Joker est un drame psychologique américain co-écrit et réalisé par Todd Phillips, sorti en .
Le film suit Arthur Fleck qui travaille dans une agence de clowns à Gotham City. Méprisé et incompris, il mène une morne vie en marge de la société et habite dans un immeuble miteux avec sa mère Penny. Un soir, agressé dans le métro par trois traders de Wayne Enterprises alcoolisés, il les tue. Son geste inspire à une partie de la population l'idée de s'en prendre elle aussi aux puissants. Dans cette société décadente, Arthur bascule peu à peu dans la folie et finit par devenir Joker, un dangereux tueur psychopathe victime d'hallucinations et le plus grand criminel de Gotham.
Todd Phillips a coécrit le scénario avec Scott Silver. Ils se sont inspirés des études de personnages des années 1970 et des films de Martin Scorsese (en particulier Taxi Driver et La Valse des pantins) et d’un scénario retrouvé dans des archives, qui était initialement attaché au projet en tant que producteur. Le film adapte vaguement des éléments de l'intrigue de Batman: The Killing Joke (1988), mais Phillips et Silver ne se sont pas inspirés de bandes dessinées spécifiques.
Véritable triomphe au box-office mondial (plus d'un milliard de dollars de recettes) et bénéficiant de critiques élogieuses, il crée toutefois une polémique, notamment aux États-Unis, du fait de reproches d'apologie de la violence, laquelle demeure contestée par le réalisateur.
Le film est présenté en compétition officielle à la Mostra de Venise 2019 où il reçoit le Lion d'or et est ovationné. Il est ensuite nommé près d'une trentaine de fois pour différentes catégories de récompenses (Oscars, Golden Globes, British Academy Film Awards, César du meilleur film étranger).
Le jeu d'acteur de Joaquin Phoenix est particulièrement salué, cette performance lui valant de nombreuses récompenses dont le Golden Globe du meilleur acteur dans un film dramatique et l'Oscar du meilleur acteur.
La compositrice Hildur Guðnadóttir reçoit également plusieurs prix, dont le Golden Globe et l'Oscar de la meilleure musique de film.
Synopsis vignette|Représentation d'une carte à jouer à l'effigie du Joker de Joaquin Phoenix. En 1981, Gotham City est au bord du chaos, en proie au chômage, à la criminalité et à la crise financière, laissant une bonne partie de la population dans la misère. Arthur Fleck souffre de troubles mentaux le poussant, notamment, à rire involontairement et souvent à des moments inopportuns. Il rêve de devenir humoriste, sa mère Penny lui ayant assigné depuis toujours pour mission de « donner le sourire et de faire rire les gens dans ce monde sombre et froid ». En fait, il ne ressent que tristesse, même lorsqu'il travaille en tant que clown pour subvenir à ses besoins et à ceux de sa mère.
Un jour, alors qu'il est déguisé en clown publicitaire, un groupe d'adolescents lui vole sa pancarte publicitaire. Il les poursuit jusqu'à une ruelle déserte. Là ses agresseurs le frappent, l'insultent et cassent sa pancarte. Son employeur l'accuse d'avoir inventé cet incident et lui ordonne de restituer ou de rembourser la pancarte. Un de ses collègues, Randall, lui donne alors un revolver pour qu'il puisse se défendre.
Dans le même temps, Arthur fait la connaissance de Sophie, une mère célibataire habitant dans le même immeuble, qu'il suit furtivement.
Lors d'un spectacle dans un hôpital pour enfants, Fleck fait tomber accidentellement son arme au sol. À la suite de cet incident et d'une dénonciation calomnieuse de la part de Randall, qui l'accuse d'avoir voulu lui acheter un revolver, il perd son emploi.
Un jour, en revenant chez lui, toujours vêtu de son costume de clown, il est témoin, dans le métro, du harcèlement d'une jeune femme par trois jeunes hommes. À cause de son handicap, il est pris d'un fou rire et ces derniers l'insultent et le frappent, comme l'avait fait la bande d'adolescents. Utilisant son arme pour échapper à leur violence, il abat deux d'entre eux dans la rame puis poursuit le troisième et l'abat sur le quai. Reprenant ses esprits, il s'enfuit, apeuré, et s'enferme dans les toilettes où il fait lentement des mouvements de tai chi pour retrouver son calme.
Les trois hommes étaient des employés de Wayne Enterprises. Leur meurtre, ainsi que les propos de Thomas Wayne, candidat à la mairie de Gotham City, contre les citoyens les plus pauvres qui, selon lui, utilisent le symbole du clown pour se masquer et commettre des crimes, déclenchent alors un mouvement populaire contre les riches. Arthur se rend compte que ses actes lui ont permis d'être enfin remarqué par la société, même si son identité n'est pas encore connue.
Peu de temps après, son assistante sociale lui apprend qu'il ne pourra plus être suivi psychologiquement ni recevoir ses doses habituelles de médicaments, car la mairie a décidé de cesser de financer l'établissement.
Arthur se produit finalement sur la scène du Pogo's, sous les yeux de Sophie, mais son one-man-show tourne au fiasco lorsqu'il ne peut s'empêcher de rire nerveusement durant la quasi-totalité de ses blagues.
Arthur comprend par ailleurs, en ouvrant une des nombreuses lettres que sa mère tente de faire parvenir à Thomas Wayne pour l'alerter sur leurs conditions de vie précaires, qu'il serait en fait le fils de l'homme d'affaires. Sa mère lui raconte alors que, travaillant pour le milliardaire, elle a eu une liaison avec ce dernier, qu'elle est tombée enceinte de lui et qu'elle a dû, par la suite, signer des documents lui interdisant d'en parler. Arthur part pour le manoir des Wayne et fait la connaissance de leur jeune fils, Bruce, avant de se faire éconduire par le majordome de la famille, qui connaît Penny Fleck et affirme qu'elle ment.
Penny est hospitalisée en raison d'un AVC qu'elle a eu à la suite de la venue des inspecteurs Garrity et Burke enquêtant sur les meurtres du métro et souhaitant s'entretenir avec son fils.
Dans le même temps, Murray Franklin, un animateur de débats télévisés à succès qu'Arthur admire, diffuse des extraits de sa prestation ratée au Pogo's et le tourne en ridicule dans son émission.
Alors que des manifestations anti-riches éclatent près d'un auditorium où se trouve Thomas Wayne, Arthur s'infiltre dans le bâtiment et parvient à rencontrer le milliardaire. Celui-ci lui affirme alors que sa mère est atteinte de démence et qu'en outre elle l'a adopté lorsqu'elle travaillait pour lui. Puis, exaspéré par l'insistance d'Arthur, Wayne le frappe et lui ordonne de rester loin de son fils.
Par la suite, Arthur parvient à lire, à l'hôpital psychiatrique Arkham, le dossier médical de sa mère, qui confirme la version de Thomas Wayne. Il aurait été adopté et Penny l'aurait négligé, le laissant même être l'objet de sévices de la part de son compagnon de l'époque, qui lui aurait causé des séquelles physiques et psychologiques. Penny soutient, au contraire, que Thomas Wayne a utilisé son influence pour la faire enfermer à Arkham et faire fabriquer de faux papiers d'adoption dans le but de cacher leur ancienne relation.
Ayant réalisé que son handicap n'était pas vrai et que sa mère l'avait négligé, il lui rend visite à l'hôpital, lui reproche de s'être moquée de lui dès son enfance et l'étouffe avec son oreiller.
De retour dans son immeuble, il entre dans l'appartement de Sophie qui, effrayée, lui demande de partir : leur relation sentimentale n'était ainsi que le fruit de l'imagination d'Arthur.
Arthur reçoit ensuite un appel de l'assistante de Murray Franklin qui l'invite à se produire dans son émission, à la suite des nombreuses demandes des téléspectateurs, ce qu'il accepte. Alors qu'il se prépare chez lui pour le tournage télévisé du soir, simulant son suicide sur un fauteuil et dansant avec That's Life en fond sonore, il trouve ensuite, en se maquillant en clown, une photo de sa mère sur un miroir signée au dos « T.W. » (les mêmes initiales que Thomas Wayne) avec un mot lui disant qu'elle a un beau sourire.
Un peu plus tard, il reçoit la visite de ses anciens collègues, Randall et Gary, le nain, venus l'aider après avoir appris le décès de sa mère. Il poignarde tout à coup sauvagement Randall avec une paire de ciseaux pour l'avoir trahi auprès de son ancien employeur. Affolé, Gary reste bloqué dans l'appartement car il ne peut pas atteindre la chaînette de la porte en raison de sa petite taille. Mais Arthur ouvre la porte au petit homme terrorisé et le laisse partir sain et sauf car il fut « le seul à avoir été gentil » avec lui.
Sur le chemin pour l'émission de Murray, Arthur, qui a maintenant tous ses aspects de Joker, descend les marches de sa rue en dansant sur fond de musique rock. Il est bientôt suivi puis pris en chasse par les deux inspecteurs de police qui le soupçonnent du meurtre des trois traders. Après une course-poursuite dans les rues de Gotham, il se cache dans une rame de métro, au milieu de manifestants portant des masques de clown. Un clown est tué accidentellement par l'inspecteur Burke, provoquant le passage à tabac des deux policiers et renforçant la haine des manifestants envers le système. Arthur, solitaire, regarde la police partir à l'opposé alors qu'il se dirige vers la sortie, fumant sa cigarette et souriant.
Dans les coulisses de Live With Murray Franklin, Arthur demande à l'animateur de le présenter sous le nom de « Joker » (terme que ce dernier avait choisi pour juger sa prestation lors de la diffusion des extraits de son spectacleDans la version originale, Murray Franklin utilise le terme anglais (« plaisantin ») pour parler d'Arthur juste avant de montrer ses passages filmés au Pogo's au public. Dans la version française, il utilise le terme joker (utilisé, dans ce cas, pour indiquer que l'on ne souhaite pas répondre à une question) cette fois-ci en fin de séquence, en faisant semblant de ne pas vouloir dire le fond de sa pensée à la suite de la dernière blague ratée de Fleck.). Sur le plateau, après une arrivée dansante et une blague morbide instaurant un certain malaise, il donne son avis sur la société de Gotham City tout en révélant, en direct et à la surprise générale, qu'il est l'auteur du meurtre des trois traders. Estomaqué, Murray Franklin cherche alors à reprendre le contrôle de la situation en tentant d'entamer un dialogue en direct et face au public avec lui. Mais, sachant que Murray l'avait invité pour se moquer de lui, Arthur, plutôt que de se suicider, lui tire soudain une balle dans la tête et l'achève d'une balle dans le corps. Puis il s'adresse à la caméra en disant : - qui était l'expression fétiche de Murray pour la fin de l'émission (en français : « C'est la vie ! »).
Arrêté par la police, il se réjouit du chaos qui règne dans les rues de la ville à la suite de ses agissements. Soudain, la voiture qui l'emmène au commissariat est percutée par une ambulance conduite par des clowns et il est libéré par les manifestants.
Pendant ce temps, dans la panique, Thomas, Martha et Bruce Wayne sortent en trombe du cinéma où ils se trouvaient et s'engagent dans une ruelle sombre pour fuir : un manifestant portant un masque de clown les suit et abat le couple sous les yeux de leur fils après avoir dit à Thomas Wayne la phrase qu'Arthur a prononcée lors du meurtre de Murray.
Arthur, quant à lui, est considéré comme un symbole et un héros par les manifestants. Acclamé par la foule, il se dessine sur le visage un sourire avec son propre sang. C'est ainsi qu'Arthur Fleck devient le clown prince du crime de Gotham : le Joker.
En une ellipse, le Joker, désormais menotté à l'asile, est interrogé par une psychologue. Il rit en pensant à une blague. On voit alors brièvement le jeune Bruce Wayne sous le choc, regardant ses parents gisant au sol. La thérapeute d'Arthur voudrait comprendre sa blague, mais celui-ci lui répond simplement . La musique de That's Life démarre et il fredonne les paroles de la chanson, devant la psychologue perplexe.