. En novembre, le Comité des chefs d'état-major décide d'attribuer une escorte au convoi, en omettant toutefois de donner des détails sur le nombre de navires affectés.