Le fort du Vert-Galant, appelé brièvement fort Carnot, est un ouvrage fortifié situé sur la limite entre les communes de Wambrechies et de Verlinghem, dans le département du Nord.

Ce fort, construit en 1879, devait défendre l'approche nord-ouest de l'agglomération lilloise. Ses fossés furent utilisés en 1942 par l'occupant allemand pour fusiller des résistants.

Description Le camp retranché de Lille était composée principalement d'une ceinture de sept forts détachés, onze ouvrages et deux batteries ; le Vert-Galant est un fort au nord de cette ceinture, dominant de ses d'altitude la plaine bordant la Deûle.. Le fort était épaulé par le fort de Lompret à au sud-ouest (sur la commune de Verlinghem) et l'ouvrage de Wambrechies à vers l'est ; la voie ferrée de La Madeleine à Comines longe son glacis oriental.

C'est un fort Séré de Rivières de la première génération, de forme polygonale presque rectangulaire, avec un front droit, des ailes à 60° et une gorge rentrante. Il est construit en maçonnerie de briques recouverte d'une épaisse couche de terre, entouré de fossés défendus par des caponnières (une simple à l'angle nord-ouest et une double au nord-est). L'artillerie était placée sur des plateformes à l'air libre, séparées par des traverses-abris. Le casernement est en dessous de la crête d'artillerie, dans des casemates donnant sur trois cours encaissées.

Histoire Par le décret du , le ministre de la Guerre Georges Boulanger renomme tous les forts, batteries et casernes avec les noms d'anciens chefs militairesNote le du ministre de la Guerre Boulanger aux généraux commandant les régions militaires ; décret présidentiel du pour les nouvelles dénominations des forts, batteries et casernes sur proposition du ministre de la guerre, M. le général Boulanger.. Pour le fort du Vert-Galant, son « nom Boulanger » est en référence au général Lazare Carnot : le nouveau nom devait être gravé au fronton de l'entrée. Dès le , le successeur de Boulanger au ministère, Théophile Ferron, abroge le décretLettre bis le de M. le ministre de la Guerre, M. le général Ferron, abrogeant le décret présidentiel du 21 janvier.. Le fort reprend officiellement son nom précédent.

Les fortifications de la place forte de Lille n'ont pas été modernisées à la fin du (pas de béton ni de cuirassement) ; en conséquence, la place est déclassée en 1910. L'agglomération est proclamée « ville ouverte » par décret du , le poste de gouverneur de Lille (c'est alors le général Albert-Isidore Lebas) est supprimé et le matériel militaire commence à être évacué (vers Maubeuge, Hirson, Vincennes et Versailles). Mais le , le commandant en chef Joffre nomme le général Victor Herment, qui commandait à Douai, gouverneur, avec ordre de défendre Lille ; dès le 24 c'est le contre-ordre, il faut évacuer en catastrophe l'arsenal d'artillerie et les dépôts d'infanterie (ceux-ci au Havre). L'agglomération reste ensuite en dehors de la zone des opérations jusqu'au retour de quelques unités françaises le ; les combats d'octobre ne concernent que le centre-ville et les faubourg est et sud.. Pendant le reste de la Première Guerre mondiale, le fort sert de lieu de repos pour les troupes allemandes, en arrière de la ligne de front.

En 1940, le bâtiment central et la cour Est sont détruits à l'explosif. Puis le fort est de nouveau utilisé par l'occupant allemand, mais cette fois-ci pour les exécutions de de 1941 à 1943 dans les fossés.

Le , un groupe de FFI attaque une colonne allemande en retraite, à proximité du fort du Vert-Galant à Wambrechies. Aujourd’hui, une plaque est installée à Wambrechies, rue de la Résistance, pour honorer la mémoire des 4 Wambrecitains tués au cours des combats de la Libération.

Pendant la guerre froide, le fort a été utilisé occasionnellement par les militaires du d'infanterie. La végétation envahit le terrain de , masquant partiellement les structures maçonnées. Il a été acheté en par la commune de Wambrechies, qui y a mené des travaux de rénovation à partir de 2012..

Fusillés

En 2012, un mémorial représentant quatre hommes suppliciés a été réalisé par l'artiste allemand Ilja Wedekind.

1942 à : Germain Delettrez, Élie Rabinovitch, Julien Sarazin, François né Frantz Sobocki et Henri Terryn ; : deux Polonais, Grégor Burczykowski et Vitold Supernak de Sallaumines, et un Yougoslave, Victor Filipic d'Avion ;

: Guido Brancadoro, Antoine Levrangi ; : Louis Hein ; Fernand Rombeau ; : Georges Bouhour, René Caby.

Stolpersteine Afin de rendre hommage aux victimes du nazisme, les Stolpersteine ou pavés de mémoire sont installés dans le trottoir devant leur dernier domicile. Des pavés ont été posés pour rendre hommage aux fusillés du fort du Vert-Galant à l'initiative des associations Stolpersteine Nord-Pas-de-Calais et Lille-Fives 1942:

Elie Rabinovitch au 86, rue Gambetta à Lille. Aimable Martel au 164, rue Voltaire à Sin-le-Noble. Edouard Pieters au 23, rue Isabeau de Roubaix à Roubaix. Floris Lehembre au 10, rue Princesse à Lille. Georges Renard au 33, rue Charles Debierre (anciennement rue du curé Saint-Sauveur). Henri TerrynL’Humanité, 4 mars 2026 au 108, rue du Grand Chemin à Roubaix.

Notes et références

Annexes

Bibliographie

Articles connexes Fortifications de Lille Siège de Lille (1914) Citadelle de Lille

Liens externes

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Les forts Séré-de-Rivières de la place de Lille, sur La fabrique du patrimoine Hauts-de-France. Regards du service de l'Inventaire régional du patrimoine culturel.

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