L.G., une aventure des années soixante (L.G. pour Ligne Générale) est un recueil posthume composé de sept essais de Georges Perec, et paru en 1992 aux éditions du Seuil. Les sept textes recueillis, dont trois sont co-écrits, avaient d'abord été publiés au début des années 1960, notamment dans la revue Partisans...

Composition du recueil Les quatre premiers essais mettent en exergue la . La réflexion de Perec sur la littérature tend à construire , située entre la philosophie existentialiste de Jean-Paul Sartre et de Roland Barthes.

Préface Le recueil est préfacé par Claude Burgelin., qui décrit notamment la genèse du projet collectif d'une revue intitulée La Ligne générale ainsi que de Perec et des autres membres de ce groupe d'auteurs. Burgelin considère que si le projet de revue n'aboutit jamais, Perec forgea grâce à lui une bonne partie de ses théories littéraires, pilotis de son œuvre future.

Textes

Le Nouveau Roman et le refus du réel Dans ce texte co-écrit avec Claude BurgelinParu dans Partisans, n°3, février 1962., Perec prend acte de l’échec de la littérature engagée qui, par son dogmatisme arbitraire, n’avait aucune prise sur le concret.

Certes, de manière apparemment positive, le Nouveau Roman tend à élaborer les bases d’une description nouvelle de la réalité et, ressentant la nouvelle complexité du monde, refuse que la littérature en soit une expression non complexe, mais la disparition revendiquée des conventions héritées de Stendhal ou de Flaubert ne débouche que sur l’apparition de conventions nouvelles, se référant, fondamentalement, à l’irrationnel.

L’idéologie du Nouveau Roman est donc profondément réactionnaire, en ce sens que sa prétendue lucidité n’est qu’une mise entre parenthèses de monde : la réalité qu’il donne à voir est une réalité gratuite, coupée de tout lien social, où l’homme n’a aucune prise sur les choses, un monde qu’on ne peut ni changer, ni transformer. Cette littérature n’est ainsi qu’une négation totale, définitive, de la conscience, de la volonté et de la liberté.

Pour une littérature réaliste Dans ce texte un peu marxisant, et donc datéParu dans Partisans, n°4, avril-mai 1962., Perec tente de définir ce que pourrait être une littérature « révolutionnaire ». Elle ne pourrait être que réaliste, « l’expression la plus totale des réalités concrètesp.51. .», mettant à jour l’essence du monde, sa réalité, son histoire. Mais elle ne peut également qu’être le compte-rendu d’une expérience personnelle : « Écrire, c’est écrire pour se connaître ou se comprendrep.53.. »

Ainsi le réalisme est d’abord un problème de création, la vision du monde de l’auteur, restant virtuelle tant qu’elle ne s’est pas incorporée entièrement à une vision spécifiquement littérairep.61..

Une telle nouvelle littérature permettrait  la compréhension de notre temps sans rien perdre de sa richesse et de sa complexité, l’élucidation de nos contradictions, le dépassement de nos limites.

Engagement ou crise du langage Une opposition entre littérature engagée et esthétisme restant stérile, Il faut rechercher un autre cadre d’interprétation. Pour Perec, c’est celui de la crise du langage. Quarante générations d’écrivains ont abouti à des conventions qui étouffent la création et la rendent impossible. La solution n’est ni de détourner le langage de son sens ou de le neutraliser, ni d’exploiter ses pouvoirs sans se soucier de la signification extérieure d’une œuvre.

La crise du langage étant un refus du réel, l’écrivain doit remettre fondamentalement en cause sa sensibilité et ses moyens d’expressionTexte paru dans Partisans, n° 7, novembre-décembre 1962..

Robert Antelme ou la vérité de la littérature L’œuvre de Robert AntelmeL’Espèce humaine, première édition en 1947 aux éditions de la Cité universelle, réédité à partir de 1957 par Gallimard. a su faire comprendre ce que l’on ne pouvait pas comprendre, exprimer ce qui était inexprimable. Antelme a établi cette relation entre le fragmentaire et le total, ce passage de l’anecdotique à l’historique, ce va-et-vient entre le général et le particulier, entre la sensibilité et la lucidité, qui forment la trame même de notre conscience. En ce sens, son livre définit la vérité de la littérature et la vérité du mondeTexte paru dans Partisans, n° 8, janvier-février 1963..

L’univers de la science-fiction La science fiction d’après guerre n’a pas su se rendre convaincante, plausible, vivante et surtout cohérente. Souvent réactionnaire, polluée en France par l’univers « obscurantiste et crétinisant » de la revue Planète, elle n’a pas su combler le retard de ce que nous sentons sur ce que nous savons. On en attendait des rêves, elle ne nous donne que des cauchemars, sans aucun mouvement vers l’avenirTexte paru dans Partisans, n° 10, mai-juin 1963..

La perpétuelle reconquête Co-écrit avec Roger Kleman et Henri Peretz, ce texteTexte paru sans signature dans La Nouvelle Critique, n° 116, mai 1960. Une première version figure dans le Cahier de L'Herne n° 116, 2016, p. 34-40. qualifie le film Hiroshima mon amour d'essentiel parce que, s’offrant à nous dans une vision totale, dans un parfait dialogue entre l’image et la parole, il permet de comprendre le monde, de comprendre ce qu’implique aujourd’hui la participation de l’homme à l’Histoire, dans une certitude du devenir..

Wozzeck ou la méthode de l’apocalypse Par son paroxysme, Wozzeck, l’opéra d’Alban Berg annonce la fin d’un monde, car il dépasse le conflit entre tonalité et atonalité, et crée l’ébauche d’une nouvelle structuration, d’une signification nouvelleTexte co-écrit avec Jacques Lederer et paru dans Clarté, n° 53, janvier 1964...

Bibliographie .

Notes et références

Liens externes

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