Jean Bagot, né le à Rennes, mort le à Paris, est un jésuite français. Théologien, il est l'auteur de quelques écrits polémiques. Il fonde la société des Bons Amis, perçue comme le germe du séminaire des Missions étrangères. Il est censeur des livres et théologien du général des jésuites, puis recteur du collège de Clermont, confesseur du jeune , et enfin supérieur de la maison professe de Paris.
Biographie
Il naît le à RennesSelon l'abbé Tresvaux, les biographes ne s'accordent ni sur la date ni sur le lieu de naissance : certains donnent 1580, d'autres 1590 ; certains donnent Rennes, d'autres Saint-Brieuc. .. En 1609, il est admis au noviciat de la Compagnie de Jésus. Son père l'en retire de force. Il y retourne en 1610 ou 1611.
Enseignant et théologien
Il est professeur dans divers collèges : à Rennes (professeur de physique vers 1622), à La Flèche (dans les années 1630Jean Petit, « Qui était saint François de Laval », sur prytanee-national-militaire.fr, (consulté le ).), à Paris« Autres professeurs remarquables », dans L'Écho des colonnes, sur amelycor.fr, , septembre 2009, 12 (consulté le 16 septembre 2018).. Il enseigne la grammaire pendant trois ans, la philosophie pendant cinq ans, la théologie pendant treize ans. Il devient censeur des livres et théologien du général des jésuites, à Rome. De retour à Paris, il gouverne le collège de Clermont. Pour ces différents épisodes de sa vie, les biographes ne donnent pas de dates.
En 1644, il publie , première partie de son Augustin De Backer, « Bagot, Jean », Bibliothèque des écrivains de la Compagnie de Jésus, sur books.google.fr, Liège, Paris, 1869, I, (consulté le ).Notice FRBNF30046604, sur catalogue.bnf.fr (consulté le ).. En 1645, il publie la seconde partie, , sur le sacrement de pénitence George Edward Kelly, « Bagot, Jean », dans Catholic Encyclopedia, sur archive.org, New York, Appleton, 1907, II, 203 (consulté le )..
En 1649, paraît la Lettre d'un abbé à un évêque, sur la conformité de saint Augustin avec le concile de Trente, que certains attribuent à l'abbé Claude de Sainte-MartheClaude de Sainte-Marthe (1620-1690) sera confesseur de Port-Royal de 1656 à 1661, puis de 1669 à 1679. Raymond Picard, dans ., d'autres à l'abbé janséniste Amable de BourzeisAntoine-Alexandre Barbier et Carlos Sommervogel l'attribuent à l'abbé Claude de Sainte-Marthe. Selon le Dictionnaire d'histoire et de géographie ecclésiastiques, elle serait plutôt due à l'abbé janséniste Amable de Bourzeis. Notice bibliographique FRBNF35944116, sur catalogue.bnf.fr (consulté le 20 septembre 2018).. En 1650, Bagot répond à ce livre et attaque la doctrine des augustiniens dans son Avis aux catholiques.
La société des Bons Amis
Lorsqu'il est professeur à La Flèche, Bagot créé la société des Bons Amis. À Paris, elle s'assemble rue de la Harpe. Ses douze membres forment une qui partagent leur temps entre l'étude, les exercices de piété, l'instruction des enfants abandonnés et les visites aux malades. Ils savent être à la fois .
En , la société des Bons Amis et son directeur spirituel, le père Bagot, reçoivent la visite d'Alexandre de Rhodes, expulsé de Cochinchine. Celui-ci cherche des missionnaires français pour contrecarrer en Asie du Sud-Est le Padroado dont se cuirasse encore le commerce portugais, lié aux jésuites« Historique des MEP », sur animation.mepasie.org (consulté le )... La société des Bons Amis ne compte pour le moment que trois prêtres : François de Montmorency-Laval, François Pallu et Bernard Gontier. Les autres membres ne sont que clercs ou laïques. François de Montmorency-Laval va devenir vicaire apostolique de Nouvelle-France, puis le premier évêque du diocèse de Québec« Un visionnaire », sur francoisdelaval.com, (consulté le ).. François Pallu va participer à la fondation des Missions étrangères en devenant vicaire apostolique du Tonkin et administrateur des provinces chinoises limitrophes.
, dit Pierre Collet, ont été formés par le père Bagot . Pour Antoine Sérieys, la société des Bons Amis est Henry-Marie Boudon (ancien élève de Bagot) voit lui aussi dans la société des Bons Amis , séminaire qui ne verra le jour qu'en 1663« Séminaire des Missions étrangères de Paris », sur data.bnf.fr, (consulté le )..
Confesseur du jeune roi
En 1653, Bagot publie . En décembre, il est nommé confesseur du jeune Sylvio Hermann De Franceschi, « Autorités doctorale et théologique dans la polémique antijanséniste : la stature auctoriale du P. Annat », sur academia.edu, dans coll., Chroniques de Port-Royal, , 2016, 241 (consulté le ).. Il n'en est guère heureux : En , , il se démet de sa fonction de confesseur.
Controverse sur la liberté des fidèles
En 1653, paraît un opuscule intitulé L'Obligation des fidèles de se confesser à leur curé. Il est attribué à Jean Rousse, curé de Saint-Roch, ou à Nicolas Mazure, curé janséniste de Saint-PaulNicolas Mazure, , Paris, 1653. Notice bibliographique FRBNF33513771, sur catalogue.bnf.fr (consulté le ).. En 1655, Bagot riposte dans Défense du droit épiscopal et de la liberté des fidèlesJean Bagot, Défense du droit épiscopal et de la liberté des fidèles touchant les messes et les confessions d'obligation, contre l'escrit d'un certain docteur anonyme…, Paris, Cramoisy, 1655. Notice bibliographique FRBNF31751507, sur catalogue.bnf.fr (consulté le ).. Une controverse éclate. Parmi les adversaires de Bagot, on trouve l'archevêque de Toulouse Pierre de Marca, acteur pourtant de la lutte contre le jansénismePierre de Marca est le principal rédacteur du premier formulaire destiné à combattre le jansénisme. .. L'ouvrage de Bagot est déféré en Sorbonne. Certaines propositions sont censurées. Bagot défend sa doctrine devant la faculté. La censure est levée.
Dernières années
Le père Bagot consacre ses dernières années à la congrégation de la Vierge bénie. Il devient supérieur de la maison professe de Paris. Il meurt à Paris le , à .
Publications 1644. , première partie de l'. 1645. , seconde partie de l'. 1650. , ParisNotice bibliographique FRBNF35943989, sur catalogue.bnf.fr (consulté le ).. 1653. . 1655. Défense du droit épiscopal et de la liberté des fidèles.
Notes et références
Voir aussi
Bibliographie . Tresvaux s'appuie sur des notices trouvées dans :
Histoire de l'établissement du christianisme dans les Indes orientales, sur archive.org, Paris, Devaux, 1803, I, (livre qu'Antoine-Alexandre Barbier attribue à Antoine Sérieys). . George Edward Kelly, « Bagot, Jean », dans Catholic Encyclopedia, sur archive.org, New York, Appleton, 1907, II, 203.
Articles connexes Alexandre de Rhodes Séminaire des Missions étrangères de Paris
Liens externes
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