220px|thumb|Le Pavillon Ledoyen, décor extérieur du restaurant Septime.
Le Grand Restaurant est un film comique français réalisé par Jacques Besnard, sorti en 1966.
Imaginé dès la fin des années 1950 par l'acteur Louis de Funès, puisant dans ses propres souvenirs de pianiste de bar surexploité durant sa jeunesse, le film raconte les mésaventures de monsieur Septime, patron d'un grand restaurant parisien sur les Champs-Élysées, fleuron de la gastronomie française, aussi tyrannique avec ses employés qu'obséquieux avec ses clients. Sa vie est bouleversée par l'enlèvement d'un chef d'État d'Amérique du Sud dans son prestigieux établissement et tous les soupçons s'orientent vers lui.
En plus d'être l'acteur principal, Louis de Funès coécrit le scénario, compose la distribution et collabore à la direction d'acteurs lors du tournage. Le film est le premier de sa carrière à la conception duquel il participe concrètement, étant même au départ, annoncé comme réalisateur. Il s'entoure de Jean Halain, Jacques Besnard et Jean Marion, proches collaborateurs du réalisateur André Hunebelle, pour bénéficier d'une haute qualité technique, tout en se dispensant des desiderata du vieux maître du cinéma comique français.
Louis de Funès réunit des comédiens lui étant familiers, dont Bernard Blier, Noël Roquevert, Paul Préboist, le duo Grosso et Modo ainsi que d'autres amis des Branquignols et attribue également un petit rôle à son fils Olivier. Le tournage a lieu, dans une bonne ambiance propice à l'improvisation, au sein des studios de Saint-Maurice et en extérieurs à Paris, notamment devant Ledoyen, sur la Côte d'Azur et à Val-d'Isère.
Malgré des critiques mitigées, Le Grand Restaurant, sorti en salles à la rentrée 1966, attire au total plus de de spectateurs, un succès d'ampleur toutefois moins colossal que celui de La Grande Vadrouille, sorti en décembre de la même année. Il fait ultérieurement partie des classiques de la télévision française.
Résumé vignette|gauche|alt=Façade d'un pavillon néo-classique ouvert de grandes baies. En dessous de la marquise de l'entrée, l'inscription « Ledoyen ».|L'entrée du restaurant Septime, table parisienne huppée et renommée, en réalité le Pavillon Ledoyen. Monsieur Septime dirige d'une main de fer le célèbre grand restaurant Septime, temple parisien de la gastronomie française. Seul le colosse Marcel, le chef de cuisine, le rend lâche. Omniprésent dans la salle, soucieux d'offrir le meilleur des services, Septime veille à chaque détail, reprenant son personnel à la moindre erreur, quitte à leur mener la vie dure. Il traite ses employés, en particulier les serveurs, de manière infantilisante : il les mène au doigt et à l'œil et leur inflige des punitions quasi scolaires. Il oblige par exemple les fautifs à recopier le menu à la main. Son chouchou est son Roger, serveur lèche-botte prêt à dénoncer ses collègues. À l'opposé, Septime fait preuve d'une grande déférence à l'égard de sa prestigieuse clientèle composée d'hommes politiques importants, d'aristocrates, de hauts responsables de la police et autres gens du monde.
vignette|alt=Gros plan montrant le visage d'un comédien d'une cinquantaine d'années au jeu très expressif.|Louis de Funès tient le rôle de , intraitable patron du fameux restaurant portant son nom.
Un jour, désireux de voir le comportement de son personnel en son absence, Septime se déguise en client précieux et exigeant, multipliant les demandes absurdes. Un serveur ne garde pas son sérieux face aux caprices du faux client. Septime surprend aussi un flagrant relâchement chez ses employés, voire des pratiques honteuses. Après s'être dévoilé à son personnel circonspect, il accueille une réservation particulière : le président Novalès, chef d'État d'Amérique du Sud en visite officielle à l'Élysée, a fait la demande expresse de dîner le soir même chez Septime. La secrétaire et le chargé de la sécurité du président, Sophia et Enrique, visitent l'établissement au préalable.
Cette venue honore Septime, bien décidé à se montrer à la hauteur. Scandalisé par le manque de prestance découvert lors de son inspection surprise, Septime soumet sa brigade de serveurs à un . Il travaille leur posture en salle et les mène dans un ballet Grand Siècle ; sous l'impulsion du facétieux pianiste, le ballet raffiné se transforme en brutale danse cosaque. Septime aligne les punitions, provoquant une mutinerie des serveurs, qu'il se résigne à ne sanctionner qu'une fois l'important dîner passé.
vignette|redresse|gauche|alt=Photo en noir et blanc d'un cinquantenaire costaud en smoking, souriant.|Le président Novalès, chef d'État d'Amérique du Sud en visite à Paris, est interprété par l'acteur italien Folco Lulli.
Le soir, le président Novalès et ses deux assistants viennent dîner chez Septime. Une première humiliation pour ce dernier survient lorsque le pianiste massacre l'hymne de son pays, faute d'avoir pu réunir les musiciens adéquats, mais le président n'en prend pas ombrage. Le repas se conclut sur la « pyramide à la Septime », fameux dessert du restaurant, réclamée par le président. Clou du dîner, Septime fait éteindre la salle pour flamber la pièce montée arrosée d'alcool. Le dessert pétarade de manière inattendue. Lorsque les lumières sont rallumées, le président Novalès a disparu. Sophia et Enrique préviennent immédiatement la police de l'enlèvement. Pris de panique, Septime commence à chercher le président dans tous les recoins de son restaurant, jusque dans les cuisines.
Le lendemain, Septime est interrogé par la police. L'évènement est terrible pour la réputation de son établissement, l'œuvre de sa vie. Intransigeant, le commissaire divisionnaire, d'ailleurs habitué de Septime, ne lui cache pas qu'il est pour l'instant le principal suspect de l'enquête, accusé de complicité avec les terroristes derrière l'enlèvement. Le restaurateur accepte de coopérer : le commissaire lui confie les photos de plusieurs opposants de Novalès identifiés en France. En réalité, de leur côté, ce réseau de conspirateurs contre Novalès est désemparé : ils avaient prévu de l'enlever à la fin du séjour, à l'aéroport, avec l'appui de l'un des leurs, l'assistant Enrique. Pensant qu'un autre réseau les a doublés, les conspirateurs décident de surveiller Septime. De son côté, l'impétueuse secrétaire Sophia menace Septime de le tuer s'il ne fait rien pour retrouver Novalès.
vignette|redresse|alt=Photo en noir et blanc d'un bel homme d'une trentaine d'années.|Enrique, chef de la sécurité de Novalès, incarné par Venantino Venantini, est un traître conspirant pour enlever le président.
Au dîner, Septime tente de repérer les conspirateurs parmi ses clients. Sophia et Enrique viennent aussi ensemble, bien que pour des raisons différentes. Les terroristes rendent effectivement visite au restaurant. Septime les identifie, prévient la police, mais commet la maladresse de montrer aux malfaiteurs leurs propres photos. Ceux-ci s'échappent avant l'arrivée des forces de l'ordre et le commissaire divisionnaire, furieux, arrête Septime pour la nuit. Si le coup de la veille a raté, le commissaire estime toutefois que les terroristes vont désormais tenter de mettre la main sur Septime, donnant l'occasion de les capturer. À la sortie du poste, Septime est bien contacté par des ravisseurs de Novalès, à travers un talkie-walkie caché dans sa voiture : une énorme rançon est exigée. Il s'agit en fait d'une opération montée par la police, à l'insu de Septime, pour piéger et attirer les véritables conspirateurs en leur faisant croire qu'une autre bande espère tirer profit de l'enlèvement qu'ils auraient commis.
Au matin, le commissaire remet à Septime une valise remplie de bons du Trésor. Septime devra suivre les indications données par les faux ravisseurs (la police), toujours apeuré par l'idée d'être abattu ou que le président Novalès soit exécuté. La promesse de recevoir la Légion d'honneur en cas de réussite le ragaillardit. La livraison prochaine de la rançon est annoncée dans la presse. L'opération fonctionne puisque les conspirateurs sont excédés par la nouvelle et décident de suivre Septime pour tout de même subtiliser la rançon pour leur propre cause, eux qui voulaient enlever Novalès pour motifs politiques et non pécuniaires.
vignette|gauche|alt=Une chaîne de montagnes enneigées.|Le plan du commissaire mène Septime jusque dans les montagnes enneigées des Alpes, à Val-d'Isère.
Téléguidé par les instructions du talkie-walkie, Septime roule jusqu'aux Alpes, bientôt suivi par une décapotable conduite par une femme blonde (la secrétaire Sophia dissimulée sous une perruque, elle aussi décidée à coincer les ravisseurs) puis un autre véhicule, avec à son bord Enrique et les conspirateurs. Depuis les airs, le commissaire surveille les trois véhicules en hélicoptère. Les routes enneigées de la station de ski de Val-d'Isère provoquent les accidents de Septime et Sophia mais, après de périlleuses cascades, la police parvient à arrêter le groupe de terroristes. À Paris, au cours de son interrogatoire, Enrique ne peut que nier avoir enlevé Novalès ; le commissaire pense obtenir des aveux de lui tôt ou tard.
vignette|La tempétueuse secrétaire du président Novalès est jouée par Maria-Rosa Rodriguez. Enfin libéré de cette aventure, serein de retrouver son établissement, Septime reprend sa voiture. Encore une fois, un homme s'adresse à lui depuis la banquette arrière : Septime est sommé de se rendre à un aéroport, d'où, avec le mystérieux individu, il rejoint la Côte d'Azur, à Nice. L'homme le mène jusqu'au jardin fleuri d'une villa donnant sur la mer. Stupéfait, Septime se retrouve face au président Novalès, en train de jardiner tranquillement. L'homme d'État, épuisé par ses fonctions, a organisé sa fuite avec l'un de ses amis, pour s'octroyer quelques jours de vacances. Il présente ses excuses au restaurateur pour les désagréments que lui a causés ce stratagème. Entendant réparer ses torts, Novalès a tout prévu : il réapparaît et laisse croire que Septime l'aurait sauvé de ses ravisseurs, redorant ainsi l'image de Septime en en faisant un héros. Le commissaire n'est que peu convaincu par l'explication. Novalès dîne à nouveau au grand restaurant, mais, au moment de flamber la « pyramide à la Septime », le même incident a lieu : il ne s'agit cette fois-ci que d'une farce, le président s'étant caché sous la table...
Fiche technique vignette|Drapeau du pays d'Amérique du Sud que préside Novalès. Titre français : Le Grand Restaurant Réalisation : Jacques Besnard Scénario : Jean Halain Adaptation : Jean Halain, Louis de Funès, Jacques Besnard (et Jean Marion, non crédité) Dialogues : Jean Halain Décors : Paul-Louis Boutié, assisté de Henri Sonois et Olivier Girard Photographie : Raymond Lemoigne (directeur de la photographie), Jean Benezech (cadreur), Vladimir Ivanov (assistant-cadreur) Son : René-Clément Forget Assistant-réalisateur : Michel Lang, Pierre Cosson Chorégraphie : Colette Brosset Effets spéciaux () : Gil Delamare Photographe de plateau : Roger Corbeau Montage : Gilbert Natot Musique : Jean Marion Production : Alain Poiré Société de production : Société nouvelle des établissements Gaumont Pays d'origine : Langue originale : français Format : couleurs (Eastmancolor) — — 2,35:1 (Techniscope) — son mono Genre : comédie Durée : (). Visa d'exploitation : Date de sortie : France : Affiches : Jouineau Bourduge, Charles Rau (France)
Distribution
Louis de Funès : , patron d'un grand restaurant parisien Bernard Blier : le commissaire divisionnaire Folco Lulli : , le président sud-américain Venantino Venantini : Enrique Maria-Rosa Rodriguez : Sophia, la secrétaire du président Novalès Paul Préboist : le sommelier Noël Roquevert : le ministre Raoul Delfosse : Marcel, le chef cuisinier Max Montavon : le violoniste Roger Caccia : le pianiste Jean Ozenne : le maître d'hôtel, qui répète Pierre Tornade : le second maître d'hôtel