Le sémaglutide est une molécule analogue au GLP-1, qui est l'une des hormones de satiété. C'est un médicament initialement développé comme antidiabétique et commercialisé par Novo Nordisk sous la dénomination Ozempic (contre le diabète), et de Wegovy (pour la perte de poids).
Parmi les médicaments utilisés pour gérer le diabète, il se distingue par son administration sous-cutanée à longue durée d'action, pouvant être administré une fois par semaine, et la réduction du risque d'événements cardiovasculaires. Il existe également une formulation orale, à prise quotidienne, commercialisée depuis 2019 sous le nom Rybelsus pour les diabétiques. Aux États-Unis, la Food and Drug Administration autorise en la vente de la forme orale pour la perte de poids.
Grâce à sa propriété de coupe-faim, il permet une perte de poids. Le fabricant, Novo Nordisk, obtient en une indication officielle en Europe pour la gestion du poids à long terme, et le vend pour cette indication sous le nom Wegovy. En France, il bénéficie dès d'une AMM précoce de par l’ANSM, dans l’indication : perte de poids chez l’adulte (≤ 65 ans) avec un indice de masse corporelle (IMC) initial ≥ 35 kg/m2 après échec d’une prise en charge nutritionnelle.
Le Wegovy peut toutefois provoquer des nausées, des diarrhées et plus rarement des vomissements . Il peut aussi avoir des effets graves sur le système digestif. Après de longues négociations avec l'industriel, l'assurance maladie française décide de le rembourser à 65% (ou 100% en cas d'affection de longue durée) à partir de la mi-juin 2026 pour les personnes atteintes d'obésité massive sans comorbidité, ou sévère avec comorbidité. Le coût annuel pour les finances publiques est estimé à une centaine de millions d'euros pour le million de bénéficiaires potentiels.
Histoire Bien avant le développement du sémaglutide, la biochimiste Svetlana Mojsov découvre le GLP-1. Elle publie en 1987 ses découvertes sur la stimulation de l'insuline chez les rats .. Peu après commence la recherche d'agonistes des récepteurs de formes bioactives du GLP-1. L'exénatide est le premier agoniste approuvé par la FDA en 2005, mais cette gamme de médicaments a le défaut d'avoir une très courte durée de vie, ce qui réduit fortement leur intérêt. Un progrès important est réalisé lorsque Lotte Bjerre Knudsen et un groupe de chercheurs de Novo Nordisk découvrent comment protéger les agonistes de la dégradation en les liant de manière réversible à de l'albumine ; cela permet le développement du liraglutide, puis du sémaglutide..
En 2026, le brevet du sémaglutide tombe dans le domaine public en Inde. Plusieurs génériqueurs en ont immédiatement lancé des versions très bon marché du médicament, ce qui inquiète les autorités sanitaires et celles d'autres pays en raison d'un accès massif (et non encadré) à ces produits utilisés comme traitements amaigrissants, avec des risques d’effets indésirables pouvant devenir graves en l’absence de suivi médical..
Efficacité Utilisé seul, il permet une diminution moyenne de l'hémoglobine glyquée de 1,5 % avec une baisse de poids. Associé au traitement conventionnel du diabète de type 2, il s'avère être supérieur à la sitagliptine et à l'insuline pour l'équilibrage du diabète.
Il a aussi été testé, à doses plus élevées, contre l'obésité en l'absence de diabète. Il permet une perte de masse corporelle allant jusqu’à 17 % (après 68 semaines de traitement). Cet effet est obtenu par une modification hormonale qui induit une diminution de l'appétit par un ralentissement de la vidange gastrique.
Alors que l'obésité de l’enfant et de l’adolescent s'étend dans le monde, des études de cohortes longitudinales indiquent que plus de 50% de ces enfants ou adolescents obèses le resteront à l'âge adulte, avec un risque accru, associé, de maladies cardiovasculaires. Le sémaglutide pourrait, chez certains patients à la fois obèses et diabétiques, faire reculer le nombre d'infarctus du myocarde, d'accidents vasculaires cérébraux et la mortalité cardiovasculaire, mais selon une étude-pivot de phase 3, le médicament ne semble pas avoir d'effet préventifCet essai clinique en double aveugle, a comparé le sémaglutide à un placebo, chez les patients adultes obèses traités par 2,4 mg de sémaglutide par semaine par voie sous-cutanée. Les patients ont tous bénéficié de séances de conseil individuelles toutes les 4 semaines pour les aider à adhérer à un régime hypocalorique (déficit de 500 kcal par jour par rapport à la dépense énergétique estimée au moment de la randomisation). Ils devaient aussi augmenter leur activité physique (avec 150 minutes par semaine d'activité physique, comme la marche)). La perte de poids à 68 semaine était 3 fois plus importante qu'avec le placebo ; et un rapport bénéfice-risque globalement favorable a été constaté par rapport au placebo. D'autre part, selon J.P Sculier, doivent encore être évalués pour .
Autres usages et détournement d'usages Commercialisé dans l'indication de gestion de l'obésité chez les diabétiques de type 2 depuis 2022 (sous le nom de Wegovy), son détournement, sur TikTok notamment, inquiète les médecins, le fabricant Novo Nordisk indique en souffrir de problèmes d'approvisionnement en raison d'un détournement d'usage promu sur les réseaux sociaux, par des personnes cherchant à maigrir.
Coupe-faim Le sémaglutide est aussi un coupe-faim (il ralentit la vidange de l’estomac, diminuant de fait l’appétit) et utilisé pour lutter contre l’obésité. En France, il fait d'abord l’objet d’une « surveillance renforcée » par l’Assurance-maladie, en raison de risques d'affections gastro-intestinales sévères. L'Assurance-maladie décide enfin son remboursement partiel à partir de mi-juin 2026.
Fibrose hépatique En 2020, les résultats d'un essai clinique dans la stéatose hépatique non alcoolique montrent, dans certains cas, une régression des lésions mais sans amélioration significative sur la fibrose hépatique.
Insuffisance rénale chronique Chez le patient diabétique avec une insuffisance rénale chronique, il permet de ralentir la progression de cette dernière.
Troubles inflammatoires chroniques et syndromes mastocytaires Une étude sur 47 patients de 2025, ainsi qu'un rapport de cas médical de 2023, font état de bénéfices pour les patients atteints du syndrome d'activation mastocytaire ou de mastocytose systémique avec la prise d'agonistes des récepteurs GLP-1, tel que la sémaglutide.
Amélioration des performances sportives Du fait de son effet sur l'appétit et la digestion, le sémaglutide pourrait être utilisé à des fins d'amélioration des performances sportiveshttps://www.levif.be/sport/lozempic-le-nouveau-produit-dopant-des-sportifs-il-aide-a-retrouver-la-condition-physique-plus-rapidement/. Toutefois, en 2026, le sémaglutide ne fait pas partie des substances interdites, car considérées comme dopantes, par l'Agence mondiale antidopage. Il est uniquement inscrit sur sa liste de surveillance, c'est-à-dire celle des molécules qui sont dosées lors des prélèvements sans entrainer de poursuites.Liste Rouge. Comprendra qui pourra. Magazine Sport et Vie, n°215, mars-avril 2026.
Posologie Il est prescrit en une injection sous-cutanée hebdomadaire. Il est commercialisé sous le nom Ozempic sous forme de seringues préremplies contenant quatre doses, chacune de , ou , ou .
Effets secondaires thumb|300px|Effets secondaires possibles avec le sémaglutide Sur le plan sémantique, les effets «cibles » des agonistes du récepteur du GLP-1 (GLP-1RA) sont ceux qui conduisent à une réduction de la glycémie. Tout autre effet peut être considéré comme un effet pléiotrope, « hors-cibles » ou, dans le cas d’actions indésirables, un effet adverse. Bon nombre des effets (indésirables) de classe sont partagés entre les différents GLP-1RA, cependant des différences existent. Pour le sémaglutide, on peut s’attendre à un profil d’effets secondaires différent entre les formulations orale et sous-cutanée. Mis à part l’évidence — les comprimés ne provoqueront pas de réactions au site d’injection — on peut supposer que des concentrations dans le sang plus élevées induisent davantage de troubles gastro-intestinaux. De plus, avec la dose orale maximale, les concentrations plasmatiques sont plus faibles que celles obtenues avec la dose sous-cutanée maximale (20 mg par voie orale donnent des concentrations plasmatiques d’environ 25 nM, tandis que 1 mg en sous-cutané donne environ 45 nM). Il est important de noter qu’aucune donnée comparant directement le profil pharmacocinétique des deux formulations n’est disponible.
Un autre problème (qui existe aussi avec d'autres médicaments dits « régulateurs d'appétit » (comme le tirzépatide) est que la perte de masse corporelle ne concerne pas que la masse adipeuse (grasse), mais aussi la masse maigre : ce médicament peut autant induire une fonte musculaire que de la masse graisseuse.. en 2023, chez l'adolescent obèse ..
En France, une surveillance active de l'utilisation du médicament a été mise en place par l'ANSM et la CNAM afin notamment d'éviter que son mésusage ne pénalise les personnes diabétiques pour qui ce traitement est essentiel.. En , l'ANSM annonce renforcer sa vigilance en lançant des études prospectives de pharmacovigilance alors que l'on recense 700 000 patients traités par des analogues GLP-1..
Hypoglycémie Étant donné que l’objectif principal de la thérapie par agonistes du GLP-1 (GLP-1RA) est de réduire la glycémie, il est concevable que ces agents puissent provoquer une hypoglycémie. Cependant, puisque les GLP-1RA diminuent principalement la glycémie en stimulant une sécrétion d’insuline dépendante du glucose, l’hypoglycémie constitue un problème peu fréquent. De plus, l’inhibition de la libération de glucagon ne se produit pas en conditions hypoglycémiques.
Les données en vie réelle concernant l’hypoglycémie se limitent à une seule cohorte observationnelle canadienne. Chez 815 individus ayant débuté un traitement par sémaglutide et suivis pendant 6 mois, aucun changement dans l’hypoglycémie rapportée globalement n’a été observé. Bien que le groupe des utilisateurs concomitants d’insuline n’ait pas non plus rapporté d’augmentation de l’hypoglycémie, cela pourrait être lié à la réduction moyenne de 10 à 20 % de la dose totale quotidienne d’insuline. Les utilisateurs de sulfamides n’ont pas présenté d’augmentation des événements hypoglycémiques. Ainsi, le risque d’hypoglycémie apparaît faible avec le sémaglutide, qu’il soit administré par voie sous-cutanée ou orale, lorsqu’il est utilisé seul. Toutefois, ce risque augmente lorsqu’il est associé à un sulfamide hypoglycémiant et/ou un traitement par insuline. Plusieurs experts recommandent de réduire la dose de sulfamides hypoglycémiants ainsi que d’insulines à action courte ou prolongée avant ou pendant la titration du traitement par GLP-1RA, afin de diminuer le risque d’hypoglycémie (sévère).
Effets gastro-intestinaux Dans les essais de phase 3, le sémaglutide, qu’il soit oral ou sous-cutané, a été associé à des troubles gastro-intestinaux tels que nausées ( 11,4 à 20 % ), vomissements( 4 à 11,5 %) et diarrhées ( 4,5 à 11,3 %), des effets bien connus de cette classe médicamenteuse. L'effet secondaire le plus fréquent étant la nausée. Mais ils apparaissaient plus élevés chez les patients atteints de diabète de type 2 avec fonction rénale réduite (débit de filtration glomérulaire estimé entre 30 et 59 ml/min) et comorbidités.
Dans un essai de phase 2, le sémaglutide sous-cutané et oral ont été comparés directement. Dans cet essai, les patients ont été randomisés pour recevoir du sémaglutide oral (5, 10, 20 ou 40 mg une fois par jour), du sémaglutide sous-cutané (1 mg une fois par semaine) ou un placebo. L’étude évaluait également l’effet de l’augmentation progressive des doses dans deux groupes supplémentaires. Malheureusement, les doses orales actuellement recommandées de 7 et 14 mg n’étaient pas incluses.