Le Mouvement de la société pour la paix (MSP ou Hims, en Harakat Moudjtamaa As-Silm), anciennement Mouvement de la société islamique (MSI ou Hamas algérien, en Harakat Al-Moudjtamaa Al-Islami), est un parti politique algérien islamiste créé le par Mahfoud Nahnah, qui fut son chef jusqu'à son décès en 2003. Ses successeurs sont Aboudjerra Soltani (2003-2013), Abderrazak Makri (2013 - 2023), Abdelmadjid Menasra (2017) et Abdelaali Hassani Cherif (depuis le ).

Proche des Frères musulmans lors de sa création, le MSP évolue, puis représente une opposition islamiste modérée dans sa critique et respectueuse de la légalité.

Membre de la coalition au pouvoir de 1997 à 2012, le parti est englué dans de nombreux scandales de corruption, qui ternissent son image. Il subit alors une érosion de son électorat et se retrouve dès lors discrédité au sein de l'opinion publique. Durant le Hirak, son chef Abderrazak Makri se retrouve chassé par les manifestants alors qu'il tente de prendre part aux cortèges.

Présentation Origine Fondé en 1990 sous le nom de Mouvement de la société islamique, il change de nom le et devient le Mouvement de la société pour la paix.. Le parti aurait été fondé à l'initiative de la Sécurité militaire..

Son fondateur est Mahfoud Nahnah (1942-2003), membre des Frères musulmans, il critique la stratégie du Front islamique du salut (FIS), il est alors accusé de faire le jeu du pouvoir algérien. Après l'arrêt du processus électoral de 1992, le MSP reste dans la légalité. En 2021, le politologue Mansour Kedidir considère que le MSP se réclamant d'un islamisme modéré ne représente pas un danger pour la démocratie algérienne« Le choix des frères », Jeune Afrique, numéro 2470, pp. 46-47, mai 2008..

Prises de position

Le MSP a été favorable au projet de réconciliation nationale prônée par le président Bouteflika (largement adopté par référendum) et prévoyant notamment une amnistie pour les terroristes non condamnés pour des crimes de meurtre ou de viol. Le parti est également fortement opposé au changement du Code de la famille algérienne largement inspiré de la tradition islamique.

En , Abou Djerra Soltani est réélu président du MSP face à Abdelmadjid Menasra qui lui reproche la participation du parti à l'alliance présidentielle, le recul électoral du parti et son poste de ministre sans portefeuille.

La politique de soutien de Soltani à Bouteflika (en particulier dans la recherche d'un troisième mandat présidentiel) entraîne la démission de plusieurs membres du MSP dont Abdelmadjid Menasra et 8 autres parlementaires et la création d'un nouveau parti islamiste le : le Mouvement pour la prédication et le changementAlgérie: Création d'un "Mouvement pour la prédication", Continental news, 16 avril 2009..

En 2015, le groupe parlementaire de l'Alliance de l'Algérie verte, mené par le MSP, boycotte la séance parlementaire organisée pour adopter la loi sur les violences faites aux femmes, jugeant le texte ..

En 2017, Abdelmadjid Menasra fusionne son parti (devenu le Front du changement en 2011) avec le MSP, qu'il rejoint, sous la direction d'Abderrazak Makri..

Ayant participé au gouvernement sous Abdelaziz Bouteflika, voire à la corruption au sein de son régime, le MSP, à l'instar du Front pour la justice et le développement (FJP), est discrédité aux yeux des participants du Hirak. Makri est ainsi conspué par les manifestants..

En , désireux d'apporter sa contribution au projet de réforme constitutionnelle initié par le président de la République, Abdelmadjid Tebboune, le MSP propose de et de Le MSP veut criminaliser l’usage «officiel» du français, El Watan, 21 mai 2020..

Le , dans le cadre d'une question qui lui est posée au Conseil de la nation en tant que Ministre du Travail et des Affaires sociales, El Hachemi Djaâboub, par ailleurs cadre influent au sein du Hamas, suscite une controverse en qualifiant la France d'. Cette déclaration est interprétée comme voulant Un ministre algérien qualifie la France d’« ennemi éternel », site observalgerie.com, 9 avril 2021..

Élections

Ce parti a remporté 7 % des voix et a eu 38 députés au parlement à la suite des élections législatives de 2002. Il fait partie de la coalition parlementaire qui forme le gouvernement avec le FLN et le RND. La plupart des scandales de corruption de cette époque concernent des ministères attribués au MSP. Il quitte l'Alliance présidentielle en et le gouvernement en et devient la première force de l'opposition sous la présidence de Abderrazak Makri élu à la tête du parti de à (avec une interruption en 2017).

Lors des élections législatives du 17 mai 2007, le MSP obtient 9,71 % des voix et 52 sièges.

Congrès + Congrès du MSP Congrès Date Président congrès

Mahfoud Nahnah congrès

Mahfoud Nahnah congrès

Aboudjerra Soltani congrès

Aboudjerra Soltani congrès

Abderrazak Makri congrès extraordinaire

Abdelmadjid Menasra puis Abderrazak Makri congrès extraordinaire

Abderrazak Makri congrès

Adelali Hassani Cherif

Résultats électoraux

Élections présidentielles

Année Candidat Voix % Rang 1995 Mahfoud Nahnah 25,58 2024 Abdelaali Hassani Cherif 9,56

Élections législatives Année Résultats Rang Sièges Voix % 1997 14,80 2002 7,00 2007 9,71 2012 Au sein de l'Alliance de l'Algérie verte 2017 6,09 2021 4,62 2021 10,30

Élections sénatoriales Année Rang Sièges 2022 2025

Identité visuelle

Notes et références

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