Élisabeth-Sophie Bonicel (1764-1848), dite « La Mère des Cévennes », est la mère de François Guizot.
Sa vie durant, elle joue auprès de lui un rôle important. Elle est remarquée par ses contemporains pour ses mœurs austères et simples.
Biographie Origines familiales Élisabeth-Sophie Bonicel naît le à Nîmes. Originaire du hameau de Felgerolles, sur la paroisse du Pont-de-Montvert, elle est la fille de Jean-Jacques Bonicel, avoué et procureur du sénéchal à Nîmes. La famille, de bourgeoisie cévenole aisée calviniste, est liée aux camisards et ses membres risquent leur vie dans les assemblées du Désert.
vignette|Le Pont-de-Montvert, Cévennes.
Mariage et veuvage Elle épouse en André Guizot, avocat de son état. Ils ont deux enfants : François en 1787, futur homme d'État, et Jean-Jacques en 1789, futur haut fonctionnaire. Ce n'est qu'au printemps suivant l'édit de Tolérance de novembre 1787 que la famille dispose d'un état civil régulier.
Partisan des Girondins lors de la Révolution, André Guizot est guillotiné à Nîmes le , à l'âge de 27 ans. Devenue veuve, Elisabeth-Sophie porte les couleurs du deuil et la lettre d'adieu de son époux sur sa poitrine jusqu'à sa mort, c'est-à-dire pendant 54 ans. Matériellement dans la gêne, elle s'installe avec ses fils à Genève en 1799. En 1805, elle retrouve Nîmes jusqu'à la mort de son père en 1823, puis s'installe à Paris auprès de François devenu ministre.
Importance dans la vie de son fils François vignette|François Guizot, Jean-Georges Vibert d'après un portrait de Paul Delaroche. Gaie et spirituelle, bien que médiocrement cultivée, elle devient à la mort de son mari autoritaire et sévère, entièrement dévouée à ses fils et exigeant d'eux, notamment de François, un comportement exemplaire. A celui-ci, âgé de seulement 18 ans, elle écrit : . Elle désapprouve son mariage en 1812 avec Pauline de Meulan, qu'elle ne rencontre que deux ans plus tard. Elle tente en vain de convaincre son fils, veuf en 1827, de ne pas épouser la nièce de Pauline, Elisa Dillon. À la mort de cette dernière en 1833, elle est libre d'élever ses quatre petits-enfants, et tout particulièrement les trois derniers issus du second mariage de François : Henriette née en 1829, Pauline née en 1831 et Guillaume né en 1833. Dans une lettre de 1857 à Henriette, François avoue : , comportement qu'il explique par le fait qu'elle possède un . En 1840, il écrit à sa mère : .
Elle reçoit ou visite des personnalités d'importance à Paris ou dans le Calvados à la demande de son fils et en son nom, notamment lors de l'ambassade à Londres de celui-ci en 1840 .
Description par ses contemporains Elle apparaît régulièrement des de son fils François. Pierre-Paul Royer-Collard l'apprécie particulièrement. La duchesse de Broglie, Albertine Ida Gustavine de Staël-Holstein, épouse de Victor de Broglie et fille de Germaine de Staël, partage sa piété.
Amélie Lenormant, nièce de la salonnière Juliette Récamier, décrit celle qu'elle rencontre à Auteuil au printemps 1844 : . François-René de Chateaubriand la rencontre chez Juliette puis apporte la première partie du manuscrit des Mémoires d'outre-tombe pour que Mme Lenormant lui en fasse la lecture. Juliette Récamier la décrit comme sa et .
Selon Edmond d'Alton-Shée de Lignières, : .
Victor Hugo la décrit en 1846 : . Sainte-Beuve, dans le portrait qu'il dresse d'elle en 1864, .
Selon sa petite-fille Henriette, sa personnalité était « pénétrée jusqu'à la moëlle des traditions et des doctrines qui ont fait le vieil esprit huguenot ».
Ary Scheffer donne vers 1843 un portrait de Madame Bonicel-Guizot, où elle pose aux côtés d'une imposante Bible. Jeune homme, François Guizot portraiture lui-même sa mère.
Exil et mort Lors de la révolution de 1848, elle suit son fils François en exil à Londres où elle arrive le 15 mars et meurt le 31. François Guizot écrit dans des termes similaires à Laure de Gasparin, Amélie Lenormant et Prosper de Barante : .
Elle est inhumée au cimetière de Kensal Green, Harrow-road, « un terrain réservé aux dissidents, presbytériens ou autres ».
Postérité Adolphe de Lescure lui consacre un chapitre de ses Mères illustres (1882), et Véga un ouvrage intitulé La Mère d'un grand homme d'État (1901).
Notes et références
Annexes Bibliographie Véga, La Mère d'un grand homme d'État : Madame Guizot, Paris, Hachette, 1901 (lire en ligne). .
Liens externes
Notice sur le site de l'Association des amis de François Guizot
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