Otto Klemperer, né le à Breslau en province de Silésie (Wrocław aujourd'hui) et mort le à Zurich en Suisse, est un chef d'orchestre allemand.

L'écrivain et philologue Victor Klemperer (1881-1960), et les frères de ce dernier, les médecins et Klemperer, étaient ses cousins. Il est le père de Werner Klemperer.

Biographie

Né à Breslau dans une famille d'origine juive mais convertie au catholicisme, Otto Klemperer obtient en 1901 son diplôme d'études secondaires au lycée Saint-Jean de Hambourg. Dès l'automne 1901, il commence ses études musicales au conservatoire de Francfort-sur-le-Main où James Kwast lui enseigne le piano et Iwan Knorr la théorie musicale. Il suit également des cours de violon. Il est marqué par le Ring qu'il y entend pour la première fois et par le concerto en mi bémol majeur de Beethoven interprété par Eugen d'Albert. En 1904, il suit Kwast au conservatoire Stern à Berlin où Hans Pfitzner lui enseigne la composition. Au printemps 1906, Max Rheinhardt lui confie la direction des chœurs de l'Orphée d'Offenbach puis celle de l'orchestre. Il effectue en 1907 une tournée avec le violoncelliste Jacques van Lier et part à Prague où il apprend la direction d'orchestre au contact d'Artur Bodanzky. Il fut un disciple de Gustav Mahler à Vienne et prit des leçons de composition auprès de Schönberg à Berlin, puis à nouveau pendant la guerre, aux États-Unis.

Chef à l'Opéra de Strasbourg dirigé par Hans Pfitzner puis à l'Opéra Kroll de Berlin, il créa des œuvres de Schönberg, Paul Hindemith, Kurt Weill, Franz Schreker, Ernst Křenek dans des mises en scène expressionnistes. Cette politique novatrice était fortement encouragée par la République de Weimar, mais valut à son auteur, l'opprobre des nationaux-socialistes (les nazis).

Le , alors que Hitler est arrivé à la Chancellerie le , Klemperer donne encore un concert auquel se rend Goebbels, lequel note dans son Journal :

Klemperer décide en 1933 de quitter l'Allemagne pour fuir le régime nazi et s'installe aux États-Unis, où il est rapidement nommé chef d'orchestre du Los Angeles Philharmonic Orchestra.

Dans l'immédiat après-guerre, le monde musical allemand se montrant réticent à le réinstaller à la tête d'une phalange importante, il dirige d'abord à Budapest, puis à Londres, où il est pris sous contrat pour EMI par Walter Legge. Devenu un elder statesman de la musique, surtout après la mort de ses collègues et contemporains Furtwängler, Toscanini, Erich Kleiber, Mengelberg, Walter et Fritz Busch, il devint sur ses vieux jours un invité de marque de nombreux orchestres, surtout à partir de la fin des années 1950. C'est à cette époque que Walter Legge fait connaître Klemperer au monde entier en enregistrant en une quinzaine d'années presque tout son répertoire avec l'Orchestre Philharmonia dont il devient chef principal. À la fin des années 1960, une série de concerts triomphaux à Vienne et à Munich (succédant à ceux donnés à Cologne quelque temps plus tôt) marqua, au moins extérieurement, la réconciliation entre le chef et l'univers culturel dont il fut toujours le représentant.

Marqué par l'expérience amère de l'exil, Otto Klemperer se détourne après 1945 du répertoire moderne (à l'exception de Mahler) pour se consacrer au répertoire austro-germanique classique et romantique. Sa discographie officielle ne comptant presque que des œuvres écrites avant 1918, et ses tempos étant quelquefois d'une lenteur surprenante, mais toujours soutenue sans relâche (exemple : le de la de Beethoven avec l'Orchestre philharmonique de Vienne en 1968), on a oublié qu'il avait été, dans sa jeunesse, un chef particulièrement fougueux et avant-gardiste. Cette évolution de style et de répertoire se retrouvera plus tard chez Sergiu Celibidache, qui l'admirait beaucoup, ou encore Günter Wand. vignette|vue de la sepulture en 2009. Tout au long de sa vie, Otto Klemperer souffre de graves épisodes de dépression et d'insomnie. En octobre 1951, à l'aéroport de Montréal, il chute en descendant la passerelle d'un avion en provenance de Caracas. Victime d'une fracture de la hanche et du col du fémur, il est hospitalisé huit mois et reprend progressivement sa carrière internationale au cours des deux années suivantes. Il doit cependant se résoudre à diriger assis jusqu'en 1955. Les autorités américaines ne lui ayant pas renouvelé son passeport en raison de la loi McCarran-Walter, il ne peut accepter d'engagement en Europe avant 1954. Hospitalisé à Zurich à l'automne 1958 pour une bronchite, il subit des brûlures au troisième degré au corps et au visage après avoir mis accidentellement le feu à son lit en fumant la pipe. Il doit interrompre sa carrière pendant une année.

Il est enterré au cimetière israélite d'Oberer Friesenberg à Zurich.

Répertoire Les labels Vox, EMI et Hungaroton ont publié de nombreux enregistrements effectués sous sa direction. Il s'agit principalement d'œuvres de Bach, Beethoven, Brahms, Bruckner, Haydn, Mahler, Mozart et Wagner. Ses enregistrements des symphonies de Mahler, en particulier, font aujourd’hui autorité pour certains. Très amoindri sur le tard par une série d'infarctus, il n'en continua pas moins à diriger en chaise roulante jusqu'à un âge très avancé.

Le compositeur En tant que compositeur, Klemperer a écrit des symphonies et des œuvres pour orchestre d'inspiration mahlérienne. Il a enregistré sa et les Merry Waltzes chez EMI en 1969. En 2003 le chef Alun Francis à la tête du Staatsphilharmonie Rheinland-Pfalz a enregistré les deux symphonies et des pièces symphoniques dont les Merry Waltzes édités par CPOSymphonies 1 & 2, symphonic Works Musicweb international

Discographie Sauf indication contraire entre parenthèses, les enregistrements ont été publiés par le label EMI Classics.

Bach, Concertos brandebourgeois - Philharmonia Orchestra Bach, Suites pour orchestre - Philharmonia Orchestra Bach, Messe en si mineur - Giebel, Baker, Gedda, Prey, Crass, BBC Chorus, New Philharmonia Orchestra Bach, Passion selon saint Matthieu - Pears, Fischer-Dieskau, Schwarzkopf, Gedda, Berry, Philharmonia Chorus & Orchestra Bartók, Concerto pour alto et orchestre - William Primrose, Orchestre royal du Concertgebouw, live, Amsterdam, 10.I.1951 (Archiphon) Beethoven, Symphonies n° 1 à 9, Ouvertures, Grande Fugue - Lovberg, Ludwig, Kmentt, Hotter, New Philharmonia & Philharmonia Chorus & Orchestra Beethoven, Concertos pour piano n° 1 à 5, Fantaisie chorale - Daniel Barenboim, New Philharmonia Chorus & Orchestra Beethoven, Concertos pour piano n° 3, 4, 5 - Claudio Arrau, Philharmonia Orchestra, live, Londres, 1957 (Testament) Beethoven, Concerto pour violon - Yehudi Menuhin, New Philharmonia Orchestra Beethoven, Fidelio - Ludwig, Vickers, Frick, Berry, Hallstein, Philharmonia Orchestra Beethoven, Missa solemnis - Söderström, Höffgen, Talvela, Kmentt, New Philharmonia Chorus & Orchestra Berlioz, Symphonie fantastique - Philharmonia Orchestra Brahms, Ein deutsches Requiem - Elisabeth Schwarzkopf, Dietrich Fischer-Dieskau, Philharmonia Chorus & Orchestra Brahms, Symponies n° 1, 2, 3, 4, Ouverture tragique, Variations sur un thème de Haydn, Ouverture pour une fête académique - Philharmonia Orchestra Brahms, Concerto pour violon - David Oïstrakh, Orchestre national de la Radiodiffusion Française Brahms, Rhapsodie pour alto - Christa Ludwig, Philharmonia Chorus & Orchestra Bruckner, Symphonies n° 4, 5, 6, 7, 8, 9 - New Philharmonia & Philharmonia Orchestra Chopin, Concerto pour piano n° 1 - Claudio Arrau, Orchestre symphonique de la Radiodiffusion de Cologne, live, Cologne, 25.X.1954 (ICA Classics) Chopin, Concerto pour piano n° 2 - Guiomar Novaes, Orchestre symphonique de Vienne (Vox) Franck, Symphonie en ré mineur - New Philharmonia Orchestra Haendel, Le Messie - Schwarzkopf, Hoffman, Gedda, Hines, Philharmonia Chorus & Orchestra Haydn, Symphonies n° 88, 92, 95, 98, 100-102, 104 - Philharmonia Orchestra Hindemith, Nobilissima visione - Philharmonia Orchestra Janáček, Sinfonietta - Orchestre royal du Concertgebouw, live, Amsterdam, 11.I.1951 (Archiphon) Klemperer, Merry Waltz, Symphonie n° 2, Quatuor à cordes n° 7 - Philharmonia & New Philharmonia Orchestra, Philharmonia String Quartet Liszt, Concerto pour piano n° 1 - Annie Fischer, Philharmonia Orchestra Mahler, Le Chant de la terre - Christa Ludwig, Fritz Wunderlich, New Philharmonia & Philharmonia Orchestra Mahler, Symphonie n° 2 - Jo Vincent, Kathleen Ferrier, Orchestre royal du Concertgebouw, live, Amsterdam, 12.VII.1951 (Decca) Mahler, Symphonie n° 2 - Heather Harper, Janet Baker, Chœur et Orchestre symphonique de la Radiodiffusion bavaroise, live, Munich, 29.I.1965 Mahler, Symphonie n° 2 - Elisabeth Schwarzkopf, Hilde Rössl-Majdan, Philharmonia Chorus & Orchestra Mahler, Symphonie n° 4 - Elisabeth Schwarzkopf, Philharmonia Orchestra Mahler, Symphonie n° 7 - New Philharmonia Orchestra Mahler, Symphonie n° 9 - New Philharmonia Orchestra Mahler, 2 Lieder aus ‚Den Knaben Wunderhorn‘. 3 Rückert Lieder - Christa Ludwig, Philharmonia Orchestra Mendelssohn, Le Songe d’une nuit d’été - Heather Harper, Janet Baker, Philharmonia Chorus & Orchestra Mendelssohn, Symphonies n° 3 et 4 - Philharmonia Chorus & Orchestra Mozart, Symphonies n° 25, 29, 31, 33-36, 38-41, Sérénades n° 6, 10-13, Musique funèbre maçonnique - Philharmonia & New Philharmonia Orchestra Mozart, La Flûte enchantée - Janowitz, Gedda, Berry, Popp, Frick, Schwarzkopf, Philharmonia Chorus & Orchestra Mozart, Don Giovanni - Ghiaurov, Berry, Ludwig, Watson, Freni, Gedda, Crass, Montarsolo, New Philharmonia Chorus & Orchestra Mozart, Les Noces de Figaro - Evans, Grist, Bacquier, Söderström, M. Price, Berganza, Langdon, Burmeister, The John Alldis Choir, Philharmonia Orchestra Schoenberg, Verklärte Nacht - Orchestre royal du Concertgebouw, live, Amsterdam, 7.VII.1955 (Archiphon) Schubert, Symphonies n° 5, 8, 9 - Philharmonia Orchestra Schumann, Symphonies n° 1, 2, 3, 4, Manfred - Philharmonia & New Philharmonia Orchestra Schumann, Concerto pour piano - Guiomar Novaes, Orchestre symphonique de Vienne (Vox) Schumann, Concerto pour piano - Annie Fischer, Philharmonia Orchestra Strauss, Métamorphoses, Don Juan, Mort et transfiguration, Till l'espiègle - Philharmonia Orchestra Stravinsky, Symphonie en trois mouvements, Suite de Pulcinella - Philharmonia Orchestra Tchaïkovski, Symphonies n° 4, 5, 6 - Philharmonia Orchestra Wagner, Pages orchestrales d’opéras - Philharmonia Orchestra Wagner, Le Vaisseau fantôme - Adam, Silja, Talvela, Kozub, Unger, Burmeister, BBC Chorus, New Philharmonia Orchestra Wagner, La Walkyrie, acte I - Dernesch, Cochran, Sotin, New Philharmonia Orchestra Wagner, Wesendonck-Lieder, Mort d'Isolde - Christa Ludwig, Philharmonia Orchestra Weill, Kleine Dreigroschenmusik (suite de L'Opéra de quat'sous) - Philharmonia Orchestra

Bibliographie Une biographie en deux volumes, accompagnée d'une discographie complète, lui a été consacrée par le Britannique Peter Heyworth (vol. 1 : 1885-1933 ; vol. 2 : 1933-1973).

Récompenses

Grammy Awards 1963 : Grammy de la meilleure interprétation classique - Chorale (autre que l’opéra) pour « Bach: St. Matthew Passion »

Notes et références

Liens externes

Discographie complète

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